Vol. 145, no 23 — Le 9 novembre 2011

Enregistrement

DORS/2011-233 Le 27 octobre 2011

LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril

C.P. 2011-1264 Le 27 octobre 2011

Sur recommandation du ministre de l'Environnement et en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espèces en péril (voir référence a), Son Excellence le Gouverneur général en conseil prend le Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

DÉCRET MODIFIANT L'ANNEXE 1 DE LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL

MODIFICATION

1. La partie 4 de l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (voir rĂ©fĂ©rence 1) est modifiĂ©e par adjonction, selon l'ordre alphabĂ©tique, sous l'intertitre « MAMMIFÈRES », de ce qui suit :

Ours blanc (Ursus maritimus)
Bear, Polar

ENTRÉE EN VIGUEUR

2. Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L'ÉTUDE D'IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie du Décret.)

Résumé


Question : Le ComitĂ© sur la situation des espèces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC) a dĂ©fini l'ours blanc comme Ă©tant une espèce prĂ©occupante. Le COSEPAC est un comitĂ© d'experts qui Ă©value les espèces sauvages du Canada et dĂ©signe lesquelles sont en pĂ©ril. Il fournit des Ă©valuations sur les espèces au ministre de l'Environnement afin que ce dernier puisse faire des recommandations au gouverneur en conseil (GC) quant Ă  la liste de l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en pĂ©ril (LEP).

Description : La prĂ©sente modification sur recommandation du ministre de l'Environnement ajoute l'ours blanc Ă  l'annexe 1 de la LEP en tant qu'espèce prĂ©occupante. En vertu de la LEP, l'ajout d'une espèce Ă  l'annexe 1 en tant qu'espèce prĂ©occupante exige la prĂ©paration d'un plan de gestion pour l'empĂŞcher de devenir en voie de disparition ou menacĂ©e.

ÉnoncĂ© des coĂ»ts et avantages : Les principales interdictions de la LEP ne s'appliquent pas aux espèces prĂ©occupantes de la liste; par consĂ©quent, nous nous attendons Ă  ce que les impacts graduels de cette modification soient de moindre importance.

Cette modification constitue un engagement important à l'égard de l'ours blanc et de sa vulnérabilité et met en branle l'élaboration d'un plan de gestion à long terme dans les trois années suivant la date de son inscription. Dans la mesure où la modification contribue à la protection de l'espèce, les faits probants économiques présentés à l'égard des valeurs passives et actives associées à la conservation de l'ours blanc indiquent que l'action réglementaire est susceptible de se traduire par des avantages nets pour les Canadiennes et les Canadiens.

Consultation : Entre novembre 2008 et mars 2010, Environnement Canada a menĂ© des consultations publiques Ă©tendues sur l'inscription de l'ours blanc en vertu de la LEP. Dans le Nord, la majoritĂ© des communautĂ©s sondĂ©es n'Ă©taient pas en faveur de l'inscription. Tandis que les habitants sont nombreux Ă  affirmer que le changement climatique perturbe l'espèce, ils ont aussi remarquĂ© que les populations d'animaux sauvages fluctuent et se dĂ©placent normalement et que les ours blancs ont une très bonne capacitĂ© d'adaptation. De nombreux tĂ©moignages selon lesquels la population augmente au lieu de diminuer et que les ours blancs sont aperçus Ă  diffĂ©rents endroits, surtout dans les communautĂ©s, de sorte que les prĂ©occupations en matière de sĂ©curitĂ© publique sont Ă©levĂ©es, ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©s. L'impression selon laquelle la recherche n'est pas concluante, d'autant plus que les sondages sont trop limitĂ©s et trop rares, Ă©tait aussi fortement ressentie. Dans l'Arctique de l'Ouest, un soutien unanime a Ă©tĂ© reçu de toutes les communautĂ©s inuvialuites consultĂ©es quant Ă  l'inscription de l'ours blanc en tant qu'espèce prĂ©occupante. Dans le Sud du Canada, la vaste majoritĂ© des commentaires reçus favorisait l'inscription.

Incidences sur les entreprises et les consommateurs : Les impacts de l'inscription sur les gouvernements, les industries et les personnes devraient ĂŞtre faibles en raison des mesures de gestion limitĂ©es se rattachant Ă  l'inscription de l'ours blanc en tant qu'espèce prĂ©occupante, en plus de sa distribution et de son chevauchement limitĂ©s par rapport aux activitĂ©s humaines. En outre, l'ours blanc jouit dĂ©jĂ  d'une protection en vertu de divers actes du Parlement et lois provinciales et territoriales (par exemple la Loi sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario).

Coordination et coopĂ©ration Ă  l'Ă©chelle nationale et internationale : Depuis 1973, la gestion internationale de l'ours blanc est coordonnĂ©e en vertu de l'Accord sur la conservation des ours blancs (polaires) signĂ© par le Canada, le Danemark (Groenland), la Norvège, les États-Unis et la Russie (ci-dessous appelĂ© l'Accord). En vertu de l'Accord, les signataires peuvent permettre la chasse aux ours blancs par les peuples autochtones locaux qui exercent leurs droits traditionnels et interdire la chasse sportive non rĂ©glementĂ©e et oblige chaque signataire Ă  faire de la recherche sur la conservation et la gestion de l'espèce et Ă  prĂ©senter les rĂ©sultats aux autres nations membres. Le Canada a Ă©galement signĂ© des accords avec les États-Unis et le Groenland pour la gestion conjointe des sous-populations partagĂ©es d'ours blanc.

Au Canada, la gestion des ours blancs relève des ordres de gouvernement suivants : le gouvernement fĂ©dĂ©ral, quatre provinces (Manitoba, Ontario, QuĂ©bec et Terre-Neuve-et-Labrador), trois territoires (Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut) et cinq conseils de gestion de la faune Ă©tablis dans le cadre du règlement des revendications territoriales. La chasse est gĂ©rĂ©e essentiellement au moyen de quotas dans le respect des droits des peuples autochtones.

Mesures de rendement et plan d'Ă©valuation : Environnement Canada a mis en place un Cadre de gestion et de responsabilisation axĂ© sur les rĂ©sultats (CGRR) et un Cadre de vĂ©rification axĂ© sur les risques (CVAR) dans le cadre du Programme des espèces en pĂ©ril. Les rĂ©sultats mesurables spĂ©cifiques de ce programme ainsi que la mesure du rendement et la stratĂ©gie d'Ă©valuation sont dĂ©crits dans le CGRR-CVAR du programme. L'Ă©valuation de ce dernier est prĂ©vue pour 2011-2012.


Question

Un nombre croissant d'espèces sauvages du Canada sont confrontĂ©es Ă  des menaces qui les exposent au risque de disparaĂ®tre d'un endroit donnĂ© ou de s'Ă©teindre de la surface de la planète. Le patrimoine naturel canadien fait partie intĂ©grante de l'identitĂ© et de l'histoire du pays. La faune, sous toutes ses formes, possède une valeur inhĂ©rente et revĂŞt une importance pour les Canadiennes et Canadiens pour diverses raisons : esthĂ©tique, culture, spiritualitĂ©, loisirs, Ă©ducation, histoire, Ă©conomie, santĂ©, Ă©cologie et sciences. Les espèces sauvages et les Ă©cosystèmes canadiens sont par ailleurs liĂ©s au patrimoine mondial et le gouvernement du Canada a ratifiĂ© la Convention sur la diversitĂ© biologique des Nations Unies, dĂ©montrant ainsi son engagement Ă  conserver la diversitĂ© biologique.

Quatre sous-populations canadiennes d'ours blanc sur 13 risquent de devenir menacées (ouest de la baie d'Hudson, sud de la mer de Beaufort, bassin Kane et baie de Baffin), probablement en raison du changement climatique ou de la surchasse (voir référence 2). Dans l'ensemble, le COSEPAC a établi l'ours blanc comme une espèce préoccupante à l'échelle nationale afin de l'empêcher de devenir menacée ou en voie de disparition. Le COSEPAC est un comité d'experts indépendant qui évalue les espèces sauvages du Canada et désigne lesquelles sont en péril. Une évaluation de l'espèce a été fournie au ministre de l'Environnement. Le ministre a ensuite fait savoir, par l'entremise du Registre public des espèces en péril, comment il entendrait intervenir pour chacune des évaluations et donner des calendriers associés aux mesures d'action. Les évaluations ont ensuite été envoyées au GC. Avec cette modification, le ministre de l'Environnement fait une recommandation au GC d'ajouter l'ours blanc à l'annexe 1 de la LEP.

Gestion et conservation de l'ours blanc au Canada

Un des jalons clĂ©s sur le plan de la conservation de l'ours blanc a Ă©tĂ© la signature de l'Accord sur la conservation des ours blancs international de 1973 (voir rĂ©fĂ©rence 3). L'Accord stipule la protection de l'habitat de l'ours blanc international et de ses populations. Les pays signataires — le Canada, les États-Unis, le Danemark (Groenland), la Norvège et la Russie — permettent la chasse Ă  l'ours blanc par les peuples autochtones locaux qui exercent leurs droits traditionnels.

Bien que plusieurs pays (notamment les États-Unis et la Norvège) considèrent les ours blancs comme des mammifères marins, le Canada les considère plutôt comme des mammifères terrestres (voir rĂ©fĂ©rence 4). Il faut savoir que les gouvernements provinciaux et territoriaux canadiens responsables de la gestion des espèces terrestres sont aussi responsables de la gestion des ours blancs. Aux endroits oĂą on trouve les ours blancs sur les terres fĂ©dĂ©rales (par exemple les parcs nationaux), le gouvernement fĂ©dĂ©ral est responsable de leur gestion. Les ours blancs qui Ă©voluent dans les parcs nationaux sont gĂ©rĂ©s et protĂ©gĂ©s en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada grâce Ă  la protection de son habitat Ă  l'intĂ©rieur des limites des parcs fĂ©dĂ©raux, alors que ceux qui Ă©voluent dans les rĂ©serves nationales de faune sont gĂ©rĂ©s en vertu de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Dans les territoires, ce sont les conseils de gestion de la faune (CGF), Ă©tablis conformĂ©ment Ă  des accords de revendications territoriales (ART), qui gèrent les ressources fauniques, dont les ours blancs.

Territoire de l'ours blanc

On trouve au Canada environ 60 % de la population mondiale d'ours blancs, qui s'Ă©tend depuis les rĂ©gions glaciaires du Yukon et de la mer de BĂ©ring, dans l'Ouest, jusqu'Ă  Terre-Neuve-et-Labrador, dans l'Est, et depuis l'Ă®le d'Ellesmere, au Nunavut, jusqu'Ă  la baie James au sud, y compris dans les rĂ©gions côtières du nord de l'Ontario et du QuĂ©bec. L'ours blanc Ă©volue essentiellement dans les rĂ©gions côtières de l'ocĂ©an Arctique.

Voici quelques-uns des parcs nationaux, provinciaux et territoriaux canadiens et des rĂ©serves nationales de faune et aires marines protĂ©gĂ©es oĂą on trouve l'ours blanc :

  • 2 rĂ©serves nationales de faune (sous-populations de la baie de Baffin et du dĂ©troit de Lancaster);
  • 11 parcs nationaux (7 sous-populations diffĂ©rentes);
  • 2 aires marines protĂ©gĂ©es (sous-population du dĂ©troit de Davis, Ă  Terre-Neuve-et-Labrador);
  • 58 parcs provinciaux et territoriaux (sous-populations du sud de la baie d'Hudson, du bassin Foxe et du dĂ©troit de Davis).

Gestion

Les activités de gestion et de recherche sur les populations canadiennes d'ours blancs sont coordonnées et examinées annuellement par le Comité administratif sur l'ours blanc (CAOB) en collaboration avec le Comité technique sur l'ours blanc (CTOB). Les membres du CAOB sont des cadres supérieurs qui représentent les gouvernements territoriaux, provinciaux et fédéraux, les CGF et les principaux groupes autochtones. Le CTOB regroupe notamment des chercheurs fédéraux, des biologistes provinciaux et territoriaux, des spécialistes universitaires et des chercheurs américains (Alaska).

La figure 1 illustre les sous-populations canadiennes d'ours blancs et les aires protégées.

Figure 1 : Sous-populations canadiennes d’ours blancs et aires protĂ©gĂ©es

Carte - Des renseignements complémentaires se trouvent dans les paragraphes adjacents

Source : Environnement Canada, cartes des sous-populations mondiales et canadiennes d’ours blancs et des aires protĂ©gĂ©es, www.ec.gc.ca/nature/default.asp?lang=
En&n=F77294A3-1#pb_pa (consulté le 3 août 2010).

Au Canada, l'autorité de gestion pour la chasse à l'ours blanc repose sur les gouvernements provinciaux et territoriaux et les CGF habilités en vertu d'accords de revendications territoriales. La chasse est essentiellement gérée par l'entremise de systèmes de quotas et en vertu des accords. Dans certains territoires ou provinces, dans le cadre de l'édit des revendications territoriales quant à la chasse de subsistance, la chasse sportive est permise dans les limites des quotas. La chasse sportive est encadrée par les peuples autochtones, qui la pratiquent à l'aide des méthodes traditionnelles. Dans la plupart des régions du Canada, la gestion de la chasse obéit à des pratiques de conservation rigoureuses fondées sur les meilleures données scientifiques et connaissances traditionnelles disponibles (voir référence 5).

Chaque année, le CTOB recueille, étudie et présente de l'information sur la chasse à l'ours blanc. Chacun des gouvernements responsables représentés par le CTOB et le CAOB travaille en collaboration avec les peuples autochtones de sa compétence conformément aux accords de revendications territoriales afin d'établir les limites de prise, de distribuer les étiquettes de chasse (tags) et de définir les priorités de recherche.

Dans la plupart des cas, les différentes autorités de gestion déterminent le nombre total de prises autorisé en évaluant les changements subis par les populations locales. Le rythme de chasse est établi à un niveau qui permet à la population d'atteindre un objectif de gestion ciblé. Pour ce qui est de la chasse à l'ours blanc, les quotas annuels de chaque sous-population sont établis par les gouvernements territoriaux ou provinciaux et par les CGF, comme prévu aux accords de revendications territoriales (ART). Après avoir été divisé entre les territoires et provinces, le nombre total de prises autorisé est généralement divisé de nouveau entre les communautés locales de ces territoires et provinces. Cependant, le comité de gestion de chaque territoire et province se réserve le droit d'établir ses propres limites de chasse de façon indépendante. Comme on le voit ci-dessous, la gestion de la chasse diffère selon les provinces et territoires.

Tableau 1 : LĂ©gislation provinciale/territoriale relative Ă  la gestion de l'ours blanc

Province/Territoire

Législation

Application

Droits de chasse des Autochtones

Territoires du Nord-Ouest

Loi sur la
faune
des Territoires
du Nord-Ouest et Loi sur les espèces en péril

Chasse interdite à moins que l'activité soit conforme aux clauses prescrites ou pratiquée en vertu d'un permis. Les activités de chasse organisées par les pourvoiries à l'intention des non-résidents sont incluses dans le système de quota. À l'heure actuelle, aucune espèce n'est inscrite en vertu de la Loi sur les espèces en péril des T.N.-O.

La chasse Ă  l'ours blanc est contrôlĂ©e par un système de quota. ConformĂ©ment aux ART pertinents, les CGF font part des dĂ©cisions en matière de gestion de l'habitat et de la faune au ministre qui, par la suite, les approuve ou les rejette.

Nunavut

Loi sur la
faune et la flore
du Nunavut et Loi concernant l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut

Aucune espèce n'est inscrite en vertu de la Loi sur la faune et la flore du Nunavut.

La chasse Ă  l'ours blanc est contrôlĂ©e par un système de quota. ConformĂ©ment aux ART pertinents, les CGF font part des dĂ©cisions en matière de gestion de l'habitat et de la faune au ministre qui, par la suite, les approuve ou les rejette.

Manitoba

Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba; nouvelle inscription en tant qu'espèce menacée (2008)

À l'heure actuelle, l'espèce est désignée comme étant menacée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba; celle-ci interdit de tuer, de blesser ou de perturber l'espèce, de détruire ou de modifier son habitat ou d'y porter atteinte et de prélever une ressource de laquelle l'espèce dépend. L'habitat comprend la terre, l'eau et l'air. Une personne ne peut tuer un ours blanc que pour défendre sa vie ou sa propriété.

En vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba, les Indiens inscrits ne sont pas autorisés à chasser une espèce sauvage protégée pour laquelle toutes les activités de chasse sont interdites, y compris l'ours blanc.

Terre-Neuve-
et-Labrador

Endangered Species Act de Terre-Neuve-et-Labrador

En vertu de la Endangered Species Act de Terre-Neuve-et-Labrador, l'ours blanc est désigné comme étant une espèce vulnérable. Cette désignation nécessite l'élaboration d'un plan de gestion et prévoit l'élaboration de règlements supplémentaires pour la protection des ours blancs, si jugé nécessaire à des fins de conservation.

La chasse Ă  l'ours blanc est contrôlĂ©e par un système de quota. ConformĂ©ment aux ART pertinents, les CGF font part des dĂ©cisions en matière de gestion de l'habitat et de la faune au ministre qui, par la suite, les approuve ou les rejette.

Ontario

Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la faune

Loi de 2003 sur la protection des ours polaires

Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario

En vertu de la Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la faune, seuls les peuples autochtones sont autorisés à chasser les ours blancs. Quant à la Loi de 2003 sur la protection des ours polaires, elle stipule le traitement sans cruauté des ours blancs. L'ours blanc est une espèce menacée en Ontario (2009). Une stratégie de rétablissement sera mise au point d'ici septembre 2011 en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario.

Seuls les chasseurs des Premières Nations membres du TraitĂ© 9 rĂ©sidant aux abords de la baie d'Hudson et de la Baie James sont autorisĂ©s Ă  chasser l'ours blanc. Il est interdit de tuer plus de 30 ours blancs par annĂ©e, un nombre contrôlĂ© en restreignant la vente annuelle de peaux en vertu d'un permis de trappage octroyĂ© aux peaux portant le sceau officiel dĂ©cernĂ© par le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario.

Québec

Loi sur les espèces menacées ou vulnérables et Convention de la Baie James et du Nord québécois

Cette espèce est inscrite comme étant vulnérable au Québec.

En vertu de la Convention de la Baie James et du Nord quĂ©bĂ©cois, on octroie aux Inuits du Nunavik, aux Cris et aux Naskapis un « droit de chasse garanti » de 62 ours blancs par annĂ©e, selon les limites de conservation. Il n'y a aucun système de quota.

Yukon

Loi sur la faune du Yukon (1981)

En vertu de la Loi sur la faune du Yukon, l'ours blanc est inscrit comme étant une espèce préoccupante. Par l'entremise d'un accord de revendication territoriale, les Inuvialuits de l'Arctique de l'Ouest ont des droits exclusifs en matière de chasse à l'ours blanc.

La chasse Ă  l'ours blanc est contrôlĂ©e par un système de quota. Les CGF font part des dĂ©cisions en matière de gestion de l'habitat et de la faune au ministre qui, par la suite, les approuve ou les rejette.

Source : Document interne d'Environnement Canada

Le tableau 2 présente le statut des sous-populations d'ours blancs au Canada. Le nombre réel d'ours blancs chassés est souvent moindre que les limites autorisées et est demeuré stable depuis le début des années 1990. Par exemple, en 2008, le quota était de 695 individus et le nombre d'individus tués était de 506 (voir référence 6). Les étiquettes provenant d'activités de chasse infructueuses ne peuvent pas être réintroduites dans le système.

Tableau 2 : Statut des sous-populations d'ours blancs au Canada ou partagĂ©es par le Canada (voir rĂ©fĂ©rence 7)

Population

Estimation de l'abondance actuelle (2008)

Date réelle de l'estimation

Nombre de prises autorisé par année*

Nombre moyen d'individus tués par année de 2002 à 2007

Ouest de la baie d'Hudson

935

2005

Nunavut 46 + Manitoba

46,8

Sud de la baie d'Hudson

681

2005

Nunavut 25 + Ontario et Québec

36,2

Bassin Foxe

2 300

2004

Nunavut 106 + Québec

98,6

Détroit de Lancaster

2 541

1998

Nunavut 85

82,4

Baie de Baffin

1 546

2004

Nunavut 105 + Groenland

232,4**

Baie Norwegian

190

1998

Nunavut 4

3

Bassin Kane

164

1998

Nunavut 5 + Groenland

12,8

Détroit de Davis

2 251

2006

Nunavut 52 + Groenland et Québec

60

Golfe de Boothia

1 528

2000

Nunavut 74

56,4

Détroit de M'Clintock

284

2000

Nunavut 3

1,8

Détroit du Vicomte de Melville

215

1996

Nunavut 7

4,8

Nord de la mer de Beaufort

1 200

2006

Nunavut 65

34,4

Sud de la mer de Beaufort

1 526

2006

Nunavut 81

53,4

* Le nombre de prises autorisĂ© inclut le nombre de prises maximum actuellement autorisĂ© (2007-2008) par les provinces et les territoires ayant un quota Ă©tabli ainsi que le nombre de prises des provinces et des territoires n'ayant aucun quota.

** Avant 2006, les sous-populations d'ours blancs du bassin Kane et de la baie de Baffin Ă©taient considĂ©rablement chassĂ©es par le Groenland. Cependant, les taux ont diminuĂ© en flèche Ă  la suite de l'introduction d'un système de quota Canada — Groenland en 2006. En 2003-2004, le Groenland a chassĂ© 164 ours blancs et le Nunavut en a chassĂ©s 72, tandis qu'en 2006-2007, le Groenland en avait chassĂ© 75 et le Nunavut, 99. Cette diminution, s'ajoutant Ă  la diminution prĂ©vue par le Nunavut de 10 ours blancs par annĂ©e au cours des quatre prochaines annĂ©es, rĂ©duira le nombre de prises combinĂ© Ă  environ 125 ours blancs, ce qui constitue un pas important vers la durabilitĂ©.

Considérations internationales

La conservation des ours blancs exige une coopĂ©ration internationale. En vertu de l'article II de l'Accord, toutes les parties acceptent d'« agir comme il convient pour protĂ©ger les Ă©cosystèmes dont l'ours blanc (polaire) fait partie, en prĂŞtant une attention spĂ©ciale aux Ă©lĂ©ments de l'habitat tels que les fosses et lieux d'alimentation ainsi que les habitudes migratoires, et amĂ©nager les populations d'ours blancs (polaires) suivant de solides techniques de conservation fondĂ©es sur les meilleures donnĂ©es scientifiques disponibles (voir rĂ©fĂ©rence 8). »

En 2006, le statut de l'ours blanc a été redressé dans la liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), passant de la catégorie à faible risque à la catégorie vulnérable, ce qui signifie que l'espèce est confrontée à un risque accru en milieu sauvage (voir référence 9).

L'ours blanc est Ă©galement inscrit Ă  l'annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacĂ©es d'extinction (CITES) (voir rĂ©fĂ©rence 10). Selon cette convention, les ours blancs ne sont pas nĂ©cessairement menacĂ©s ou en voie de disparition, mais nĂ©cessitent des activitĂ©s de contrôle afin de prĂ©venir le dĂ©clin de la population. Au Canada, la responsabilitĂ© de gestion pour ce qui est de l'Ă©tablissement et de l'attribution des quotas de prises pour l'ours blanc incombe aux gouvernements provinciaux et territoriaux. Dans la majoritĂ© des cas, des mesures ont Ă©tĂ© prises afin que la chasse relative Ă  toutes les sous-populations canadiennes d'ours blanc respecte un contexte de durabilitĂ© et tiennent compte de l'information actuelle sur le statut des sous-populations. Le Canada a dĂ©terminĂ© que l'exportation internationale de l'ours blanc Ă©tait considĂ©rĂ©e comme Ă©tant non prĂ©judiciable, pour autant que la sous-population de la baie de Baffin ne soit pas concernĂ©e.

États-Unis

Aux États-Unis, l'ours blanc est une espèce jouissant d'une protection fédérale en vertu de la Marine Mammal Protection Actof 1972. De plus, le 15 mai 2008, l'ours blanc a été inscrit sur la liste des espèces menacées en vertu de la Endangered Species Act des États-Unis. Les règlements interdisent la chasse à l'ours blanc aux chasseurs non autochtones et établissent des conditions spéciales pour l'importation des ours blancs ou de leurs parties et produits dérivés aux États-Unis. Les Autochtones de l'Alaska demeurent autorisés à chasser un certain nombre d'ours blancs à des fins de subsistance (voir référence 11).

Canada

À l'heure actuelle au Canada, la gestion de la chasse à l'ours blanc est conforme à l'Accord. De plus, le Canada soutient activement le Groupe de spécialistes de l'ours blanc de la Commission de la sauvegarde des espèces, rattachée à l'Union internationale pour la conservation de la nature, depuis sa formation en 1968.

Dans les dernières dĂ©cennies, le Canada a signĂ© les ententes suivantes sur la gestion des ours blancs :

  • En 1988, les Inupiats des États-Unis et les Inuvialuits du Canada ont signĂ© une entente pour la gestion de la sous-population partagĂ©e du sud de la mer de Beaufort.
  • En 2008, un protocole d'entente a Ă©tĂ© signĂ© entre Environnement Canada et le DĂ©partement amĂ©ricain de l'intĂ©rieur pour la conservation et la gestion des populations partagĂ©es d'ours blancs afin de traiter les questions relatives Ă  cette espèce, de considĂ©rer davantage les connaissances traditionnelles des Autochtones et de promouvoir des mĂ©thodes cohĂ©rentes pour la modĂ©lisation des populations d'ours blancs, la saisie des donnĂ©es et la recherche.
  • En 2009, un protocole d'entente a Ă©tĂ© signĂ© entre les gouvernements du Canada, du Nunavut et du Groenland pour la conservation et la gestion des populations partagĂ©es d'ours blancs afin de fournir un cadre pour la gestion concertĂ©e, notamment la coordination des recommandations en matière de quotas de chasse relativement aux populations partagĂ©es du bassin Kane et de la baie de Baffin.

Objectifs

La LEP a pour objectifs de prévenir la disparition des espèces sauvages du pays ou de la surface du globe, de prévoir le rétablissement des espèces sauvages disparues du Canada, en voie de disparition ou menacées en conséquence de l'activité humaine et de gérer les espèces préoccupantes afin qu'elles ne puissent devenir en voie de disparition ou menacées. C'est en vertu de cette loi que le COSEPAC, qui est en fait un organisme scientifique indépendant, a été établi afin de fournir au ministre de l'Environnement des évaluations sur le statut des espèces sauvages canadiennes potentiellement à risque.

Le but de la modification est d'ajouter l'ours blanc à l'annexe 1 en tant qu'espèce préoccupante. Cette modification se fonde, d'une part, sur la recommandation du ministre de l'Environnement et sur l'évaluation du COSEPAC, qui utilise la meilleure information disponible sur la situation biologique d'une espèce, notamment les connaissances scientifiques, les connaissances communautaires et les connaissances traditionnelles des Autochtones et, d'autre part, sur les consultations avec les gouvernements, les peuples autochtones, les intéressés et le grand public canadien.

Description

Le 3 fĂ©vrier 2011, le GC a accusĂ© rĂ©ception de l'Ă©valuation du COSEPAC sur l'ours blanc. Le COSEPAC est un comitĂ© d'experts qui Ă©value les espèces sauvages du Canada et dĂ©signe lesquelles risquent de disparaĂ®tre du Canada. Pour un complĂ©ment d'information Ă  son sujet, consulter son site Web Ă  l'adresse suivante : www.cosepac.gc.ca.

Le COSEPAC a évalué l'ours blanc et l'a défini comme une espèce préoccupante. Voici comment il justifie cette désignation.

Justification de la désignation

« Cette espèce est un prĂ©dateur se trouvant au sommet de la chaĂ®ne alimentaire, adaptĂ© Ă  la chasse aux phoques sur la glace marine et très vulnĂ©rable Ă  la chasse excessive. Bien qu'il y ait certaines diffĂ©rences gĂ©nĂ©tiques entre les ours provenant de diffĂ©rentes rĂ©gions de l'Arctique, les donnĂ©es gĂ©nĂ©tiques et relatives aux dĂ©placements appuient une seule unitĂ© dĂ©signable au Canada. Il est cependant utile de signaler des tendances par sous-population, car les taux de prises, les menaces et, donc, la viabilitĂ© prĂ©vue de la population varie Ă©normĂ©ment dans l'aire de rĂ©partition de l'espèce. Certaines sous-populations font l'objet d'une chasse excessive et les pratiques de gestion actuelles visent Ă  atteindre la prise durable maximale, ce qui peut entraĂ®ner un dĂ©clin si le suivi des populations est inadĂ©quat. Jusqu'en 2006, certaines sous-populations partagĂ©es ont fait l'objet de prises au Groenland qui n'Ă©taient pas fondĂ©es sur des quotas. A ce moment, les modèles de prĂ©vision ont prĂ©vu que 4 des 13 sous-populations (incluant environ 28 % des 15 500 individus de l'espèce au Canada) courent un risque de diminuer de 30 % ou plus au cours des trois prochaines gĂ©nĂ©rations d'ours (36 ans). Les dĂ©clins sont partiellement attribuables aux changements climatiques dans l'ouest de la baie d'Hudson et le sud de la mer de Beaufort, mais principalement causĂ©s par l'exploitation non durable dans le bassin Kane et la baie de Baffin. Sept sous-populations (environ 43 % de la population totale) sont prĂ©vues ĂŞtre stables ou en hausse. Les tendances ne peuvent actuellement faire l'objet de prĂ©vision pour deux sous-populations (29 % de la population totale). Les individus de certaines sous-populations prĂ©sentent un dĂ©clin de leur condition corporelle et des changements dans l'emplacement des tanières liĂ©s Ă  une disponibilitĂ© moindre de glace marine. Pour la plupart des sous-populations faisant l'objet de relevĂ©s rĂ©pĂ©tĂ©s, les donnĂ©es semblent indiquer une lĂ©gère augmentation depuis les 10 Ă  25 dernières annĂ©es. Toutes les estimations des taux de croissance actuels des populations sont fondĂ©es sur des donnĂ©es actuellement disponibles et ne tiennent pas compte des effets possibles des changements climatiques. Les populations de l'espèce ne peuvent persister sans glace marine saisonnière. Un dĂ©clin continu de la disponibilitĂ© saisonnière de glace marine rend probable une rĂ©duction de certaines parties de l'aire de rĂ©partition de l'espèce. La diminution de l'Ă©paisseur de la glace dans certaines parties de l'ExtrĂŞme Arctique pourrait fournir un meilleur habitat Ă  l'espèce. Bien qu'il y ait des incertitudes quant Ă  l'impact global des changements climatiques sur la rĂ©partition et le nombre d'individus de l'espèce, il existe d'importantes prĂ©occupations relativement Ă  l'avenir de l'espèce au Canada (voir rĂ©fĂ©rence 12). »

En vertu de l'article 65 de la LEP, dès lors qu'elles sont inscrites à l'annexe 1, les espèces sauvages définies comme étant préoccupantes sont assujetties à la préparation d'un plan de gestion. Les plans de gestion doivent être préparés et affichés sur le Registre de la LEP dans les trois années suivant l'inscription. Le plan doit inclure des mesures pour la conservation de l'espèce et de son habitat. Si le ministre de l'Environnement est d'avis qu'un plan existant relativement à la gestion de l'ours blanc inclut des mesures adéquates pour la conservation de l'espèce, il peut adopter le plan dans son intégralité ou en incorporer n'importe quelle partie dans un plan de gestion de l'espèce conforme à la LEP.

Options réglementaires et non réglementaires considérées

Conformément à la LEP, une fois que le COSEPAC soumet les évaluations de la situation de l'espèce au ministre de l'Environnement, seules des options réglementaires sont disponibles.

Le COSEPAC se rĂ©unit deux fois par annĂ©e pour examiner l'information recueillie sur les espèces sauvages et classer chacune d'entre elles dans une des sept catĂ©gories : disparue de la planète, disparue du Canada, en voie de disparition, menacĂ©e, prĂ©occupante, donnĂ©es insuffisantes et non en pĂ©ril. Il fournit au ministre de l'Environnement des Ă©valuations sur le statut des espèces sauvages et la justification de leurs dĂ©signations. Le ministre doit alors faire savoir comment il entend intervenir pour chacune des Ă©valuations et, dans la mesure du possible, donner des calendriers associĂ©s aux mesures d'action. Une rĂ©ponse est ensuite prĂ©parĂ©e, en consultation avec l'Agence Parcs Canada lorsque l'espèce terrestre se trouve sur les terres administrĂ©es par cette agence, et affichĂ©e sur le Registre public des espèces en pĂ©ril dans le dĂ©lai exigĂ© de 90 jours.

Le ministre de l'Environnement transmet ensuite les évaluations du COSEPAC au GC. À la suite d'une consultation publique, le ministre fait une recommandation au GC à savoir si une espèce devrait ou non être ajoutée à l'annexe 1 de la LEP, ou si l'affaire devrait être retournée au COSEPAC pour information ou considération plus poussée.

La première option, qui consiste à ajouter l'espèce à l'annexe 1 de la LEP, permet de s'assurer qu'une espèce sauvage bénéficie d'une protection en vertu des clauses de la LEP, notamment un plan obligatoire de gestion ou de rétablissement, selon le cas.

La deuxième option consiste à ne pas ajouter l'espèce à l'annexe 1. Bien que l'espèce ne profitera pas des interdictions stipulées par la LEP, ni des activités de rétablissement ou de gestion prescrites, elle pourra tout de même être protégée en vertu d'autres lois fédérales, provinciales et territoriales ou de lois autochtones, conformément aux accords en matière de revendications territoriales et de gouvernement autonome. Lorsque la décision est prise de ne pas ajouter l'espèce à l'annexe 1, l'affaire n'est pas retournée au COSEPAC pour information ou considération plus poussée. Le COSEPAC réévalue l'espèce tous les 10 ans ou à tout autre moment s'il a une raison de croire que son statut a changé.

La troisième option consiste à retourner l'évaluation au COSEPAC pour information ou considération plus poussée. Il sera approprié de le faire si, par exemple, de la nouvelle information importante devient disponible après que le COSEPAC a évalué l'espèce.

Pour en savoir plus Ă  propos du processus d'inscription sur la Liste, voir le site Web suivant : www.sararegistry.gc.ca.

Avantages et coûts

Faits probants économiques sur les valeurs de l'ours blanc pour les Canadiennes et les Canadiens

L'ours blanc revĂŞt une grande importance pour les Canadiennes et les Canadiens, et revĂŞt une importance spĂ©ciale sur les plans spirituel, culturel et Ă©conomique pour les peuples autochtones du Nord (voir rĂ©fĂ©rence 13). Plus particulièrement, l'espèce est valorisĂ©e dans les modes de vie traditionnels des communautĂ©s nordiques et joue un rôle important dans la culture autochtone. Aucun autre animal ne dĂ©tient une place aussi visible ou importante dans la culture des Inuits du Canada que l'ours blanc (voir rĂ©fĂ©rence 14).

Les Canadiennes et les Canadiens apprécient l'Arctique et son environnement naturel. Selon un récent sondage sur la question la plus important à laquelle la région de l'Arctique canadien est confrontée, 33 % des répondants du Nord du Canada et 39 % des répondants du Sud du Canada considèrent l'environnement comme l'enjeu le plus important dans l'Arctique (voir référence 15).

Protéger les espèces en péril peut procurer de nombreux avantages aux Canadiennes et aux Canadiens outre les revenus économiques directs. Diverses études révèlent que les Canadiennes et les Canadiens accordent de l'importance à la conservation des espèces pour permettre aux générations futures d'en jouir et retirent une satisfaction de savoir qu'une espèce existe (voir référence 16). De plus, les caractéristiques uniques et les récits d'évolution de bon nombre d'espèces peuvent également revêtir une importance spéciale pour la communauté scientifique.

Les avantages et les coûts de la modification se manifesteront surtout dans l'avenir, après que le plan de gestion a fait l'objet d'une consultation, a été élaboré et mis en œuvre. Par conséquent, la portée de la présente analyse est limitée et le but est de quantifier les valeurs associées au facteur économique de l'espèce et de discuter des impacts liés à la répartition.

Le tableau 3 Ă  la fin de la section « avantages et coĂ»ts » prĂ©sente un rĂ©sumĂ© de l'analyse qualitative des impacts socioĂ©conomiques.

Dans les territoires du Nord — oĂą se trouve essentiellement l'aire de rĂ©partition de l'ours blanc — l'Ă©conomie prĂ©sente un modèle Ă©conomique mixte : elle est fondĂ©e Ă  la fois sur les ressources naturelles et sur les salaires. L'ours blanc revĂŞt une importance Ă©conomique pour les communautĂ©s autochtones du Nord, qu'il soit chassĂ© Ă  des fins de subsistance ou comme loisir (chasse sportive). Les peuples autochtones chassent l'ours blanc depuis des millĂ©naires pour se nourrir, confectionner des vĂŞtements ainsi que pour des raisons spirituelles et culturelles.

Le concept de valeur économique totale (VET) (voir référence 17) représente toutes les valeurs sociales issues d'un bien environnemental, par exemple une espèce en péril. Il inclut les avantages observables dans le marché et les valeurs non commerciales qui contribuent au mieux-être d'une société. La VET d'un ours blanc peut se diviser en valeurs actives et passives.

Exemples de valeurs actives (utilisation) :

  • Utilisation directe — subsistance incluant la chasse sportive;
  • Utilisation indirecte — observation de l'espèce dans la nature ou dans un zoo, valeur scientifique.

Exemples de valeurs passives (non-utilisation) :

  • Legs — valeur altruiste associĂ©e Ă  la conservation d'une espèce pour les gĂ©nĂ©rations futures;
  • Existence — valeur altruiste associĂ©e Ă  la seule satisfaction de savoir qu'une espèce donnĂ©e existe, sans Ă©gard au potentiel d'utilisation future (voir rĂ©fĂ©rence 18).

Valeurs actives

L'économie fondée sur les ressources naturelles, donc non fondée sur les salaires, couvre un certain nombre d'activités, notamment la chasse, la pêche et le trappage de subsistance, les arts et l'artisanat.

Chasse de subsistance

L'ours blanc demeure un élément important et intégral du mode de subsistance des Inuits (voir référence 19). Traditionnellement, les Inuits chassaient l'ours blanc pour sa viande et sa fourrure. Le nombre d'individus chassés dépend d'un système de quota.

Environ 534 ours blancs sont chassés chaque année au Canada. La majorité des prises reviennent aux Inuits du Nunavut (autour de 325) (voir référence 20).

Le processus qui consiste à se procurer des aliments traditionnels, à les préparer et à les consommer a une signification sociale et culturelle importante et fait partie intégrante de l'identité inuite (voir référence 21).

Les Inuits fonctionnent selon un rĂ©seau de distribution alimentaire fondĂ© sur les « ressources communes », ce qui signifie que la viande est distribuĂ©e dans la communautĂ© d'une façon non commerciale puisqu'il n'existe aucun marchĂ© pour la vente de viande d'ours blanc. La viande est utilisĂ©e par la communautĂ© en tant que source de valeur nutritive. Un gros individu peut donner jusqu'Ă  200 kg de viande comestible (voir rĂ©fĂ©rence 22). La valeur peut se calculer Ă  l'aide de la valeur de substitution qu'on trouve dans les Ă©piceries locales et a Ă©tĂ© estimĂ©e entre 662 $ et 1 010 $ (voir rĂ©fĂ©rence 23) par ours blanc chassĂ© et reprĂ©sente une valeur totale situĂ©e entre 245 545 $ et 374 635 $ pour le Canada (voir rĂ©fĂ©rence 24) pour ce qui est de la chasse de subsistance au pays.

La fourrure est utilisée par les peuples autochtones pour confectionner des vêtements et des tapis. Les griffes et les dents sont utilisées pour confectionner des objets d'artisanat traditionnels. La fourrure peut aussi être vendue à des enchères afin de générer des recettes monétaires pour la communauté. En 2006, le prix d'une fourrure était d'environ 600 $. Cependant, on observe depuis une augmentation élevée de sa valeur. En 2009, une fourrure se vendait au prix moyen de 5 300 $ et la valeur totale des fourrures vendues était d'environ 1,16 million de dollars cette année-là pour la chasse de subsistance au Canada. Les données les plus récentes (janvier 2011), provenant d'une maison de vente aux enchères de fourrures, révèlent qu'une peau d'ours blanc a atteint un prix moyen de 5 600 $, la plus chère ayant été vendue à 9 800 $. La majorité des acheteurs à la maison de vente aux enchères venaient de la Russie et de la Chine (voir référence 25).

Il faut savoir que la chasse de subsistance traditionnelle représente plus qu'une simple valeur économique pour les communautés autochtones. Elle est un mode de vie dans le Nord, et les ours blancs sont probablement le gibier le plus prestigieux pour les Inuits. De plus, le processus qui consiste à se procurer des aliments traditionnels, à les préparer et à les consommer a une signification sociale et culturelle importante et fait partie intégrante de l'identité inuite (voir référence 26). Ces valeurs vont au-delà de la valeur économique et ne peuvent s'exprimer à l'aide des techniques économiques conventionnelles.

Chasse sportive

Les Inuits chassaient l'ours blanc bien avant l'arrivée des colons. Au début des années 1800, les baleiniers chassaient l'ours blanc à l'occasion et ses peaux entraient sur le marché par les postes de traite du Nord, créant une demande pour les fourrures. La peau de l'ours blanc, un important sous-produit de la chasse, contribuait au commerce d'armes à feu et d'autres outils essentiels pour la survie. La chasse à l'ours blanc pratiquée par les peuples autochtones a augmenté rapidement dans les années 1960 parallèlement à la transformation de l'économie nordique, qui est passée d'un système fondé sur la subsistance à un système de marché ouvert. L'élément déclencheur a été l'introduction d'équipements et de technologies modernes, qui ont créé une demande croissante pour des biens, par exemple des motoneiges. Le commerce de la peau a atteint son apogée dans les années 1980, années où le marché de la peau de phoque s'est effondré (voir référence 27).

L'Ă©tablissement des quotas de chasse relève des gouvernements provinciaux et territoriaux et des CGF Ă©tablis en vertu d'accords de revendications territoriales. En vertu de ces accords, les peuples autochtones des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut peuvent dĂ©cider de transfĂ©rer leur droit (contingent de rĂ©colte) Ă  un chasseur de gibier trophĂ©e, gĂ©nĂ©ralement en vendant une Ă©tiquette Ă  une pourvoirie locale. La valeur d'une Ă©tiquette peut aller jusqu'Ă  2 900 $ (voir rĂ©fĂ©rence 28). La chasse sportive Ă  l'ours blanc reprĂ©sente une valeur d'environ 1,3 million de dollars (voir rĂ©fĂ©rence 29), dont 373 450 $ pour les Territoires du Nord-Ouest et 923 800 $ pour le Nunavut. Ă€ l'Ă©chelle d'une communautĂ© individuelle, la chasse sportive peut reprĂ©senter jusqu'Ă  13 % de son revenu total (voir rĂ©fĂ©rence 30). Par exemple, selon le sondage effectuĂ© en 2007 auprès des chasseurs d'ours blanc, le total estimĂ© des dĂ©penses d'excursion moyennes d'un chasseur de gibier trophĂ©e provenant des États-Unis aux Territoires du Nord-Ouest (2007) Ă©quivalait Ă  environ 37 000 $ (voir rĂ©fĂ©rence 31).

MĂŞme si la chasse sportive procure de meilleurs avantages Ă  la communautĂ© sur le plan monĂ©taire, les Inuits prĂ©fèrent garder la majoritĂ© des Ă©tiquettes attribuĂ©es pour la communautĂ©. Au Nunavut, environ 20 % seulement des Ă©tiquettes sont attribuĂ©es Ă  la chasse sportive (voir rĂ©fĂ©rence 32).

Art et artisanat

La production d'objets d'art et d'artisanat est un complĂ©ment naturel Ă  la chasse. Ces objets sont confectionnĂ©s Ă  partir de produits dĂ©rivĂ©s de la chasse Ă  l'ours blanc et leur vente contribue Ă  fournir le revenu nĂ©cessaire pour participer Ă  la chasse (c'est-Ă -dire de l'essence pour les motoneiges, munitions, etc.). De plus, l'ours blanc est souvent une source d'inspiration pour les artistes autochtones; aussi fait-il partie intĂ©grante de la culture autochtone. Cela fait longtemps que l'art inuit joue un rôle expressif dans la culture de ce peuple. Aujourd'hui, de nombreuses familles utilisent la confection d'objets d'art et d'artisanat en tant que supplĂ©ment au revenu familial (voir rĂ©fĂ©rence 33).

Observation dans la nature

L'écotourisme relié à l'ours blanc, surtout la photographie, est en croissance depuis les années 1970 (voir référence 34). Aujourd'hui, de nombreuses entreprises privées canadiennes et américaines offrent des excursions d'observation.

Le prix d'un safari d'observation varie entre 3 850 $ et 9 130 $(voir référence 35) par personne, selon la durée du séjour et le type d'activités incluses dans le forfait. Généralement, un forfait de cinq jours comprend l'hébergement, le transport aller-retour, les excursions locales et la taxe gouvernementale. Les pourboires, les droits d'entrée aux musées et aux parcs, les taxes provinciales en sus et les frais d'assurances ne sont habituellement pas inclus dans le forfait.

L'industrie de l'écotourisme lié à l'ours blanc se concentre à Churchill, au Manitoba, souvent considérée comme la capitale mondiale de l'ours blanc. La valeur économique associée à l'ob-servation de l'ours blanc dans son habitat naturel est estimée à 7,2 millions de dollars au Canada (voir référence 36).

Recherche scientifique

L'ours blanc fait désormais l'objet d'une recherche scientifique approfondie dans le Nord, puisque l'espèce se trouve au sommet de la chaîne alimentaire et sert souvent d'indicateur des changements caractérisant les écosystèmes nordiques.

Valeurs passives

Au-delà des valeurs d'utilisation conventionnelles décrites ci-dessus, les gens retirent de la satisfaction et perçoivent des avantages se rattachant au fait de savoir que l'espèce existe toujours (valeur fondée sur l'existence) ou existera dans l'avenir (valeur fondée sur le legs) (voir référence 37).

En ce qui a trait aux espèces en péril, les valeurs passives ont tendance à dominer toutes les valeurs. Même si une espèce donnée n'est pas immédiatement accessible à notre société, la valeur fondée sur l'existence peut être la plus significative ou le seul avantage connu d'une espèce particulière (voir référence 38).

Généralement, l'information sur les valeurs passives est recueillie à l'aide d'études de préférences exprimées (voir référence 39). L'examen de la recherche effectuée jusqu'à ce jour révèle qu'aucune étude de ce genre n'existe pour l'ours blanc. Selon des données probantes provenant d'autres études de préférences pertinentes (voir référence 40), la technique de transfert d'avantage a été appliquée par ÉcoRessources pour supposer la valeur que les Canadiennes et les Canadiens accorderaient à la conservation de cette espèce au Canada. Cette valeur a été estimée à 508 $ par ménage, par année, totalisant 6 milliards de dollars par année au Canada (voir référence 41). Par comparaison, la valeur annuelle par ménage d'autres espèces populaires, par exemple le rorqual à bosse, est estimée à 276 $ (voir référence 42) et celle du pygargue à tête blanche, à 403 $ (voir référence 43).

Le consentement à payer pour la protection de l'habitat de l'ours blanc peut aussi être un indicateur des avantages concomitants associés à la protection de l'espèce. Par exemple, en Alaska, le consentement à payer pour protéger l'habitat faunique, qui comprend celui de l'ours blanc, était estimée entre 36 $ et 70 $ par ménage, par année (voir référence 44).

Avantages

La modification est un engagement important à l'égard des ours blancs et de leur vulnérabilité et prévoit l'élaboration d'un plan de gestion dans les trois années suivant cette inscription sur la liste; par conséquent, ses impacts économiques incrémentiels sont de moindre importance.

Bien que la majorité des avantages soient susceptibles d'augmenter une fois le plan de gestion mis en œuvre, l'inscription de l'ours blanc en tant qu'espèce préoccupante en vertu de la LEP permet de mieux sensibiliser à l'importance de cette espèce et contribue à freiner la dégradation de sa population grâce aux mesures de conservation du plan de gestion.

En plus des avantages issus des valeurs passives associés à la conservation de l'espèce qui augmentent pour les Canadiennes et les Canadiens, soutenir un niveau de population sain permet d'assurer l'accès continu à cette espèce en tant que ressource traditionnelle et se traduit par des avantages sur le plan culturel, économique et de la santé pour les communautés nordiques.

Dans la mesure où la modification proposée contribue à la protection de l'espèce, les faits probants économiques présentés à la section sur la valeur pour les Canadiennes et les Canadiens (plus haut) indiquent que cette mesure réglementaire entraînera probablement des avantages nets pour les Canadiennes et les Canadiens.

Coûts

En vertu de la LEP, lorsqu'une espèce sauvage est inscrite en tant qu'espèce préoccupante, le ministre compétent doit préparer un plan de gestion pour l'espèce et son habitat (voir référence 45). Dans la mesure du possible, le plan de gestion doit être préparé en collaboration avec les organismes provinciaux et territoriaux appropriés, notamment les CGF, et chaque organisme autochtone qui, selon le ministre compétent, sera directement touché. De plus, avant la mise en œuvre du plan, des consultations doivent être menées avec les intéressés concernés (voir référence 46) dans la région géographique où évolue l'espèce.

Inscrire l'ours blanc en tant qu'espèce préoccupante en vertu de la LEP entraîne l'élaboration d'un plan de gestion selon un calendrier de trois ans, comme il est stipulé à l'article 68. Puisque l'analyse présentée ici ne considère que les impacts incrémentiels de la modification, une analyse plus poussée est nécessaire pour évaluer les coûts et les avantages spécifiques du plan de gestion. Le Canada compte 13 sous-populations d'ours blancs. Chaque sous-population est gérée et surveillée séparément et un plan de gestion fédéral peut considérer les besoins de chaque sous-population sur une base séparée, ainsi que les coûts et les avantages, une fois le plan élaboré.

Pour une espèce inscrite en tant qu'espèce préoccupante en vertu de la LEP, les interdictions générales ne s'appliquent pas, ce qui signifie qu'il n'y aura aucun coût immédiat associé à l'inscription. Il est plus probable que les intéressés concernés défraient des coûts se rattachant à l'élaboration et la mise en œuvre futures d'un plan de gestion.

Un des principes directeurs de la LEP est l'esprit de collaboration qui règne entre les ordres de gouvernement, le grand public et les intéressés. Aussi, le plan de gestion de l'ours blanc nécessite-il la collaboration de divers intervenants qui pourraient couvrir les coûts associés.

Analyse des impacts liés à la répartition

Bien que la modification n'impose aucune nouvelle interdiction sur l'activitĂ© Ă©conomique entourant l'ours blanc et ses utilisations directes et indirectes — par exemple la chasse, l'observation de la faune, l'extraction minière — les mesures contenues dans le futur plan de gestion peuvent avoir des impacts potentiels. L'Ă©tendue selon laquelle ces mesures peuvent toucher les intĂ©ressĂ©s n'est pas bien connue en ce moment et devra ĂŞtre réévaluĂ©e pendant le processus d'Ă©laboration du plan de gestion. Cependant, il est important de comprendre qui sont ces intĂ©ressĂ©s et quel est le niveau d'activitĂ© Ă©conomique dĂ©ployĂ©. Puisque la majoritĂ© des avantages Ă©conomiques provenant des utilisations directes et indirectes dĂ©crites ci-dessus servent des intĂ©rĂŞts locaux, il sera utile d'Ă©tudier les intĂ©ressĂ©s participant aux principales activitĂ©s Ă©conomiques liĂ©es Ă  l'ours blanc dans le Nord.

Chasseurs autochtones

Le niveau du contingent de rĂ©colte dĂ©pend du quota annuel et d'une combinaison de facteurs, notamment les mesures de conservation, la santĂ© de la population d'ours blancs en question ainsi que les connaissances scientifiques et traditionnelles. Les peuples autochtones composent la majoritĂ© de la population de l'ExtrĂŞme-Arctique (85 % du Nunavut et 50 % des Territoires du Nord-Ouest) et la chasse est un mode de vie pour nombre d'entre eux. Environ 80 % des Inuits pratiquent la chasse d'espèces sauvages (voir rĂ©fĂ©rence 47). La chasse est importante sur le plan culturel et Ă©conomique. La chasse de subsistance fournit la nourriture traditionnelle du pays aux Inuits, du matĂ©riel pour la confection de vĂŞtements et de la nourriture pour les chiens et gĂ©nère des revenus provenant de la vente des fourrures et des objets d'art et d'artisanat. En termes Ă©conomiques, on estime que la valeur combinĂ©e des fourrures et de la viande pour l'annĂ©e 2009 Ă©tait de 1,46 million de dollars (voir rĂ©fĂ©rence 48) pour la communautĂ© de chasseurs autochtones.

À l'heure actuelle, la chasse sportive à l'ours blanc est autorisée seulement dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, conformément à des conditions strictes relativement à l'utilisation de moyens traditionnels et à la présence d'Inuits locaux en tant que guides et conducteurs d'attelage de chiens. La majorité des guides et des aides tirent une proportion de leur revenu monétaire annuel de leur implication dans la chasse sportive (entre 4 500 $ et 6 000 $ par expédition) (voir référence 49), ce qui peut représenter une part importante de leur revenu annuel étant donné les possibilités d'emploi limitées dans le Nord. Par exemple, dans la communauté de Clyde River, au Nunavut, où le revenu moyen en 2008 était de 17 200 $ (voir référence 50), un guide pouvait gagner 6 000 $ par expédition. Cette communauté de 800 habitants (390 chasseurs) a récolté 10 trophées de chasse cette année-là (sur le quota général de 45), c'est donc dire que l'accès aux ressources monétaires que procure la chasse sportive est limité et n'est pas à la portée de tous les chasseurs. Outre le salaire, les pourboires offerts par les clients satisfaits procurent un surplus moyen de 1 100 $ à 2 300 $ par expédition (voir référence 51). Certains chasseurs de trophées récompensent les guides et les aides en leur offrant des cadeaux dispendieux et utiles, par exemple des carabines, des jumelles ainsi que des arcs et des flèches. Dans certaines communautés, les pourvoiries locales offrent aussi des primes en espèces aux meilleurs guides et aides. Outre les gains économiques, la chasse représente des atouts culturels et traditionnels importants, notamment la fierté de la communauté et les aptitudes de chasse nécessaires.

Grossistes de forfaits de chasse

Une expĂ©dition de chasse Ă  l'ours blanc est nĂ©gociĂ©e par l'intermĂ©diaire d'un grossiste, gĂ©nĂ©ralement situĂ© dans le Sud du Canada et responsable du recrutement des clients. La dynamique entre le grossiste et les pourvoiries (voir rĂ©fĂ©rence 52) varie et reflète la valeur des services fournis. Le grossiste retient en moyenne entre 40 % et 45 % de la valeur totale du forfait.

Pourvoiries locales

Les pourvoiries locales touchent en moyenne entre 55 % et 60 % de la valeur totale du forfait du grossiste. Pour la saison 2011, le prix d'un forfait de chasse au Nunavut varie entre 20 000 $ et 30 000 $ (voir rĂ©fĂ©rence 53).

De plus, les pourvoiries locales peuvent aussi toucher des paiements pour les biens et les services communautaires, par exemple des paiements Ă  l'organisation de chasseurs et de trappeurs (OCT). Elles peuvent par ailleurs participer Ă  stimuler l'achat d'objets d'art inuits.

Communauté des chasseurs de trophée

Le Canada est le seul pays Ă  offrir des expĂ©ditions de chasse Ă  l'ours blanc en vue de rĂ©colter un trophĂ©e, attirant ainsi des chasseurs de gros gibier canadiens et Ă©trangers. La clientèle de chasseurs de trophĂ©e qui fait une expĂ©dition de chasse aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut vient essentiellement des États-Unis (59 %) et de l'Union europĂ©enne (22 %) (voir rĂ©fĂ©rence 54). On attribue aux chasseurs de trophĂ©es canadiens environ 7 % du nombre d'ours blancs tuĂ©s lors des expĂ©ditions de chasse au trophĂ©e (voir rĂ©fĂ©rence 55). Cependant, Ă  partir de l'inscription en 2008 de l'ours blanc en tant qu'espèce menacĂ©e en vertu de l'Endangered Species Act des États-Unis, le nombre de chasseurs a diminuĂ© en raison de l'interdiction d'importer des peaux et des trophĂ©es d'ours blanc aux États-Unis (voir rĂ©fĂ©rence 56).

Gouvernements territoriaux

Aux Territoires du Nord-Ouest, les droits d'Ă©tiquette pour la chasse par les non-rĂ©sidents (c'est-Ă -dire les AmĂ©ricains ou d'autres personnes vivant Ă  l'extĂ©rieur du Canada) sont de 100 $ et les droits de trophĂ©e de chasse Ă  l'ours blanc, de 1 500 $ (voir rĂ©fĂ©rence 57). En 2010, les droits d'Ă©tiquette au Nunavut Ă©taient de 50 $ et les droits de trophĂ©e de chasse par les non-rĂ©sidents, de 750 $ (voir rĂ©fĂ©rence 58). Les droits d'Ă©tiquette doivent ĂŞtre payĂ©s avant l'expĂ©dition et les droits de trophĂ©e doivent ĂŞtre payĂ©s avant que l'animal — ou une ou l'autre de ses parties — soit exportĂ© du territoire oĂą il a Ă©tĂ© chassĂ©.

Le tableau suivant décrit les parties intéressées et les impacts en termes qualitatifs.

Tableau 3 : ÉnoncĂ© d'impact reliĂ© Ă  l'ours blanc par activitĂ© (qualitatif)

Activité

Portée des impacts

Chasse de subsistance Ă  l'ours blanc et mode de vie traditionnel

Aucun — Aucun changement au contingent de rĂ©colte en consĂ©quence de l'inscription sur la liste.

Possibilités d'observation améliorées et rétablissement de l'espèce

PortĂ©e et Ă©chelle inconnues — Il est possible que l'inscription sur la liste permette de mieux sensibiliser au statut de l'espèce et favorise le tourisme dans les rĂ©gions oĂą l'observation de l'ours blanc est accessible (par exemple Ă  Churchill, au Manitoba).

Chasse Ă  l'ours blanc commerciale/sportive

Aucun — Aucun changement au contingent de rĂ©colte en consĂ©quence de l'inscription sur la liste.

Utilisation et amĂ©nagement des terres : aux fins d'Ă©tablissement

Aucun — Aucun impact prĂ©vu Ă  l'Ă©tape de l'inscription sur la liste. Cependant, certaines mesures peuvent ĂŞtre prises Ă  l'Ă©tape du plan de gestion pour limiter les rencontres entre les humains et les ours blancs (par exemple des mesures de sĂ©curitĂ© peuvent ĂŞtre considĂ©rĂ©es dans les futurs plans d'amĂ©nagement).

Utilisation et amĂ©nagement des terres : aux fins d'activitĂ©s industrielles

Aucun — Aucun changement immĂ©diat Ă  l'utilisation des terres ou aux activitĂ©s industrielles. Les impacts, si connus, seront pris en considĂ©ration lors de l'Ă©laboration d'un plan de gestion.

Valeurs d'existence et de legs : importance culturelle et spirituelle pour les communautĂ©s

Faibles — Les valeurs d'existence et de legs associĂ©es aux espèces seront maintenues et prendront potentiellement de l'importance avec le temps une fois que le plan de gestion exigĂ© sera mis en place.

Consultations, gestion des espèces, surveillance

Faibles — Les coĂ»ts seront attribuĂ©s Ă  l'Ă©laboration d'un plan de gestion et Ă  la phase de consultation.

Aucun coût pour la mise en œuvre (aucune interdiction de la LEP associée à l'inscription).

Entendement scientifique : avantages concomitants

Aucun — Aucun impact prĂ©vu Ă  l'Ă©tape de l'inscription sur la liste. Des avantages concomitants potentiels liĂ©s Ă  d'autres espèces peuvent dĂ©couler de la protection de l'habitat de l'ours blanc et des possibilitĂ©s de recherche dans le Nord, une fois que le plan de gestion exigĂ© sera mis en place.

Avantage net

Les principales interdictions de la LEP ne s'appliquent pas aux espèces préoccupantes de la liste. Par conséquent, les impacts économiques différentiels de la modification seraient de moindre importance.

Tandis que la majorité des avantages et des coûts surviennent une fois que le plan de gestion aura été élaboré puis mis en œuvre, la modification est un engagement important à l'égard des ours blancs et de leur vulnérabilité et amorce l'élaboration d'un plan de gestion à long terme dans les trois années suivant son inscription sur la liste.

Dans la mesure où la modification contribue à la protection de l'espèce, les faits probants économiques présentés indiquent que l'action réglementaire est susceptible de se traduire par des avantages nets pour les Canadiennes et les Canadiens.

Conclusion

Inscrire l'ours blanc sur la liste en vertu de la LEP représente une étape importante pour ce qui est du respect de la Loi vis-à-vis de son engagement à réduire le risque que l'espèce devienne menacée ou en voie de disparition. Un plan de gestion sera élaboré avec les parties concernées dans les trois années suivant cette décision d'inscription.

Les impacts de l'inscription sur les gouvernements, les industries et les personnes devraient être limités conformément à la modification en raison d'une combinaison de facteurs, notamment les mesures de désignation et de conservation de la LEP déjà en place découlant de la législation provinciale, territoriale ou fédérale et des engagements internationaux. La décision d'inscrire l'espèce sur la liste n'entrave pas la capacité des peuples autochtones de chasser l'ours blanc.

Consultation

En vertu de la LEP, l'évaluation scientifique du statut de l'espèce et la décision de l'inscrire sur la liste officielle comportent deux processus distincts. Cette distinction fait en sorte que les chercheurs puissent travailler indépendamment lorsqu'ils évaluent le statut biologique des espèces sauvages et que la population canadienne puisse participer au processus décisionnel visant à déterminer si une espèce sera inscrite ou non sur la liste en vertu de la LEP.

Le 25 novembre 2008, Environnement Canada a amorcĂ© un processus de consultations publiques au sujet de l'inscription proposĂ©e de l'ours blanc en tant qu'espèce prĂ©occupante. La première Ă©tape a Ă©tĂ© d'afficher l'Ă©noncĂ© de rĂ©ponse du ministre Ă  l'Ă©gard de l'Ă©valuation de l'espèce effectuĂ©e par le COSEPAC dans le registre public de la LEP (voir rĂ©fĂ©rence 59). Un Ă©noncĂ© de rĂ©ponse est un document de communications qui explique comment le ministre de l'Environnement entend rĂ©pondre Ă  l'Ă©valuation d'une espèce sauvage effectuĂ©e par le COSEPAC. Dans cet Ă©noncĂ©, le ministre de l'Environnement de l'Ă©poque a expliquĂ© qu'il entendait faire une recommandation au gouverneur en conseil concernant l'ajout de l'ours blanc Ă  l'annexe 1 en tant qu'espèce prĂ©occupante. Avant de prĂ©senter la recommandation au gouverneur en conseil, le ministre de l'Environnement a indiquĂ© son intention d'entreprendre des consultations avec les entitĂ©s suivantes : les gouvernements du Manitoba, de l'Ontario, du QuĂ©bec, de Terre-Neuve-et-Labrador, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut; la Commission de gestion de la faune aquatique et terrestre du Yukon; le Conseil des ressources renouvelables gwich'in; le Conseil consultatif de la gestion de la faune (Territoires du Nord-Ouest); le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut; le ComitĂ© conjoint de chasse, de pĂŞche et de piĂ©geage; le Conseil consultatif de la gestion de la faune (versant nord); le Conseil de cogestion de la faune et de la flore des monts Torngat; les peuples autochtones, les parties intĂ©ressĂ©es et le grand public.

Le 5 décembre 2008, les parties intéressées et le grand public ont aussi été consultés au moyen d'un document intitulé Consultation sur la modification de la liste des espèces de laLoi sur les espèces en péril:espèces terrestres, janvier 2009 (voir référence 60). Ce document de consultation, affiché sur le registre public de la LEP, décrivait l'ours blanc et 20 autres espèces terrestres à être ajoutées ou reclassées à l'annexe 1 par le COSEPAC, les raisons de considérer l'inscription sur la liste et les conséquences de l'inscription. Le processus comportait aussi la distribution du document de discussion et la tenue de consultations directes avec environ 1 500 intervenants, provenant notamment de divers secteurs industriels, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des organismes et ministères fédéraux, des organisations autochtones, des conseils de gestion de la faune, des utilisateurs des ressources, des propriétaires fonciers et des organisations environnementales non gouvernementales. Les membres du public avaient aussi l'occasion de faire des commentaires en les affichant sur le registre public.

Six commentaires ont été reçus relativement à ces consultations. Cinq d'entre eux étaient en faveur de l'inscription de l'ours blanc et le dernier, de nature générale, concernait le processus d'inscription.

Étant donnĂ© le statut « emblĂ©matique » de l'ours blanc dans la sociĂ©tĂ© et sa valeur culturelle pour les peuples autochtones de l'Arctique, des consultations Ă©tendues avec diffĂ©rents groupes et communautĂ©s autochtones ont aussi Ă©tĂ© menĂ©es, conformĂ©ment aux processus exigĂ©s en vertu des accords de revendications territoriales existants. Ces consultations ont Ă©tĂ© prolongĂ©es afin d'assurer aux rĂ©sidents du Nord la possibilitĂ© de discuter des impacts de l'inscription proposĂ©e de l'ours blanc Ă  l'annexe 1 de la LEP sur leurs vies et leurs droits de chasse. Ainsi, le ministre de l'Environnement a menĂ© des consultations Ă©tendues auprès des communautĂ©s nordiques et des conseils pertinents du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon, du QuĂ©bec, du Manitoba, de l'Ontario et de Terre-Neuve-et-Labrador.

En 2009, le ministre a tenu une table ronde nationale Ă  Winnipeg qui a rassemblĂ© des experts ayant un rôle de gestion ou de conservation par rapport Ă  l'ours blanc du Canada afin d'entendre les opinions Ă  l'Ă©gard des secteurs d'action prioritaires et d'accroĂ®tre la sensibilisation aux activitĂ©s de conservation en cours.

La participation des peuples autochtones de l'Arctique, qui jouent un rôle important dans la gestion de l'ours blanc, a Ă©tĂ© d'une importance particulière. En vertu de la LEP, et conformĂ©ment Ă  certains accords de revendications territoriales — des documents constitutionnellement reconnus —, les CGF Ă©tablis en vertu d'accords de revendications territoriales et autorisĂ©s par ces accords Ă  assurer des fonctions de gestion liĂ©es Ă  l'ours blanc ont dĂ» ĂŞtre consultĂ©s et un processus officiel de prise de dĂ©cision s'en est suivi. Les consultations et le processus dĂ©cisionnel se sont conclus sur une note positive.

Les consultations autochtones menées dans les provinces et les territoires sont décrites ci-dessous.

Le Nunavut, ayant une population de 35 000 résidents, possède 12 des 13 sous-populations d'ours blancs. Étant donné l'importance de cet animal pour les Inuits au Nunavut, une invitation a été envoyée pour rencontrer toutes les communautés autochtones, les OCT et les organisations régionales des ressources fauniques (ORRF). De plus, tous les résidents du Nunavut ont eu la possibilité de soumettre leurs commentaires par écrit. Des rencontres en personne ont été organisées dans 23 des 25 communautés et 793 personnes y ont assisté. Une communauté, Baker Lake, a décliné l'invitation, tandis que les arrangements pour une rencontre en personne à Bathurst Inlet ont été infructueux. Sur les 119 commentaires reçus, la majorité n'appuyait pas l'inscription de l'ours blanc en vertu de la LEP. Selon les commentaires reçus, on suggérait que l'ours blanc était une espèce adaptable et qu'elle serait capable d'affronter le changement climatique, que la population d'ours blanc augmente au lieu de diminuer et que les Inuits sont capables de gérer l'ours blanc. On affirmait aussi que le gouvernement devrait écouter davantage les Inuits, que les chercheurs et les Inuits devraient travailler ensemble et que les quotas devraient être augmentés.

Sur les OCT consultées, 13 ne soutenaient pas l'inscription proposée, une était en sa faveur et une était neutre. Une ORRF était contre l'inscription et 17 membres du public ont envoyé des commentaires écrits indiquant qu'ils n'étaient pas en faveur, tandis que 2 membres du public ont témoigné leur appui.

L'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut (ARTN) inclut le processus décisionnel qui habilite le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN) à approuver la désignation d'une espèce rare, menacée et en voie de disparition au Nunavut. En 2008, un protocole d'entente a été signé entre le gouvernement fédéral et le CGRFN. Ce protocole, bien qu'il ne soit pas juridiquement contraignant, permet d'harmoniser le processus décisionnel de la LEP pour l'inscription des espèces sauvages au processus décisionnel de l'ARTN. Le CGRFN a officiellement avisé le ministre de l'Environnement qu'il n'appuie pas l'inscription de l'ours blanc en tant qu'espèce préoccupante. La position du CGRFN reflète celle des communautés du Nunavut. On croit que dans l'ensemble la population d'ours blancs est saine, et d'ailleurs le nombre d'individus augmente dans la plupart des sous-populations, malgré la diminution de la glace marine disponible.

Territoires du Nord-Ouest

Aux Territoires du Nord-Ouest, six communautés inuvialuites ont été consultées lors de rencontres en personne parallèlement au comité local de chasseurs et de trappeurs. Soixante-trois personnes ont assisté aux rencontres et 199 commentaires ont été reçus. La majorité d'entre elles appuyaient l'inscription sur la liste; cependant, on a exprimé une inquiétude selon laquelle les connaissances traditionnelles des autochtones n'étaient pas considérées dans la préparation de l'évaluation du COSEPAC et qu'il fallait faire mieux à ce chapitre. D'autres commentaires généraux avaient trait à la gestion de l'ours blanc, à l'inscription sur la liste et aux impacts du changement climatique. Les six communautés inuvialuites appuyaient l'inscription. Le Conseil consultatif de la gestion de la faune (Territoires du Nord-Ouest), le Conseil inuvialuit de gestion du gibier et tous les comités de chasseurs et de trappeurs ont envoyé des commentaires officiellement en faveur de l'inscription de l'ours blanc en tant qu'espèce préoccupante. Trois membres du public ont mentionné par écrit qu'ils n'étaient pas en faveur, deux autres ont écrit un commentaire en faveur et un était indifférent.

Yukon

La prĂ©sence de l'ours blanc au Yukon se limite Ă  la portion côtière du versant nord, qui se trouve dans la collectivitĂ© inuvialuite. La prĂ©sence des Inuvialuits au Yukon est saisonnière et se compose essentiellement des rĂ©sidents d'Aklavik et d'Inuvik, aux Territoires du Nord-Ouest. Ces deux communautĂ©s ont Ă©tĂ© consultĂ©es dans le cadre du processus de consultation des Territoires du Nord-Ouest. Les deux CGF du Yukon ont aussi Ă©tĂ© consultĂ©s. Le Conseil consultatif de la gestion de la faune (versant nord) a indiquĂ© qu'il Ă©tait en faveur de l'inscription, tandis que l'autre conseil n'a pas rĂ©pondu.

Manitoba

Au Manitoba, quatre communautĂ©s des Premières Nations de la côte de la baie d'Hudson et la Ville de Churchill ont Ă©tĂ© invitĂ©es Ă  participer aux consultations. Chaque communautĂ© a reçu une lettre et un appel afin de dĂ©terminer son intĂ©rĂŞt Ă  ĂŞtre consultĂ©e sur l'inscription de l'ours blanc en tant qu'espèce prĂ©occupante. Une communautĂ©, Tadoule Lake — Première Nation de Sayisi Dene, a refusĂ© de participer au processus de consultation, tandis que les autres ont manifestĂ© leur intĂ©rĂŞt Ă  participer aux rencontres en personne.

Lors des rencontres et au moyen d'autres méthodes de consultation (par exemple suivi de rencontre, soumission des formulaires de réponse à Environnement Canada ou au bureau du conseil de bande et présentation aux élèves du secondaire), 57 personnes ont fourni 61 commentaires et tous appuyaient l'inscription de l'espèce. Selon les principaux commentaires, on mentionnait que la population d'ours blancs n'a pas diminué dans cette région, que les Inuits ont le droit de chasser et qu'ils devraient être tenus informés sur la conservation de l'espèce, que les peuples autochtones et le gouvernement devraient travailler ensemble et que le changement climatique était la principale menace de l'ours blanc, sans toutefois oublier les autres facteurs (par exemple la pollution et l'accumulation de contaminants environnementaux dans le tissu adipeux). Outre les 57 personnes qui ont fourni des commentaires en personne aux rencontres, des commentaires ont été reçus de la part de 3 conseils des Premières Nations, de 2 membres du public et du Conseil de gestion du parc national Wapusk, tous en faveur de l'inscription proposée.

Ontario

En Ontario, cinq communautĂ©s cries nordiques ont Ă©tĂ© abordĂ©es et des rencontres ont Ă©tĂ© organisĂ©es dans quatre communautĂ©s. Deux des rencontres avec les communautĂ©s ont Ă©tĂ© annulĂ©es et deux autres ont Ă©tĂ© replanifiĂ©es en raison d'une Ă©pidĂ©mie de grippe H1N1. Trente-quatre personnes ont fourni 63 commentaires durant la pĂ©riode de consultation et les appuis et les dĂ©saccords Ă  l'Ă©gard de l'inscription Ă©taient Ă©galement rĂ©partis. D'autres commentaires reflĂ©taient l'indiffĂ©rence de leurs auteurs, puisque bon nombre de Cris ne chassent pas l'ours blanc. Ă€ Fort Severn, oĂą une rencontre a Ă©tĂ© annulĂ©e, un aĂ®nĂ© a rencontrĂ© Environnement Canada. SubsĂ©quemment, le conseil communautaire a Ă©crit une lettre indiquant qu'il n'appuyait pas l'inscription. Ă€ Weenusk, le chef a rencontrĂ© les reprĂ©sentants d'Environnement Canada et par la suite s'est prononcĂ© en faveur de l'inscription. Dans les commentaires reçus, on indiquait que si l'inscription de l'ours blanc en tant qu'espèce prĂ©occupante entravait les activitĂ©s des chasseurs inuits, on s'y opposerait. Selon d'autres commentaires, on soulignait le nombre accru d'ours blancs, l'importance de tenir compte des connaissances traditionnelles des autochtones et l'importance de la collaboration entre les chercheurs et les Inuits. Dans l'ensemble, un Ă©ventail complet et diversifiĂ© de commentaires a Ă©tĂ© fourni lors des consultations : certains Ă©taient d'avis que l'ours blanc devait ĂŞtre inscrit et que cette mesure favorisait la conservation de l'espèce, tandis que d'autres s'y opposaient, Ă©tant d'avis que l'espèce n'avait pas besoin de mesures de conservation. D'autres intervenants ont mentionnĂ© que leur histoire n'Ă©tait pas vraiment liĂ©e aux ours blancs et qu'ils les apercevaient rarement, raisons pour lesquelles ils ne se prononçaient ni en faveur ni contre l'inscription en tant qu'espèce prĂ©occupante. Les communautĂ©s n'ont pas fourni de rĂ©ponse officielle quant Ă  l'inscription.

Québec

Au QuĂ©bec, 74 personnes ont assistĂ© aux rencontres individuelles tenues dans huit communautĂ©s du Nord. Six communautĂ©s s'opposaient Ă  l'inscription, une Ă©tait en faveur et une Ă©tait indĂ©cise. Cinquante-deux commentaires ont Ă©tĂ© reçus lors des rencontres en personne et au moyen de rĂ©ponses Ă©crites. La majoritĂ© s'opposait Ă  l'inscription. Entre autres raisons invoquĂ©es, mentionnons des communautĂ©s qui ont dĂ©jĂ  des plans de gestion en place, l'importance de la sĂ©curitĂ© communautaire et le principe selon lequel si un ours blanc menace une communautĂ©, il peut ĂŞtre nĂ©cessaire de le tuer. Selon les commentaires, on proposait aussi d'abolir les quotas, puisqu'ils ne font pas partie de la culture inuite et que les espèces sont gĂ©rĂ©es Ă  l'Ă©chelle communautaire. Trois organisations ont Ă©tĂ© consultĂ©es. Un processus dĂ©cisionnel a Ă©tĂ© observĂ© auprès du Conseil de gestion des ressources fauniques de la rĂ©gion marine du Nunavik (CGRFRMN), qui s'est prononcĂ© contre l'inscription de l'ours blanc. Le ministre a rejetĂ© la dĂ©cision du CGRFRMN. Le CGRFRMN reconnaĂ®t que le changement climatique aura un certain impact sur la population d'ours blancs, mais estime que, devant le nombre croissant d'ours blancs aperçus par les chasseurs inuits au Nunavik et dans d'autres rĂ©gions, l'inscription en vertu de la LEP est non fondĂ©e Ă  l'heure actuelle. L'inquiĂ©tude Ă  propos de la menace envers les Inuits et leurs propriĂ©tĂ©s augmente au Nunavik puisque de plus en plus d'ours blancs pĂ©nètrent dans leurs communautĂ©s et dans les camps Ă©loignĂ©s. Les estimations de la population et les taux de survie de nombreuses sous-populations sont dĂ©passĂ©s et l'adaptabilitĂ© de l'ours blanc Ă  l'Ă©tat des glaces changeantes est pratiquement inconnue. Le CGRFRMN croit qu'il faut avoir des estimations de la population Ă  jour et faire plus de recherche sur l'adaptabilitĂ© de l'ours blanc avant de procĂ©der Ă  l'inscription. Le ComitĂ© conjoint de chasse, de pĂŞche et de piĂ©geage (CCCPP) a prĂ©sentĂ© deux recommandations diffĂ©rentes Ă  l'Ă©gard de l'inscription proposĂ©e provenant de membres inuits et cris : les membres inuits s'opposaient Ă  l'inscription, tandis que les membres cris Ă©taient en faveur. Les peuples cris ont dĂ©cidĂ© d'ĂŞtre reprĂ©sentĂ©s par le CCCPP et n'ont pas formulĂ© de commentaires sĂ©parĂ©ment. Les Naskapis, qui ne chassent pas l'ours blanc, ne se sont pas prononcĂ©s Ă  ce sujet. Les principales inquiĂ©tudes des membres inuits concernaient la sĂ©curitĂ© de leurs communautĂ©s, puisque les ours blancs chassent de plus en plus dans les Ă©cosystèmes côtiers et terrestres. On s'inquiĂ©tait aussi du fait que la gestion devrait reflĂ©ter l'Ă©tat de la sous-population et ĂŞtre considĂ©rĂ©e et appliquĂ©e en tenant compte des caractĂ©ristiques rĂ©gionales distinctes. Les prĂ©occupations reflĂ©taient aussi les consĂ©quences de l'inscription sur les droits et responsabilitĂ©s des Inuits et, dans une certaine mesure, des Cris, Ă  l'Ă©gard de la chasse Ă  l'ours blanc. Les autres parties membres du CCCPP se disent en faveur de l'inscription en tant qu'espèce prĂ©occupante. Une des principales raisons invoquĂ©es pour justifier cette position est que ce statut faciliterait la cueillette additionnelle de donnĂ©es relativement aux prises, Ă  l'Ă©cologie et Ă  la population d'ours blancs dans l'environnement changeant du nord du QuĂ©bec, des sujets qui prĂ©occupent et intĂ©ressent toutes les parties membres du CCCPP.

Terre-Neuve-et-Labrador

Au Labrador, des rencontres ont été tenues dans cinq communautés nunatsiavuts où on chasse l'ours blanc. Des consultations ont aussi été menées auprès de trois groupes nunatsiavuts. Collectivement, 134 commentaires ont été reçus, répartis également pour et contre l'inscription de l'ours blanc. On a suggéré que la population du détroit de Davis avait augmenté et certains étaient d'avis que l'espèce n'était pas en voie de disparition et, par conséquent, n'avait pas besoin d'être inscrite. Certains affirmaient aussi que les quotas de chasse et de récolte devaient être augmentés. Certaines des parties en faveur de l'inscription ont souligné les faits probants du changement climatique, une bonne raison pour inscrire l'ours blanc.

Autres commentaires issus du processus de consultation étendu

Les consultations menĂ©es dans le Nord Ă©taient ouvertes Ă  tous les intĂ©ressĂ©s et un grand nombre de commentaires ont Ă©tĂ© reçus. Plus de 3 000 lettres en faveur de l'inscription proposĂ©e ont Ă©tĂ© envoyĂ©es au ministre de l'Environnement, provenant essentiellement des peuples vivant Ă  l'extĂ©rieur du cercle arctique. Sur les lettres reçues, environ 90 % des intĂ©ressĂ©s Ă©taient en faveur de l'inscription de l'ours blanc en vertu de la LEP. Soixante pour cent des lettres affichaient des adresses du Canada; 29 %, des États-Unis; 6 %, d'autres pays et 5 %, d'origine inconnue. La majoritĂ© de ces lettres indiquaient un appui fondĂ© sur l'un ou plusieurs des Ă©lĂ©ments suivants :

  1. L'importance d'accorder à l'ours blanc une protection juridique grâce à son inscription en vertu de la LEP;
  2. La nĂ©cessitĂ© de contrôler la chasse ou d'y mettre fin pour protĂ©ger les ours blancs;
  3. Les liens entre le changement climatique et la protection des ours blancs.

Ă€ l'international

Le ministre de l'Environnement n'a pas tenu de consultations publiques internationales spécifiques concernant l'inscription proposée de l'ours blanc en vertu de la LEP. Toutefois, Environnement Canada a déployé un effort de communications internationales considérable à propos de l'ours blanc et de la CITES. L'ours blanc est inscrit à l'annexe II de la CITES, ce qui signifie que le commerce international est surveillé. La 15e Conférence des Parties (CP 15) de la CITES, qui s'est tenue au printemps de 2010, le gouvernement des États-Unis a officiellement proposé de faire passer cette inscription de l'annexe II à l'annexe I. Le fait d'inscrire l'espèce à l'annexe I aurait eu pour résultat de mettre fin au commerce international de l'ours blanc et de ses produits ou parties. Après avoir consulté les communautés autochtones du Nord et les CGF, Environnement Canada a rejeté cette proposition. À la CP 15, la proposition a d'ailleurs été rejetée par le vote majoritaire requis, soit les deux tiers, et l'ours blanc demeure inscrit sur l'annexe II, le commerce étant toujours surveillé.

Conséquemment à la proposition formulée par les États-Unis à la conférence de la CITES, Environnement Canada a reçu plus de 60 000 lettres de personnes en faveur de l'inscription de l'ours blanc à l'annexe I. Cette réaction s'est manifestée à la suite d'une campagne écrite (au moyen de lettres) mise en œuvre par l'organisation non gouvernementale Defenders of Wildlife. La grande majorité de ces lettres était des lettres types provenant essentiellement de résidents des États-Unis, certaines provenant ici et là du Canada, de pays européens et de l'Asie. Cette campagne est toujours active (voir référence 61) et le personnel de la CITES continue à recevoir des courriels de la part du grand public à ce sujet.

Rétroaction reçue à la suite de la publication de la modification proposée

Ă€ la suite de la publication dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada de la modification proposĂ©e visant Ă  inscrire l'ours blanc sur la liste de la LEP en tant qu'espèce prĂ©occupante, une pĂ©riode de consultation de 30 jours a Ă©tĂ© ouverte Ă  tous les intĂ©ressĂ©s et au public gĂ©nĂ©ral, soit du 2 juillet au 1er aoĂ»t 2011.

Plus de 1 900 commentaires ont Ă©tĂ© reçus, provenant essentiellement de gens vivant Ă  l'extĂ©rieur du territoire de l'ours blanc. Environ 99 % des auteurs appuyaient l'inscription de l'ours blanc Ă  la LEP. Soixante-sept pour cent des lettres provenaient d'adresses au Canada, 24 %, aux États-Unis et 9 %, d'autres pays. La majoritĂ© des commentaires soulignait que le Canada, qui possède 60 % de la population mondiale d'ours blancs, a une responsabilitĂ© envers la protection de leur avenir. On conseille vivement au ministre de l'Environnement de mettre en place un plan de gestion plus tôt que le dĂ©lai de trois ans prescrit afin de s'assurer que l'ours blanc ne devienne pas menacĂ© ou en pĂ©ril et on avance que le changement du climat et de l'Ă©tat de la glace dans l'Arctique est la principale menace envers l'espèce. Des mesures d'action proactives en matière de changement climatique sont encouragĂ©es afin de prĂ©server l'habitat des ours blancs.

Les populations d'ours blancs sont déjà gérées avec soin grâce à une collaboration entre le gouvernement fédéral et les provinces et les territoires canadiens où elles évoluent. Même si le contenu final du plan de gestion n'est pas encore connu, il sera préparé aussi rapidement que possible et devrait miser sur les activités déjà mises en place.

Environ 1 % des rĂ©pondants en faveur ont aussi Ă©voquĂ© des expĂ©riences personnelles venant Ă©tayer leur soutien : ce sont des gens qui ont travaillĂ© ou voyagĂ© en Arctique ou des Ă©ducateurs ou des auteurs ayant abordĂ© des enjeux de conservation et de vie sauvage. Un autre 1 % des rĂ©pondants a demandĂ© que la chasse Ă  l'ours blanc soit interdite.

L'ours blanc Ă©tant une espèce prĂ©occupante, la chasse continuera Ă  ĂŞtre permise conformĂ©ment Ă  des systèmes de quotas rigoureusement contrôlĂ©s, puisqu'il est reconnu que la chasse de subsistance joue un important rôle culturel chez les peuples autochtones.

Quatre organisations de conservation non gouvernementales (ONG) ont donné des commentaires. Une d'elles, établie au Canada, a appuyé la liste d'espèces préoccupantes. Trois ONG américaines, qui comptent des membres et des partisans à l'échelle internationale, notamment des Canadiennes et des Canadiens, ont suggéré que le COSEPAC aurait dû établir l'ours blanc en tant qu'espèce en voie de disparition. Elles affirment que son évaluation n'a pas considéré adéquatement les projections de glace marine qui, lorsqu'elles sont prises en compte avec la dynamique des populations d'ours blancs, pourraient être modélisées afin de montrer les déclins justifiant le statut d'espèce en voie de disparition. Elles affirment que le COSEPAC n'a pas considéré adéquatement l'utilisation des unités désignables dans son évaluation et que la proposition d'inscription à la liste n'incorpore pas la nouvelle information devenue disponible depuis l'époque où s'est déroulée l'évaluation, ce qui aurait probablement abouti à une évaluation des risques supérieure à celle d'espèce préoccupante.

Le ministre de l'Environnement du gouvernement du Nunavut ainsi que le directeur de la gestion faunique ont fait savoir que le gouvernement du Nunavut n'appuie pas l'inscription de l'ours blanc en vertu de la LEP jugeant qu'il est prématuré de fonder une décision d'inscription sur des prédictions ou modèles de concentration de glace qui peuvent ou non se concrétiser et avançant que les populations canadiennes d'ours blancs sont déjà gérées et surveillées efficacement et que, par conséquent, leur inscription à la LEP n'est pas justifiée. Selon eux, tandis que certaines zones de l'habitat de l'ours blanc pouvaient dépérir, d'autres pouvaient s'améliorer et les ours blancs sont capables de s'adapter et ont déjà traversé des périodes chaudes. Ils ont aussi fait savoir que les Inuits ont une connaissance intime de l'espèce et de son cycle de vie et ont observé une augmentation du nombre d'individus.

L'ours blanc a été évalué par le COSEPAC en tant qu'espèce préoccupante en 2008 à partir de son rapport de situation mis à jour de 2008. Les membres du COSEPAC évaluent l'information scientifique fournie dans le rapport de situation et doivent obtenir l'acceptation d'une majorité en ce qui a trait à la recommandation. Une décision d'inscription en vertu de la LEP doit être fondée sur l'évaluation fournie par le COSEPAC qui, en retour, doit fonder son évaluation sur la meilleure information disponible au moment de procéder à l'évaluation. Le COSEPAC a fondé sa conclusion à la fois sur des connaissances scientifiques et des connaissances traditionnelles. Elles incluaient des connaissances renseignant sur la formation de sous-populations et les raisons pour lesquelles on devrait considérer l'évaluation par unités désignables.

Dans l'ensemble, la désignation d'espèce préoccupante est appropriée par rapport à l'incertitude des projections de la concentration de glace, du changement climatique et de leur impact présent et futur sur les ours blancs. À la question de savoir si l'espèce peut adapter ou non ses mouvements et ses aires d'alimentation pour compenser les changements de la concentration de glace, la réponse demeure incertaine. Le COSEPAC doit réévaluer une espèce aux 10 ans ou à n'importe quel moment s'il a des raisons de croire que le statut d'une espèce a considérablement changé. Le rapport de situation et l'évaluation du COSEPAC sont disponibles en ligne par l'entremise du Registre public des espèces en péril au www.registrelep-sararegistry.gc.ca/default_f.cfm.

Mise en œuvre, application et normes de service

Puisque l'ours blanc est inscrit en tant qu'espèce prĂ©occupante en vertu de la LEP, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s'appliquent pas. Aussi, la promotion et l'application de la conformitĂ© ne sont pas exigĂ©es ni prĂ©vues. La LEP exige que le ministre prĂ©pare un plan de gestion pour l'ours blanc dans un dĂ©lai de trois ans Ă  compter de son inscription. Le plan inclura des mesures de conservation et sera prĂ©parĂ© en collaboration avec les entitĂ©s appropriĂ©es suivantes : ministres provinciaux/territoriaux, ministres fĂ©dĂ©raux, CGF, groupes autochtones et toute personne ou organisation jugĂ©e pertinente. Le plan sera aussi prĂ©parĂ© en collaboration avec les CGF autorisĂ©s conformĂ©ment aux clauses des accords de revendications territoriales appropriĂ©s. De plus, la LEP exige des consultations avec les propriĂ©taires fonciers, les locataires et autres entitĂ©s concernĂ©es par le plan, notamment le gouvernement de tout pays oĂą on trouve l'espèce. Dans le cadre du processus d'inscription de la LEP, des consultations ont Ă©tĂ© menĂ©es avec les communautĂ©s nordiques concernĂ©es.

Au moment de l'inscription, les calendriers s'appliquent pour la préparation d'un plan de gestion. La mise en œuvre du plan peut aboutir à des recommandations relativement à d'autres mesures réglementaires à l'égard de la protection de l'espèce. Il se peut qu'on ait recours aux clauses d'autres lois du Parlement afin d'offrir la protection nécessaire.

Personne-ressource

Mary Taylor
Directrice
Division de la prestation des services de conservation et permis
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
TĂ©lĂ©phone : 819-953-9097

Référence a
L.C. 2002, ch. 29

Référence 1
L.C. 2002, ch. 29

Référence 2
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'ours blanc du Canada.

Référence 3
Le texte du traité est disponible au http://pbsg.npolar.no/en/agreements/agreement1973.html [en anglais seulement].

Référence 4
Par exemple la Marine Mammal Protection Act of 1972 des États-Unis.

Référence 5
Environnement Canada, Plan national de conservation de l'ours blanc, www.ec.gc.ca/nature/default.asp?lang=Fr&n=9577616C-1#HM (consulté le 20 août 2010).

Référence 6
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'ours blanc du Canada, p. 31.

Référence 7
Ibid.

Référence 8
Accord sur la conservation des ours blancs : http://pbsg.npolar.no/en/agreements/agreement1973.html [en anglais seulement].

Référence 9
Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), «The IUCN Red List of Threatened Species», www.iucnredlist.org [en anglais seulement] (consultĂ© le 19 aoĂ»t 2010).

Référence 10
Disponible au www.cites.org.

Référence 11
Marine Mammal Protection Act of 1972 des États-Unis.

Référence 12
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC, www.sararegistry.gc.ca/virtual_sara/files/cosewic/sr_polar_bear_0808_f.pdf.

Référence 13
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'ours blanc au Canada, p.51.

Référence 14
George W. Wenzel, Sometimes Hunting Can Seem Like Business: Polar Bear Sport Hunting in Nunavut, Edmonton (Alberta), CCI Press, 2008.

Référence 15
« Rethinking the Top of the World: Arctic Security Public Opinion Survey », http://munkschool.utoronto.ca/files/downloads/FINAL%20Survey%20Report.pdf.

Référence 16
K. Rollins et A. Lyke, « The Case of Diminishing Marginal Existence Values », Journal of Environmental Economics and Management, vol. 36, no 3, 1998, pp. 324-344.

Référence 17
ÉcoRessources, « Ă‰vidences de l'importance socio-Ă©conomique des ours polaires pour le Canada ».

Référence 18
K. Wallmo, « Threatened and Endangered Species Valuation: Literature Review and Assessment », www.st.nmfs.gov/st5/documents/bibliography/Protected_Resources_
Valuation%20.pdf#search='endangered%20species%20economic%20valuation (consulté le 26août 2010).

Référence 19
Milton Freeman et Lee Foote, Inuit. Polar Bear and Sustainable Use.

Référence 20
Lee Foote et George W. Wenzel, Polar Bear Conservation Hunting in Canada: Economics, Culture and Unintended Consequences, Canadian Circumpolar Institute Press.

Référence 21
M. M. R.Wein, E. E.Freeman et J. C.Makus, «Use of and Preference for Traditional Foods among the Belcher Island Inuit», Arctic, vol.49, no3, 1996.

Référence 22
M. M. R.Freeman et L.Foote (éd.), Inuit, Polar Bear and Sustainable Use: Local National and International Perspectives, CCI Press, Université de l'Alberta, Edmonton, 2009.

Référence 23
ÉcoRessources, « Ă‰vidences de l'importance socio-Ă©conomique des ours polaires pour le Canada ». Toutes les valeurs sont converties en $CAN de 2009.

Référence 24
Ibid.

Référence 25
Selon les communications par courriel/téléphone avec Fur Harvesters Auction Inc.

Référence 26
E. E. Wein, M. M. R. Freeman et J. C. Makus, «Â Use of and Preference for Traditional Foods Among the Belcher Island Inuit », Arctic, vol. 49, no 3, 1996.

Référence 27
George W. Wenzel, Polar Bear as a Resource: an Overview, exposé de principes, The Resilient North Conference, Yellowknife, T.N.-O., 2004.

Référence 28
ÉcoRessources, « Ă‰vidences de l'importance socio-Ă©conomique des ours polaires pour le Canada ». Toutes les valeurs sont converties en $CAN de 2009.

Référence 29
Ibid.

Référence 30
Ibid.

Référence 31
M. M. R. Freeman et L. Foote (éd.), Inuit, polar bears and sustainable use: local, national and international perspectives, Edmonton, Canadian Circumpolar Institute Press, 2009, p. 71. Les dépenses incluent les droits d'étiquette et de trophée, mais excluent les coûts de taxidermie, puisque près de 64% des chasseurs sondés faisaient affaire à l'extérieur des T.N.-O. pour ce service.

Référence 32
ÉcoRessources, « Évidences de l’importance socio-économique des ours polaires pour le Canada ».

Référence 33
The Inuit Art Foundation, « The Making of Art is Not New to Inuit », www.inuitartalive.ca/index_e.php?p=124.

Référence 34
Voir, par exemple, R. Harvey Lemelin, « The Gawk, The Glaze, and The Gaze: Ocular Consumption and Polar Bear Tourism in Churchill, Manitoba, Canada », Current Issues in Tourism, vol. 9, no 6, 2006, p. 521.

Référence 35
Données basées sur la liste de prix d'une entreprise de Churchill disponible à www.canadapolarbears.com. Prix par personne pour 2011 (occupation simple).

Référence 36
ÉcoRessources, « Ă‰vidences de l'importance socio-Ă©conomique des ours polaires pour le Canada ».

Référence 37
Alan Randall, « Total Economic Value as a Basis for Policy », Transactions of the American Fisheries Society , no 116, 1987, pp. 330-331.

Référence 38
Kristin M. Jakobsson et Andrew K. Dragun, Contingent Valuation and Endangered Species: Methodological Issues and Applications, Cheltenham (R.-U.) et Lyme (New Hampshire), Elgar, 1996.

Référence 39
Ces valeurs passives peuvent être estimées en utilisant la technique appelée consentement à payer, qui représente le montant qu'une personne est prête à payer pour conserver une espèce.

Référence 40
ÉcoRessources, « Ă‰vidences de l'importance socio-Ă©conomique des ours polaires pour le Canada ».

Référence 41
Ibid.

Référence 42
Leslie Richards et John Loomis, « The Total Economic Value of Threatened, Endangered and Rare Species: An Updated Meta-Analysis », Ecological Economics, vol. 68, no 5, 2009, pp. 1535-1548; John Asafu-Adjaye, W. Phillips et W. Adamowicz, « Towards the Measurement of Total Economic Value: The Case of Wildlife Resources in Alberta », document d'Ă©tat-major 89-16, dĂ©partement de l'Économie rurale, universitĂ© de l'Alberta, Edmonton, Alberta, 1989.

Référence 43
Ibid.

Référence 44
Oliver S. Goldsmith, Alexandra Hill et Teresa Hull, en coll. avec Industrial Economics Inc., Economic Impact Assessment of Bristol Bay Area National Wildlife Refuges (préparé pour le U.S. Fish and Wildlife Service, Institute of Social and Economic Research, 1998), cité dans Eric Larson, An Overview of Alaska’s Natural Assets, Anchorage (Alaska), University of Alaska Anchorage, 1998, p. 64.

Référence 45
Loi sur les espèces en pĂ©ril, art. 65.

Référence 46
Loi sur les espèces en péril, par. 66(2) et (3).

Référence 47
« L'Ă©conomie des Inuits ou la prĂ©servation d'un mode de vie » (Feuillet d'information EDE no 94-1), Environnement Canada.

Référence 48
ÉcoRessources, « Évidences de l'importance socio-Ă©conomique des ours polaires pour le Canada ».

Référence 49
G. Wenzel, « Polar bear management, sport hunting and Inuit subsistence at Clyde River, Nunavut », Marine Policy, vol. 35, no 4, juillet 2011, pp. 457-465 (disponible en ligne le 28 dĂ©cembre 2010).

Référence 50
Bureau de la statistique du Nunavut.

Référence 51
G. Wenzel, Sometimes Hunting, pp. 70-71.

Référence 52
Une pourvoirie organise une expédition de chasse, tandis qu'un grossiste est un agent responsable de la vente de forfait à un client.

Référence 53
Le prix pour 2011 est fondé sur un sondage téléphonique auprès d'une entreprise canadienne établie à Yellowknife.

Référence 54
Wenzel, « Polar Bear as a Resource », p. 9.

Référence 55
Waters et coll., p. 13.

Référence 56
Waters et coll., fig. 6.

Référence 57
« Polar Bear », ministère de l'environnement et des ressources naturelles, gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, www.enr.gov.nt.ca/_live/pages/wpPages/hunting_Polar_Bear.aspx (consultĂ© le 18 aoĂ»t 2010).

Référence 58
Waters et coll., p. 13.

Référence 59
www.sararegistry.gc.ca/document/default_f.cfm?documentID=1676

Référence 60 www.sararegistry.gc.ca/document/default_f.cfm?documentID=1749


Référence 61
Lettre type intitulĂ©e « Stop the International Polar Bear Trade », https://secure.defenders.org/site/Advocacy?cmd=display&page=UserAction&id=1649 [en anglais seulement] (consultĂ© le 8 novembre 2010).