La Gazette du Canada, Partie I, volume 158, numĂ©ro 51 : ArrĂŞtĂ© sur la zone de protection marine de Sarvarjuaq

Le 21 dĂ©cembre 2024

Fondement législatif
Loi sur les océans

Ministère responsable
Ministère des Pêches et des Océans

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie de l’Arrêté.)

Résumé

La rĂ©gion de la polynie des eaux du Nord (Sarvarjuaq/Pikialasorsuaq) est un habitat unique d’une importance capitale dans l’ExtrĂŞme-Arctique canadien. Elle se trouve dans le nord de la baie de Baffin, entre le Canada et le Groenland. « Sarvarjuaq Â» est le nom que les Inuits de Qikiqtani du Canada donnent Ă  la partie de la polynie des eaux du Nord qui se trouve dans les eaux canadiennes. PĂŞches et OcĂ©ans Canada (MPO), le gouvernement du Nunavut (GN) et l’Association inuite du Qikiqtani (AIQ) collaborent pour assurer la protection de la zone d’étude de Sarvarjuaq tout en explorant les options de protection Ă  long terme, y compris une aire protĂ©gĂ©e et de conservation inuite (APCI).

Dans le cadre de cet effort commun, la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans propose de crĂ©er la zone de protection marine (ZPM) proposĂ©e de Sarvarjuaq dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel en vertu de l’article 35 de la Loi sur les ocĂ©ans. Cette proposition d’arrĂŞtĂ© aurait pour effet de geler l’empreinte des activitĂ©s dans la rĂ©gion pour une pĂ©riode pouvant atteindre cinq ans. Ainsi, aucune nouvelle activitĂ© humaine, autre que les activitĂ©s inuites prĂ©vues dans l’Accord du Nunavut et les activitĂ©s soumises aux exceptions prĂ©vues par la loi Ă©noncĂ©es au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans, ne serait autorisĂ©e dans la rĂ©gion pendant la durĂ©e de l’arrĂŞtĂ©. Les activitĂ©s qui se sont dĂ©roulĂ©es lĂ©galement dans la rĂ©gion au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dant la dĂ©signation (ou qui ont Ă©tĂ© autorisĂ©es par un permis fĂ©dĂ©ral ou territorial, une licence ou une autre forme d’autorisation expresse, mais qui n’ont pas encore eu lieu) seraient autorisĂ©es Ă  se poursuivre pendant la durĂ©e de l’arrĂŞtĂ©. En outre, la recherche scientifique marine et les activitĂ©s menĂ©es Ă  des fins de sĂ©curitĂ© publique, de dĂ©fense nationale, de sĂ©curitĂ© nationale ou d’application de la loi, ou en rĂ©ponse Ă  des situations d’urgence, sont dĂ©jĂ  couvertes par les exceptions prĂ©vues par la loi, Ă©noncĂ©es au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans et seraient donc autorisĂ©es. Les activitĂ©s de pose, d’entretien et de rĂ©paration de câbles marins menĂ©es par un ressortissant, une entitĂ©, un navire ou un État Ă©tranger peuvent Ă©galement ĂŞtre exemptĂ©es et donc autorisĂ©es dans la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq.

La recherche scientifique et le savoir inuit ont désigné Sarvarjuaq à titre de caractéristique écologique essentielle de cette région de l’Arctique canadien. Depuis des millénaires, les Inuits considèrent cette zone comme un lieu d’une grande importance culturelle et spirituelle, et comptent sur l’environnement de la glace de mer et de la lisière de glaces à titre d’important terrain de chasse et corridor de transport. La région abrite une grande variété de vie marine, notamment des algues, des poissons, des oiseaux de mer et des mammifères marins, et constitue un habitat essentiel pour les espèces migratrices. Les ponts de glace qui se forment au nord de la polynie constituent des itinéraires traditionnels pour les Inuits, reliant les collectivités canadiennes aux collectivités groenlandaises. En 2022, l’AIQ a désigné cette zone dans son prospectus régional comme pouvant contribuer à un réseau d’aires protégées dans la région de Qikiqtani, en soulignant en outre la conservation et l’intendance menées par les Inuits.

La polynie des eaux du Nord est l’une des plus grandes polynies rĂ©currentes (une zone rĂ©currente de glace mince et d’eau libre qui se produit en hiver Ă  un endroit oĂą la glace voisine est sensiblement plus Ă©paisse) dans l’Arctique et elle abrite une productivitĂ© et une biodiversitĂ© Ă©levĂ©es. En 2011, le MPO a dĂ©signĂ© cette rĂ©gion comme une zone d’importance Ă©cologique et biologique (ZIEB) en raison de son importance biologique. En 2013, le Conseil circumpolaire inuit (CCI) — Canada et Groenland a soulignĂ© que la polynie des eaux du Nord est menacĂ©e par des changements rapides influencĂ©s par des facteurs internes et externes, notamment les changements climatiques et environnementaux, l’augmentation des activitĂ©s de transport maritime, le tourisme et le potentiel d’exploration et d’exploitation du pĂ©trole et du gaz. En 2021, un processus de rĂ©vision par les pairs du SecrĂ©tariat canadien de consultation scientifique du MPO est parvenu Ă  une conclusion similaire, dĂ©signant les changements climatiques Ă  titre de principal facteur de stress de la rĂ©gion. La dĂ©signation de ZPM en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans dans cette rĂ©gion permettrait de disposer d’un mĂ©canisme rĂ©glementaire pour contribuer Ă  la conservation et Ă  la protection de la zone et des ressources naturelles qu’elle abrite.

La ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel contribuerait Ă  hauteur de 1,28 % Ă  la rĂ©alisation des objectifs de conservation marine du Canada, qui consistent Ă  conserver 25 % des ocĂ©ans du Canada d’ici 2025 et 30 % d’ici 2030, et favoriserait le leadership et la collaboration des Autochtones en matière d’intendance de la conservation marine. L’arrĂŞtĂ© proposĂ© permettrait Ă©galement au Canada et aux dirigeants inuits canadiens de concrĂ©tiser la dĂ©claration de 2019 dans lequel ils s’engageaient Ă  travailler en partenariat avec les gouvernements du Danemark et du Groenland pour faire progresser la gestion marine durable et la protection de l’environnement dans la rĂ©gion de Sarvarjuaq. L’adoption de l’arrĂŞtĂ© proposĂ© permettrait Ă©galement de respecter l’engagement pris par l’AIQ en 2020 de collaborer avec le gouvernement du Canada pour assurer la protection de la zone d’étude de Sarvarjuaq. La ZPM proposĂ©e dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel assurerait une protection Ă  court terme de la rĂ©gion, tandis que le MPO et ses partenaires collaboreraient pour Ă©tudier des mesures de conservation Ă  long terme, notamment la crĂ©ation d’une aire protĂ©gĂ©e et de conservation inuite (APCI) qui maintiendrait la conservation et l’intendance dirigĂ©es par les Inuits. La protection de la rĂ©gion de Sarvarjuaq est Ă©galement un engagement pris dans le cadre de l’initiative Qikiqtani Financement de projets pour la permanence (Q-FPP). Cette approche collaborative soutient l’approche rĂ©gionale et intĂ©grĂ©e de l’AIQ en matière de conservation pour la rĂ©gion de Qikiqtani et cherche Ă  faire progresser la rĂ©conciliation et Ă  promouvoir l’autodĂ©termination des Inuits.

L’arrêté ministériel proposé ne s’appliquerait pas aux droits des Inuits prévus par l’Accord du Nunavut.

Enjeux

Depuis des millĂ©naires, les Inuits considèrent Sarvarjuaq comme un lieu d’une grande importance culturelle et spirituelle, et comptent sur l’environnement de la glace de mer et de la lisière de glaces comme un important terrain de chasse et corridor de transport. La zone d’étude de Sarvarjuaq, situĂ©e dans la polynie des eaux du Nord dans le nord de la baie de Baffin (Figure 1), est l’une des plus grandes polynies (80 000 km2) de l’Arctique (c’est-Ă -dire une zone rĂ©currente de glace fine et d’eau libre en hiver entourĂ©e d’une banquise plus Ă©paisse). Elle est bien connue pour sa productivitĂ© prĂ©coce (en saison) et fiable, et sa grande biodiversitĂ©. La polynie constitue un habitat essentiel pour un certain nombre d’espèces de mammifères marins, comme le morse de l’Atlantique (Odobenus rosmarus rosmarus), le bĂ©luga (Delphinapterus leucas) et la baleine borĂ©ale (Balaena mysticetus), le narval (Monodon monoceros), le phoque annelĂ© (Pusa hispida), le phoque barbu (Erignathus barbatus) et l’ours polaire (Ursus maritimus), ainsi que pour des oiseaux de mer, des poissons et d’autres formes de vie marine. La rĂ©gion de Sarvarjuaq abrite environ 60 millions d’oiseaux, dont la mouette blanche, une espèce menacĂ©e, et le plus grand rassemblement de mergules nains au monde.

Sarvarjuaq est menacée par des changements rapides influencés par des facteurs internes et externes tels que les changements climatiques et environnementaux, l’augmentation des activités de transport maritime, le tourisme et le potentiel d’exploration et d’exploitation du pétrole et du gaz. La protection de Sarvarjuaq par le biais d’une ZPM ordonnée par la ministre en vertu de la Loi sur les océans est proposée avec le soutien de l’AIQ et des collectivités adjacentes comme approche initiale de conservation et de protection pendant que le MPO collabore avec ses partenaires pour envisager des options de protection à long terme, y compris une APCI. Le MPO, l’AIQ et Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) ont conclu un accord de principe relatif à l’initiative Q-FPP, qui comprend un engagement commun à faire progresser la protection de la ZPM proposée de Sarvarjuaq. L’initiative Q-FPP est un projet historique mené par des Autochtones dans la région de Qikiqtani au Nunavut. Grâce au financement du gouvernement canadien et de donateurs philanthropiques, l’initiative permettra au partenaire inuit de mettre en œuvre son modèle régional de conservation sur près d’un million de kilomètres carrés de terres et d’eaux dans la région de Qikiqtani.

Cette approche progressive de la protection est soutenue par les collectivités locales. Cette initiative aiderait le gouvernement du Canada et ses partenaires, l’AIQ et le GN, à faire progresser la réconciliation et l’autodétermination des Inuits au Nunavut. Cette approche est également conforme à la politique sur l’Inuit Nunangat, élaborée conjointement pour promouvoir la prospérité et soutenir le bien-être des collectivités et des personnes dans l’ensemble de l’Inuit Nunangat, dans un souci d’équité socio-économique et culturelle entre les Inuits et les autres Canadiens. Le leadership des Inuits en matière de gestion marine est essentiel pour contribuer au maintien du développement durable, garantir les avantages pour la collectivité, atténuer les répercussions sur l’écosystème délicat et protéger la zone et ses ressources.

Contexte

Pikialasorsuaq (qui signifie « grande remontĂ©e d’eau Â») est le nom groenlandais occidental le plus couramment utilisĂ© par les organismes internationaux, tels que le Fonds mondial pour la nature (FMN) et le CCI, pour dĂ©crire la « polynie des eaux du Nord Â» et la rĂ©gion binationale qui l’entoure. Pikialasorsuaq dĂ©signe l’ensemble de la polynie des eaux du Nord qui s’étend Ă  la fois sur le territoire canadien et groenlandais, dans le nord de la baie de Baffin. En 2011, le MPO a dĂ©fini cette zone comme une ZIEB en raison de son importance biologique et a commencĂ© Ă  proposer l’examen de cette rĂ©gion en vue de sa protection peu après.

La ZPM proposée de Sarvarjuaq est une région importante pour la récolte et la sécurité alimentaire des Inuits. La présence de la polynie pendant les mois d’hiver permet aux Inuits de disposer d’un endroit où pêcher et chasser tout au long de l’année. La polynie accueille également des espèces migratrices récoltées dans toute la région de Qikiqtani et au-delà.

Les températures dans l’Arctique augmentent plus rapidement que la moyenne mondiale, ce qui a des effets négatifs importants sur la glace de mer. L’environnement marin de l’Arctique entre dans une nouvelle phase où de vastes zones autrefois couvertes de glace sont désormais saisonnièrement libres de glace et où la glace épaisse pluriannuelle est remplacée par de la glace plus jeune et plus fine. Ces changements ont une incidence sur la polynie des eaux du Nord, car sa récurrence dépend de la formation de ponts de glace dans le détroit de Nares. Une protection efficace des zones abritant une biodiversité arctique unique, comme celle que l’on trouve dans la ZPM proposée de Sarvarjuaq, aidera à maximiser la résilience des écosystèmes arctiques et contribuera à maintenir un habitat essentiel pour plusieurs espèces. Les espèces trouvées dans les limites de l’aire de la ZPM proposée de Sarvarjuaq sont reconnues comme des composantes importantes de l’écosystème arctique en raison de leur rôle dans le maintien de la santé de l’écosystème. Dans le cadre de l’engagement du gouvernement du Canada à protéger Sarvarjuaq, le MPO dirige une expédition de recherche qui permettra de développer une base de connaissances scientifiques sur la région. Les données recueillies dans le cadre de ce programme continueront d’étayer la prise de décision à long terme pour la région.

En 2013, le CCI, le Groenland et Oceans Nord ont organisé un atelier pour faire avancer les discussions sur l’importance écologique et la conservation dans la région de Pikialasorsuaq. On y a convenu que cette zone est menacée par des changements rapides influencés par des facteurs internes et externes, y compris les changements climatiques et environnementaux, l’augmentation des activités de transport maritime, le tourisme, ainsi que le potentiel d’exploration et d’exploitation du pétrole et du gaz. Le CCI a souligné que les Inuits qui vivent dans la région sont les mieux placés pour surveiller et gérer la région. Les Inuits du Canada et du Groenland s’intéressent de près à la recherche et à la conservation dans cette région. En outre, les Inuits des deux côtés de la polynie ont exprimé le souhait de renforcer la coopération afin de parvenir à une vision commune des ressources communes et de la gestion de la zone par les Inuits.

En mars 2019, le premier ministre du Canada a publiĂ© une dĂ©claration commune avec les dirigeants inuits canadiens dans laquelle il s’engageait Ă  travailler en partenariat avec les gouvernements du Danemark et du Groenland pour faire progresser la gestion marine durable et la protection de l’environnement dans la rĂ©gion de Pikialasorsuaq. En 2020, l’Association inuite du Qikiqtani (AIQ) s’est engagĂ©e Ă  travailler avec le gouvernement du Canada pour assurer la protection de la partie canadienne de Pikialasorsuaq, qu’elle a nommĂ©e « Sarvarjuaq Â». L’AIQ et le gouvernement du Canada travaillent en collaboration avec le Groenland et le Danemark pour soutenir la protection internationale de cet important Ă©cosystème, tout en faisant progresser les options de protection Ă  l’échelle nationale pour Sarvarjuaq.

La crĂ©ation de la ZPM de Sarvarjuaq contribuerait Ă  hauteur de 1,28 % Ă  la rĂ©alisation de l’objectif de conservation marine du Canada pour 2025 et ferait progresser le mandat du Canada visant Ă  accroĂ®tre la collaboration autochtone en matière de conservation marine.

Jusqu’à présent, les activités de pêche commerciale ont été très limitées dans la ZPM proposée de Sarvarjuaq. Les données de récolte du MPO (2003-2007) pour Sarvarjuaq indiquent que le flétan noir (Reinhardtius hippoglossoides) y est la seule espèce pêchée, principalement à l’aide d’engins de fond (c’est-à-dire le chalut); toutefois, la pêche commerciale à la crevette a été autorisée dans la zone de pêche à la crevette (ZPC) 0, qui chevauche la ZPM proposée. Des activités de transport et de navigation actives se déroulent autour des collectivités adjacentes pour le réapprovisionnement des collectivités, le transport en vrac, la pêche de subsistance, les navires de passagers/le tourisme, la recherche et les activités gouvernementales (par exemple le déglaçage pour la sûreté et la sécurité).

Diverses autres activités non commerciales se déroulent également dans la ZPM proposée de Sarvarjuaq. Ces catégories d’activités comprennent les activités de chasse, de piégeage et de récolte, les activités récréatives, touristiques et éducatives, le tournage de films et le développement de contenus médiatiques, la construction de structures temporaires sur la glace de mer, la navigation et les voyages, la recherche scientifique occidentale et l’Inuit Qaujimajatuqangitréférence 1 (IQ), y compris la recherche communautaire et l’intendance, les activités de défense nationale et les activités menées par la Garde côtière canadienne.

Figure 1 : Carte de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq

Figure 1 : Carte de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq – Version textuelle en dessous de la carte

Figure 1 : Carte de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq - Version textuelle

La figure 1 est une carte de l'emplacement de la Zone de Protection Marine de Sarvarjuaq. La carte englobe une vaste zone situĂ©e Ă  l'est de l'Ă®le d'Ellesmere, dans le dĂ©troit de Nares, qui part de la laisse de basse mer et s'Ă©tend Ă  l’est jusqu'Ă  la limite de la zone Ă©conomique exclusive du Canada entre le Canada et le Groenland. La frontière de la zone est dĂ©limitĂ©e par 5 points reliĂ©s par des lignes ou par la laisse de basse mer sur l'Ă®le. Les coordonnĂ©es de chaque point (latitude nord, longitude ouest) sont prĂ©sentĂ©es dans un tableau en bas Ă  gauche de la carte et sont les suivantes : le point 1 Ă  environ 76°35′00″ nord et environ 78°07′00″ ouest, le point 2 Ă  72°46′57″ nord et environ 73°21′27″ ouest, le point 3 Ă  73°52′16, 2″ nord et 69°10′52,9″ ouest, le point 4 Ă  81°42′37″ nord et environ 62°40′53″ ouest, et le point 5 Ă  environ 81°32′51″ nord et 64°32′27″ ouest. La flèche du nord apparaĂ®t dans le coin supĂ©rieur gauche de la carte. La carte reprĂ©sente Ă©galement une partie de l'ocĂ©an Arctique, du Groenland et de la baie de Baffin.

Objectif

Les objectifs identifiĂ©s pour la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq sont les suivants :

L’objectif de la mise en place d’un arrêté ministériel relatif à la ZPM de Sarvarjuaq consiste à assurer la conservation et la protection initiales de cette zone d’importance écologique pendant que le MPO et ses partenaires étudient les options de protection à long terme pour la zone, y compris une APCI. Cet arrêté ministériel gèlerait l’empreinte des activités humaines dans la zone pour une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. L’arrêté proposé donnerait également le temps à l’expédition de recherche du MPO de continuer à recueillir des données qui permettront de prendre des décisions éclairées à long terme. Cette approche soutient l’approche régionale et intégrée de l’AIQ en matière de conservation pour la région de Qikiqtani et cherche à faire progresser la réconciliation et à promouvoir l’autodétermination des Inuits.

Description

La ZPM proposée de Sarvarjuaq désignée par arrêté ministériel établirait les limites et désignerait une ZPM dans la zone située dans le détroit de Nares, dans le nord de la baie de Baffin et à l’entrée du détroit de Smith; cette zone s’étendrait au nord et au sud le long de la frontière internationale entre le Canada et le Groenland.

La ZPM proposée de Sarvarjuaq désignée par arrêté ministériel interdirait toute activité humaine qui perturberait, endommagerait, détruirait ou enlèverait de cette ZPM toute caractéristique géologique ou archéologique unique ou tout organisme marin vivant ou toute partie de son habitat, ou qui serait susceptible de le faire à l’intérieur des limites désignées, à l’exception des activités identifiées ci-dessous.

CatĂ©gories d’activitĂ©s continues :

ActivitĂ©s dans le cadre de l’Accord de Nunavut : L’arrĂŞtĂ© proposĂ© ne s’appliquerait pas aux droits des Inuits prĂ©vus par l’Accord du Nunavut.

SĂ©curitĂ© publique : toute activitĂ© menĂ©e au nom de Sa MajestĂ© Ă  des fins de sĂ©curitĂ© publique, de DĂ©fense nationale, de sĂ©curitĂ© nationale ou d’application de la loi, ou en rĂ©ponse Ă  une urgence (y compris les urgences environnementales), serait autorisĂ©e dans la ZPM en vertu de l’exception prĂ©vue par la loi Ă©noncĂ©e au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans, telle que la recherche et le sauvetage d’urgence, la rĂ©ponse aux accidents de navigation ou d’aĂ©ronefs, ou les exigences de sĂ©curitĂ© nationale.

Une version PDF de la description officielle et une carte des limites se trouvent dans les Archives d’arpentage des terres du Canada (AATC) en saisissant les numĂ©ros AATC suivants : description de la ZPM de Sarvarjuaq (FB44739 CLSR NU), carte de la ZPM de Sarvarjuaq (113360 CLSR NU). La ZPM comprend le fond marin, le sous-sol Ă  une profondeur de cinq mètres et la colonne d’eau au-dessus du fond marin. Les limites ont Ă©tĂ© proposĂ©es par l’AIQ dans son prospectus de 2022 — A Regional Conservation Approach (Prospectus 2022 — Une approche rĂ©gionale de la conservation).

Une partie de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est situĂ©e dans la rĂ©gion du Nunavut et est assujettie Ă  l’Accord du Nunavut. D’autres zones de la ZPM proposĂ©e se situent en dehors de la rĂ©gion du Nunavut (c’est-Ă -dire dans la zone I). ConformĂ©ment Ă  l’article 1 de l’Accord du Nunavut, la zone I dĂ©signe les eaux situĂ©es au nord du 61e degrĂ© de latitude et relevant de la compĂ©tence du Canada au large de la limite de la mer territoriale, mais qui ne font pas partie de la rĂ©gion du Nunavut ou d’une autre rĂ©gion visĂ©e par le règlement des revendications territoriales.

Dans le cadre d’une ZPM dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans gèlerait l’empreinte des activitĂ©s dans la zone, d’une manière qui n’est pas incompatible avec un accord de revendication territoriale qui a Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre et qui a Ă©tĂ© ratifiĂ© ou approuvĂ© par une loi du Parlement, pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans. Cela signifierait que les activitĂ©s qui se sont dĂ©roulĂ©es lĂ©galement dans la zone au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dant la dĂ©signation (ou qui ont Ă©tĂ© autorisĂ©es par un permis fĂ©dĂ©ral ou territorial, une licence ou toute autre forme d’autorisation expresse, mais qui n’ont pas encore eu lieu) seraient autorisĂ©es Ă  se poursuivre pendant la durĂ©e de l’arrĂŞtĂ©. Pendant la durĂ©e de l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, aucune nouvelle activitĂ© humaine, autre que les activitĂ©s inuites prĂ©vues par l’Accord du Nunavut, les activitĂ©s Ă©trangères exemptĂ©es, la recherche scientifique marine et les activitĂ©s menĂ©es Ă  des fins de sĂ©curitĂ© publique, de DĂ©fense nationale, de sĂ©curitĂ© nationale ou d’application de la loi, ou en rĂ©ponse Ă  des situations d’urgence, prĂ©vues au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans, ne serait autorisĂ©e dans la zone Ă  la suite de cette proposition de dĂ©signation.

Le MPO a consulté ses partenaires, les collectivités, les Canadiens, les intervenants et d’autres ministères fédéraux afin de déterminer toutes les activités existantes et autorisées (c’est-à-dire en cours) dans la ZPM proposée de Sarvarjuaq.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Partenariats

Depuis 2019, le gouvernement du Canada et l’AIQ collaborent pour dĂ©terminer des options pour la conservation et la protection de Sarvarjuaq et d’autres sites dans la rĂ©gion du Qikiqtani au Nunavut. En septembre 2021, un groupe de travail a Ă©tĂ© créé pour faire progresser la conservation et la protection des ZPM proposĂ©es de Qikiqtait et de Sarvarjuaq, sur la base de similitudes dans le partenariat de gestion et d’un intĂ©rĂŞt commun pour la poursuite de la protection Ă  court terme des deux zones. Ce groupe de travail sur Qikiqtait et Sarvarjuaq (le groupe de travail) comprend des reprĂ©sentants de l’AIQ, du gouvernement du Canada (reprĂ©sentĂ© par le MPO, ECCC, TC) et du GN. Son objectif principal consiste Ă  soutenir les processus nĂ©cessaires pour obtenir la crĂ©ation de ZPM par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans dans les zones d’étude de Qikiqtait et de Sarvarjuaq. Le groupe de travail sensibilise Ă©galement la table de nĂ©gociation de l’ERAI et Ă©change des renseignements avec elle, selon les besoins, dans le but de travailler en parallèle.

Consultations communautaires

Depuis 2022, le MPO collabore avec l’AIQ pour comprendre et mettre en Ĺ“uvre une approche des consultations communautaires dans la rĂ©gion de Qikiqtani au Nunavut, dans le but d’établir des ZPM par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel dans la rĂ©gion de Qikiqtani. L’AIQ a soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© d’une approche holistique qui reflète les modèles de gouvernance rĂ©gionaux. ConformĂ©ment Ă  la recommandation de l’AIQ, la consultation a portĂ© sur les six collectivitĂ©s les plus proches de Sarvarjuaq : Grise Fiord, Resolute Bay, Arctic Bay, Clyde River, Pond Inlet et Qikiqtarjuaq.

Entre octobre 2023 et juin 2024, le MPO et l’AIQ ont menĂ© des consultations communautaires avec chacune des six collectivitĂ©s afin de prĂ©senter des renseignements sur le processus de ZPM dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel, d’obtenir des commentaires sur l’intention rĂ©glementaire et d’obtenir des renseignements sur les utilisations de la zone. La consultation communautaire conjointe comprenait Ă©galement des prĂ©sentations de l’AIQ sur sa vision de la rĂ©gion. Le GN Ă©tait prĂ©sent en tant qu’observateur lors de toutes les consultations communautaires. Dans chacune des six collectivitĂ©s, deux sĂ©ries de rĂ©unions ont Ă©tĂ© organisĂ©es avec les associations des chasseurs et des trappeurs (ACT), les conseils de hameau, et des rĂ©unions Ă  portes ouvertes ont Ă©tĂ© tenues pour les membres de la collectivitĂ© Ă©largie. Les six collectivitĂ©s ont exprimĂ© leur soutien Ă  l’avancement de la protection marine dans la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq et aux objectifs dĂ©finis pour la zone. Les collectivitĂ©s ont Ă©galement exprimĂ© leur soutien Ă  la poursuite de la coordination et de la collaboration entre les collectivitĂ©s Qikiqtani et les collectivitĂ©s groenlandaises pour la protection et la gestion Ă  long terme de l’ensemble de la polynie des eaux du Nord.

Au dĂ©but du printemps 2024, le MPO s’est rendu dans les six collectivitĂ©s pour prĂ©senter les dernières avancĂ©es de la recherche scientifique dans la rĂ©gion. Dans la mesure du possible, des visites d’écoles et des prĂ©sentations radiophoniques ont Ă©galement Ă©tĂ© organisĂ©es pour fournir des renseignements Ă  la demande des collectivitĂ©s. Les renseignements ont Ă©tĂ© bien accueillis et les collectivitĂ©s ont exprimĂ© le souhait d’être davantage impliquĂ©es dans les efforts de recherche Ă  l’avenir.

Autres intervenants

Le MPO a fait participer les principaux intervenants Ă  la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel en deux Ă©tapes. En juillet 2024, une lettre a Ă©tĂ© envoyĂ©e par toutes les parties du groupe de travail (MPO, GN, AIQ) afin d’obtenir les commentaires des intervenants sur toute activitĂ© en cours ou prĂ©vue dans la zone d’étude de Sarvarjuaq. Ă€ la suite de cette première ronde de mobilisation, Ă  l’automne 2024, le MPO a consultĂ© ces mĂŞmes intervenants au sujet de l’intention rĂ©glementaire proposĂ©e pour la crĂ©ation d’une ZPM dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel en vertu de la Loi sur les ocĂ©ans Ă  Sarvarjuaq, en sollicitant leurs commentaires ou leur apport.

Les parties prenantes participant dans ce processus ont Ă©tĂ© identifiĂ©es en collaboration avec les partenaires du groupe de travail. Il s’agissait : Nunavut Tunngavik Incorporated, Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN), Office des eaux du Nunavut, Commission du Nunavut chargĂ©e de l’examen des rĂ©percussions, Commission d’amĂ©nagement du Nunavut (CAN), Conseil de gestion de la faune du Qikiqtaaluk, Fonds mondial pour la nature (WWF) Canada, OcĂ©ans Nord, Centre d’action Ă©cologique, SociĂ©tĂ© des Eiders de l’Arctique, FĂ©dĂ©ration canadienne de la faune, Nunavut Fisheries Association (NFA), les parties prenantes concernĂ©es au sein du ComitĂ© consultatif des intervenants sur la pĂŞche du poisson de fond dans l’est de l’Arctique (EAGSAC), du ComitĂ© consultatif sur la crevette nordique (CCCN), du Conseil consultatif maritime canadien de la rĂ©gion des Prairies et du Nord (CCMC-RPN), de Nunavut Eastern Arctic Shipping Inc. (NEAS), de la FĂ©dĂ©ration maritime du Canada, du Woodward Group of Companies, de l’Association of Arctic Expedition Cruise Operators, de la Chambre des mines des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, de l’Association canadienne des producteurs pĂ©troliers, de Travel Nunavut, d’ArcticNet, de l’Institut de recherche du Nunavut, d’Amundsen Science, de RV William Kennedy, de l’UniversitĂ© Memorial, de l’Hudson Bay Consortium, de l’Arctic Security Consultants, du Conseil circumpolaire inuit (CCI) et de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK).

Tout au long du processus de consultation, le MPO a également fait appel à tous les ministères fédéraux concernés, y compris (mais sans s’y limiter) ECCC, TC, Relations Couronnes-Autochtones et Affaires du Nord Canada, Parcs Canada, Ressources naturelles Canada, Garde côtière canadienne, Affaires mondiales Canada et le ministère de la Défense nationale.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Des renseignements sur la mobilisation et la consultation des populations autochtones figurent dans la section ci-dessus. Conformément à la Directive du cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation a été menée à l’égard de cette proposition. L’évaluation a conclu que la mise en œuvre de cette proposition présente un risque extrêmement faible d’incidences sur les droits, les intérêts et/ou les dispositions relatives à l’autonomie gouvernementale des partenaires du traité de l’Accord du Nunavut. Le MPO continuera à respecter les obligations de consultation énoncées dans l’Accord du Nunavut, comme le précise la présente proposition. Le MPO continuera également de mobiliser l’AIQ, le GN et d’autres organes de gouvernance dans la zone du traité au sujet des changements de politique et de programme dans le cadre de la mise en œuvre de l’arrêté ministériel et des travaux ultérieurs liés à l’établissement d’une conservation à plus long terme pour la zone.

En vertu de l’Accord du Nunavut, le gouvernement responsable de la crĂ©ation de l’aire de conservation est tenu de nĂ©gocier de bonne foi avec l’organisation inuite dĂ©signĂ©e (en l’occurrence l’AIQ) en vue de conclure une ERAI. Le 22 septembre 2022, le prĂ©sident de l’AIQ a Ă©crit une lettre Ă  la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans, reconnaissant le dĂ©sir de procĂ©der Ă  la crĂ©ation de ZPM par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel pour Qikiqtait et Sarvarjuaq, tout en cherchant Ă  obtenir un accord pour faire progresser la dĂ©signation Ă  long terme de ces sites en tant qu’APCI. Le soutien de l’AIQ Ă  l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel est subordonnĂ© Ă  l’engagement du gouvernement du Canada d’étudier la mise en place d’une approche de conservation Ă  long terme conduisant Ă  une APCI. Ă€ cette fin, une ERAI entre le gouvernement du Canada et l’AIQ est en cours de nĂ©gociation et devrait ĂŞtre achevĂ©e avant l’entrĂ©e en vigueur de l’arrĂŞtĂ© proposĂ©, prĂ©vue Ă  l’étĂ© 2025. Cette zone sera cogĂ©rĂ©e avec l’AIQ, conformĂ©ment Ă  l’Accord du Nunavut et Ă  l’ERAI qui y est associĂ©e.

Cette proposition est assujettie aux exigences Ă©noncĂ©es dans l’Accord du Nunavut, y compris l’approbation des limites de la ZPM par le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN), ainsi qu’une dĂ©termination de la conformitĂ© par la Commission d’amĂ©nagement du Nunavut (CAN). En vertu de l’Accord du Nunavut, le CGRFN est la principale institution de gouvernement populaire (IGP) chargĂ©e de superviser la gestion des ressources fauniques. Il est Ă©galement le principal organisme de rĂ©glementation de l’accès Ă  la faune sauvage dans la rĂ©gion du Nunavut. Une partie de la ZPM proposĂ©e Ă  Sarvarjuaq est situĂ©e dans la rĂ©gion du Nunavut et est donc soumise Ă  l’Accord du Nunavut. Par consĂ©quent, la proposition de crĂ©er cette ZPM dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel sera officiellement soumise Ă  l’approbation du CGRFN : elle devrait ĂŞtre prĂ©sentĂ©e lors de la rĂ©union de printemps du CGRFN, après publication dans la partie de la Gazette du Canada. ConformĂ©ment Ă  l’Accord du Nunavut, les Inuits du Nunavut ont Ă©galement participĂ© aux processus dĂ©cisionnels concernant la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq. Étant donnĂ© que certaines rĂ©gions de la ZPM proposĂ©e se situeraient en dehors de la rĂ©gion du Nunavut et Ă  proximitĂ© de la frontière internationale entre le Canada et le Groenland, les dispositions de l’Accord du Nunavut relatives Ă  l’obligation juridique internationale pourraient ĂŞtre dĂ©clenchĂ©es. Le gouvernement du Canada continuera de faire participer les organismes inuits du Nunavut Ă  tout Ă©lĂ©ment international de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq.

Cette ZPM désignée par arrêté ministériel ne s’appliquerait pas aux droits des Inuits du Nunavut prévus par l’Accord du Nunavut.

Choix de l’instrument

Certaines activités maritimes sont actuellement réglementées par des dispositions de la Loi sur les pêches, de la Loi sur les espèces en péril, de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada et d’autres lois fédérales. Cependant, les mécanismes réglementaires existants ne protègent pas les habitats, les espèces, l’intégrité écologique, la biodiversité et la productivité de la région de Sarvarjuaq contre les menaces liées aux nouvelles activités humaines résultant des changements climatiques et environnementaux.

La Loi sur les ocĂ©ans autorise la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans Ă  « geler l’empreinte Â» des activitĂ©s humaines dans la ZPM de Sarvarjuaq pour une durĂ©e maximale de cinq ans, par le biais d’un arrĂŞtĂ© ministĂ©riel. Pendant cette pĂ©riode, aucune nouvelle activitĂ© humaine, autre que les activitĂ©s inuites prĂ©vues par l’Accord du Nunavut, la recherche scientifique marine et les activitĂ©s menĂ©es Ă  des fins de sĂ©curitĂ© publique, de dĂ©fense nationale, de sĂ©curitĂ© nationale ou d’application de la loi, ou en rĂ©ponse Ă  des situations d’urgence, prĂ©vues au paragraphe 35.1(3) de la Loi sur les ocĂ©ans, ne serait autorisĂ©e dans la zone Ă  la suite de cette proposition de dĂ©signation. Cela donnera au gouvernement du Canada et Ă  ses partenaires le temps de continuer Ă  explorer les options de protection Ă  long terme pour la zone, y compris l’examen d’une APCI, tout en continuant Ă  protĂ©ger la zone.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Méthodologie et données

Les incidences socio-Ă©conomiques liĂ©es Ă  l’initiative rĂ©glementaire s’articulent autour du concept d’analyse des coĂ»ts et des bĂ©nĂ©fices, des rĂ©percussions Ă©conomiques rĂ©gionales et de la rĂ©partition des rĂ©percussions Ă©conomiques. Cette approche correspond aux analyses prĂ©cĂ©dentes rĂ©alisĂ©es par le MPO et est conforme aux exigences du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor du Canada (SCT) en matière d’étude d’impact de la rĂ©glementation. Les impacts diffĂ©rentiels sont estimĂ©s sur une pĂ©riode de 5 ans pour s’aligner sur le calendrier de l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel comparant le scĂ©nario de base Ă  l’initiative rĂ©glementaire proposĂ©e.

Les données utilisées pour élaborer les profils des collectivités autour de la ZPM proposée de Sarvarjuaq proviennent principalement du Recensement et des Profils des communautés de 2021. Les autres sources d’information et de données proviennent du gouvernement du Canada, du GN, de l’industrie et des entreprises, des conseils, des chercheurs universitaires et des consultants. Bien qu’une recherche non exhaustive de la littérature existante ait fourni très peu de renseignements sociaux, culturels et économiques sur la ZPM proposée de Sarvarjuaq, le rapport a utilisé, le cas échéant, des renseignements disponibles dans des sources pertinentes accessibles au public et dans la littérature en tant que sources d’information secondaires.

Ces limites ont été atténuées dans une certaine mesure par des discussions qualitatives qui illustrent les résultats économiques et sociaux attendus. Pour remédier à ces limites, il conviendrait de mener des recherches et des discussions plus approfondies avec les collectivités. Malgré les limites des données et les incertitudes associées au rapport, ce document fournit des renseignements qui peuvent être jugés utiles pour la prise de décision, y compris l’élaboration d’une intention réglementaire.

Profil économique et politique de référence

Les activités économiques actuellement en cours dans la zone ont été désignées sur la base des renseignements recueillis un an avant la création potentielle de la ZPM, ainsi que toute activité future qui serait autorisée à se poursuivre dans la ZPM proposée de Sarvarjuaq.

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence tient compte des mesures de gestion fĂ©dĂ©rales, provinciales et territoriales en vigueur dans la rĂ©gion. Il reflète Ă©galement les activitĂ©s humaines en cours, le cas Ă©chĂ©ant, et l’expansion ou la croissance des activitĂ©s. Une Ă©valuation des activitĂ©s menĂ©es dans la rĂ©gion au cours des 12 derniers mois a rĂ©vĂ©lĂ© que :

Coûts liés à la création de la ZPM proposée

En raison de la liste exhaustive des exemptions et des catégories d’activités autorisées décrites ci-dessus pour la ZPM proposée de Sarvarjuaq, il est peu probable que les protections marines proposées imposent des coûts supplémentaires aux Canadiens ou à l’industrie sous la forme d’un manque à gagner ou d’une augmentation des coûts d’exploitation. De plus, en raison des droits inuits protégés par la Constitution en vertu de l’Accord du Nunavut, il n’y aurait aucune incidence supplémentaire sur les collectivités inuites. Sur la base de cette analyse, aucune modification majeure du mode de vie ou des moyens de subsistance des populations n’est prévue.

RNCan estime que le potentiel pĂ©trolier et gazier de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq est faible Ă  moyen dans la partie sud de la ZPM proposĂ©e et faible Ă  très faible dans la partie nord de la ZPM proposĂ©e. Ă€ l’ouest, mais en dehors de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq, sur l’île d’Ellesmere, il existe une licence de dĂ©couverte couvrant 4 276 hectares depuis 1987. En outre, il existe actuellement un moratoire sur la prospection pĂ©trolière et gazière Ă  l’intĂ©rieur et autour de la ZMP proposĂ©e de Sarvarjuaq. En raison de l’intĂ©rĂŞt limitĂ© des compagnies pĂ©trolières et gazières pour le dĂ©veloppement de la rĂ©gion, de l’absence d’infrastructures et des dĂ©cennies de recherche nĂ©cessaires pour dĂ©terminer si le moratoire existant doit ĂŞtre levĂ©, les activitĂ©s pĂ©trolières et gazières ne devraient pas ĂŞtre exploitĂ©es avant au moins 30 Ă  35 ans. Compte tenu de la faible probabilitĂ© d’exploitation du pĂ©trole et du gaz et du peu d’intĂ©rĂŞt suscitĂ© par cette rĂ©gion, aucun coĂ»t supplĂ©mentaire n’est envisagĂ© pour le secteur pĂ©trolier et gazier Ă  la suite de la crĂ©ation de la ZPM proposĂ©e.

Étant donné que la ZMP proposée gèlerait l’empreinte des activités dans la zone pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans par le biais de l’arrêté ministériel proposé, les activités de mise en conformité et d’application de la loi ne changeraient pas de manière notable par rapport aux niveaux actuels au cours de cette période. Les coûts occasionnels liés à l’examen des rapports de non-respect de l’arrêté proposé seraient probablement limités à des incidents isolés et peu fréquents. Ces coûts continueraient à être supportés par le gouvernement fédéral et financés par les ressources existantes.

Avantages de la création de la ZPM proposée de Sarvarjuaq

La conservation (c’est-à-dire le maintien des niveaux actuels) et l’augmentation des avantages découlant des écoservices se produisent dans le cadre d’une protection à long terme. On doute donc de la réalisation des écoservices directs et indirects sur une période de cinq ans pour les Canadiens en général et pour les collectivités autochtones qui se trouvent à proximité de Sarvarjuaq. L’intensification de la recherche scientifique marine dans la région pourrait fournir des renseignements précieux sur le type d’avantages susceptibles d’être obtenus à long terme.

La création d’une ZPM de Sarvarjuaq désignée par arrêté ministériel présente un certain nombre d’avantages clés. Elle permettrait d’optimiser la résilience des écosystèmes arctiques et de préserver l’habitat essentiel d’un certain nombre d’espèces importantes telles que la baleine boréale, le narval et le phoque. L’arrêté contribuerait à limiter les nouvelles pressions exercées sur un environnement qui subit déjà les effets des changements climatiques. Cette initiative et l’ERAI associée contribueraient à soutenir le leadership, la gestion et l’autodétermination des Inuits dans la région de Qikiqtani, tout en préservant les écosystèmes, la faune et la culture inuite, et en favorisant l’emploi durable et les possibilités économiques pour les collectivités.

Les efforts déployés pour protéger Sarvarjuaq peuvent également contribuer indirectement à préserver le patrimoine culturel à l’intérieur ou à proximité de la zone. La préservation des ressources naturelles et culturelles serait bénéfique pour les Canadiens qui découvriraient les valeurs culturelles de Sarvarjuaq.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas, car il n’y a pas de coûts supplémentaires prévus pour les petites entreprises à la suite de cette proposition d’arrêté ministériel.

Règle du « un pour un Â»

Le règlement proposĂ© pour la ZMP de Sarvarjuaq n’imposerait aucune charge administrative aux entreprises. Par consĂ©quent, la règle du « un pour un Â» ne s’appliquera pas.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

En 2018, le G7 a publiĂ© le Plan d’action de Charlevoix pour la santĂ© des ocĂ©ans et des mers et des communautĂ©s cĂ´tières rĂ©silientes. Dans ce cadre, les dirigeants du G7, reconnaissant la nĂ©cessitĂ© d’agir conformĂ©ment aux prĂ©cĂ©dents engagements du G7 et au Programme 2030, se sont engagĂ©s Ă  soutenir des stratĂ©gies visant Ă  protĂ©ger et Ă  gĂ©rer efficacement les zones vulnĂ©rables de nos ocĂ©ans et de nos ressources. Dans ce cadre, les dirigeants du G7 se sont engagĂ©s Ă  « [faire] progresser les efforts au-delĂ  des objectifs actuels d’Aichi pour 2020, y compris l’établissement de zones de protection marines (ZPM)… Â» Dans cette optique, le Canada continue de faire progresser la conservation du milieu marin et de fixer des objectifs au-delĂ  de l’objectif d’Aichi pour 2020. Le discours du TrĂ´ne de 2019 a annoncĂ© l’intention du Canada d’œuvrer Ă  la rĂ©alisation d’un nouvel objectif de conservation de 25 % des ocĂ©ans canadiens d’ici Ă  2025. Les lettres de mandat de 2019 et de 2021 adressĂ©es Ă  la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans et au ministre de l’Environnement et du Changement climatique font Ă©cho Ă  cet objectif de 25 % d’ici Ă  2025. Les lettres de mandat de 2021 comprenaient Ă©galement un objectif supplĂ©mentaire de 30 % d’ici 2030, que le Canada a contribuĂ© Ă  promouvoir en tant qu’objectif international lors de la confĂ©rence de dĂ©cembre 2022 de la Convention sur la diversitĂ© biologique (CDB) de l’ONU, la COP15. Lors de la rĂ©union, les parties Ă  la CDB ont adoptĂ© le Cadre mondial de la biodiversitĂ© de Kunming-MontrĂ©al, qui comprend l’objectif de conserver au moins 30 % des zones cĂ´tières et marines dans le monde d’ici Ă  2030 (objectif 3).

La ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq contribuera Ă  hauteur de 1,28 % Ă  la rĂ©alisation des objectifs de conservation marine du Canada.

Effets sur l’environnement

Cette initiative réglementaire pour la ZPM proposée de Sarvarjuaq désignée par arrêté ministériel répond aux objectifs et aux priorités clés de l’objectif 14 de la Stratégie fédérale de développement durable (2022-2026) visant à conserver et à protéger les océans du Canada. La ZPM proposée de Sarvarjuaq contribue à la réalisation des objectifs des Nations Unies pour 2030 en matière de biodiversité et des objectifs pour le Canada en ce qui concerne la santé des côtes, des océans et des populations de faune et de flore sauvages.

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et Ă©conomique stratĂ©gique, le MPO a effectuĂ© une analyse gĂ©nĂ©rale de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq et des eaux adjacentes en 2021 afin de fournir une synthèse complète des caractĂ©ristiques physiques, biologiques et Ă©cologiques uniques qui caractĂ©risent cette zone et ses eaux adjacentes, ainsi que des vulnĂ©rabilitĂ©s connues et des lacunes en matière de connaissances. L’analyse a conclu qu’une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique n’était pas nĂ©cessaire pour cette proposition, car la ZMP proposĂ©e de Sarvarjuaq gèlerait l’empreinte des activitĂ©s dans la zone pour une pĂ©riode pouvant aller jusqu’à cinq ans, ce qui renforcerait encore l’intĂ©gritĂ© environnementale de la zone.

Cette proposition n’est pas susceptible d’avoir d’effets négatifs sur l’environnement de la région.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été réalisée et aucune incidence sur les populations des collectivités adjacentes à la ZPM proposée de Sarvarjuaq n’y a été identifiée dans le contexte de cette initiative réglementaire proposée.

Il n’y a pas de personnes ni de groupes cibles dans les collectivités associées qui devraient être affectés de manière disproportionnée par cette proposition.

Les avantages attendus de la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq dĂ©signĂ©e par arrĂŞtĂ© ministĂ©riel sont notamment liĂ©s Ă  la recherche, aux valeurs Ă©cosystĂ©miques et aux valeurs de non-usage associĂ©es Ă  la conservation de l’écosystème marin. L’initiative Qikiqtani Financement de projets pour la permanence (Q-FPP) aura des rĂ©percussions sur les efforts de conservation menĂ©s par les Inuits dans la rĂ©gion Qikiqtani du Nunavut, oĂą se trouve la ZPM proposĂ©e de Sarvarjuaq.

Les incidences directes prévues sur diverses activités socio-économiques dans les collectivités adjacentes devraient être négligeables étant donné qu’aucune restriction ou interdiction ne sera imposée aux catégories d’activités en cours pendant la période de cinq ans de l’arrêté ministériel.

Aucun obstacle supplémentaire à la mise en conformité ne sera rencontré par les populations des collectivités adjacentes à la suite de cette réglementation.

Aucune incidence fondée sur le sexe ou d’autres facteurs d’identité n’a été identifiée pour cette proposition.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

La ZPM proposée de Sarvarjuaq désignée par arrêté ministériel entrera en vigueur dès son enregistrement.

Pour compléter l’orientation générale fournie par l’arrêté ministériel, une stratégie de gestion des ZPM sera élaborée sur la base de la réglementation et des objectifs de conservation, et conformément à l’ERAI pertinente. Afin de vérifier si les objectifs de conservation de la ZMP proposée sont atteints et d’étudier les possibilités de protection à long terme de la zone, la collecte de données, la recherche et le suivi, ainsi que l’Inuit Qaujimajatuqangit, se poursuivront.

Le règlement pour la ZPM proposée de Sarvarjuaq conduira à la création d’un comité de gestion avec des partenaires pour guider la gestion et la surveillance de la ZPM.

Conformité et application

En tant qu’autorité fédérale responsable de la désignation et de la gestion de la ZPM proposée de Sarvarjuaq, le MPO aurait la responsabilité générale de veiller au respect et à l’application de l’arrêté ministériel proposé. Ces activités seraient menées dans le cadre du mandat officiel du MPO et de ses responsabilités en matière d’administration de la Loi sur les océans, de la Loi sur les pêches, de la Loi sur la protection des pêcheries côtières et d’autres lois relatives à la conservation et à la protection des pêcheries, ainsi qu’à la sécurité maritime.

Étant donné que l’arrêté ministériel proposé gèlerait l’empreinte pour une période maximale de cinq ans, les activités de mise en conformité et d’application de la loi ne changeraient pas de manière notable par rapport aux niveaux actuels au cours de cette période. Les efforts de surveillance, les rapports sur les événements, ainsi que les approches et les stratégies visant à assurer la conformité seront décrits dans un plan de conformité exécutoire fondé sur les risques.

Les agents de l’autoritĂ© dĂ©signĂ©s par la ministre en vertu de l’article 39 de la Loi sur les ocĂ©ans veilleront Ă  l’application de l’arrĂŞtĂ© proposĂ©. Toute personne qui contreviendrait Ă  l’arrĂŞtĂ© ministĂ©riel proposĂ© commettrait une infraction et serait soumise aux mesures d’exĂ©cution prĂ©vues Ă  l’article 39.6 de la Loi sur les ocĂ©ans.

En vertu de l’article 39.6 de la Loi sur les ocĂ©ans, toute infraction au règlement est passible d’une amende maximale de 8 000 000 $ dans le cas d’une infraction punissable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire, et d’une amende maximale de 12 000 000 $ dans le cas d’une infraction punissable par mise en accusation. La violation des conditions de permis et de licence applicables aux activitĂ©s menĂ©es dans cette ZMP peut Ă©galement donner lieu Ă  des poursuites au titre d’autres lois canadiennes applicables, telles que la Loi sur les pĂŞches, la Loi sur la protection des pĂŞcheries cĂ´tières, la Loi sur les espèces en pĂ©ril ou d’autres lois ou rĂ©glementations applicables.

Personne-ressource

Alasdair Beattie
Gestionnaire régional par intérim
Planification et conservation marines
Pêches et Océans Canada, région de l’Arctique
5204 50th Avenue, bureau 301
Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest)
X1A 1E2
Courriel : DFO.ArcticMPC-ArctiquePCM.MPO@dfo-mpo.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la ministre des PĂŞches et des OcĂ©ans, en vertu du paragraphe 35.1(2)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les ocĂ©ans rĂ©fĂ©rence b, se propose de prendre l’ArrĂŞtĂ© sur la zone de protection marine de Sarvarjuaq, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet d’arrĂŞtĂ© dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Alasdair Beattie, gestionnaire rĂ©gional intĂ©rimaire, Planification et conservation marines, rĂ©gion de l’Arctique, ministère des PĂŞches et des OcĂ©ans, 5204, 50e avenue, pièce 301, Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) X1A 1E2 (courriel : DFO.ArcticMPC-ArctiquePCM.MPO@dfo-mpo.gc.ca).

Ottawa, le 6 dĂ©cembre 2024

La ministre des Pêches et des Océans
Diane Lebouthillier

Arrêté sur la zone de protection marine de Sarvarjuaq

Définitions

1 Les définitions qui suivent s’appliquent au présent arrêté.

Accord du Nunavut
L’accord sur des revendications territoriales conclu entre les Inuit de la rĂ©gion du Nunavut et Sa MajestĂ© la Reine du chef du Canada, signĂ© le 25 mai 1993 et dĂ©posĂ© devant la Chambre des communes au nom du ministre des Affaires indiennes et du Nord le 26 mai 1993, ainsi que toutes les modifications qui peuvent lui ĂŞtre apportĂ©es conformĂ©ment Ă  ses dispositions. (Nunavut Agreement)
zone de protection marine
L’espace maritime désigné par l’article 2. (Marine Protected Area)

DĂ©signation — zone de protection marine

2 (1) Est dĂ©signĂ© comme zone de protection marine de Sarvarjuaq l’espace maritime dans l’ocĂ©an Arctique constituĂ© d’une partie des eaux de la baie de Baffin et du dĂ©troit de Nares, dĂ©crit dans le plan numĂ©ro FB44739 CLSR NU, certifiĂ© le 1er novembre 2024, et reprĂ©sentĂ© dans le plan numĂ©ro 113360 CLSR NU, lesquels plans sont dĂ©posĂ©s aux Archives d’arpentage des terres du Canada.

Fond marin, sous-sol et colonne d’eau

(2) La zone de protection marine comprend, sous la laisse de basse mer, le fond marin, le sous-sol jusqu’à une profondeur de cinq mètres et la colonne d’eau au-dessus du fond marin, y compris la glace de mer.

Activités en cours

3 Pour l’application de l’alinĂ©a 35.1(2)a) de la Loi sur les ocĂ©ans, les catĂ©gories d’activitĂ©s qui sont en cours dans la zone de protection marine sont les suivantes :

Interdictions

4 (1) Il est interdit, dans la zone de protection marine, d’exercer toute activitĂ©, sauf celles qui font partie d’une catĂ©gorie d’activitĂ©s visĂ©e Ă  l’article 3, qui perturbe, endommage, dĂ©truit ou retire de la zone toute caractĂ©ristique gĂ©ologique ou archĂ©ologique unique, tout organisme marin vivant ou toute partie de son habitat, ou qui est susceptible de le faire.

Exemption

(2) Malgré le paragraphe (1), l’installation, l’entretien et la réparation de câbles et de pipelines par un État étranger est permis dans la zone de protection marine.

Non-application

5 Le présent arrêté ne s’applique pas à l’égard de l’exercice des droits des Inuit prévus dans l’Accord du Nunavut.

Entrée en vigueur

6 Le présent arrêté entre en vigueur à la date de son enregistrement.

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Toute personne est en droit de demander que les renseignements personnels la concernant lui soient communiquĂ©s ou qu’ils soient corrigĂ©s. Pour demander l’accès Ă  vos renseignements personnels ou leur correction, communiquez avec le Bureau de l’accès Ă  l’information et de la protection des renseignements personnels (AIPRP) de l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Vous pouvez adresser une plainte au Commissariat à la protection de la vie privée du Canada au sujet de la gestion de vos renseignements personnels par une institution fédérale.

Les renseignements personnels fournis sont versĂ©s dans le fichier de renseignements personnels POU 938 ActivitĂ©s de sensibilisation. Les personnes qui souhaitent accĂ©der Ă  leurs renseignements personnels en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels doivent en faire la demande Ă  l’organisme de rĂ©glementation compĂ©tent en fournissant suffisamment de renseignements pour permettre Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale de rĂ©cupĂ©rer les renseignements personnels concernant ces personnes. L’institution fĂ©dĂ©rale pourrait avoir de la difficultĂ© Ă  retracer les renseignements personnels au sujet de personnes qui formulent des commentaires de façon anonyme et qui demandent l’accès Ă  leurs renseignements personnels.