Vol. 145, no 4 — Le 16 fĂ©vrier 2011

Enregistrement

DORS/2011-12 Le 4 fĂ©vrier 2011

LOI SUR LES PÊCHES

ARCHIVÉ — RĂšglement modifiant le RĂšglement de pĂȘche de l'Atlantique de 1985

C.P. 2011-47 Le 3 fĂ©vrier 2011

Sur recommandation de la ministre des PĂȘches et des OcĂ©ans et en vertu de l'article 43 (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi sur les pĂȘches (voir rĂ©fĂ©rence b), Son Excellence le Gouverneur gĂ©nĂ©ral en conseil prend le RĂšglement modifiant le RĂšglement de pĂȘche de l'Atlantique de 1985, ci-aprĂšs.

RÈGLEMENT MODIFIANT LE RÈGLEMENT DE PÊCHE DE L'ATLANTIQUE DE 1985

MODIFICATION

1. La partie III de l'annexe XIII du RĂšglement de pĂȘche de l'Atlantique de 1985 (voir rĂ©fĂ©rence 1) est remplacĂ©e par ce qui suit :

Zones de pêche du homard

ENTRÉE EN VIGUEUR

2. Le présent rÚglement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L'ÉTUDE D'IMPACT
DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie du RÚglement.)

Résumé

Question : La zone d'environ 130 km2 appelĂ©e rĂ©cif MacLeod, situĂ©e au large de la côte nord-ouest de l'Île-du-Prince-Édouard, est une zone oĂč se pratique traditionnellement la pĂȘche au homard par les pĂȘcheurs professionnels de cette province qui exercent leur activitĂ© dans la zone de pĂȘche au homard (ZPH) 24. Cependant, d'aprĂšs les limites actuelles, cette zone fait partie de la ZPH 22.

Description : Le RĂšglement modifiant le RĂšglement de pĂȘche de l'Atlantique de 1985 (les modifications) ajoute la partie contestĂ©e de la ZPH 22 Ă  la ZPH 24 en transformant les limites qui sĂ©parent les deux zones de pĂȘche. Les limites sont dorĂ©navant conformes aux critĂšres traditionnels de PĂȘches et OcĂ©ans Canada en ce qui concerne l'accĂšs aux ressources, soit la contiguïtĂ©, la dĂ©pendance historique et la viabilitĂ© Ă©conomique.

ÉnoncĂ© des coĂ»ts et avantages : Aucun coĂ»t concret n'est associĂ© Ă  cette modification, puisqu'en dĂ©plaçant la limite de la zone de pĂȘche au homard, on ne modifie aucunement la pratique actuelle de cette activitĂ©. Les modifications allĂšgent cependant le fardeau administratif associĂ© Ă  l'obtention de dĂ©crets de dĂ©rogation et de conditions de permis, ainsi qu'Ă  Ă©tablir des limites qui reflĂštent avec prĂ©cision les habitudes de pĂȘche.

Incidences sur les entreprises et les consommateurs : Les modifications profitent aux pĂȘcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard qui ont toujours pĂȘchĂ© au rĂ©cif MacLeod, leur permettant ainsi de planifier leurs activitĂ©s de pĂȘche Ă  long terme. En modifiant le RĂšglement de pĂȘche de l'Atlantique de 1985 (RPA) pour tenir compte avec prĂ©cision des habitudes de pĂȘche, on allĂšge la nĂ©cessitĂ© du ministĂšre des PĂȘches et des OcĂ©ans (MPO) de prĂ©parer des dĂ©crets de dĂ©rogation annuels et d'imposer des conditions de permis pour permettre aux pĂȘcheurs professionnels de l'Île-du-Prince-Édouard de pĂȘcher dans la zone contestĂ©e.

Coordination et coopĂ©ration Ă  l'Ă©chelle nationale et internationale : Des consultations ont eu lieu avec les principales parties prenantes, comme les provinces de l'Île-du-Prince-Édouard et du QuĂ©bec, ainsi que les pĂȘcheurs professionnels de homard. De plus, le MinistĂšre a mis sur pied un examen indĂ©pendant pour Ă©tudier les questions et prĂ©senter des recommandations relatives Ă  une solution Ă  long terme au problĂšme.

Question

L'enjeu concerne ici l'attribution du rĂ©cif MacLeod, un lieu oĂč se pratique traditionnellement la pĂȘche au homard par les pĂȘcheurs professionnels de la zone de pĂȘche du homard 24 (ZPH 24), Ă  l'Île-du-Prince-Édouard, et qui, si l'on se fie aux limites actuelles, Ă©tait situĂ© dans la ZPH 22, appartenant aux Îles-de-la-Madeleine.

En vertu du RĂšglement de pĂȘche de l'Atlantique de 1985 (RPA), PĂȘches et OcĂ©ans Canada (MPO) a Ă©tabli 41 ZPH qui s'Ă©tendent dans les eaux des provinces de QuĂ©bec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que de l'Île-du-Prince-Édouard. Ces ZPH ont Ă©tĂ© créées en 1985 comme systĂšme de numĂ©rotation, permettant Ă  chaque ZPH de gĂ©rer et d'attribuer ses propres ressources halieutiques. Elles sont clairement dĂ©limitĂ©es en termes de latitude et de longitude et astreignent les dĂ©tenteurs de permis de pĂȘche Ă  ne pĂȘcher que dans le district pour lequel ils dĂ©tiennent un permis. Le MPO et l'industrie de la pĂȘche au homard travaillent en collaboration Ă  l'Ă©laboration de plans de gestion intĂ©grĂ©e pour la pĂȘche au homard dans 41 zones de pĂȘche diffĂ©rentes. Ces plans tiennent compte des particularitĂ©s de chaque zone de pĂȘche et on y dĂ©finit les mesures de gestion correspondantes.

Au mois de mai 2002, des pĂȘcheurs de North Cape (Île-du-Prince-Édouard) qui dĂ©tenaient des permis les autorisant Ă  pĂȘcher dans la ZPH 24 ont reçu des avis du MPO les informant qu'ils pĂȘchaient illĂ©galement dans une partie de la ZPH 22. Ces derniers ont indiquĂ© que les pĂȘcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard pĂȘchaient dans cette zone depuis des gĂ©nĂ©rations et veulent que les limites de la zone soient modifiĂ©es en consĂ©quence. Depuis mai 2002, l'accĂšs au rĂ©cif MacLeod est accordĂ© aux pĂȘcheurs de homard de l'Île-du-Prince-Édouard de la ZPH 24 en vertu de modifications aux conditions de permis et grĂące Ă  l'Ă©mission de dĂ©crets de dĂ©rogation. Il s'agit d'une solution provisoire, en attendant qu'on prenne une dĂ©cision quant Ă  la façon d'aller de l'avant.

Depuis 2002, le MPO a essayĂ©, sans succĂšs, de trouver une solution mutuellement acceptable pour les parties prenantes de l'industrie du homard du QuĂ©bec et l'Île-du-Prince-Édouard visant Ă  rĂ©soudre les diffĂ©rends relatifs aux limites.

En 2005, on a décidé qu'il fallait procéder à un examen indépendant. Une recommandation a émané de cet examen, soit le transfert du récif MacLeod de la ZPH 22 à la ZPH 24.

Objectifs

GrĂące aux modifications, les limites des ZPH tiennent compte de l'utilisation traditionnelle et actuelle du rĂ©cif MacLeod dans le domaine de la pĂȘche au homard.

Les modifications constituent la base d'une pĂȘche au homard durable et ordonnĂ©e pour les pĂȘcheurs de cette zone de l'Île-du-Prince-Édouard, sans compter qu'elles permettent Ă  ces derniers de planifier leurs activitĂ©s de pĂȘche Ă  long terme. Elles permettent Ă©galement au MPO, en consultation avec l'industrie, d'Ă©laborer et de mettre en application des plans de gestion visant Ă  rĂ©pondre aux objectifs de conservation et de durabilitĂ© en attribuant la zone qui est en jeu aux pĂȘcheurs qui l'exploitent prĂ©sentement.

Les modifications permettent de rendre le RPA conforme aux pratiques actuelles et de réduire le fardeau administratif en éliminant le besoin de modifier tout prÚs de 100 conditions de permis et d'émettre des décrets de dérogation année aprÚs année.

Description

Les modifications permettent d'incorporer le rĂ©cif MacLeod, une portion de 130 km2 de la ZPH 22, Ă  la ZPH 24. La limite se trouve dorĂ©navant Ă  environ 166 km de Havres-Aubert, aux Îles-de-la-Madeleine, et Ă  9,7 km de North Point, Ă  l'Île-du-Prince-Édouard.

La partie ombragĂ©e de la figure 1 dĂ©montre les limites de la portion qui est transfĂ©rĂ©e de la ZPH 22 (Îles-de-la-Madeleine) Ă  la ZPH 24 (Île-du-Prince-Édouard), soit le « rĂ©cif MacLeod ».

Figure 1 : Illustration des limites du rĂ©cif MacLeod incluses dans la ZPH 24

Illustration des limites du récif MacLeod incluses dans la ZPH 24

Options réglementaires et non réglementaires considérées

À l'heure actuelle, des options non rĂ©glementaires (soit des dĂ©crets de dĂ©rogation et des conditions de permis modifiĂ©es) sont mises en Ɠuvre afin de permettre aux pĂȘcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard d'avoir accĂšs Ă  la ZPH 22. Le seul impact au niveau du gouvernement concerne les coĂ»ts administratifs de dĂ©livrance des permis dont les conditions sont modifiĂ©es d'une annĂ©e Ă  l'autre. D'autres options non rĂ©glementaires, comme l'information et l'Ă©ducation, des normes et d'autres formes de conformitĂ© volontaire, ne sont pas envisagĂ©es en raison des contestations passĂ©es relatives Ă  l'appartenance du rĂ©cif MacLeod, ce qui a donnĂ© lieu Ă  la rĂ©daction d'un rapport indĂ©pendant. Dans ce rapport, on recommandait de modifier le RĂšglement afin de redĂ©finir les limites de chaque ZPH.

Si on ne modifie pas le RĂšglement de façon permanente, le MPO devra Ă  l'occasion consulter les pĂȘcheurs des Îles-de-la-Madeleine et de l'Île-du-Prince-Édouard sur la question. De plus, un dĂ©cret de dĂ©rogation serait nĂ©cessaire chaque annĂ©e dans la ZPH 22 afin de modifier les exigences de longueur pour qu'elles s'alignent sur celles de la ZPH 24, et des conditions des permis seraient Ă©mises une fois l'an, tant aux pĂȘcheurs de la ZPH 22 qu'Ă  ceux de la ZPH 24, afin de redĂ©finir l'accĂšs aux zones de pĂȘche au homard. Cette approche permettrait aux pĂȘcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard d'avoir accĂšs au rĂ©cif MacLeod et de pouvoir ramener les homards pĂȘchĂ©s de la ZPH 22 Ă  la ZPH 24.

L'option rĂ©glementaire permet de dĂ©finir les limites de façon non ambiguë. Le permis de pĂȘche tient compte de la pratique actuelle sans qu'on ne doive ajuster les conditions du permis de la ZPH 24 chaque annĂ©e.

Avantages et coûts

La modification reprĂ©sente le statu quo, car actuellement, aucun dĂ©tenteur de permis pour la pĂȘche dans la ZPH 22 n'y pĂȘche. Les avantages pour le gouvernement sont mineurs et entiĂšrement de nature administrative.

Gouvernement

Des processus administratifs sont prĂ©sentement nĂ©cessaires afin de procĂ©der Ă  l'Ă©mission, Ă  la publication et Ă  la diffusion des conditions modifiĂ©es des permis. PrĂšs de 100 permis doivent ĂȘtre modifiĂ©s chaque annĂ©e selon la Direction gĂ©nĂ©rale de l'Ă©mission des permis au MPO, et cette charge de travail reprĂ©sente de 6 Ă  10 heures supplĂ©mentaires par annĂ©e. La modification n'entraĂźne aucun nouveau coĂ»t d'exĂ©cution puisque les agents de l'Île-du-Prince-Édouard assurent dĂ©jĂ  le respect des conditions d'accĂšs au rĂ©cif MacLeod Ă  la suite des conditions modifiĂ©es des permis des pĂȘcheurs de la ZPH 24.

Parties prenantes

(1) PĂȘcheurs professionnels commerciaux et autochtones dans la ZPH 24

On dĂ©nombre tout prĂšs de 600 dĂ©tenteurs de permis de pĂȘche au homard dans la ZPH 24. Le rĂ©cif MacLeod, qui se trouve Ă  9,7 km de North Point, Ă  l'Île-du-Prince-Édouard, a toujours Ă©tĂ© frĂ©quentĂ© par les pĂȘcheurs professionnels de l'Île-du-Prince-Édouard (provenant principalement de Tignish Run et Seacow Pond) dont la pĂȘche au homard dans cette zone constitue le moyen de subsistance.

Les pĂȘcheurs professionnels de la ZPH 24 qui souhaitaient avoir accĂšs au rĂ©cif MacLeod dans la ZPH 22 ont dĂ» communiquer avec le Centre rĂ©gional du service des permis du MPO Ă  Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard, afin d'obtenir les conditions de permis appropriĂ©es. Quelque 100 pĂȘcheurs professio-nnels de la ZPH 24 ont demandĂ© chaque annĂ©e qu'on leur accorde les conditions de permis leur donnant accĂšs au rĂ©cif MacLeod.

Étant donnĂ© que les pĂȘcheurs de la ZPH 22 ne pĂȘchent actuellement pas dans le rĂ©cif MacLeod, les pĂȘcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard et leurs collectivitĂ©s locales en retirent tous les avantages nets. Selon les donnĂ©es antĂ©rieures sur la pĂȘche (voir rĂ©fĂ©rence 2), les pĂȘcheurs qui ont eu accĂšs au rĂ©cif MacLeod (en vertu des conditions de leur permis) au cours des cinq derniĂšres annĂ©es ont dĂ©barquĂ© annuellement en moyenne 1 100 tm de homard et de crabe nordique, le tout ayant une valeur annuelle de plus de 9,5 millions de dollars. Lorsque l'on compare, pour une annĂ©e quelconque, ces donnĂ©es avec celles de la ZPH 24, dont la valeur totale des dĂ©barquements peut s'Ă©lever Ă  60,3 millions de dollars (voir rĂ©fĂ©rence 3), les dĂ©barquements provenant du rĂ©cif MacLeod en reprĂ©sentent prĂšs de 15 %.

Parmi les données recueillies, seule une PremiÚre Nation (Lennox Island) de la ZPH 24 a demandé d'avoir accÚs au récif MacLeod. On y débarqua 152 tm de homard (et 71 tm de crabe nordique) pour une valeur de 1,8 million de dollars (dont 39 300 $ pour le crabe nordique).

Les modifications ont un effet positif sur les pĂȘcheurs de homard de l'Île-du-Prince-Édouard qui peuvent continuer de pĂȘcher dans la nouvelle section de la ZPH 24 sans devoir faire appel Ă  des dĂ©crets de dĂ©rogation et Ă  des modifications des conditions de permis tous les ans. Il n'en rĂ©sulte aucun changement dans la pratique, mais uniquement au niveau des rĂšglements.

(2) PĂȘcheurs professionnels commerciaux et autochtones dans la ZPH 22

On compte environ 325 dĂ©tenteurs de permis de pĂȘche au homard dans la ZPH 22. Le rĂ©cif MacLeod n'a aucun impact Ă©conomique sur les pĂȘcheurs professionnels Ă  titre individuel dans la ZPH 22, puisque aucun pĂȘcheur professionnel commercial ou autochtone de cette zone n'a jamais pĂȘchĂ© dans le rĂ©cif MacLeod en raison de son Ă©loignement gĂ©ographique (le rĂ©cif MacLeod se trouve Ă  environ 166 km de Havres-Aubert aux Îles-de-la-Madeleine). Rien n'indique que les pĂȘcheurs des Îles-de-la-Madeleine aient dĂ©jĂ  pĂȘchĂ© le homard au rĂ©cif MacLeod et les pĂȘcheurs reconnaissent ce fait.

L'Association des pĂȘcheurs professionnels des Îles-de-la-Madeleine a mentionnĂ© qu'il serait possible pour les pĂȘcheurs professionnels des Îles-de-la-Madeleine de pĂȘcher dans cette zone en faisant appel Ă  des embarcations de pĂȘche rapides ou Ă  des embarcations pour la pĂȘche hauturiĂšre plus grandes servant de base pour les bateaux de pĂȘche plus petits. Cependant, rien n'indique pour l'instant qu'il pourrait ĂȘtre rentable pour les pĂȘcheurs des Îles-de-la-Madeleine de parcourir 166 km pour se rendre dans cette zone.

Justification

Les pĂȘcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard ont prĂ©cisĂ© que leurs prĂ©dĂ©cesseurs pĂȘchaient dans la zone du rĂ©cif MacLeod depuis le dĂ©but des annĂ©es 1900 et que seuls les pĂȘcheurs de la ZPH 24, principalement ceux des ports de Seacow Pond et Tignish, avaient dĂ©jĂ  pĂȘchĂ© dans cette zone. De plus, l'APPIM a reconnu que les pĂȘcheurs des Îles-de-la-Madeleine n'ont jamais pĂȘchĂ© sur le rĂ©cif MacLeod.

En 1985, le RPA dĂ©finissait clairement, pour la premiĂšre fois, les limites au niveau de la latitude et de la longitude entre les ZPH adjacentes. Avant 1985, la description des districts se limitait Ă  l'utilisation de termes, tels « sur et le long (de cette partie) de ses côtes ». À un moment de l'adaptation du systĂšme de mesures des ZPH, pour le rĂ©cif MacLeod, un des fonds de pĂȘche traditionnels et historiques de l'Île-du-Prince-Édouard a Ă©tĂ© incorporĂ© Ă  la ZPH 22. Aucune consultation auprĂšs des pĂȘcheurs concernĂ©s n'avait eu lieu en ce qui concerne la crĂ©ation d'une limite dans la zone maintenant contestĂ©e.

La premiĂšre description de la ligne qui sĂ©pare maintenant la ZPH 24 et la ZPH 22 se trouve dans le RĂšglement de 1963 :

Au sud d'une ligne droite tracĂ©e Ă  partir d'un point dans le golfe Saint-Laurent cinq milles nautiques au relĂšvement de 315° Ă©gale audit point Ă  High Capes, comtĂ© Inverness, Nouvelle-Écosse, jusqu'Ă  un point situĂ© cinq milles nautiques au nord magnĂ©tique de Point Lighthouse, comtĂ© Prince, Île-du-Prince-Édouard (ledit point Ă©tant situĂ© Ă  47°08′25″ de latitude nord et 64°02′10″ de longitude ouest).

La ligne tracĂ©e entre un point situĂ© Ă  cinq milles au nord de Cape North, Île-du-Prince-Édouard (point 19 dans le rĂšglement actuel) et un point situĂ© Ă  cinq milles au nord-ouest de High Capes, Nouvelle-Écosse, dĂ©finissait Ă  l'origine la limite nord du district 7B. Le district 7B fut scindĂ© en plusieurs ZPH dans le RĂšglement de 1985, incluant la ZPH 24 qui conservait la limite nord originale du district 7B.

Jusqu'Ă  l'adoption du RPA actuel en 1985, le district 9 Ă©tait la zone comprenant « la côte et les eaux attenantes » des Îles-de-la-Madeleine (incluant Bird Rocks et l'Ăźle Brion). La ZPH 22, qui a remplacĂ© le district 9, comprend maintenant, en raison de la façon dont on a dĂ©fini la limite, la zone contestĂ©e au nord de l'Île-du-Prince-Édouard. MĂȘme s'il semble que cette zone n'ait pas Ă©tĂ© explicitement dĂ©signĂ©e comme faisant partie d'un district avant 1985, on pourrait prĂ©tendre qu'elle faisait vraiment partie du district 7B en raison de sa proximitĂ©.

L'analyse Ă©conomique nous indique qu'en modifiant la limite entre les ZPH 22 et 24, il en rĂ©sulte un risque minimal pour les parties prenantes, alors que les pĂȘcheurs traditionnels en tirent un avantage maximal. L'accĂšs Ă  cette partie du rĂ©cif a un impact sur les pĂȘcheurs individuels de l'Île-du-Prince-Édouard qui vivent de la pĂȘche au homard dans cet endroit. Cette zone n'a aucun impact Ă©conomique sur les pĂȘcheurs individuels de la ZPH 22 (Îles-de-la-Madeleine), puisque aucun pĂȘcheur de la ZPH 22 ne pĂȘche ou n'a jamais pĂȘchĂ© dans cette zone.

D'aprĂšs les biologistes du MPO, les homards jeunes et adultes ne se dĂ©placent pas entre l'Île-du-Prince-Édouard et les Îles-de-la-Madeleine. Le rĂ©cif MacLeod est suffisamment Ă©loignĂ© des Îles-de-la-Madeleine pour que les activitĂ©s de pĂȘche n'aient aucun « impact mesurable » sur la population de homard dans la ZPH 22 visĂ©e par la pĂȘche des pĂȘcheurs des Îles-de-la-Madeleine.

Les modifications allĂšgent les tĂąches administratives entourant la gestion de cette forme de pĂȘche. L'analyse d'un examinateur indĂ©pendant a permis de constater l'attachement historique des pĂȘcheurs professionnels de l'Île-du-Prince-Édouard Ă  la pĂȘcherie et l'absence d'activitĂ©s de pĂȘche dans cette zone par les pĂȘcheurs professionnels des Îles-de-la-Madeleine. Ces modifications procurent les plus grands avantages aux pĂȘcheurs de la rĂ©gion en leur donnant les bases d'une pĂȘche au homard durable et ordonnĂ©e dans cette zone, sans compter qu'elles leur permettent de planifier leurs activitĂ©s de pĂȘche longtemps d'avance. À l'heure actuelle, la gestion du secteur s'effectue pour une zone, mais celui-ci est exploitĂ© par des pĂȘcheurs d'une autre zone. Ces modifications permettent d'ajuster la gestion entre la ressource et les utilisateurs vĂ©ritables, et rendent le RPA conforme aux pratiques courantes.

Consultation

En mars 2006, le ministre a nommĂ© Allister Surette comme mĂ©diateur afin qu'il procĂšde Ă  un examen indĂ©pendant des enjeux entourant l'accĂšs Ă  la pĂȘche sur le rĂ©cif MacLeod et qu'il prĂ©sente des recommandations relatives Ă  une approche Ă  long terme. La dĂ©cision Ă©tait basĂ©e sur les critĂšres traditionnels pour accorder un accĂšs Ă  la pĂȘche — la contiguïtĂ©, la dĂ©pendance historique et la viabilitĂ© Ă©conomique — gĂ©nĂ©ralement acceptĂ©s dans le Canada Atlantique et en conformitĂ© avec la Politique sur les pĂȘches de l'Atlantique.

À la suite de consultations avec l'Association des pĂȘcheurs professionnels des Îles-de-la-Madeleine, la Prince Edward Island Fisherman's Association, la Western Gulf Fishermen's Association, les gouvernements fĂ©dĂ©ral et provinciaux et des membres du grand public, Allister Surette a dĂ©terminĂ© que les zones de pĂȘche pour les pĂȘcheurs professionnels de l'Î.-P.-É. au rĂ©cif MacLeod satisfaisaient Ă  ces trois critĂšres. Il a donc recommandĂ© de modifier la limite de la ZPH 22 et de la ZPH 24 sur l'extrĂ©mitĂ© ouest de ces ZPH de maniĂšre Ă  inclure le rĂ©cif MacLeod Ă  la ZPH 24.

Le ministre du MPO Ă  l'Ă©poque avait acceptĂ© la recommandation de l'examen indĂ©pendant en 2006 et estimait que la meilleure option consistait Ă  modifier le RĂšglement de pĂȘche de l'Atlantique de 1985.

Par la suite, la ministre actuelle du MPO a pris des mesures pour assurer l'adoption de la modification et a informĂ© ses homologues provinciaux du QuĂ©bec et de l'Île-du-Prince-Édouard de l'intention du MinistĂšre d'aller de l'avant en ce qui concerne les modifications.

Publication préalable dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le RĂšglement a Ă©tĂ© publiĂ© au prĂ©alable dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 14 aoĂ»t 2010, pour une pĂ©riode de commentaires de 30 jours. Deux observations Ă©crites ont Ă©tĂ© reçus, la premiĂšre provenant du gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard. Le ministre des PĂȘches, de l'Aquaculture et du DĂ©veloppement rural a exprimĂ© par Ă©crit son appui Ă  la modification rĂ©glementaire et s'est dit enchantĂ© de voir se poursuivre les activitĂ©s de pĂȘche dans le rĂ©cif MacLeod puisqu'il s'agit d'une activitĂ© Ă©conomique vitale pour les pĂȘcheurs de homard de la ZPH 24. La seconde observation Ă©crite a Ă©tĂ© transmise par la province de QuĂ©bec, laquelle a exprimĂ© des prĂ©occupations relativement Ă  la modification rĂ©glementaire. La sous-ministre adjointe du ministĂšre de l'Agriculture, des PĂȘcheries et de l'Alimentation du QuĂ©bec (MAPAQ) a exprimĂ© son opposition Ă  la modification et fait valoir que la modification au RĂšglement Ă©tait souhaitable pour l'Île-du-Prince-Édouard, mais sans contrepartie financiĂšre ou un Ă©change de territoire « mille pour mille » au QuĂ©bec.

Aucune autre observation écrite ou correspondance n'a été reçue d'une autre organisation.

Bien que reconnaissant les opinions des deux parties provinciales, le MPO maintient sa position et a donné suite à la publication définitive des modifications aux limites du récif MacLeod.

Mise en Ɠuvre, application et normes de service

La modification n'entraĂźne aucun nouveau coĂ»t majeur sur le plan de l'exĂ©cution. Les opĂ©rations de surveillance seront rĂ©alisĂ©es par les agents des pĂȘches Ă  bord de navires de patrouille et par voie aĂ©rienne. La zone est relativement peu Ă©tendue et il n'en rĂ©sulte pas une augmentation considĂ©rable du travail des agents des pĂȘches qui surveillent dĂ©jĂ  la zone. Aucune ressource additionnelle sur le plan de l'exĂ©cution n'est nĂ©cessaire pour procĂ©der Ă  la modification au RĂšglement.

La modification entraßne une réduction des coûts d'administration et des ressources présentement nécessaires pour modifier les conditions des permis, ainsi que pour procéder à l'émission et à la publication ou à la diffusion des décrets de dérogation nécessaires.

Personnes-ressources

Jennifer Buie
Agente de gestion des ressources halieutiques
PĂȘches et OcĂ©ans Canada
200, rue Kent
Indice de l'adresse : 13S018
Ottawa (Ontario)
K1A 0E6

Samia Hirani
Analyste de la réglementation
Affaires législatives et réglementaires
PĂȘches et OcĂ©ans Canada
200, rue Kent
Indice de l'adresse : 14E241
Ottawa (Ontario)
K1A 0E6
Courriel : Samia.Hirani@dfo-mpo.gc.ca

Référence a
L.C. 1991, ch. 1, art. 12

Référence b
L.R. ch. F-14

Référence 1
DORS/86-21

Référence 2
Puisque les conditions de permis autorisent la pĂȘche au homard (et au crabe nordique) dans les eaux de la ZPH 24 et dans une partie de la ZPH 22, ces dĂ©barquements pourraient ĂȘtre attribuables aux prises de homard et de crabe nordique dans la ZPH 24 ou dans le rĂ©cif MacLeod. Nous n'avons pas d'information sur la partie des dĂ©barquements de homard (et de crabe nordique) attribuables prĂ©cisĂ©ment au rĂ©cif MacLeod.

Référence 3
Dans la ZPH 24, les débarquements totaux de homard pour 2008 ont été de 6 251 tm, pour une valeur de 60,3 millions de dollars, alors que les débarquements de crabe nordique ont été de 160 tm pour une valeur de 140 000 $.