La Gazette du Canada, Partie I, volume 158, numĂ©ro 51 : ArrĂŞtĂ© sur la zone de protection marine de Qikiqtait

Le 21 dĂ©cembre 2024

Fondement législatif
Loi sur les océans

Ministère responsable
Ministère des Pêches et des Océans

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie de l’Arrêté)

Résumé

La zone d’étude de Qikiqtait (ou la Qikiqtait) est un habitat unique d’une importance capitale dans l’Arctique canadien. Elle est située dans la région du Nunavut, dans la zone d’importance écologique et biologique des îles Belcher, dans le sud-est de la baie d’Hudson. On trouve dans cette zone un certain nombre de polynies (c’est-à-dire des eaux libres entourées d’une épaisse couche de glace de mer) qui reviennent chaque année et qui constituent un habitat essentiel pour des espèces telles que les ours polaires, les oiseaux marins, les phoques, les bélugas, les morses de l’Atlantique et les ombles chevaliers. Le système de polynies de Qikiqtait est essentiel pour la récolte et la sécurité alimentaire des Inuits, car il permet à des activités comme la pêche et la chasse de se poursuivre tout au long de l’année.

En 2021, Pêches et Océans Canada (le Ministère ou le MPO), l’Association des Inuits Qikiqtani (AIQ), Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), Transports Canada (TC) et le gouvernement du Nunavut ont formé un groupe de travail, qui devait se pencher sur la protection marine à Qikiqtait. En 2022, à la suite d’une déclaration commune par le premier ministre du Canada et les dirigeants inuits canadiens visant à promouvoir la gestion marine durable et la protection de l’environnement dans la région de Qikiqtani, région du Nunavut, les partenaires ont convenu de désigner par arrêté ministériel une zone de protection marine (ZPM) dans cette zone et de collaborer à l’étude de protection marine à long terme de la zone, y compris de la création d’une aire marine protégée et de conservation autochtone (APCA) qui viendrait appuyer les efforts de conservation et d’intendance dirigés par les Inuits. La protection de la zone de Qikiqtait est également un engagement pris dans le cadre de l’initiative Financement de projets pour la permanence à Qikiqtani (FPP-Q).

La ministre de PĂŞches et OcĂ©ans propose de prendre un arrĂŞtĂ© aux termes du paragraphe 35.1(2) de la Loi sur les ocĂ©ans, en vue de geler l’empreinte des activitĂ©s dans la zone pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans. Ce gel signifie qu’aucune nouvelle activitĂ© humaine, autre que les activitĂ©s inuites prĂ©vues dans l’Accord du Nunavut et l’Accord du Nunavik, et celles visĂ©es par les exceptions prĂ©vues au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans, ne serait autorisĂ©e dans la zone pendant la durĂ©e de l’arrĂŞtĂ©. Les activitĂ©s qui se sont dĂ©roulĂ©es lĂ©galement dans la zone au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dant la dĂ©signation (ou qui ont Ă©tĂ© autorisĂ©es au titre d’un permis fĂ©dĂ©ral ou territorial, une licence ou une autre forme d’autorisation expresse, mais qui n’ont pas encore eu lieu) seraient autorisĂ©es Ă  se poursuivre pendant la durĂ©e de l’arrĂŞtĂ©. En outre, la recherche scientifique marine et les activitĂ©s menĂ©es en rĂ©ponse Ă  des situations d’urgence ou Ă  des fins de sĂ©curitĂ© publique, de dĂ©fense nationale, de sĂ©curitĂ© nationale ou d’application de la loi sont dĂ©jĂ  visĂ©es par les exceptions lĂ©gales Ă©noncĂ©es au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans et seraient donc autorisĂ©es.

Le projet de ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel contribuerait Ă  hauteur de 0,74 % Ă  l’objectif de conservation marine (OCM) du Canada pour 2025 et ferait progresser le mandat du Canada visant Ă  accroĂ®tre la collaboration autochtone en matière de conservation marine.

Outre le respect des droits des Inuits prévus par l’Accord du Nunavut et l’Accord du Nunavik, le présent arrêté respecte les objectifs de la Politique sur l’Inuit Nunangat élaborée conjointement, qui visent à promouvoir la prospérité et à soutenir le bien-être des collectivités et des personnes dans l’ensemble de l’Inuit Nunangat, en vue d’assurer l’équité socioéconomique et culturelle entre les Inuits et les autres Canadiens.

Enjeux

La zone d’étude de Qikiqtait est considérée comme étant unique sur le plan écologique, puisqu’on y trouve plusieurs polynies annuelles qui sont créées par la présence de petits estuaires, de forts courants interinsulaires et de l’océanographie locale. Ces polynies constituent un habitat essentiel pour les espèces arctiques, telles que les ours polaires, les oiseaux marins, les phoques, les bélugas et les morses de l’Atlantique, et sont des zones d’alimentation hivernale essentielles. La zone de Qikiqtait connaît également certaines des températures les plus froides des eaux de surface estivales de la zone côtière de la baie d’Hudson au sud de l’île de Southampton, ce qui suggère qu’il y a un fort brassage vertical dans cette zone qui maintient une productivité primaire élevée et un transfert d’énergie dans le réseau trophique. La zone d’étude se trouve dans une région indispensable à la récolte et à la sécurité alimentaire des Inuits, car ce réseau de polynies leur permet de pêcher et de chasser tout au long de l’année.

Le projet de ZPM de Qikiqtait reprĂ©sente une partie de l’Arctique canadien qui abrite des habitats essentiels, tout au long de l’annĂ©e et en fonction des saisons, pour un Ă©ventail d’espèces aquatiques. Faisant partie des eaux marines entourant les Ă®les Belcher, la Qikiqtait constitue un environnement unique et important, principalement en raison des Ă©lĂ©ments suivants :

La Qikiqtait a été désignée par la collectivité de Sanikiluaq et l’AIQ comme une zone essentielle à protéger en raison de son importance pour les Inuits comme habitat clé pour des espèces essentielles d’un point de vue écologique et culturel. Avec le soutien de la collectivité de Sanikiluaq, le MPO et l’Association des Inuits Qikiqtani ont collaboré à un projet d’arrêté ministériel pour la création de la ZPM de Qikiqtait en vertu de la Loi sur les océans. L’objectif principal est de limiter les répercussions de nouveaux facteurs de stress imprévus sur la zone, tout en explorant les possibilités de protection à long terme de la zone.

Contexte

Le MPO a reçu des fonds dans le budget de 2021 pour faire avancer les initiatives de protection marine dans cette rĂ©gion et, plus tard dans l’annĂ©e, a Ă©tabli un groupe de travail composĂ© de membres du MPO, de l’AIQ, d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), de Transports Canada et du gouvernement du Nunavut pour faire progresser l’examen de la protection marine Ă  Qikiqtait. Ă€ la suite de la dĂ©claration commune prononcĂ©e en dĂ©cembre 2022 par le premier ministre du Canada et les dirigeants inuits canadiens, qui se sont engagĂ©s Ă  faire progresser la gestion marine durable et la protection de l’environnement Ă  Qikiqtani dans la rĂ©gion du Nunavut, les partenaires ont convenu qu’il fallait poursuivre la crĂ©ation d’une ZPM par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel. L’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel proposĂ© prĂ©voit le gel de l’empreinte des activitĂ©s actuelles dans la zone pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans, pĂ©riode pendant laquelle le MPO collaborera avec ses partenaires pour examiner les options de protection Ă  long terme, notamment la crĂ©ation d’une APCA.

Le MPO, l’AIQ et ECCC ont conclu un accord de principe pour le FPP-Q, avec l’AIQ et Pew (représentant les donateurs philanthropiques). Cet accord comprend un engagement commun à faire progresser la protection du projet de ZPM de Qikiqtait désignée par arrêté ministériel. Le FPP-Q est un projet historique mené par des Autochtones dans la région de Qikiqtani, au Nunavut, qui permettra la création de l’un des plus grands réseaux de zones protégées dirigées par des Inuits dans le monde. Grâce au financement du gouvernement du Canada et de donateurs philanthropiques, le FPP-Q permettra au partenaire inuit de mettre en œuvre son modèle de conservation régional sur près d’un million de kilomètres carrés de terres et d’eaux dans la région de Qikiqtani.

Cette approche progressive de la protection dans cette zone a également reçu le soutien initial et l’engagement des conseils et organismes locaux, ainsi que du gouvernement local. Elle devrait aussi aider le gouvernement du Canada et ses partenaires à faire progresser la réconciliation et l’autodétermination des Inuits au Nunavut. L’approche est par ailleurs conforme à la Politique sur l’Inuit Nunangat, élaborée conjointement pour promouvoir la prospérité et soutenir le bien-être individuel et collectif dans l’ensemble de l’Inuit Nunangat, dans un souci d’équité socioéconomique et culturelle entre les Inuits et les autres Canadiens. Le leadership des Inuits en matière de gestion marine est essentiel pour contribuer au maintien du développement durable, garantir les avantages pour la collectivité, atténuer les incidences sur l’écosystème fragile et protéger la zone et ses ressources.

Les températures de l’Arctique augmentent plus rapidement que la moyenne mondiale, ce qui a des conséquences négatives considérables sur la glace de mer. L’environnement marin arctique entourant Qikiqtait entre dans une nouvelle phase où la durée de la saison des eaux libres s’allonge considérablement. Les espèces présentes à Qikiqtait jouent un rôle essentiel dans le maintien de la santé de l’écosystème; cependant, les données relatives à la composition de la glace de mer et au biote associé dans cette région sont limitées.

Figure 1 : Carte de la ZPM de Qikiqtait proposĂ©e

Figure 1 : Carte de la ZPM de Qikiqtait proposĂ©e - Version textuelle en dessous de la carte

Figure 1 : Carte de la ZPM de Qikiqtait proposĂ©e - Version textuelle

La figure 1 est une carte de l’emplacement de la Zone de Protection Marine de Qikiqtait. La carte englobe une vaste zone autour des Ă®les Belcher, situĂ©es dans la baie d’Hudson, Ă  partir de la laisse de basse mer jusqu’à la limite extĂ©rieure de la Zone de Protection Marine. La limite extĂ©rieure de la zone est dĂ©limitĂ©e par 12 points reliĂ©s par des lignes. Les coordonnĂ©es de chaque point (latitude nord, longitude ouest) sont prĂ©sentĂ©es dans un tableau en bas Ă  gauche de la carte et sont les suivantes : le point 1 Ă  55° 00′ nord et 81° 00' Ouest, le point 2 Ă  55° 00′ nord et 79° 45′ ouest, le point 3 Ă  55° 15′ nord et 79° 00′ ouest, le point 4 Ă  55° 45′ nord et 78° 00′ ouest, le point 5 Ă  56° 00′ nord et 77° 30′ ouest, le point 6 Ă  56° 22′ nord et 77° 25′ ouest, le point 7 Ă  56° 07′ nord et 78° 10′ ouest, le point 8 Ă  56° 45′ nord et 78° 15′ ouest, le point 9 Ă  57° 00′ nord et 78° 40′ ouest, le point 10 Ă  57° 15′ nord et 80° 00′ ouest, le point 11 Ă  58° 00′ nord et 79° 45′ ouest, et le point 12 Ă  58° 10′ nord et 81° 00′ ouest. En haut Ă  gauche de la figure se trouve une carte Ă  plus grande Ă©chelle prĂ©sentant les dĂ©tails de la limite de la Zone de Protection Marine autour de la communautĂ© de Sanikiluaq, dĂ©finie par 2 points dont les coordonnĂ©es suivantes sont Ă©galement prĂ©sentĂ©es dans le tableau : le point 13 Ă  79° 14' 27Ęş ouest et environ 56° 33' 02Ęş nord, et le point 14 Ă  79° 11' 30Ęş ouest et environ 56° 33 03Ęş nord. La flèche du nord apparaĂ®t dans le coin supĂ©rieur droit de la carte. La carte reprĂ©sente Ă©galement une partie du territoire quĂ©bĂ©cois, situĂ©e au sud-est de la Zone de Protection Marine. 

La rĂ©colte de subsistance est pratiquĂ©e dans la rĂ©gion et revĂŞt une importance particulière pour les membres de la collectivitĂ© de Sanikiluaq. Il existe Ă©galement un potentiel et un fort intĂ©rĂŞt pour une Ă©conomie des pĂŞches dans la ZPM proposĂ©e, en particulier pour les pĂ©toncles, les oursins verts et les concombres de mer. Ă€ l’automne 2024, un permis de faisabilitĂ© de phase I a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© Ă  la Sanikiluaq Hunters and Trappers Association en vertu de la Loi sur les pĂŞches et du paragraphe 4(1) du Règlement sur les permis de pĂŞche communautaires autochtones pour le pĂ©toncle islandais (Chlamys islandica) et le concombre de mer (Cucumaria frondose).

Selon l’évaluation qualitative des ressources Ă©conomiques rĂ©alisĂ©e par Ressources naturelles Canada en juin 2024, le potentiel des ressources pĂ©trolières dans la ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel Ă©tait nĂ©gligeable, voire inexistant.

Actuellement, les activités de transport maritime et de navigation autour des îles Belcher pour le réapprovisionnement des collectivités, le transport en vrac, la pêche de subsistance, les navires de passagers/le tourisme, la recherche et les activités gouvernementales (par exemple le déglaçage pour des raisons de sécurité) devraient augmenter avec le changement climatique qui allonge la saison des eaux libres.

Objectif

Les objectifs de la ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel ont Ă©tĂ© dĂ©terminĂ©s sur la base des connaissances actuelles de la zone et sont les suivants :

La création de la ZPM de Qikiqtait par arrêté ministériel permettrait d’assurer la conservation et la protection initiales de cette zone d’une grande importance écologique et biologique pendant que le MPO et ses partenaires étudient les possibilités de protection à long terme de la zone, incluant la création d’une APCA. L’arrêté ministériel permettrait de geler l’empreinte des activités humaines dans la zone pour une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. La collecte de données se poursuivra dans la région de Qikiqtait, y compris la recherche et la surveillance visant à explorer le potentiel de la pêche côtière, avec le soutien du MPO en collaboration avec la collectivité de Sanikiluaq et la Qikiqtaaluk Corporation. En outre, les pêcheurs de Sanikiluaq continueront à enregistrer les données de récolte et de suivi sur l’application SIKUréférence 1, laquelle fournit aux utilisateurs de la région des renseignements de base sur les types d’espèces trouvées, l’état de la faune, le réseau trophique local et la migration saisonnière de diverses espèces marines.

Description

Le projet de ZPM de Qikiqtait désignée par arrêté ministériel établirait les limites et désignerait une ZPM dans la partie sud-est de la baie d’Hudson, s’étendant de l’extrémité nord de la baie James au sud jusqu’à Inukjuak au nord.

La ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel interdirait toutes les activitĂ©s humaines qui perturbent, endommagent, dĂ©truisent ou enlèvent de cette ZPM toute caractĂ©ristique gĂ©ologique ou archĂ©ologique unique ou tout organisme marin vivant ou toute partie de son habitat, ou les activitĂ©s qui sont susceptibles de le faire Ă  l’intĂ©rieur des limites dĂ©signĂ©es, Ă  l’exception des activitĂ©s suivantes :

Catégories d’activités actuelles

Aux termes de l’alinĂ©a 35.1(2)(a) de la Loi sur les ocĂ©ans, les catĂ©gories d’activitĂ©s suivantes sont des activitĂ©s actuelles dans la ZPM :

Le MPO a consulté la population de Sanikiluaq, les intervenants et d’autres ministères fédéraux afin de dresser la liste des activités existantes et autorisées (c’est-à-dire actuelles) dans la ZPM de Qikiqtait proposée.

Activités dans le cadre de l’Accord du Nunavut et de l’Accord du Nunavik

L’arrêté proposé ne s’appliquerait pas aux droits des Inuits dans la région du Nunavut, comme le prévoient l’Accord du Nunavut et l’Accord du Nunavik.

Sécurité publique

L’ensemble des limites (qui ont Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©es en collaboration avec la collectivitĂ© de Sanikiluaq et l’Association des Inuits Qikiqtani) de la ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel se trouve dans la rĂ©gion du Nunavut. Ces limites incluent Ă©galement les fonds marins, le sous-sol jusqu’à une profondeur de cinq mètres et la colonne d’eau, y compris la glace de mer, chacun de ces Ă©lĂ©ments se trouvant en dessous du niveau de basse mer. Une version PDF de la description officielle et une carte des limites se trouvent dans les Archives d’arpentage des terres du Canada (AATC); il faut saisir les numĂ©ros d’AATC suivants : description de la ZPM de Qikiqtait (FB44738 CLSR NU, carte de la ZPM de Qikiqtait 113359 CLSR NU).

Pour une ZPM dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans gèle l’empreinte des activitĂ©s dans la zone d’une manière qui ne soit pas incompatible avec un accord de revendication territoriale ayant pris effet et ayant Ă©tĂ© ratifiĂ© ou approuvĂ© par une loi du Parlement, pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à 5 ans. Ainsi, les activitĂ©s qui se sont dĂ©roulĂ©es lĂ©galement dans la zone au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dant la dĂ©signation (ou qui ont Ă©tĂ© autorisĂ©es au titre d’un permis fĂ©dĂ©ral ou territorial, une licence ou une autre forme d’autorisation expresse, mais qui n’ont pas encore Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es) seraient autorisĂ©es Ă  se poursuivre pendant la durĂ©e de l’arrĂŞtĂ©. Pendant la durĂ©e de l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, aucune nouvelle activitĂ© humaine, autre que les activitĂ©s inuites prĂ©vues par l’Accord du Nunavut et l’Accord du Nunavik, la recherche scientifique marine et les activitĂ©s menĂ©es Ă  des fins de sĂ©curitĂ© publique, de dĂ©fense nationale, de sĂ©curitĂ© nationale ou d’application de la loi, ou en rĂ©ponse Ă  des situations d’urgence prĂ©vues au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans, ne sera autorisĂ©e dans la zone Ă  la suite de la dĂ©signation proposĂ©e.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Partenariats

Depuis 2019, le gouvernement du Canada et la Qikiqtani Inuit Association collaborent pour déterminer des options pour la conservation et la protection de Qikiqtait et d’autres sites de la région de Qikiqtani au Nunavut. En 2021, un groupe de travail sur Qikiqtait et Sarvarjuaq (le groupe de travail) a été créé pour faire progresser la conservation et la protection de ces sites en vue de leur désignation, par arrêté ministériel, à titre de ZPM en vertu de la Loi sur les océans. Le groupe de travail sensibilise également la table de négociation de l’entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits et échange des renseignements avec elle, selon les besoins, l’objectif étant de travailler en parallèle.

Consultations communautaires

En 2019, le comité directeur de Qikiqtait à Sanikiluaq (le comité directeur), dirigé par la collectivité, a été créé pour aider à faire progresser la gestion environnementale par les Inuits à Sanikiluaq et dans ses environs. Le comité directeur est le principal point de contact du MPO pour les questions de conservation liées à la zone et comprend des représentants de l’Association des chasseurs et des trappeurs de Sanikiluaq, de la Arctic Eider Society (AES), de la Qikiqtani Inuit Association et du hameau de Sanikiluaq.

Le comité directeur a d’abord rencontré la Qikiqtani Inuit Association; il a souligné sa position selon laquelle la conservation à Qikiqtait devait cadrer avec les priorités de la collectivité et inclure l’avis de celle-ci, et il a exprimé son soutien à l’approche proposée par le gouvernement du Canada pour protéger la zone. La Qikiqtani Inuit Association a soutenu la vision du comité directeur et a travaillé avec la collectivité pour obtenir un financement via le Fonds de la nature du Canada alors que les négociations de l’entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits étaient en cours.

Le comitĂ© directeur, la Qikiqtani Inuit Association et le gouvernement du Canada (reprĂ©sentĂ© par le MPO et ECCC) ont commencĂ© Ă  se rĂ©unir en juillet 2020 en vue d’établir un inventaire des activitĂ©s liĂ©es aux ressources de Qikiqtait. En 2021 et 2022, le comitĂ© directeur a poursuivi ses efforts dirigĂ©s par la collectivitĂ© pour couvrir une grande variĂ©tĂ© de sujets, y compris la glace de mer et les programmes de suivi ocĂ©anographique et faunique. Ces programmes ont favorisĂ© une approche incluant toute la collectivitĂ© au moyen de SIKU (l’application du rĂ©seau social des connaissances autochtones) pour consigner l’inventaire en cours des ressources et soutenir la gestion Ă  long terme de Qikiqtait par la collectivitĂ©.

Ă€ la demande du comitĂ© directeur, des reprĂ©sentants du gouvernement du Canada (MPO et ECCC), de la Qikiqtani Inuit Association et du gouvernement du Nunavut ont menĂ© la première sĂ©rie de consultations du 6 au 9 novembre 2023, Ă  Sanikiluaq. Des rĂ©unions ont Ă©tĂ© organisĂ©es avec la population locale, l’Association des chasseurs et des trappeurs, le comitĂ© directeur et la collectivitĂ© en gĂ©nĂ©ral afin de diffuser de l’information sur la zone, de recueillir des commentaires sur l’approche proposĂ©e en matière de protection et de rĂ©pondre aux questions ou aux prĂ©occupations de la population. Les limites proposĂ©es pour la ZPM de Qikiqtait, la protection des droits garantis par l’Accord du Nunavut (y compris les droits de rĂ©colte traditionnels), le statut de nĂ©gociation de l’entente sur les rĂ©percussions et les avantages pour les Inuits, l’intĂ©rĂŞt de la collectivitĂ© de Sanikiluaq pour la pĂŞche commerciale d’espèces benthiques et les prioritĂ©s de la ZPM de Qikiqtait ont fait l’objet de discussions et de consultations. Des discussions utiles ont Ă©galement eu lieu sur les objectifs de conservation et autres de la ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, ainsi que sur la vision de la collectivitĂ© concernant la protection de Qikiqtait pour les gĂ©nĂ©rations futures. Parmi les autres sujets abordĂ©s, citons les travaux de conservation en cours de la collectivitĂ© de Sanikiluaq et les prioritĂ©s connexes qu’elle a mises en avant, les liens avec les communautĂ©s cries et du Nunavik et le grand Ă©cosystème de la baie d’Hudson, ainsi que le rĂ´le de Sanikiluaq dans la mise en relation des collectivitĂ©s et des composantes de l’écosystème dans toute la rĂ©gion de la baie d’Hudson. Le prĂ©sident du conseil d’administration de l’Association des chasseurs et des trappeurs a confirmĂ© que les objectifs proposĂ©s pour la ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel reflĂ©taient la vision de la collectivitĂ©. Il a ajoutĂ© que la proposition bĂ©nĂ©ficiait d’un fort soutien de la part de la collectivitĂ©.

Du 15 au 18 avril 2024, le MPO, ECCC, la Qikiqtani Inuit Association et le gouvernement du Nunavut ont menĂ© une deuxième sĂ©rie de consultations Ă  Sanikiluaq afin d’obtenir des commentaires sur l’intention rĂ©glementaire proposĂ©e par le MPO pour la dĂ©signation de la ZPM de Qikiqtait par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans. Le comitĂ© directeur, l’Association des chasseurs et des trappeurs et la collectivitĂ© de Sanikiluaq ont Ă©tĂ© consultĂ©s. Bien qu’elles aient bien accueilli la proposition, la population et la Qikiqtani Inuit Association ont indiquĂ© qu’il Ă©tait nĂ©cessaire de poursuivre les discussions sur la possibilitĂ© d’une pĂŞche commerciale dans les eaux de Qikiqtait et sur une approche de la conservation marine et terrestre Ă  long terme. Le comitĂ© directeur et la collectivitĂ© de Sanikiluaq ont Ă©galement soulignĂ© l’importance d’intĂ©grer l’Inuit Qaujimajatuqangit (IQ) dans le processus du MPO visant Ă  Ă©tablir et Ă  gĂ©rer des ZPM en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans. Le MPO continue de consulter la Qikiqtani Inuit Association et le comitĂ© directeur sur ces questions.

Autres intervenants

Le MPO a consultĂ© les principaux intervenants concernĂ©s par la proposition de ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel en deux phases. En juillet 2024, tous les membres du groupe de travail (MPO, ECCC, gouvernement du Nunavut, Qikiqtani Inuit Association) ont reçu une lettre les invitant Ă  formuler des commentaires sur toute activitĂ© en cours ou prĂ©vue dans la zone d’étude de Qikiqtait. Ă€ la suite de cette première sĂ©rie de consultations, Ă  l’automne 2024, le MPO a consultĂ© ces mĂŞmes intervenants sur l’intention rĂ©glementaire proposĂ©e pour la dĂ©signation de la ZPM de Qikiqtait par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel.

Les intervenants consultĂ©s lors de ce processus ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s en collaboration avec les partenaires du groupe de travail : Nunavut Tunngavik Incorporated, comitĂ© directeur des objectifs de conservation marine du Nunavut, Office des eaux du Nunavut, Qikiqtaaluk Wildlife Board, Fonds mondial pour la nature (Canada), OcĂ©ans Nord, Ecology Action Centre, Arctic Eider Society, FĂ©dĂ©ration canadienne de la faune, Nunavut Fisheries Association (NFA), ComitĂ© consultatif des intervenants sur la pĂŞche du poisson de fond dans l’est de l’Arctique (EAGSAC), ComitĂ© consultatif sur la crevette nordique (CCCN), Conseil consultatif maritime canadien — rĂ©gion des Prairies et du Nord (CCMC-RPN), Nunavut Eastern Arctic Shipping inc. (NEAS), FĂ©dĂ©ration maritime du Canada, Woodward Group of Companies, Association of Arctic Expedition Cruise Operators, Northwest Territories and Nunavut Chamber of Mines, Canadian Association of Petroleum Producers, Travel Nunavut, ArcticNet, Institut de recherche du Nunavut, Amundsen Science, responsables du RV William Kennedy, UniversitĂ© Memorial, Consortium de la baie d’Hudson, Arctic Security Consultants, Inuit Circumpolar Council (ICC), Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), et Keewaytinook Okimakanak.

Tout au long du processus de consultation, le MPO a également fait appel à tous les ministères fédéraux concernés, notamment ECCC, Transports Canada, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), Parcs Canada, Ressources naturelles Canada, la Garde côtière canadienne, Affaires mondiales Canada et le ministère de la Défense nationale.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

La présente section renferme de l’information sur la mobilisation et la consultation des peuples autochtones. Conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation de cette proposition a été effectuée. L’évaluation a conclu que la mise en œuvre de cette proposition présente un risque extrêmement faible pour les droits, les intérêts ou les dispositions relatives à l’autonomie gouvernementale des partenaires du traité relatif à l’Accord du Nunavut et à l’Accord du Nunavik. Le MPO continuera de respecter les obligations de consultation énoncées dans l’Accord du Nunavut et l’Accord du Nunavik, comme le précise la présente proposition. Le MPO continuera également de consulter la Qikiqtani Inuit Association et d’autres organes de gouvernance dans la zone du traité sur les changements de politique et de programme dans le cadre de la mise en œuvre de l’arrêté ministériel et des travaux ultérieurs liés à l’établissement d’une conservation à plus long terme pour la zone.

La ZPM proposĂ©e se situe entièrement dans la rĂ©gion du Nunavut. Cette proposition est soumise aux exigences prĂ©vues dans l’Accord du Nunavut et l’Accord du Nunavik (en ce qui concerne les droits traditionnels de rĂ©colte des ressources fauniques des Inuits du Nunavik dans la rĂ©gion du Nunavut, conformĂ©ment Ă  l’article 27 de l’Accord du Nunavik), y compris l’approbation des limites de la ZPM par le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN), ainsi que la dĂ©termination de conformitĂ© par la Commission d’amĂ©nagement du Nunavut (CAN). La ZPM de Qikiqtait dont la dĂ©signation par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est proposĂ©e n’interdirait pas les activitĂ©s qui relèvent de droits inuits protĂ©gĂ©s par la Constitution en vertu de l’Accord du Nunavut et de l’Accord du Nunavik. En vertu de l’Accord du Nunavut, le CGRFN est la principale institution de gouvernement populaire chargĂ©e de superviser la gestion des ressources fauniques. Il est Ă©galement le principal rĂ©gulateur de l’accès Ă  la faune dans la rĂ©gion du Nunavut. Les limites de la ZPM dont la dĂ©signation par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est proposĂ©e seront officiellement soumises Ă  l’approbation du CGRFN. Elles devraient ĂŞtre prĂ©sentĂ©es lors de la rĂ©union du CGRFN au printemps 2025, après publication dans la Partie I de la Gazette du Canada. ConformĂ©ment Ă  l’Accord du Nunavut, les Inuits du Nunavut ont Ă©galement participĂ© au processus de prise de dĂ©cision concernant la ZPM de Qikiqtait dont la dĂ©signation par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est proposĂ©e.

En vertu de l’Accord du Nunavut, le gouvernement responsable de la création de l’aire de conservation est tenu de négocier de bonne foi en vue de conclure une entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits. Une telle entente est en cours de négociation entre le gouvernement du Canada et la Qikiqtani Inuit Association. Cette zone sera cogérée avec la Qikiqtani Inuit Association, conformément à l’Accord du Nunavut et à l’entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits qui y est associée.

La ZPM désignée par arrêté ministériel ne sera pas incompatible avec les droits, y compris les droits de pêche, des Inuits dans la région du Nunavut prévus au titre de l’Accord du Nunavut et de l’Accord du Nunavik.

Une approche progressive est en cours d’élaboration : la ZPM de Qikiqtait serait protĂ©gĂ©e par un arrĂŞtĂ© ministĂ©riel d’une durĂ©e de cinq ans, tandis que le MPO et ses partenaires Ă©tudient la vision de la Qikiqtani Inuit Association pour une protection Ă  long terme par la crĂ©ation d’une aire protĂ©gĂ©e et de conservation autochtone. Elle permettrait Ă©galement d’harmoniser l’approche rĂ©gionale de la Qikiqtani Inuit Association en matière de conservation pour la rĂ©gion de Qikiqtani, et offrirait de nouvelles possibilitĂ©s de faire progresser la rĂ©conciliation et de promouvoir l’autodĂ©termination des Inuits.

Choix de l’instrument

Certaines activités maritimes sont actuellement réglementées par des dispositions de la Loi sur les pêches, de la Loi sur les espèces en péril, de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada et d’autres lois fédérales. Toutefois, les mécanismes législatifs existants ne protègent pas les habitats, les espèces, l’intégrité écologique, la biodiversité, ni la productivité de la région de Qikiqtait contre les facteurs de stress liés aux nouvelles activités humaines découlant des changements climatiques et environnementaux.

La Loi sur les ocĂ©ans confère Ă  la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans le pouvoir de « geler l’empreinte Â» des activitĂ©s humaines dans une zone pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans, par un arrĂŞtĂ© ministĂ©riel. Pendant cette pĂ©riode, aucune nouvelle activitĂ© humaine, autre que les activitĂ©s inuites prĂ©vues par l’Accord du Nunavut et l’Accord du Nunavik, la recherche scientifique en milieu marin et les activitĂ©s menĂ©es Ă  des fins de sĂ©curitĂ© publique, de dĂ©fense nationale, de sĂ©curitĂ© nationale ou d’application de la loi, ou en rĂ©ponse Ă  des situations d’urgence prĂ©vues au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans, ne sera autorisĂ©e dans la zone Ă  la suite de la dĂ©signation proposĂ©e.

Alors qu’une protection à court terme sera en place, le MPO et ses partenaires étudieront les mesures de conservation à long terme possibles pour la zone, y compris une aire protégée et de conservation autochtone.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

MĂ©thodologie et donnĂ©es : Les rĂ©percussions socio-Ă©conomiques liĂ©es Ă  l’initiative rĂ©glementaire s’articulent autour du concept d’analyse des coĂ»ts et des avantages, des incidences Ă©conomiques rĂ©gionales et de la rĂ©partition des incidences Ă©conomiques. Cette approche est cohĂ©rente avec les analyses prĂ©cĂ©dentes rĂ©alisĂ©es par le MPO et est conforme aux exigences du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor du Canada en matière d’étude d’impact de la rĂ©glementation. Les incidences diffĂ©rentielles sont estimĂ©es sur une pĂ©riode de cinq ans, ce qui cadre avec le calendrier de l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel et qui permet de comparer le profil de rĂ©fĂ©rence Ă  l’initiative rĂ©glementaire proposĂ©e.

Les donnĂ©es utilisĂ©es pour Ă©laborer les profils des collectivitĂ©s autour de la ZPM de Qikiqtait dont la dĂ©signation par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est proposĂ©e proviennent principalement des profils des collectivitĂ©s du recensement de 2021. Les autres sources d’information et de donnĂ©es proviennent du gouvernement du Canada, du gouvernement du Nunavut, de l’industrie et d’entreprises, de conseils, de chercheurs universitaires et de consultants. Bien qu’une recherche non exhaustive de la littĂ©rature existante ait fourni très peu d’information de nature sociale, culturelle et Ă©conomique sur la ZPM de Qikiqtait proposĂ©e, le rapport se fonde, le cas Ă©chĂ©ant, sur des donnĂ©es provenant de sources pertinentes accessibles au public et dans la littĂ©rature en tant que sources d’information secondaires.

Ces limites ont été atténuées dans une certaine mesure par des discussions qualitatives qui illustrent les résultats économiques et sociaux attendus. Pour remédier à ces limites, il conviendrait de mener des recherches et des discussions plus approfondies avec les collectivités. Malgré les limites des données et les incertitudes associées au rapport, ce dernier renferme des renseignements qui peuvent être jugés utiles pour la prise de décision, ainsi que pour l’élaboration d’une intention réglementaire.

Profil économique et stratégique de référence

Les activités économiques actuellement menées dans la zone ont été recensées sur la base des renseignements recueillis un an avant l’établissement potentiel de la ZPM de Qikiqtait dont la désignation par arrêté ministériel est proposée, et incluent toute activité future qui serait autorisée à y être effectuée.

Le profil de rĂ©fĂ©rence tient compte des mesures de gestion fĂ©dĂ©rales, provinciales et territoriales en vigueur dans la rĂ©gion. Il reflète Ă©galement les activitĂ©s humaines en cours, le cas Ă©chĂ©ant, et l’expansion ou la croissance d’activitĂ©s. Selon l’évaluation des activitĂ©s menĂ©es dans la ZPM de Qikiqtait proposĂ©e au cours des 12 derniers mois, les activitĂ©s qui ont actuellement lieu dans la ZPM sont les suivantes :

Coûts liés à la création de la ZPM proposée

En raison de la liste exhaustive des exemptions et des catégories d’activités autorisées décrites ci-dessus pour la ZPM de Qikiqtait dont la désignation par arrêté ministériel est proposée, il est peu probable que les protections marines proposées imposent des coûts supplémentaires aux Canadiens ou à l’industrie sous forme de manque à gagner ou d’augmentation des coûts d’exploitation. En outre, en raison des droits des Inuits protégés par la Constitution dans le cadre de l’Accord du Nunavut et de l’Accord du Nunavik, il n’y aurait pas d’incidences supplémentaires sur les collectivités inuites. Sur la base de cette analyse, aucune modification majeure du mode de vie ou des moyens de subsistance des populations n’est prévue.

Étant donné que la ZPM dont la désignation par arrêté ministériel est proposée gèlerait l’empreinte des activités dans la zone pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans, les activités de mise en conformité et d’application de la loi ne changeraient pas de manière notable par rapport aux activités actuelles pendant cette période. Les coûts occasionnels liés aux enquêtes sur les signalements de non-respect de l’arrêté proposé se limiteraient probablement à des incidents isolés et peu fréquents. Ces coûts continueraient à être assumés par le gouvernement fédéral et à être financés par les ressources existantes.

Avantages liés à la ZPM de Qikiqtait dont la désignation par arrêté ministériel est proposée

Il est peu probable que les avantages découlant des services écosystémiques augmentent au cours de la période de cinq ans. Cela dit, il est possible que la protection à long terme de la zone se traduise par la préservation (c’est-à-dire le maintien des niveaux actuels) et l’augmentation des avantages pour les Canadiens et les collectivités proches de Qikiqtait. L’intensification de la recherche scientifique marine dans la région pourrait fournir des données précieuses sur les types d’avantages susceptibles d’être obtenus à long terme.

L’établissement de la ZPM de Qikiqtait désignée par arrêté ministériel présente un certain nombre d’avantages importants. La ZPM contribuerait à renforcer la résilience des écosystèmes arctiques et à maintenir un habitat essentiel pour un certain nombre d’espèces importantes, telles que l’eider à duvet, l’omble chevalier migrateur, le morse de l’Atlantique, le phoque barbu, le béluga, l’ours polaire, le phoque annelé et des invertébrés benthiques productifs. L’arrêté réduirait encore davantage les nouvelles pressions exercées sur un environnement qui subit déjà les effets du changement climatique. Cette initiative et l’entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits qui lui est associée favoriseront le leadership, la gestion et l’autodétermination des Inuits dans la région de Qikiqtani, tout en préservant les écosystèmes, la faune et la culture inuite. L’entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits favoriserait également l’emploi et les débouchés économiques pour les collectivités.

Les efforts déployés pour protéger Qikiqtait peuvent également contribuer indirectement à préserver le patrimoine culturel à l’intérieur et à proximité de la ZPM proposée. La préservation des ressources naturelles et culturelles serait avantageuse pour les Canadiens qui découvriraient les valeurs culturelles de Qikiqtait.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas, car il n’y a pas de coûts supplémentaires prévus pour les petites entreprises qui découleraient de ce projet de ZPM désignée par arrêté ministériel.

Règle du « un pour un Â»

La ZPM de Qikiqtait dont la dĂ©signation par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est proposĂ©e n’imposerait aucune charge administrative aux entreprises, de sorte que la règle du « un pour un Â» ne s’applique pas.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

En 2018, le G7 a publiĂ© le Plan d’action de Charlevoix pour la santĂ© des ocĂ©ans et des mers et des communautĂ©s cĂ´tières rĂ©silientes. Dans le cadre de ce Plan d’action, les dirigeants du G7, reconnaissant la nĂ©cessitĂ© d’agir conformĂ©ment aux prĂ©cĂ©dents engagements du G7 et au Programme 2030, se sont engagĂ©s Ă  soutenir des stratĂ©gies visant Ă  protĂ©ger et Ă  gĂ©rer efficacement les zones vulnĂ©rables de nos ocĂ©ans et les ressources vulnĂ©rables. Ils se sont Ă©galement engagĂ©s Ă  faire « progresser les efforts au-delĂ  des objectifs actuels d’Aichi pour 2020, y compris l’établissement de zones de protection marines (ZPM) […] Â». Dans cette optique, le Canada continue de faire progresser la conservation marine et de fixer des objectifs au-delĂ  des objectifs d’Aichi pour 2020. Dans le discours du TrĂ´ne de 2019, la gouverneure gĂ©nĂ©rale a annoncĂ© l’intention du gouvernement de protĂ©ger 25 % des ocĂ©ans du pays d’ici 2025. Les lettres de mandat de 2019 et de 2021 de la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans et du ministre de l’Environnement et du Changement climatique font Ă©cho Ă  cet objectif de protection de 25 % d’ici 2025. Les lettres de mandat de 2021 comprenaient Ă©galement un objectif supplĂ©mentaire de 30 % d’ici 2030, que le Canada a contribuĂ© Ă  promouvoir en tant qu’objectif international lors de la confĂ©rence de dĂ©cembre 2022 de la Convention sur la diversitĂ© biologique des Nations Unies, la COP15. Lors de la rĂ©union, les parties Ă  la Convention ont adoptĂ© le Cadre mondial pour la biodiversitĂ© Kunming-MontrĂ©al, qui comprend l’objectif de conserver au moins 30 % des zones cĂ´tières et marines dans le monde d’ici 2030 (objectif 3).

La ZPM de Qikiqtait dont la dĂ©signation par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est proposĂ©e contribuerait Ă  hauteur de 0,74 % aux objectifs de conservation marine du Canada.

Effets sur l’environnement

Le projet de ZPM de Qikiqtait dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel rĂ©pond aux objectifs et aux prioritĂ©s clĂ©s de l’objectif 14 de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (2022-2026), qui vise Ă  conserver et Ă  protĂ©ger les ocĂ©ans du Canada. Il contribue aux objectifs de biodiversitĂ© 2030 des Nations unies et aux cibles pour le Canada en ce qui concerne la santĂ© des cĂ´tes, des ocĂ©ans et des populations de faune et de flore sauvages.

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, le MPO a effectuĂ© une analyse gĂ©nĂ©rale de la ZPM de Qikiqtait proposĂ©e et des eaux adjacentes en 2023 afin de fournir une synthèse complète des caractĂ©ristiques physiques, biologiques et Ă©cologiques uniques qui caractĂ©risent cette zone et ses eaux adjacentes, ainsi que des vulnĂ©rabilitĂ©s connues et des lacunes en matière de connaissances. Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique n’est pas nĂ©cessaire pour ce projet, car la dĂ©signation par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel de la ZPM de Qikiqtait « gèlerait l’empreinte Â» des activitĂ©s dans la zone pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans, ce qui renforcerait davantage l’intĂ©gritĂ© environnementale de la zone.

Cette proposition n’est pas susceptible d’avoir des effets négatifs sur l’environnement de la région.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été réalisée et aucune incidence relative à l’ACS+ sur la population de Sanikiluaq (la collectivité adjacente à Qikiqtait) n’a été établie dans le cadre de l’initiative proposée.

Il n’y a pas de personnes ou groupes cibles à Sanikiluaq qui devraient être touchés de manière disproportionnée par ce projet.

Les avantages attendus de la ZPM de Qikiqtait dont la désignation par arrêté ministériel est proposée sont notamment liés à la recherche, aux valeurs écosystémiques et aux valeurs de non-usage associées à la conservation de l’écosystème marin. L’initiative de financement de projets pour la permanence de Qikiqtani aura des répercussions sur les efforts de conservation menés par les Inuits dans la région de Qikiqtani, au Nunavut, où se trouve la ZPM de Qikiqtait dont la désignation par arrêté ministériel est proposée.

Les incidences directes prévues sur diverses activités socio-économiques dans la collectivité de Sanikiluaq devraient être négligeables, étant donné qu’aucune restriction ou interdiction ne sera imposée aux catégories d’activités actuelles pendant la période de cinq ans de l’arrêté ministériel.

La collectivité de Sanikiluaq ne rencontrera pas d’obstacles supplémentaires à la mise en conformité du fait de ce règlement.

Aucune incidence fondée sur le genre ou d’autres facteurs d’identité n’a été établie dans le cadre de cette proposition.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

La ZPM de Qikiqtait dont la désignation par arrêté ministériel est proposée entrera en vigueur dès son enregistrement.

Comme complément à l’orientation générale de l’arrêté ministériel, une stratégie de gestion de la ZPM sera élaborée sur la base de l’arrêté et des objectifs de conservation, et conformément à l’entente pertinente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits. Afin de vérifier si les objectifs de conservation de la ZPM sont atteints et d’étudier les possibilités de protection à long terme de la zone, les activités de collecte de données, de recherche et de suivi, ainsi que l’Inuit Qaujimajatuqangit, se poursuivront.

La désignation par arrêté ministériel de la ZPM de Qikiqtait mènera à la création d’un comité de cogestion avec des partenaires qui aura pour mandat de guider la gestion et le suivi de la ZPM.

Conformité et application

En tant qu’autorité fédérale responsable de la désignation par arrêté ministériel et de la gestion de la ZPM de Qikiqtait, le MPO aurait la responsabilité générale d’assurer la conformité et l’application de la loi à son égard. Ces activités seraient menées dans le cadre du mandat officiel du MPO et de ses responsabilités en matière d’application aux termes de la Loi sur les océans, de la Loi sur les pêches, de la Loi sur la protection des pêches côtières et d’autres lois relatives à la conservation et à la protection des pêches, ainsi qu’à la sécurité maritime.

Étant donné que l’arrêté ministériel proposé gèlerait l’empreinte pour une période maximale de cinq ans, les activités de mise en conformité et d’application de la loi ne changeraient pas de manière notable par rapport aux niveaux atteints pendant cette période.

Les efforts de surveillance, les rapports sur les incidents, ainsi que les approches et les stratégies visant à assurer la conformité seront décrits dans un plan de conformité exécutoire fondé sur les risques.

Les agents responsables de l’application de la loi dĂ©signĂ©s par la ministre en vertu de l’article 39 de la Loi sur les ocĂ©ans veilleront Ă  l’application de l’arrĂŞtĂ© proposĂ©. Toute personne qui contreviendrait Ă  l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel proposĂ© commettrait une infraction et serait soumise aux mesures d’exĂ©cution prĂ©vues Ă  l’article 39.6 de la Loi sur les ocĂ©ans.

En vertu de l’article 39.6 de la Loi sur les ocĂ©ans, toute infraction au règlement est passible d’une amende maximale de 8 000 000 $ dans le cas d’une infraction punissable sur dĂ©claration sommaire de culpabilitĂ©, et d’une amende maximale de 12 000 000 $ dans le cas d’une infraction punissable par mise en accusation. La violation des conditions de permis et de licence applicables aux activitĂ©s menĂ©es dans cette ZPM peut Ă©galement donner lieu Ă  des poursuites au titre d’autres lois canadiennes applicables, telles que la Loi sur les pĂŞches, la Loi sur la protection des pĂŞches cĂ´tières, la Loi sur les espèces en pĂ©ril ou d’autres lois ou règlements applicables.

Personne-ressource

Alasdair Beattie (il/lui)
Gestionnaire régional par intérim
Planification et conservation marines
Pêches et Océans Canada, région de l’Arctique
5204 50th Avenue, bureau 301
Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest)
X1A 1E2
Courriel : DFO.ArcticMPC-ArctiquePCM.MPO@dfo-mpo.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans, en vertu du paragraphe 35.1(2)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les ocĂ©ans rĂ©fĂ©rence b, se propose de prendre l’ArrĂŞtĂ© sur la zone de protection marine de Qikiqtait, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet d’arrĂŞtĂ© dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Alasdair Beattie, gestionnaire rĂ©gional intĂ©rimaire, Planification et conservation marines, rĂ©gion de l’Arctique, ministère des PĂŞches et des OcĂ©ans, 5204, 50e avenue, pièce 301, Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) X1A 1E2 (courriel : DFO.ArcticMPC-ArctiquePCM.MPO@dfo-mpo.gc.ca).

Ottawa, le 6 dĂ©cembre 2024

La ministre des Pêches et des Océans
Diane Lebouthillier

Arrêté sur la zone de protection marine de Qikiqtait

Définitions

1 Les définitions qui suivent s’appliquent au présent arrêté.

Accord du Nunavik
L’accord sur les revendications territoriales conclu entre les Inuits du Nunavik et Sa MajestĂ© la Reine du chef du Canada et signĂ© le 1er dĂ©cembre 2006, avec ses modifications Ă©ventuelles. (Nunavik Agreement)
Accord du Nunavut
L’accord sur des revendications territoriales conclu entre les Inuit de la rĂ©gion du Nunavut et Sa MajestĂ© la Reine du chef du Canada, signĂ© le 25 mai 1993 et dĂ©posĂ© devant la Chambre des communes au nom du ministre des Affaires indiennes et du Nord le 26 mai 1993, ainsi que toutes les modifications qui peuvent lui ĂŞtre apportĂ©es conformĂ©ment Ă  ses dispositions. (Nunavut Agreement)
zone de protection marine
L’espace maritime désigné par l’article 2. (Marine Protected Area)

DĂ©signation — zone de protection marine

2 (1) Est dĂ©signĂ© comme zone de protection marine de Qikiqtait l’espace maritime dans l’ocĂ©an Arctique constituĂ© d’une partie des eaux de la baie d’Hudson, dĂ©crit dans le plan numĂ©ro FB44738 CLSR NU, certifiĂ© le 1er novembre 2024, et reprĂ©sentĂ© dans le plan numĂ©ro 113359 CLSR NU, lesquels plans sont dĂ©posĂ©s aux Archives d’arpentage des terres du Canada.

Fond marin, sous-sol et colonne d’eau

(2) La zone de protection marine comprend, sous la laisse de basse mer, le fond marin, le sous-sol jusqu’à une profondeur de cinq mètres et la colonne d’eau au-dessus du fond marin, y compris la glace de mer.

Activités en cours

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 35.1(2)a) de la Loi sur les ocĂ©ans, les catĂ©gories d’activitĂ©s qui sont en cours dans la zone de protection marine sont les suivantes :

Interdictions

4 Il est interdit, dans la zone de protection marine, d’exercer toute activitĂ©, sauf celles qui font partie d’une catĂ©gorie d’activitĂ©s visĂ©e Ă  l’article 3, qui perturbe, endommage, dĂ©truit ou retire de la zone toute caractĂ©ristique gĂ©ologique ou archĂ©ologique unique, tout organisme marin vivant ou toute partie de son habitat, ou qui est susceptible de le faire.

Non-application

5 Le présent arrêté ne s’applique pas à l’égard de l’exercice des droits des Inuit prévus dans l’Accord du Nunavut ou dans l’Accord du Nunavik.

Entrée en vigueur

6 Le présent arrêté entre en vigueur à la date de son enregistrement.

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