Vol. 146, no 5 — Le 29 fĂ©vrier 2012
Enregistrement
DORS/2012-12 Le 8 février 2012
LOI SUR LA GESTION DES FINANCES PUBLIQUES
ArrêtĂ© modifiant l’ArrêtĂ© sur le prix à payer pour des services en vue d’une rĂ©habilitation
Attendu que les conditions prĂ©vues à l’article 4 de la Loi sur les frais d’utilisation (voir rĂ©fĂ©rence a) ont Ă©tĂ© remplies à l’Ă©gard des droits fixĂ©s par l’arrêtĂ© ci-après,
À ces causes, en vertu du dĂ©cret C.P. 1995-698 du 26 avril 1995 (voir rĂ©fĂ©rence b) et de l’alinĂ©a 19(1)b) (voir rĂ©fĂ©rence c) de la Loi sur la gestion des finances publiques (voir rĂ©fĂ©rence d), le ministre de la SĂ©curitĂ© publique et de la Protection civile prend l’ArrêtĂ© modifiant l’ArrêtĂ© sur le prix à payer pour des services en vue d’une rĂ©habilitation, ci-après.
Ottawa, le 8 février 2012
Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile
VIC TOEWS
ARRÊTÉ MODIFIANT L’ARRÊTÉ SUR LE PRIX À PAYER POUR
DES SERVICES EN VUE D’UNE RÉHABILITATION
MODIFICATION
1. L’article 3 de l’ ArrêtĂ© sur le prix à payer pour des services en vue d’une rĂ©habilitation (voir rĂ©fĂ©rence 1) est remplacĂ© par ce qui suit :
3. Toute personne visĂ©e au paragraphe 3(1) de la Loi sur le casier judiciaire qui prĂ©sente une demande de rĂ©habilitation à la Commission nationale des libĂ©rations conditionnelles en vertu de cette loi doit payer la somme de 631 $ à l’ordre du receveur gĂ©nĂ©ral pour la prestation de services en vue d’une rĂ©habilitation par la Commission nationale des libĂ©rations conditionnelles.
ENTRÉE EN VIGUEUR
2. Le prĂ©sent arrêtĂ© entre en vigueur quatorze jours après la date de son enregistrement.
RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION
(Ce rĂ©sumĂ© ne fait pas partie de l’ArrêtĂ©.)
Résumé
Question : Étant donnĂ© que les coûts du traitement d’une demande de pardon ont augmentĂ© depuis l’entrĂ©e en vigueur du projet de loi C-23A, il faut hausser les frais de service exigĂ©s des demandeurs afin d’avoir l’assurance que la Commission nationale des libĂ©rations conditionnelles (CNLC ou Commission) sera capable de remplir efficacement le mandat qui lui incombe en vertu de la Loi sur le casier judiciaire (LCJ). On peut consulter le projet de loi C-23A à l’adresse suivante : www.parl.gc.ca/content/hoc/Bills/403/Government/ C-23/C-23A_4/C-23A_4.PDF.
La Commission, en tant que partie intĂ©grante du système de justice pĂ©nale, prend en toute indĂ©pendance des dĂ©cisions sur la mise en libertĂ© sous condition et le pardon et formule des recommandations en matière de clĂ©mence. Elle contribue à la protection de la sociĂ©tĂ© en favorisant la rĂ©intĂ©gration en temps opportun des dĂ©linquants dans la collectivitĂ© comme citoyens respectueux des lois. L’octroi de pardons joue un rôle important dans la rĂ©insertion sociale des personnes qui ont un casier judiciaire et contribue ainsi à ce que ces Canadiens soient traitĂ©s d’une manière conforme à l’Ă©quitĂ© et à l’Ă©thique, tout en prĂ©servant la sĂ©curitĂ© du grand public.
Description : Le gouvernement du Canada est en train de mettre en place un nouveau système de frais de service suivant lequel les utilisateurs devront payer ce que coûte le traitement d’une demande de pardon. Ce modèle assurera la viabilitĂ© du programme de pardon de la CNLC, et il garantira les ressources nĂ©cessaires à la prestation efficace et efficiente des services de pardon aux utilisateurs en vertu de la LCJ rĂ©visĂ©e. La LCJ autorise la Commission à octroyer, à refuser et à rĂ©voquer des pardons ayant trait à des condamnations infligĂ©es pour des infractions à des lois ou règlements fĂ©dĂ©raux. Le 29 juin 2010 entrait en vigueur le projet de loi C-23A, qui modifiait la LCJ de manière à allonger la pĂ©riode d’inadmissibilitĂ© au pardon dans le cas de certaines infractions, à confĂ©rer à la Commission le pouvoir de mener des enquêtes relativement aux demandes de pardon, quel que soit le type d’infraction, à donner à la Commission la possibilitĂ© de tenir compte, à sa discrĂ©tion, de critères additionnels pour rendre des dĂ©cisions concernant des pardons et à Ă©tablir des critères que la Commission peut prendre en compte pour dĂ©terminer si le fait d’octroyer le pardon serait susceptible de dĂ©considĂ©rer l’administration de la justice. Les modifications lĂ©gislatives ont amenĂ© un changement des façons de procĂ©der au sein du programme de pardon. Pour pouvoir recouvrer les coûts, la Commission devra faire monter les frais à 631 $. Les actuels frais de 150 $ reprĂ©sentent une fraction des dĂ©penses qu’elle doit payer pour fournir des services de pardon. En fait, ces frais, dont 135 $ sont versĂ©s à la Commission et 15 $ à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), couvrent les coûts opĂ©rationnels directs qui Ă©taient occasionnĂ©s à la CNLC par le traitement d’une demande de pardon aux termes de l’ancienne LCJ. Ils ne couvrent pas les coûts supplĂ©mentaires dĂ©coulant du projet de loi C-23A (par exemple il faut maintenant dĂ©terminer si l’octroi d’un pardon serait susceptible de dĂ©considĂ©rer l’administration de la justice) ou de toute autre modification proposĂ©e.
ÉnoncĂ© des coûts et avantages : Le coût de l’Ă©valuation d’une demande de pardon conformĂ©ment aux nouvelles dispositions contenues dans le projet de loi C-23A entraîne des dĂ©ficits budgĂ©taires additionnels pour la Commission, de sorte que le programme de pardon n’est plus viable. Les modifications lĂ©gislatives ont amenĂ© des changements importants dans les opĂ©rations relatives au programme de pardon. Le personnel de la Commission a besoin de plus de temps pour effectuer des recherches sur les cas, rĂ©unir les pièces des dossiers et faire des recommandations; de même, il faut plus de temps aux commissaires pour examiner les cas et prendre des dĂ©cisions en fonction de chacun. S’il n’y a pas de hausse des frais de service, la capacitĂ© de la Commission à faire son travail en conformitĂ© avec les nouvelles dispositions lĂ©gislatives s’en trouverait compromise. Une analyse coûts-avantages dĂ©montre que les avantages de la hausse de frais proposĂ©e, comparativement à l’autre possibilitĂ©, à savoir un système de pardon qui demeurerait non viable, l’emportent largement sur les coûts. Les Canadiens y trouveront leur compte en raison de la rĂ©insertion sociale d’un plus grand nombre de citoyens respectueux des lois.
Mesures de rendement et plan d’Ă©valuation : Une fois que les nouveaux frais de service seront en vigueur, la Commission en surveillera les effets sur le programme de pardon. Ces rĂ©sultats, de même que l’efficacitĂ© de la Commission dans l’application de ses normes de service officielles, feront l’objet d’un rapport chaque annĂ©e, comme l’exige la loi. Des informations sur le rendement figureront Ă©galement dans les rapports annuels sur le rendement que la Commission prĂ©sente au Parlement, lesquels indiqueront si les normes de service Ă©tablies pour le traitement des demandes de pardon ont Ă©tĂ© respectĂ©es.
Question
La Loi sur le casier judiciaire (LCJ) autorise la Commission nationale des libĂ©rations conditionnelles (CNLC ou Commission) à octroyer, à refuser et à rĂ©voquer des pardons relatifs à des condamnations infligĂ©es pour des infractions à des lois ou règlements fĂ©dĂ©raux. La Commission a Ă©galement la responsabilitĂ©, en vertu de la Loi sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition (LSCMLC), de rendre des dĂ©cisions sur la mise en libertĂ© sous condition des dĂ©linquants sous responsabilitĂ© fĂ©dĂ©rale et des dĂ©linquants relevant de la compĂ©tence des huit provinces et des trois territoires qui n’ont pas leur propre commission des libĂ©rations conditionnelles. Le QuĂ©bec et l’Ontario ont créé des commissions provinciales.
Le pardon permet que les dossiers judiciaires des personnes qui ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es coupables d’une infraction criminelle, mais qui ont fini de purger leur peine et dĂ©montrĂ© qu’elles sont des citoyens respectueux des lois depuis un nombre d’annĂ©es dĂ©terminĂ©, soient gardĂ©s à part des autres casiers judiciaires afin qu’ils ne ternissent plus leur rĂ©putation. Le pardon fait cesser toute incapacitĂ© que la condamnation pouvait entraîner aux termes d’une loi fĂ©dĂ©rale. Il n’efface toutefois pas le fait qu’une personne a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e coupable d’une infraction. Par exemple, le pardon ne garantit pas l’entrĂ©e dans un autre pays ou l’obtention d’un visa.
Plus de 3 millions de Canadiens ont un casier judiciaire. La Loi sur le casier judiciaire dĂ©crit les exigences à satisfaire pour pouvoir demander un pardon. Quelque 1,5 million d’entre eux sont admissibles au pardon, et le nombre de personnes admissibles augmente d’environ 60 000 par an (toutefois, la plupart des personnes admissibles ne demandent pas un pardon). En 1994-1995, le Conseil du TrĂ©sor a approuvĂ© l’instauration de frais de 50 $ pour le traitement d’une demande de pardon (35 $ Ă©taient remis à la CNLC). En ce moment, les demandeurs de pardon paient 150 $. Ce montant reprĂ©sente une partie de ce que coûte le traitement d’une demande à la CNLC. Cette dernière reçoit 135 $, et la GRC, 15 $.
On a calculĂ© que, depuis l’entrĂ©e en vigueur du projet de loi C-23A, les coûts complets se chiffrent à 725 $; cette somme comprend 631 $ en coûts recouvrables et 94 $ en coûts non recouvrables.
Si le montant des frais n’est pas portĂ© à 631 $, la capacitĂ© de la Commission d’appliquer l’actuel processus de traitement des demandes de pardon sera compromise. En raison des exigences supplĂ©mentaires imposĂ©es par le projet de loi C-23A, les coûts du traitement d’une demande ont considĂ©rablement augmentĂ©, si bien que le programme de pardon n’est plus viable.
Objectifs
Le principal objectif de la proposition est d’augmenter les frais exigĂ©s des demandeurs afin d’assurer la viabilitĂ© du programme de pardon de la CNLC et de garantir les ressources nĂ©cessaires à la prestation efficace et efficiente des services de pardon aux utilisateurs conformĂ©ment à la LCJ rĂ©visĂ©e. Si le montant des frais exigĂ©s correspond à ce que coûte le traitement d’une demande, la Commission disposera de suffisamment de ressources pour s’acquitter de sa charge de travail actuelle.
Description
Les frais actuels de 150 $ ne couvrent pas ce que coûte le traitement d’une demande de pardon depuis que la LCJ a Ă©tĂ© modifiĂ©e en juin 2010. La Commission souhaite maintenant appliquer un modèle de recouvrement des coûts, ce qui fera passer les frais de service de 150 $ à 631 $.
Options réglementaires et non réglementaires considérées
Lorsqu’on a dĂ©cidĂ© d’imposer des frais en 1994-1995, on en a fixĂ© le montant à 50 $ (soit 35 $ pour la Commission et 15 $ pour la GRC). Ce montant couvrait une partie des coûts occasionnĂ©s à la Commission. Depuis, les coûts du traitement d’une demande ont connu une hausse substantielle. En 2010, donc avant l’entrĂ©e en vigueur du projet de loi C-23A, on estimait que le traitement d’une demande coûtait 231 $ au total. On a calculĂ© que, maintenant que ces nouvelles dispositions sont appliquĂ©es, les coûts complets s’Ă©lèvent à 725 $; cette somme comprend 631 $ en coûts recouvrables et 94 $ en coûts non recouvrables.
La Commission a songĂ© à de nombreux moyens, comportant ou non des modifications rĂ©glementaires, de renforcer sa capacitĂ© d’exĂ©cuter la charge de travail engendrĂ©e par le traitement des demandes de pardon.
- La Commission a Ă©tabli des mesures destinĂ©es à accroître la productivitĂ© (par exemple rationalisation du processus, perfectionnement de la politique et amĂ©lioration du système automatisĂ© servant à faciliter le traitement des demandes). Ces amĂ©liorations Ă©taient nĂ©cessaires et se sont avĂ©rĂ©es profitables puisqu’elles ont augmentĂ© l’efficience organisationnelle et aidĂ© à modĂ©rer les coûts. Cependant, elles ont tout juste permis à la Commission de s’occuper de 15 000 à 18 000 demandes de pardon par an alors que, dans les trois dernières annĂ©es, la charge de travail a consistĂ© en près de 33 000 demandes en moyenne.
- La Commission a Ă©galement envisagĂ© la possibilitĂ© de faire modifier la LCJ de telle manière que les casiers judiciaires soient automatiquement scellĂ©s dans le cas d’infractions punissables sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, mais uniquement une fois qu’il se serait Ă©coulĂ© une pĂ©riode dĂ©terminĂ©e (par exemple cinq ans) durant laquelle aucun crime n’aurait Ă©tĂ© commis. Cette option a Ă©tĂ© rejetĂ©e parce que la Commission aurait quand même eu à demander une augmentation des frais pour être en mesure de payer ce que coûte le traitement des demandes de pardon portant sur des infractions punissables par voie de mise en accusation et des infractions mixtes (c’est-à-dire celles qui peuvent avoir Ă©tĂ© jugĂ©es par procĂ©dure sommaire ou par voie de mise en accusation).
Avantages et coûts
Viabilité du programme de pardon
La hausse garantira l’efficacitĂ© du programme de pardon et sa viabilitĂ© à long terme, de sorte que les demandeurs pourront continuer de bĂ©nĂ©ficier des avantages liĂ©s à un pardon. La CNLC ne peut assurer la survie du programme si elle ne dispose pas de fonds supplĂ©mentaires.
Traitement rapide des demandes
Le processus d’examen des demandes de pardon est devenu plus complexe à la suite de l’application des nouvelles exigences contenues dans le projet de loi C-23A. La CNLC a maintenant besoin de plus de temps pour obtenir des renseignements additionnels des demandeurs ou du personnel du système de justice pĂ©nale, effectuer des recherches sur des cas et faire des recommandations. Une fois que la hausse des frais sera en vigueur, les demandes de pardon seront traitĂ©es dans un temps fixĂ© en raison de nouvelles normes de service, qui sont Ă©noncĂ©es plus loin dans le prĂ©sent document.
Les demandeurs qui obtiendront un pardon continueront de bĂ©nĂ©ficier d’avantages tels que la levĂ©e des restrictions sur les voyages à l’Ă©tranger et de meilleures possibilitĂ©s d’emploi.
L’utilitĂ© d’un pardon est telle aux yeux des demandeurs qu’ils sont souvent prêts à payer un fournisseur de services pour prĂ©parer leur demande à leur place. Faire appel à un tiers n’est pas nĂ©cessaire, et n’augmente pas les chances d’obtenir un pardon.
Diminution des plaintes chez les demandeurs
En Ă©liminant le risque qu’il se forme des arriĂ©rĂ©s de travail, on rĂ©duit la probabilitĂ© que la Commission ait à affecter des ressources au traitement de plaintes dĂ©posĂ©es par des demandeurs contrariĂ©s par une longue attente.
Tableau 1 : Tableau sommaire de l’analyse coûts-avantages (en millions de dollars de 2002)
A. Incidences monétaires |
||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Intéressé |
Type d’incidence |
Description |
Valeur actuali-sĂ©e des coûts |
Valeur actuali- |
Pre- |
Dernière annĂ©e (2020) |
Moyenne |
|
Demandeurs de pardon |
Avantage |
Augmentation de la valeur totale des pardons octroyés aux demandeurs |
85,1 $ |
6,2 $ |
11,3 $ |
8,5 $ |
||
Demandeurs de pardon |
Coût |
Hausse des frais exigés des demandeurs |
-46,6 $ |
-6,1 $ |
-8,1 $ |
-7,0 $ |
||
Commission |
Avantage |
Réduction des déficits budgétaires |
46,6 $ |
6,1 $ |
8,1 $ |
7,0 $ |
||
Total |
-46,6 $ |
131,7 $ |
||||||
Valeur actualisée nette : |
85,1 $ |
Ratio coûts-avantages : |
2,83 |
|||||
B. Incidences qualitatives |
||||||||
Familles |
Avantage |
Les familles et les amis des personnes qui obtiennent un pardon en bĂ©nĂ©ficient eux aussi puisque cela leur permet de participer avec elles à certaines activitĂ©s qu’auparavant il leur Ă©tait difficile ou impossible de faire tous ensemble. |
||||||
GRC |
Coût |
Le nouveau processus de pardon occasionnera plus de travail à la GRC. Si la part des frais qui lui revient, soit 15 $, s’avère insuffisante, elle pourrait devoir puiser dans les ressources destinĂ©es à d’autres activitĂ©s. |
||||||
Population canadienne |
Avantage |
Un processus d’Ă©valuation plus rigoureux pourrait rĂ©duire les risques de rĂ©cidive chez les personnes possĂ©dant un casier judiciaire. |
||||||
Globalement, la hausse de frais proposĂ©e gĂ©nĂ©rerait des avantages nets de 85 millions de dollars, et le ratio coûts-avantages serait de 2,83. Autrement dit, pour chaque dollar que le programme coûterait aux Canadiens, on pourrait escompter des avantages Ă©quivalant à 2,83 $. Nous estimons qu’il s’agit d’un calcul prudent puisqu’il ne tient pas compte de la plupart des avantages que le système de pardon procure à l’ensemble de la sociĂ©tĂ© canadienne.
ConformitĂ© avec la Loi sur les frais d’utilisation
(A) Consultation du partenaire principal
La CNLC a consultĂ© la GRC en vue de discuter avec elle de son projet de hausser les frais exigĂ©s des demandeurs de pardon et de voir si la GRC entreprendrait elle aussi de faire augmenter la portion des frais qui lui revient. Les reprĂ©sentants de la GRC ont fait savoir durant la consultation qu’ils prĂ©fĂ©raient pour l’instant ne pas soumettre une proposition demandant une hausse.
(B) Consultation d’autres ministères et organismes fĂ©dĂ©raux
Le 17 fĂ©vrier 2011, la Commission a rencontrĂ© des reprĂ©sentants de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), du Service correctionnel du Canada (SCC), de CitoyennetĂ© et Immigration Canada (CIC), du Bureau de l’enquêteur correctionnel (BEC), de SĂ©curitĂ© publique Canada (SP) et du ministère de la Justice Canada (JC). Condition fĂ©minine Canada et Service Canada lui ont fait parvenir des commentaires Ă©crits plus tard.
La consultation menĂ©e auprès d’autres ministères et organismes visait à :
- donner un aperçu du programme de pardon ainsi que des renseignements dĂ©taillĂ©s sur les frais de service proposĂ©s et le processus connexe d’Ă©tablissement des coûts;
- offrir aux participants l’occasion de poser des questions et de demander des prĂ©cisions;
- permettre aux participants de faire part de leurs commentaires à la CNLC concernant le programme de pardon et les frais de service proposĂ©s et de lui suggĂ©rer des moyens d’amĂ©liorer les niveaux de service.
(C) Consultation d’intervenants de l’extĂ©rieur
Dans le cadre du processus de consultation, la CNLC a communiquĂ© avec un certain nombre d’organisations non gouvernementales (ONG) qui œuvrent auprès de personnes susceptibles de demander un pardon, par exemple la SociĂ©tĂ© Elizabeth Fry et la SociĂ©tĂ© John Howard.
Ces organisations ont Ă©tĂ© invitĂ©es à assister à une sĂ©ance de consultation à Ottawa le 18 fĂ©vrier 2011 (soit en personne, soit par tĂ©lĂ©confĂ©rence).
Tout comme la rencontre avec des reprĂ©sentants d’autres ministères et organismes fĂ©dĂ©raux, la consultation des ONG visait à :
- donner un aperçu du programme de pardon ainsi que des renseignements dĂ©taillĂ©s sur les frais de service proposĂ©s et le processus connexe d’Ă©tablissement des coûts;
- offrir aux participants l’occasion de poser des questions et de demander des prĂ©cisions;
- permettre aux participants de faire part à la CNLC de leurs commentaires sur le programme de pardon et les frais de service proposĂ©s et de lui suggĂ©rer des moyens d’amĂ©liorer les niveaux de service.
(D) Consultation en ligne
La CNLC a tenu une consultation en ligne du 10 au 27 fĂ©vrier 2011. Les membres du public ont alors Ă©tĂ© invitĂ©s à Ă©mettre des commentaires sur la proposition d’augmenter les frais, soit par courriel, soit par courrier ordinaire.
La Commission a annoncĂ© la tenue de cette consultation en ligne sur le site officiel du gouvernement du Canada Consultations auprès des Canadiens, sur d’autres sites Web du gouvernement du Canada, dont ceux de Service Canada, de SĂ©curitĂ© publique Canada et du Service correctionnel du Canada, et au moyen d’avis envoyĂ©s par courriel à divers intervenants, y compris de nombreuses entreprises mandatĂ©es pour prĂ©senter des demandes de pardon. Elle a aussi fait la promotion de la consultation sur sa ligne d’information sans frais relative au pardon (1-800). De plus, un avis de la consultation en ligne a Ă©tĂ© inclus dans toutes les correspondances Ă©crites avec des demandeurs de pardon au cours de la pĂ©riode de consultation.
La CNLC a en outre distribuĂ© des avis à afficher à ses bureaux rĂ©gionaux, aux Ă©tablissements et bureaux de libĂ©ration conditionnelle du Service correctionnel du Canada, aux organisations de vulgarisation et d’information juridique, aux bureaux d’aide juridique, à certains bureaux d’organisations faisant partie des Associations nationales intĂ©ressĂ©es à la justice criminelle (ANIJC), à l’Association des administrateurs judiciaires du Canada (AAJC), à l’Association nationale des centres d’amitiĂ© et à l’Association canadienne des chefs de police.
Un avis de consultation a aussi Ă©tĂ© envoyĂ© à diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales, comme les entreprises privĂ©es spĂ©cialisĂ©es dans les demandes de pardon, les responsables des services correctionnels, le ComitĂ© national mixte des hauts reprĂ©sentants officiels de la justice pĂ©nale, la FĂ©dĂ©ration canadienne des municipalitĂ©s, la Commission quĂ©bĂ©coise des libĂ©rations conditionnelles, la Commission ontarienne des libĂ©rations conditionnelles, l’Association canadienne des chefs de police, le Bureau de l’ombudsman fĂ©dĂ©ral des victimes d’actes criminels, le Programme de protection des tĂ©moins de la GRC et le Service confidentiel pour les victimes d’abus. De plus, la Commission a fait parvenir des courriels à diverses organisations (partenaires provinciaux et territoriaux, Association des administrateurs judiciaires du Canada, etc.) pour leur indiquer le lien vers la section de son site Web consacrĂ©e à la consultation.
La rĂ©partition des rĂ©ponses reçues va comme suit : 1 074 personnes ou organisations affirmaient être opposĂ©es à l’augmentation proposĂ©e, alors que 12 disaient l’appuyer.
Chez les 12 rĂ©pondants qui Ă©taient en faveur de l’augmentation proposĂ©e, les arguments les plus couramment formulĂ©s Ă©taient les suivants :
- Toute personne qui commet un crime devrait avoir à assumer les frais associĂ©s au traitement de sa demande de pardon.
- Le programme de pardon ne devrait pas être financĂ© par des citoyens et contribuables qui respectent les lois et qui travaillent fort pour gagner leur vie.
Dans l’ensemble des 1 074 rĂ©ponses reçues dans lesquelles les personnes affirmaient s’opposer à l’augmentation proposĂ©e, les trois motifs les plus couramment invoquĂ©s Ă©taient les suivants :
- Il s’agirait d’un fardeau financier pour les demandeurs, et bon nombre d’entre eux ne seraient pas en mesure d’assumer le montant proposĂ©.
- Cela rendrait difficile, voire impossible, l’obtention d’un pardon dont certaines personnes ont besoin pour se trouver un emploi ou poursuivre leurs Ă©tudes.
- Il s’agirait d’une pĂ©nalitĂ© qui viendrait s’ajouter à la peine dĂ©jà imposĂ©e par le tribunal.
Pour avoir de plus amples renseignements sur le processus de consultation, visitez le www.pbc-clcc.gc.ca/infocntr/factsh/pardonfeenotice-fra.shtml.
(E) Processus relatif au comité consultatif indépendant
Au total, 16 personnes ont demandĂ© à la CNLC que leur plainte soit renvoyĂ©e à un comitĂ© consultatif indĂ©pendant.
Pour des raisons d’efficacitĂ© et d’efficience, la Commission a constituĂ© un seul comitĂ© consultatif indĂ©pendant (CCI) pour instruire l’ensemble des plaintes, en conformitĂ© avec la Loi sur les frais d’utilisation (LFU).
Le comité consultatif indépendant, qui a été constitué le 16 mai 2011, se composait des personnes suivantes :
- Mme Martine Gravelle, directrice des Services corporatifs à la CNLC, sĂ©lectionnĂ©e par la CNLC;
- Mme Lucie Joncas, avocate et prĂ©sidente de l’Association canadienne des sociĂ©tĂ©s Elizabeth Fry, sĂ©lectionnĂ©e par les plaignants (vote de la majoritĂ©);
- M. Nicolas Bellemare, avocat et professeur à l’École du Barreau du QuĂ©bec, sĂ©lectionnĂ© par Mme Gravelle et Mme Joncas à titre de troisième membre du comitĂ©.
Le CCI a rĂ©digĂ© un rapport final contenant ses observations et ses recommandations relatives au règlement des plaintes et en a remis une copie à la CNLC et aux plaignants. Dans les recommandations qui Ă©taient unanimes, les membres du CCI prĂ©conisaient de maintenir le financement du programme de pardon, de dispenser certains demandeurs de payer les frais, d’exiger des frais pour l’examen prĂ©liminaire d’une demande et de rendre publique toute Ă©tude d’impact sur la hausse des coûts, en plus de faire une mise en garde concernant l’application du principe de recouvrement des coûts aux services. Il y avait deux recommandations qui n’Ă©taient pas communes, à savoir reporter la hausse des frais et rouvrir le processus de consultation.
(F) Examen de la proposition par des comités parlementaires
La proposition d’augmenter les frais exigĂ©s des demandeurs de pardon a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e le 17 août 2011. Comme il est indiquĂ© dans la Loi sur les frais d’utilisation (LFU), chacun des comitĂ©s parlementaires a 20 jours de sĂ©ance pour Ă©tudier une proposition et faire rapport. La proposition susmentionnĂ©e a Ă©tĂ© soumise à l’examen du ComitĂ© permanent de la sĂ©curitĂ© publique et nationale de la Chambre des communes (SECU) et du ComitĂ© sĂ©natorial permanent des Affaires juridiques et constitutionnelles (LCJC). Le SECU ne l’a pas Ă©tudiĂ©e. La pĂ©riode de 20 jours qui lui Ă©tait allouĂ©e a pris fin le 21 octobre 2011; aux termes de la LFU, il est rĂ©putĂ© avoir prĂ©sentĂ© un rapport recommandant l’approbation de la proposition.
Le ComitĂ© sĂ©natorial permanent des Affaires juridiques et constitutionnelles (LCJC) a prĂ©sentĂ© son rapport sur la proposition de la Commission relative à la hausse des frais d’utilisation le 3 novembre 2011. Le SĂ©nat a adoptĂ© le rapport le 15 novembre 2011. Le LCJC a approuvĂ© la proposition, mais il a formulĂ© plusieurs observations et demandĂ© que le ministre de la SĂ©curitĂ© publique et la Commission rĂ©pondent par Ă©crit à chacune de ses observations dans un dĂ©lai de 12 mois.
- PrĂ©senter de manière exhaustive et dĂ©taillĂ©e toutes les « composantes de coût » qui doivent être indiquĂ©es en vertu de l’alinĂ©a 4(1)d) de la LFU.
- Modifier la LFU de sorte que dĂ©sormais les avis soient Ă©galement communiquĂ©s au public et aux organisations œuvrant auprès de la population cible.
- Modifier la LFU de sorte que la pĂ©riode de consultation soit d’au moins 30 jours.
- Étudier la possibilitĂ© d’Ă©tablir une structure de frais d’utilisation à deux niveaux suivant laquelle le montant des frais à payer diffĂ©rerait selon que le demandeur aurait Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© coupable par voie de mise en accusation ou par procĂ©dure sommaire.
- Étudier le bien-fondĂ© de la crĂ©ation d’une procĂ©dure moins lourde et à meilleur coût pour l’octroi du pardon à l’Ă©gard d’infractions punissables par procĂ©dure sommaire, à l’exclusion des infractions sexuelles.
Mise en œuvre, application et normes de service
ConformĂ©ment à l’article 4 de la LFU, la Commission Ă©tablira les normes de service suivantes pour le programme de pardon au moment de l’entrĂ©e en vigueur des nouveaux frais :
- les demandes de pardon portant sur des infractions punissables par procĂ©dure sommaire, y compris les infractions d’ordre sexuel qui ne sont pas mentionnĂ©es à l’annexe 1, seront traitĂ©es dans les six mois suivant leur acceptation;
- les demandes de pardon portant sur des infractions punissables par voie de mise en accusation (pĂ©riode d’admissibilitĂ© de cinq ans) seront traitĂ©es dans les six mois suivant leur acceptation;
- les demandes de pardon portant sur des infractions visĂ©es à l’annexe 1, quelle que soit la procĂ©dure suivie, et des sĂ©vices graves à la personne (article 752 du Code criminel), lesquelles demandes obligent la CNLC à faire des Ă©valuations en fonction de certains critères pour dĂ©terminer si l’administration de la justice pourrait être dĂ©considĂ©rĂ©e, seront traitĂ©es dans les 12 mois suivant leur acceptation;
- dans les cas où la CNLC aura l’intention de refuser le pardon, le traitement de la demande nĂ©cessitera au maximum 24 mois une fois que celle-ci aura Ă©tĂ© acceptĂ©e.
La CNLC appliquera les normes Ă©noncĂ©es ci-dessus et encaissera le paiement des frais de service lorsqu’il sera Ă©tabli que la demande est complète et que le demandeur est admissible.
Dans le cadre des services de la CNLC relatifs au programme de pardon, le public, la collectivitĂ© et les demandeurs de pardon devraient escompter recevoir en temps utile de l’aide et des informations pertinentes dans la langue officielle de leur choix. Ces informations devraient être fournies d’une manière transparente et dans le respect de la loi et du principe d’obtenir un bon rapport qualitĂ©-prix. Les demandeurs devraient s’attendre à ce que leur demande soit traitĂ©e de cette façon, tout en Ă©tant conscients qu’offrir un service de qualitĂ© ne signifie pas accorder toujours le pardon.
La Commission a à cœur de fournir de bons services, dans les limites dictĂ©es par une prudente gestion financière. Elle sera guidĂ©e par les principes suivants :
- FiabilitĂ© et rapiditĂ© — la Commission rĂ©pondra sans tarder aux personnes dĂ©sireuses d’obtenir de l’information sur le processus de pardon, et ce, dans la langue officielle de leur choix. Les demandes de pardon seront traitĂ©es en conformitĂ© avec la loi et les normes de service applicables.
- ÉquitĂ© et respect — la Commission aura une attitude juste et courtoise envers toutes les personnes demandant un pardon, et reconnaîtra que chacune a une situation et des besoins qui lui sont propres. Elle prendra ses dĂ©cisions sur les pardons conformĂ©ment à la LCJ, en se souciant des droits des demandeurs et du caractère confidentiel des renseignements les concernant, de même que de la sĂ©curitĂ© du public.
- Transparence et reddition de comptes — la Commission expliquera les services qui sont fournis aux demandeurs de pardon et ce qu’ils coûtent aux contribuables. Elle donnera de l’information sur les dispositions lĂ©gislatives rĂ©gissant les dĂ©cisions touchant le pardon, sur les rĂ©sultats des dĂ©cisions du point de vue de la sĂ©curitĂ© du public et sur l’efficacitĂ© de la Commission au regard des normes de service Ă©tablies pour le traitement des demandes. La Commission fournira Ă©galement de l’information dĂ©taillĂ©e sur les coûts du traitement des demandes et les recettes gĂ©nĂ©rĂ©es par l’imposition de frais de service.
- VolontĂ© de s’amĂ©liorer — la Commission consultera pĂ©riodiquement les parties intĂ©ressĂ©es et ses partenaires afin de dĂ©terminer les Ă©lĂ©ments du programme de pardon qui marchent bien et ceux qui doivent être amĂ©liorĂ©s.
Comparaison avec d’autres pays
L’examen des pratiques ayant cours dans d’autres pays (dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-ZĂ©lande et d’autres pays d’Europe) montre que même si bon nombre d’entre eux ont mis en place des mĂ©canismes permettant une dispense de l’obligation de rĂ©vĂ©ler l’existence d’un casier judiciaire, aucun n’est dotĂ© d’un programme de pardon vraiment comparable à celui du Canada en ce qui concerne la nature du programme lui-même ou l’ampleur des services de pardon fournis en Ă©change des frais d’utilisation. Dans la vaste majoritĂ© des pays, les pardons sont accordĂ©s en vertu d’une dĂ©cision de haute instance (par exemple d’un gouverneur ou d’un prĂ©sident). Dans les pays où les pardons sont accordĂ©s par un organisme gouvernemental (par exemple une commission des libĂ©rations conditionnelles), le processus diffère considĂ©rablement du modèle canadien et comprend souvent des audiences publiques. Mentionnons que dans les pays où des frais sont exigĂ©s des demandeurs de pardon, ces derniers doivent Ă©galement assumer les frais d’avocats et les frais judiciaires.
Personne-ressource
Commission nationale des libérations conditionnelles
Objet : Hausse des frais exigés des demandeurs de pardon
410, avenue Laurier Ouest
Ottawa (Ontario)
K1A 0R1
Ligne-Info pardons : 1-800-874-2652
Courriel : pardons@pbc-clcc.gc.ca
Référence a
L.C. 2004, ch. 6
Référence b
TR/95-59
Référence c
L.C. 1991, ch. 24, art. 6
Référence d
L.R., ch. F-11
Référence 1
DORS/95-210