Vol. 146, no 6 — Le 14 mars 2012

Enregistrement

DORS/2012-35 Le 5 mars 2012

LOI SUR LES MESURES ÉCONOMIQUES SPÉCIALES

Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie

C.P. 2012-255 Le 5 mars 2012

Attendu que le gouverneur en conseil juge que la situation en Syrie constitue une rupture sĂ©rieuse de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales et a entraînĂ© ou est susceptible d’entraîner une grave crise internationale,

À ces causes, sur recommandation du ministre des Affaires Ă©trangères et en vertu des paragraphes 4(1) à (3) de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (voir rĂ©fĂ©rence a), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie, ci-après.

RÈGLEMENT MODIFIANT LE RÈGLEMENT SUR LES MESURES
ÉCONOMIQUES SPÉCIALES VISANT LA SYRIE

MODIFICATIONS

1. L’article 3.1 du Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie (voir rĂ©fĂ©rence 1) est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a e) de ce qui suit :

  1. f) de fournir des services financiers ou des services connexes — autres que ceux dont la fourniture ou l’acquisition sont interdites par d’autres dispositions du prĂ©sent règlement — à la Syrie ou à toute personne qui s’y trouve, pour leur profit ou en exĂ©cution d’une directive ou d’un ordre qu’elles ont donnĂ©, ou d’acquĂ©rir de tels services auprès de celles-ci.

2. L’alinĂ©a 3.2 h) du même règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

  1. h) les versements de pensions à toute personne au Canada, à tout Canadien à l’Ă©tranger ou à toute personne en Syrie;

3. Le même règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 3.2, de ce qui suit :

3.3 L’interdiction prĂ©vue à l’alinĂ©a 3.1f) ne s’applique pas, outre les matières visĂ©es à l’article 3.2, à l’Ă©gard de ce qui suit :

  1. a) le remboursement à toute personne au Canada ou à tout Canadien à l’Ă©tranger d’emprunts contractĂ©s avant le 5 mars 2012, la rĂ©alisation des sûretĂ©s relatives à de tels emprunts ou les paiements effectuĂ©s par leurs garants;

  2. b) les services financiers qui doivent être fournis ou acquis en vertu d’un contrat conclu avant le 5 mars 2012;

  3. c) les services financiers relatifs à l’envoi d’argent de nature non commerciale de 40 000 $ ou moins à la Syrie ou à toute personne qui s’y trouve ou en provenance de la Syrie ou de toute personne qui s’y trouve, pourvu que la personne qui fournit les services financiers tienne un dossier sur la transaction.

4. La partie 1 de l’annexe du même règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 38, de ce qui suit :

39. Banque centrale de Syrie

5. La partie 2 de l’annexe du même règlement est modifiĂ©e par adjonction, après l’article 111, de ce qui suit :

112. Dr. Wael Nader Al-Halqi

113. Mansour Fadlallah Azzam

114. Dr. Emad Abdul-Ghani Sabouni

115. Sufian Allaw

116. Dr. Adnan Slakho

117. Dr. Saleh Al-Rashed

118. Dr. Fayssal Abbas

ANTÉRIORITÉ DE LA PRISE D’EFFET

6. Pour l’application de l’alinĂ©a 11(2) a) de la Loi sur les textes rĂ©glementaires , le prĂ©sent règlement prend effet avant sa publication dans la Gazette du Canada .

ENTRÉE EN VIGUEUR

7. Le prĂ©sent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT
DE LA RÉGLEMENTATION


(Ce rĂ©sumĂ© ne fait pas partie du Règlement.)

Contexte

Le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 24 mai 2011 a Ă©tĂ© adoptĂ© par le Gouverneur en conseil en vertu de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales (LMES). Ces mesures ont interdit aux personnes qui se trouvaient au Canada et aux Canadiens à l’Ă©tranger d’effectuer des transactions sur les biens des personnes dĂ©signĂ©es.

Le Règlementmodifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 13 août 2011 a ajoutĂ© les noms d’autres personnes et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es, et a modifiĂ© l’orthographe de plusieurs noms qui y sont dĂ©jà inscrites.

Le Règlementmodifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 4 octobre 2011 a ajoutĂ© d’autres individus et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es, a interdit tout achat et transport de produits pĂ©troliers en provenance de la Syrie, a interdit aux Canadiens de faire de nouveaux investissements dans le secteur pĂ©trolier syrien, et a interdit de fournir des services financiers dans le but d’investir dans l’industrie pĂ©trolière ou de faciliter l’importation du pĂ©trole et des produits pĂ©troliers.

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 23 dĂ©cembre 2011 a ajoutĂ© d’autres individus et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es, a interdit l’importation en provenance de la Syrie, les nouveaux investissements en Syrie, et l’exportation vers la Syrie des Ă©quipements, y compris les logiciels, pour la surveillance des communications tĂ©lĂ©phoniques et sur Internet.

Le Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie du 25 janvier 2012 a ajoutĂ© d’autres individus et entitĂ©s à la liste des personnes dĂ©signĂ©es tout en prĂ©voyant de nouvelles dĂ©rogations pour minimiser les rĂ©percussions nĂ©gatives sur les citoyens ordinaires.

Question

Le dernier Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie rĂ©pond à la grave dĂ©tĂ©rioration continue de la situation en Syrie, qui, de l’avis du gouverneur en conseil, constitue une rupture sĂ©rieuse de la paix et de la sĂ©curitĂ© internationales qui a entraînĂ© ou est susceptible d’entraîner une grave crise internationale. Les manifestations pro-dĂ©mocratiques pacifiques qui ont Ă©clatĂ© le 15 mars 2011 dans plusieurs villes à travers la Syrie ont Ă©tĂ© affrontĂ©es avec une rĂ©pression de plus en plus sĂ©vère. La Commission d’enquête Ă©tablie par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a constatĂ© des violations massives, systĂ©matiques et rĂ©prĂ©hensives des droits de la personne qui sont commises à la connaissance et avec le consentement des dirigeants aux plus hauts niveaux de l’État. Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), bien plus de 7 500 Syriens ont Ă©tĂ© tuĂ©s, et des milliers d’autres ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s à l’intĂ©rieur des territoires syriens ou ont Ă©tĂ© contraints de se rĂ©fugier dans les pays voisins. Le gouvernement syrien a Ă©galement refusĂ© l’accès à la plupart des organisations humanitaires internationales, suscitant d’importantes prĂ©occupations en matière de la protection.

Une rĂ©solution de la crise reste irrĂ©alisable. Pour apaiser à la fois l’opposition locale et la communautĂ© internationale, le prĂ©sident Bachar Al-Assad a progressivement dĂ©voilĂ© une sĂ©rie de concessions, y compris un rĂ©fĂ©rendum constitutionnel qui s’est dĂ©roulĂ© le 26 fĂ©vrier 2012. Toutefois, ces mesures demeurent limitĂ©es dans leur portĂ©e et leur mise en œuvre, et les actions des forces de sĂ©curitĂ© syriennes dĂ©mentent toute vĂ©ritable volontĂ© de rĂ©forme. La Syrie a acceptĂ© le 2 novembre 2011 une proposition prĂ©sentĂ©e par la Ligue arabe pour mettre fin à la violence, mais le rĂ©gime syrien n’a pas cessĂ© de violer les dispositions de cette proposition. Une mission d’observateurs de la Ligue arabe est entrĂ©e dans le pays le 26 dĂ©cembre 2011, mais le rĂ©gime syrien a entravĂ© ses activitĂ©s, et la mission a ainsi suspendu ses activitĂ©s à la suite de l’escalade de la violence du 28 janvier 2012. Le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU a considĂ©rĂ© à deux reprises des rĂ©solutions pour rĂ©gler la crise. À ces deux occasions, elles ont fait l’objet d’un veto de la part de la Russie et la Chine. Le plan dressĂ© par la Ligue arabe pour une transition dĂ©mocratique pacifique — soutenu par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies (le 16 fĂ©vrier 2012) et les pays Amis de la Syrie (le 24 fĂ©vrier 2012) — n’a pas Ă©tĂ© acceptĂ© par la Syrie.

Objectifs

Les mesures rĂ©glementaires visent à :

  • Contribuer à des efforts internationaux concertĂ©s en vue d’isoler davantage la Syrie et d’exercer plus de pressions sur le rĂ©gime syrien pour mettre fin à la violence, tout en signalant l’appui du Canada à l’Ă©gard du peuple syrien.

Description

Le dernier Règlement modifiant le Règlement sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales visant la Syrie ajoute sept autres individus et une entitĂ© (la Banque centrale de la Syrie) à la liste des personnes dĂ©signĂ©es, et introduit une interdiction complète de la mise à disposition ou l’acquisition de services financiers ou d’autres services connexes pour, à partir de ou pour le profit de, ou en direction de ou à l’ordre de, la Syrie ou toute personne qui s’y trouve. Ces modifications peuvent nĂ©anmoins toucher les Canadiens ou les entreprises canadiennes qui font affaires avec des personnes et des entitĂ©s dĂ©signĂ©es, ou qui effectuent des opĂ©rations financières avec la Syrie ou avec des personnes qui s’y trouvent. Toutefois, l’interdiction visant les services financiers fait l’objet de plusieurs exceptions, y compris les activitĂ©s humanitaires, les activitĂ©s de l’ambassade du Canada, le paiement des pensions, le remboursement des prêts prĂ©existants et les envois de fonds de nature non-commerciale. Le ministre des Affaires Ă©trangères est Ă©galement autorisĂ© à dĂ©livrer des permis pour permettre à ceux qui sont touchĂ©s par le Règlement d’entreprendre des activitĂ©s qui seraient autrement interdites.

Consultation

Les ministères des Finances, de la Justice et de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration ont tous les trois Ă©tĂ© consultĂ©s au prĂ©alable et n’ont exprimĂ© aucune prĂ©occupation en ce qui concerne la nature des nouvelles mesures introduites.

Perspective des petites entreprises

Le Règlement peut nĂ©anmoins toucher les Canadiens ou les entreprises canadiennes qui font affaires avec des personnes et des entitĂ©s dĂ©signĂ©es, ou qui effectuent des opĂ©rations financières avec la Syrie ou avec des personnes qui s’y trouvent. Cependant, les liens commerciaux du Canada avec la Syrie sont limitĂ©s. Les importations en provenance de la Syrie sont interdites en vertu des sanctions imposĂ©es par le Canada le 23 dĂ©cembre 2011. Les exportations vers la Syrie en 2010 ont totalisĂ© 60 millions de dollars (chiffres en dollars canadiens), y compris les cĂ©rĂ©ales (17,5 millions de dollars), les machines (9,7 millions de dollars), et les produits sidĂ©rurgiques (7,6 millions de dollars). Les importations au Canada en provenance de Syrie ont totalisĂ© 17 millions de dollars, notamment le pĂ©trole brut (9,6 millions de dollars), les ustensiles de cuisson (1,03 millions de dollars), et les matières plastiques (985 000 $) [source : World Trade Atlas]. Le Règlement peut nĂ©anmoins avoir un impact sur les petites et moyennes entreprises (PME) dont l’activitĂ© dĂ©pend en grande partie de leurs liens commerciaux avec la Syrie ou avec des personnes qui s’y trouvent. Toutefois, le ministre des Affaires Ă©trangères est Ă©galement autorisĂ© à dĂ©livrer des permis pour permettre à ceux qui sont touchĂ©s par le Règlement d’entreprendre des activitĂ©s qui seraient autrement interdites.

Justification

Les États-Unis, l’Union europĂ©enne, la Ligue arabe et la Turquie ont tous imposĂ© des sanctions à la Syrie avec la plus rĂ©cente sĂ©rie de sanctions imposĂ©e par l’Union europĂ©enne le 27 fĂ©vrier 2011. Le dernier règlement contribue à ces efforts internationaux concertĂ©s en vue d’isoler davantage la Syrie et d’exercer plus de pressions sur le rĂ©gime syrien pour mettre fin à la violence, tout en signalant l’appui du Canada à l’Ă©gard du peuple syrien. La Syrie a dĂ©jà commencĂ© à ressentir les effets des sanctions internationales.

L’interdiction des services financiers est soumise à plusieurs dĂ©rogations destinĂ©es à attĂ©nuer les rĂ©percussions nĂ©gatives inattendues. Ces dĂ©rogations comprennent les activitĂ©s humanitaires, les activitĂ©s de l’ambassade du Canada, le paiement des pensions, le remboursement des prêts prĂ©existants et les envois de fonds de nature non-commerciale.

Le Règlement peut nĂ©anmoins toucher les Canadiens ou les entreprises canadiennes qui font affaires avec des personnes et des entitĂ©s dĂ©signĂ©es, ou qui effectuent des opĂ©rations financières avec la Syrie ou avec des personnes qui s’y trouvent. Cependant, les liens commerciaux du Canada avec la Syrie sont limitĂ©s. Les importations en provenance de la Syrie sont interdites en vertu des sanctions imposĂ©es par le Canada le 23 dĂ©cembre 2011. Les exportations vers la Syrie en 2010 ont totalisĂ© 60 millions de dollars (chiffres en dollars canadiens), y compris les cĂ©rĂ©ales (17,5 millions de dollars), les machines (9,7 millions de dollars), et les produits sidĂ©rurgiques (7,6 millions de dollars). Les importations au Canada en provenance de Syrie ont totalisĂ© 17 millions de dollars, notamment le pĂ©trole brut (9,6 millions de dollars), les ustensiles de cuisson (1,03 millions de dollars), et les matières plastiques (985 000 $) [source : World Trade Atlas]. Le Règlement peut nĂ©anmoins avoir un impact sur les petites et moyennes entreprises (PME) dont l’activitĂ© dĂ©pend en grande partie de leurs liens commerciaux avec la Syrie ou avec des personnes qui s’y trouvent. Toutefois, le ministre des Affaires Ă©trangères est Ă©galement autorisĂ© à dĂ©livrer des permis pour permettre à ceux qui sont touchĂ©s par le Règlement d’entreprendre des activitĂ©s qui seraient autrement interdites.

Bien que nous ne pouvons pas affirmer avec certitude quelles entreprises canadiennes seraient touchĂ©es, les entreprises canadiennes qui ont une prĂ©sence commerciale en Syrie incluent actuellement Loon Energy (maintenant Kulczyk Oil Ventures Inc.), Stratic Energy, SLC Petroleum Inc., Valura Énergie, C-Dragon, Petro Solutions, Trylon TSF Inc., 13 International Inc., Saskcan, Second Cup, Point Zero, Le Château, Aldo, Cinzeo, Bido et RWDI.

Mise en œuvre, application et normes de service

La Gendarmerie royale du Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada sont chargĂ©es de l’application du Règlement. Toute personne qui contrevient aux dispositions du Règlement est passible, sur dĂ©claration de culpabilitĂ©, des peines prĂ©vues à l’article 8 de la Loi sur les mesures Ă©conomiques spĂ©ciales.

Personnes-ressources

Curtis Schmeichel
Agent juridique
Direction du droit onusien, des droits de la personne et du droit économique (JLH)
Ministère des Affaires Ă©trangères et du Commerce international
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 613- 996-3863
TĂ©lĂ©copieur : 613-992-2467
Courriel : curtis.schmeichel@international.gc.ca

Hugh Adsett
Directeur
Direction du droit onusien, des droits de la personne et du droit économique (JLH)
Ministère des Affaires Ă©trangères et du Commerce international
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 613-992-6296
TĂ©lĂ©copieur : 613-992-2467
Courriel : hugh.adsett@international.gc.ca

Mark Bailey
Directeur (la Syrie et l’Iran)
Direction des relations avec le Moyen-Orient et le Maghreb
Ministère des Affaires Ă©trangères et du Commerce international
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario)
K1A 0G2
TĂ©lĂ©phone : 613-944-3022
TĂ©lĂ©copieur : 613-944-7975
Courriel : mark.bailey@international.gc.ca

Référence a
L.C. 1992, ch. 17

Référence 1
DORS/2011-114