La Gazette du Canada, Partie I, volume 158, numĂ©ro 46 : Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière

Le 16 novembre 2024

Fondement législatif
Loi sur les banques

Ministère responsable
Ministère des Finances

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les frais d’insuffisance de fonds (aussi connue comme « insuffisance de provision Â») reprĂ©sentent une source de difficultĂ©s financières pour les consommateurs. Ces frais nuisent de façon disproportionnĂ©e Ă  la population canadienne Ă  faible revenu et contribuent aux cycles de dette.

Description : Le projet de Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière (le projet de règlement) plafonnerait les frais d’insuffisance de fonds Ă  10 $ et :

  • interdirait la facturation de frais d’insuffisance de fonds aux personnes ayant dĂ©jĂ  payĂ© de tels frais dans les 72 dernières heures, ainsi que pour les montants Ă  dĂ©couvert de moins de 10 $;
  • exigerait que les banques avisent leurs clients lorsqu’un paiement apporte le solde de leur compte sous zĂ©ro (ou sous le seuil du plafond de dĂ©couvert) et leur accordent un dĂ©lai de grâce d’au moins trois heures afin de leur permettre de dĂ©poser ou de transfĂ©rer dans leur compte la somme requise pour effectuer le paiement sans subir de frais d’insuffisance de fonds;
  • exigerait que les banques divulguent le nombre de frais d’insuffisance de fonds imposĂ©s, le nombre de clients touchĂ©s et les recettes totales gĂ©nĂ©rĂ©es annuellement par l’imposition de ces frais.

Justification : Le projet de règlement protĂ©gerait les consommateurs de produits et services financiers en rĂ©duisant les situations dans lesquelles des frais d’insuffisance de fonds sont imposĂ©s et en limitant le montant de ces frais lorsqu’ils sont facturĂ©s. Au cours de la pĂ©riode de 10 ans suivant son enregistrement, le projet de règlement devrait apporter des avantages aux consommateurs s’élevant Ă  5,1 milliards de dollars (valeur actualisĂ©e) et des coĂ»ts nets pour les banques de 4,8 milliards de dollars (valeur actualisĂ©e), ce qui donne lieu Ă  un avantage net pour la sociĂ©tĂ© s’élevant Ă  314,4 millions de dollars.

Enjeux

Des frais d’insuffisance de fonds sont imposĂ©s par les banques lorsqu’il n’y a pas suffisamment de fonds dans un compte bancaire pour couvrir un chèque ou un dĂ©bit prĂ©autorisĂ© (DPA) et que le consommateur ne dispose pas d’une protection contre les dĂ©couverts. D’ordre gĂ©nĂ©ral, ces frais varient entre 45 $ et 48 $ et reprĂ©sentent une source de difficultĂ©s financières pour les consommateurs. Les frais d’insuffisance de fonds ont des rĂ©percussions disproportionnĂ©es sur le bien-ĂŞtre financier de la population canadienne Ă  faible revenu qui n’a pas de protection contre les dĂ©couverts, et ils peuvent perpĂ©tuer les cycles de dettes en rĂ©duisant le montant des fonds disponibles qu’un consommateur pourrait utiliser pour payer ses factures.

Ces frais sont souvent imposés peu importe le montant de l’insuffisance dans le compte et ils peuvent être facturés en succession rapide si plusieurs paiements sont refusés. De plus, divers consommateurs ne reçoivent aucun avertissement pour les informer qu’un paiement effectué sera refusé. Puisque les banques publient très peu d’information à l’égard des frais d’insuffisance de fonds outre que le montant de chacun de ces frais, il est donc difficile pour les consommateurs, les groupes de défense et les décideurs politiques de comprendre l’incidence qu’ont ces frais sur les Canadiens.

Des modifications au Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière sont requises pour limiter le montant de frais d’insuffisance de fonds imposés, limiter les circonstances dans lesquelles de tels frais sont facturés, et exiger la présentation de rapports publics pour sensibiliser davantage les gens aux frais d’insuffisance de fonds.

Contexte

Les frais d’insuffisance de fonds sont imposés par les banques pour inciter les consommateurs de produits et services financiers à conserver suffisamment de fonds dans leurs comptes pour couvrir les paiements à venir, et pour fournir un flux de rentrées pour les banques. Ces frais aident également à compenser les coûts imputés aux banques à la suite de paiements manqués, qui découlent principalement de coûts de communication avec les consommateurs et les commerçants.

Il est pratique courante pour les banques d’imposer au compte d’un client des frais d’insuffisance de fonds sur chaque paiement non traitĂ© automatiquement qui est retournĂ© en raison d’insuffisance de fonds, y compris les dĂ©bits et les chèques prĂ©autorisĂ©s. Cela se produit aussi lorsque divers paiements sont retournĂ©s sur une courte pĂ©riode, lorsque le mĂŞme paiement est prĂ©sentĂ© une deuxième fois par un commerçant, ou lorsque le montant des fonds insuffisants est minime. Les frais d’insuffisance de fonds ne sont pas facturĂ©s sur des transactions instantanĂ©es, comme les transferts Ă©lectroniques.

Les commerçants et les autres bĂ©nĂ©ficiaires de fonds peuvent aussi imposer des frais aux consommateurs pour un chèque ou un dĂ©pĂ´t refusĂ©, en plus des frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s par une banque. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral impose des frais semblables en vertu du Règlement sur les intĂ©rĂŞts et les frais administratifs. Les frais imposĂ©s par les commerçants pour paiement refusĂ© ont tendance Ă  varier entre 20 $ et 40 $; les frais administratifs appliquĂ©s par le gouvernement s’élèvent Ă  15 $ (ou Ă  25 $ si le gouvernement doit acheminer l’argent Ă  une tierce partie une fois qu’il reçoit le paiement). Les frais imposĂ©s par les commerçants aident Ă  inciter les consommateurs Ă  effectuer leurs paiements Ă  temps pour Ă©viter les paiements refusĂ©s et permettent de couvrir les coĂ»ts que doivent payer les commerçants en raison de paiements refusĂ©s. D’ordre gĂ©nĂ©ral, les coĂ»ts liĂ©s Ă  une transaction avec fonds insuffisants sont beaucoup plus Ă©levĂ©s pour les commerçants que pour une banque, et ils peuvent aussi inclure les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’examen manuel et Ă  l’annulation de services ainsi qu’aux communications avec les clients. Des paiements refusĂ©s ont aussi des rĂ©percussions sur les commerçants, qui doivent utiliser les recettes dĂ©coulant de la prestation de biens ou de services pour payer les fournisseurs ou d’autres coĂ»ts d’exploitation.

Les frais imposĂ©s par les commerçants ou les bĂ©nĂ©ficiaires de fonds sont habituellement rĂ©glementĂ©s Ă  l’échelle provinciale. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral a rĂ©cemment introduit le Règlement sur le taux d’intĂ©rĂŞt criminel, qui met en place une condition additionnelle sur les prĂŞts sur salaire et qui limiterait efficacement le montant de frais pour paiement refusĂ© pouvant ĂŞtre imposĂ©s. Les frais pour paiement refusĂ© imposĂ©s par les prĂŞteurs sur salaire en vertu de ce règlement sont effectivement plafonnĂ©s Ă  20 $.

De nombreuses banques offrent dĂ©jĂ  une souplesse pour aider les clients Ă  Ă©viter de payer des frais d’insuffisance de fonds. Certaines grandes banques offrent un dĂ©lai de grâce, qui permet au consommateur de faire annuler les frais pour insuffisance de fonds s’il peut dĂ©poser de l’argent dans un compte pour couvrir le montant du paiement refusĂ© (gĂ©nĂ©ralement en quelques heures ou le jour mĂŞme). D’autres banques procèdent au cas par cas pour annuler les frais pour insuffisance de fonds, certaines annulant les frais une fois par an, et d’autres les annulant lorsque le montant du dĂ©couvert est minime (par exemple moins de 10 $). Les banques offrent aussi une protection de dĂ©couvert aux consommateurs, habituellement pour un tarif minime en plus des intĂ©rĂŞts perçus sur le montant du dĂ©couvert. Toutefois, puisque la protection de dĂ©couvert est un produit de crĂ©dit, certains clients sont refusĂ©s ce service, et les clients bĂ©nĂ©ficiant d’une telle protection peuvent tout de mĂŞme avoir Ă  payer des frais d’insuffisance de fonds s’ils dĂ©passent leur plafond de dĂ©couvert bancaire.

Systèmes de paiement

Le Système automatisĂ© de compensation et de règlement (SACR), dĂ©tenu et exploitĂ© par Paiements Canada, est le principal système de traitement par lots des paiements de dĂ©tail au Canada. Ce système sert Ă  la compensation et au règlement des paiements Ă©lectroniques et papier, y compris les chèques, les dĂ©bits prĂ©autorisĂ©s, les dĂ©pĂ´ts directs, les paiements de factures et les paiements par carte de dĂ©bit sur le rĂ©seau Interac. En 2023, le SACR a compensĂ© et rĂ©glĂ© 9,8 milliards de transactions, pour une valeur totale s’élevant Ă  9,3 billions de dollars. Les règles du système prĂ©cisent les dĂ©lais de traitement des transactions, y compris les dĂ©lais de soumission des transactions et les dĂ©lais pour retourner ou annuler un paiement lorsque le payeur n’a pas suffisamment de fonds dans son compte.

Les transactions par carte de crĂ©dit et les transferts Ă©lectroniques Interac ne sont pas traitĂ©s par le SACR. Ces transactions sont plutĂ´t Ă©changĂ©es dans leur rĂ©seau de cartes de paiement respectif, comme Interac pour les transferts Ă©lectroniques et Visa ou Mastercard pour les achats par carte de crĂ©dit, et le règlement se produit Ă  l’aide de Lynx, le système de paiement de grande valeur de Paiements Canada.

Annonces du gouvernement concernant les frais d’insuffisance de fonds

Donnant suite aux engagements annoncĂ©s dans le budget de 2023 et l’ÉnoncĂ© Ă©conomique de l’automne de 2023 pour s’attaquer aux frais indĂ©sirables et aux frais d’insuffisance de fonds, le gouvernement a annoncĂ© dans le budget de 2024 qu’il publierait un projet de règlement aux fins de consultation pour plafonner Ă  10 $ les frais bancaires d’insuffisance de fonds et pour mettre en place d’autres mesures qui aideront Ă  protĂ©ger les consommateurs contre de tels frais. L’annonce a aussi prĂ©cisĂ© que les mesures additionnelles incluraient ce qui suit : interdire la facturation de frais d’insuffisance de fonds sur les paiements prĂ©sentĂ©s de nouveau; limiter le nombre de frais d’insuffisance de fonds pouvant ĂŞtre imposĂ©s dans un dĂ©lai dĂ©terminĂ©; exiger que les consommateurs soient avisĂ©s d’une insuffisance de fonds et soient accordĂ©s un dĂ©lai de grâce pour dĂ©poser des fonds additionnels afin d’éviter des frais; interdire la facturation de frais d’insuffisance de fonds sur des montants Ă  dĂ©couvert minimes. Un plafond de 10 $ a Ă©tĂ© Ă©tabli pour Ă©quilibrer le besoin de protĂ©ger les consommateurs contre des frais Ă©levĂ©s et le besoin de maintenir l’intĂ©gritĂ© du système de paiements en incitant les consommateurs Ă  honorer leurs obligations de paiement.

Régime de protection des consommateurs en matière financière

Des dispositions lĂ©gislatives liĂ©es Ă  la protection des consommateurs se trouvent dans la Loi sur les banques, dans le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière et dans d’autres lois et règlements connexes, y compris la Loi sur les associations coopĂ©ratives de crĂ©dit, la Loi sur les sociĂ©tĂ©s d’assurances et la Loi sur les sociĂ©tĂ©s de fiducie et de prĂŞt. La Loi sur les banques et les dispositions du Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière prĂ©vues par la Loi sur les banques s’appliquent aux banques et aux banques Ă©trangères autorisĂ©es Ă  exercer des activitĂ©s au Canada (ci-après appelĂ©es les « banques Â»), et ne s’appliquent pas Ă  d’autres institutions financières fĂ©dĂ©rales ou provinciales, comme les coopĂ©ratives de crĂ©dit sous rĂ©glementation provinciale. Ă€ l’heure actuelle, le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière ne contient pas de dispositions concernant les frais d’insuffisance de fonds. Les sujets abordĂ©s dans le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière incluent la divulgation et la transparence des dĂ©cisions, les exigences pour certains comptes et services, les conventions de crĂ©dit et les assurances hypothĂ©caires.

Des modifications lĂ©gislatives ont Ă©tĂ© apportĂ©es rĂ©cemment pour aider Ă  Ă©viter que les consommateurs de services financiers se trouvent dans une situation d’insuffisance de fonds. Dans le cadre du rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière qui est entrĂ© en vigueur en 2022, l’article 627.13 a Ă©tĂ© ajoutĂ© Ă  la Loi sur les banques pour exiger que les banques envoient des avertissements par voie Ă©lectronique Ă  leurs clients lorsque le solde de leur compte ou de leur marge de crĂ©dit devient infĂ©rieur Ă  100 $ ou infĂ©rieur Ă  une autre valeur en dollars fixĂ©e par le client.

L’alinĂ©a 627.998e) de la Loi sur les banques prĂ©voit que le gouverneur en conseil peut mettre en place une rĂ©glementation visant l’exĂ©cution des activitĂ©s autorisĂ©es, y compris l’imposition de droits ou de frais. De plus, l’alinĂ©a 627.998a) confère l’autoritĂ© requise pour mettre en place un règlement qui exige la divulgation de renseignements.

Objectif

L’objectif du projet de Règlement modifiant le Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière (le projet de règlement) vise à alléger le fardeau financier imposé aux consommateurs de produits ou services financiers en raison des frais d’insuffisance de fonds, surtout les clients vulnérables qui pourraient éprouver davantage de difficultés financières à la suite de la facturation de frais d’insuffisance de fonds ou qui pourraient avoir à se tourner vers des prêts à conditions abusives ou à coût élevé pour éviter de payer ces frais. Le projet de règlement allégerait ce fardeau en réduisant le montant de frais d’insuffisance de fonds à payer, le cas échéant, et en limitant les situations dans lesquelles de tels frais peuvent être imposés.

Le projet de règlement vise aussi à accroître la transparence à l’égard des frais d’insuffisance de fonds pour aider les consommateurs, les groupes de défense et les décideurs politiques à comprendre les répercussions de ces frais sur les Canadiens.

Description

Toutes les mesures du projet de règlement s’appliquent aux comptes de dépôt personnels de personnes physiques à une même banque, y compris les comptes détenus conjointement avec une autre personne. Aucune de ces mesures proposées ne s’applique à des sociétés ou à des comptes d’affaires, et elles ne visent aucuns autres frais (comme les frais pour paiement refusé) imposés par les commerçants, les prêteurs ou d’autres bénéficiaires de fonds.

Plafond de 10 $

Le projet de règlement permettrait aux banques d’imposer des frais maximums de 10 $ lorsqu’une personne n’a pas suffisamment de fonds pour effectuer le paiement prĂ©levĂ© dans son compte.

Limite sur le nombre de facturations de frais par pĂ©riode de 72 heures

Le projet de règlement interdirait l’imposition de frais d’insuffisance de fonds Ă  un client qui a dĂ©jĂ  subi de tels frais dans les 72 dernières heures.

Interdiction des frais imposés sur les montants à découvert minimes

Le projet de règlement interdirait l’imposition de frais d’insuffisance de fonds lorsque le montant du dĂ©couvert est infĂ©rieur Ă  10 $. Si un consommateur n’a pas suffisamment de fonds pour effectuer un paiement, mais que le montant du dĂ©couvert ne dĂ©passe pas 10 $, le paiement pourrait tout de mĂŞme ĂŞtre refusĂ©, mais les banques ne pourraient pas imposer des frais pour insuffisance de fonds dans un tel cas.

L’interdiction de la facturation de frais d’insuffisance de fonds pour des montants minimes évite que les consommateurs soient pénalisés pour de petites erreurs de calcul ou autres, allégeant ainsi les pénalités liées aux frais d’insuffisance de fonds pour de très petits montants à découvert. Bien que la facturation de tels frais puisse aider à inciter les consommateurs à conserver suffisamment de fonds dans leur compte pour effectuer leurs paiements, il est très probable que les montants à découvert minimes soient le résultat d’une erreur de calcul ou autre ayant été commise par un consommateur qui portait attention au solde de son compte et qui avait l’intention de maintenir suffisamment de fonds dans son compte pour effectuer le paiement. Le fait d’interdire la facturation de frais d’insuffisance de fonds sur ces montants veille à ce que ces consommateurs, qui ont l’intention d’effectuer leurs paiements, puissent trouver les fonds pour couvrir ce petit montant à découvert sans avoir à payer le coût additionnel des frais pour fonds insuffisants.

Avertissement et délai de grâce

Le projet de règlement interdirait une banque de facturer des frais d’insuffisance de fonds Ă  moins d’avoir d’abord envoyĂ© un avertissement Ă©lectronique (par courriel ou message texte) au client dès que la banque cerne une insuffisance de fonds pour un paiement. Dans le cadre de cet avertissement, la banque devra informer le client qu’il doit dĂ©poser ou transfĂ©rer des fonds dans son compte afin de combler l’insuffisance. L’avertissement doit aussi prĂ©ciser la somme Ă  dĂ©poser et le dĂ©lai de trois heures accordĂ© pour ce dĂ©pĂ´t ou transfert de fonds. De plus, l’avertissement doit ĂŞtre envoyĂ© pendant les heures normales de bureau pour la personne qui reçoit l’avertissement (c’est-Ă -dire entre 8 h et 16 h).

Si la personne dĂ©pose ou transfère un montant adĂ©quat pour couvrir le dĂ©couvert dans le dĂ©lai minimum de trois heures suivant la rĂ©ception de l’avertissement, la banque ne peut pas lui facturer des frais d’insuffisance de fonds. Les banques peuvent offrir un dĂ©lai de grâce plus long, mais ne peuvent pas fixer un dĂ©lai de moins de trois heures. Le dĂ©lai minimum de trois heures a Ă©tĂ© fixĂ© pour que les banques aient suffisamment de temps pour prendre des dĂ©cisions Ă  l’égard du retour du paiement en vertu des règles et des règlements de Paiements Canada et pour envoyer un avertissement et accorder un dĂ©lai de grâce en vertu du prĂ©sent projet de règlement.

Si la personne a choisi de ne pas recevoir d’avertissements de la banque ou qu’elle a refusé de fournir des coordonnées valides à sa banque, cette banque peut donc imposer des frais d’insuffisance de fonds sans avoir envoyé un avertissement.

Divulgation de renseignements

Le projet de règlement exigerait que, dans les 30 jours suivant la fin de chaque annĂ©e civile, les banques publient sur un site Web accessible au public les renseignements sur les recettes totales gĂ©nĂ©rĂ©es par les frais d’insuffisance de fonds, le nombre de clients ayant Ă©tĂ© imposĂ©s de tels frais, le nombre de clients ayant payĂ© de tels frais pour quatre transactions ou plus, et le nombre de frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s pendant l’annĂ©e civile en question. De plus, les banques devraient conserver ces renseignements pendant trois ans Ă  partir de la journĂ©e au cours de laquelle ils ont Ă©tĂ© communiquĂ©s.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Dans le cadre de l’exercice de prĂ©paration du projet de règlement, le ministère des Finances (le Ministère) a consultĂ© les banques et des groupes de dĂ©fense des consommateurs. Ces consultations ont Ă©tĂ© effectuĂ©es en deux rondes, chacune ciblant les banques et les groupes de dĂ©fense des consommateurs, afin de veiller Ă  ce que les points de vue des consommateurs et des banques soient pris en compte. Ces consultations Ă©taient sous forme de rĂ©unions.

La première ronde de consultations a eu lieu en octobre 2023 et comprenait des rĂ©unions ciblĂ©es et des discussions avec des groupes de dĂ©fense des consommateurs (y compris ACORN Canada, Option Consommateurs et Union des consommateurs) et avec des banques et leurs reprĂ©sentants (y compris l’Association des banquiers canadiens [ABC], la Banque Toronto-Dominion, la Banque Royale du Canada, la Banque Canadienne ImpĂ©riale de Commerce, la Banque Scotia et la Banque Nationale du Canada). Dans le cadre de ces consultations, les groupes de dĂ©fense des consommateurs ont signalĂ© ce qui suit : la nature excessive des frais d’insuffisance de fonds; le fait que ces frais ne visent pas nĂ©cessairement Ă  inciter les consommateurs Ă  effectuer leurs paiements; l’absence de frais d’insuffisance de fonds et la facturation de frais de dĂ©couvert moins Ă©levĂ©s dans certaines circonstances aux États-Unis et au Royaume-Uni; le fait que les services bancaires numĂ©riques ont permis de rĂ©duire considĂ©rablement les coĂ»ts liĂ©s Ă  une insuffisance de fonds. Les groupes des consommateurs Ă©taient favorables Ă  la proposition de plafonner les frais d’insuffisance de fonds et Ă  la mise en place de mesures pour rĂ©duire le nombre de tels frais facturĂ©s aux Canadiens. Les banques et l’ABC ont indiquĂ© qu’il est encore important d’imposer des frais d’insuffisance de fonds en vue de rĂ©duire au minimum le nombre de dĂ©fauts de paiement, soulignant que l’information sur les frais d’insuffisance de fonds est clairement communiquĂ©e aux clients des banques. Ces parties prĂ©cisent aussi les diverses mĂ©thodes dĂ©jĂ  utilisĂ©es par les banques pour offrir de la flexibilitĂ© Ă  l’égard des frais d’insuffisance de fonds, notamment les circonstances oĂą les banques peuvent annuler de tels frais ou offrir un dĂ©lai de grâce permettant au consommateur de dĂ©poser ou de transfĂ©rer des fonds dans son compte pour ne pas avoir Ă  payer des frais d’insuffisance de fonds.

Une deuxième ronde de consultations a eu lieu en dĂ©cembre 2023 et en janvier 2024 auprès des grandes banques. Pendant cette ronde, les banques ont aussi Ă©noncĂ© les façons prĂ©cises qu’elles offrent de la flexibilitĂ© Ă  l’égard des frais d’insuffisance de fonds, y compris les dĂ©lais de grâce dĂ©jĂ  en place, l’envoi d’avertissements aux clients pour les informer qu’ils pourraient ĂŞtre Ă  dĂ©faut de paiement, l’établissement d’un ordre de paiement pour Ă©viter la facturation de multiples frais d’insuffisance de fonds, et l’annulation de ces frais dans certaines circonstances. Pendant cette ronde de consultations, les banques ont Ă©galement signalĂ© qu’il est difficile de cerner les paiements prĂ©sentĂ©s Ă  nouveau et que les règles et règlements de Paiements Canada devront ĂŞtre modifiĂ©s pour permettre au système de paiements de repĂ©rer explicitement ces paiements afin que les transactions soient traitĂ©es par le SACR.

Le projet de règlement repose sur les commentaires reçus par les banques et les groupes de dĂ©fense des consommateurs. Un plafond de 10 $ a Ă©tĂ© fixĂ© en rĂ©ponse aux commentaires des groupes de dĂ©fense des consommateurs indiquant que les frais actuels Ă©taient excessifs. La facturation de frais d’insuffisance de fonds n’a pas Ă©tĂ© carrĂ©ment interdite, car les banques ont indiquĂ© que ces frais aident Ă  rĂ©duire les dĂ©fauts de paiement. Les renseignements fournis sur les pratiques actuelles Ă  l’égard des frais d’insuffisance de fonds ont servi Ă  Ă©laborer la composante du projet de règlement portant sur les avertissements et le dĂ©lai de grâce, plus prĂ©cisĂ©ment le moment d’envoi de l’avertissement et le dĂ©lai accordĂ© pour effectuer un dĂ©pĂ´t ou un transfert de fonds. Cette information a aussi Ă©tĂ© utilisĂ©e pour Ă©clairer l’élaboration de la restriction de l’imposition des frais d’insuffisance de fonds sur les montants Ă  dĂ©couvert minimes afin de veiller Ă  ce que cette restriction soit appliquĂ©e dans les limites du système de paiements et en fonction des pratiques existantes utilisĂ©es par les banques.

Les commentaires des groupes de dĂ©fense des consommateurs ont servi de base pour fixer le plafond en dollars des frais d’insuffisance de fonds et Ă©tablir la restriction liĂ©e au nombre de frais facturĂ©s sur une pĂ©riode de 72 heures; cette proposition assure l’équilibre entre le besoin de protĂ©ger les consommateurs des frais injustes (selon les commentaires des groupes de dĂ©fense des consommateurs) et le besoin de continuer Ă  inciter les consommateurs Ă  effectuer leurs paiements Ă  temps (selon les commentaires des banques).

Le Ministère n’était pas en mesure de recueillir des donnĂ©es sur les coĂ»ts liĂ©s aux frais d’insuffisance de fonds directement auprès des banques consultĂ©es afin d’orienter l’analyse. La section « Analyse de la rĂ©glementation Â» dĂ©crit la façon dont les autres sources accessibles au public ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour estimer les coĂ»ts et les avantages du projet de règlement.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Selon la Directive du Cabinet sur l’approche fédérale pour la mise en œuvre des traités modernes, une évaluation des répercussions des traités modernes a été menée. Il n’y a eu aucune incidence sur les traités modernes cernés en ce qui a trait au présent projet de règlement.

Les peuples autochtones ou les groupes représentatifs n’ont pas été expressément consultés dans le cadre de cette initiative de réglementation.

Choix de l’instrument

Le projet de règlement est requis pour veiller à ce que les consommateurs soient protégés des difficultés financières causées par la fréquence et le coût des frais d’insuffisance de fonds. L’objectif du projet de règlement ne peut être atteint au moyen d’autres instruments, car des exigences réglementaires particulières sont requises pour appliquer les mesures d’exécution par l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC).

D’autres options ont été envisagées, y compris une directive du secteur émise par l’ACFC et un accord volontaire conclu pour que les banques réduisent les frais. Toutefois, une directive du secteur et un accord volontaire n’auraient pas force de loi et ne pourraient pas être imposés par l’ACFC.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Aperçu

L’analyse coĂ»ts-avantages examine les rĂ©percussions possibles du projet de règlement sur les frais d’insuffisance de fonds. Dans l’ensemble, l’analyse rĂ©vèle que ce projet de règlement devrait apporter des avantages s’élevant Ă  5,1 milliards de dollars (valeur actualisĂ©e) et gĂ©nĂ©rer des coĂ»ts de 4,8 milliards de dollars (valeur actualisĂ©e) sur une pĂ©riode de 10 ans après l’enregistrement du projet de règlement (actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e 2025 Ă  un taux d’actualisation de 7 % et exprimĂ©s en dollars canadiens de 2023). Ceci reprĂ©sente des avantages nets de 314,4 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans suivant la mise en Ĺ“uvre du projet de règlement. La majoritĂ© des avantages monĂ©taires (98 %) serait transmise aux consommateurs, alors que près de 100 % des coĂ»ts retomberaient sur les banques.

L’analyse met en Ă©vidence quatre avantages monĂ©taires associĂ©s au projet de règlement :

L’analyse Ă©numère aussi trois coĂ»ts monĂ©taires associĂ©s au projet de règlement :

L’analyse a aussi cerné des avantages et coûts non monétaires associés au projet de règlement, lesquels sont abordés dans la section suivante.

Le rapport intégral de l’analyse coûts-avantages qui contient la méthodologie détaillée est disponible sur demande en communiquant avec la personne-ressource mentionnée à la fin du présent résumé de l’étude d’impact de la réglementation.

Profil des intervenants concernés
Consommateurs

Bien que tous les Canadiens titulaires d’un compte bancaire puissent engager des frais d’insuffisance de fonds, la majoritĂ© de ces frais sont plus susceptibles d’être facturĂ©s aux clients sans protection contre les dĂ©couverts. Toutefois, les clients bĂ©nĂ©ficiant d’une telle protection peuvent tout de mĂŞme engager des frais d’insuffisance de fonds s’ils Ă©mettent un chèque ou effectuent un dĂ©bit prĂ©autorisĂ© qui dĂ©passe leur limite de dĂ©couvert approuvĂ©e. De plus, Ă©tant donnĂ© que les frais d’insuffisance de fonds sont actuellement facturĂ©s uniquement pour des chèques et des dĂ©bits prĂ©autorisĂ©s, le projet de règlement est plus susceptible de bĂ©nĂ©ficier davantage aux consommateurs qui utilisent ces mĂ©thodes de paiement plus frĂ©quemment. Une combinaison de donnĂ©es sur le secteur et d’études de marchĂ© au sujet des modes et tendances des paiements montre que les consommateurs qui Ă©mettent rĂ©gulièrement des chèques sont plus susceptibles d’être âgĂ©s de 18 Ă  34 ans et de participer Ă  l’économie Ă  la demanderĂ©fĂ©rence 1.

Le Ministère estime que les banques ont facturĂ© des frais sur un total de 15,8 millions d’opĂ©rations sans provision en 2023 et qu’environ 34 % des Canadiens doivent payer des frais d’insuffisance de fonds au cours d’une annĂ©e donnĂ©e. Les Canadiens qui engagent des frais d’insuffisance de fonds sont susceptibles d’avoir un faible revenu ou d’avoir de la difficultĂ© Ă  respecter leurs engagements financiers. Selon des donnĂ©es de Statistique CanadarĂ©fĂ©rence 2, les femmes, les familles monoparentales dirigĂ©es par une femme et les personnes ne faisant pas partie d’une famille Ă©conomique sont surreprĂ©sentĂ©es dans le groupe dĂ©mographique Ă  faible revenu. De plus, des donnĂ©es de l’ACFC ont rĂ©vĂ©lĂ© que 26 % des Canadiens ont une situation financière assez difficile ou très difficilerĂ©fĂ©rence 3. Les rĂ©sultats de l’enquĂŞte laissent supposer que ces groupes ont tendance Ă  avoir de la difficultĂ© Ă  effectuer leurs paiements, comme les paiements de factures, de loyer, d’hypothèque ou de cartes de crĂ©dit. Les femmes sont surreprĂ©sentĂ©es dans ces deux groupes.

Dans une enquĂŞte distincte, l’ACFC a estimĂ© que 25 % des Canadiens dĂ©pensaient plus que leur revenu mensuel. Les Canadiens Ă  faible revenu, les immigrants rĂ©cents, les personnes autochtones et les femmes Ă©taient surreprĂ©sentĂ©s dans ces rĂ©sultatsrĂ©fĂ©rence 4.

Selon ces données, le projet de règlement serait susceptible de bénéficier de manière disproportionnée les femmes, les familles monoparentales, les immigrants récents et les peuples autochtones.

Banques

Le prĂ©sent projet de règlement s’appliquerait uniquement aux « directives Â», telles qu’elles sont dĂ©finies dans la partie XII.2 de la Loi sur les banques. Cette dĂ©finition inclut les banques Ă©numĂ©rĂ©es dans les annexes I et II, ainsi que les banques Ă©trangères autorisĂ©es. En date du 31 dĂ©cembre 2022, 35 banques visĂ©es par l’annexe I et 15 banques visĂ©es par l’annexe II exerçaient leurs activitĂ©s au Canada. Selon le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), il y avait 30 banques Ă©trangères autorisĂ©es au Canada. Au total, 80 institutions seraient touchĂ©es par le projet de règlement.

Le BSIF dĂ©clare que, en 2023, les banques canadiennes ont rĂ©alisĂ© des gains combinĂ©s de 7,0 milliards de dollars en frais de service sur les comptes de dĂ©pĂ´ts de dĂ©tail et commerciauxrĂ©fĂ©rence 5. Les six plus grandes banques au Canada ont perçu 97 % de ces frais, soit 6,8 milliards de dollars. Les bĂ©nĂ©fices nets avant impĂ´ts pour l’ensemble des banques pendant cette pĂ©riode s’élevaient Ă  65,9 milliards de dollars.

Le tableau 1 prĂ©sente une liste des frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s par chacune des six plus grandes banques au Canada depuis le mois d’avril 2024. Aux fins de cette analyse, on a supposĂ© que les mĂŞmes frais s’appliquaient en 2023.

Tableau 1 : Frais d’insuffisance de fonds par banque (en dollars de 2023)
Banque Frais d’insuffisance de fonds
Banque de MontrĂ©al note a du tableau a1 48 $
Banque de Nouvelle-Écosse note b du tableau a1 48 $
Banque Canadienne ImpĂ©riale de Commerce note c du tableau a1 45 $
Banque Nationale du Canada note d du tableau a1 45 $
Banque Royale du Canada note e du tableau a1 45 $
Banque Toronto-Dominion note f du tableau a1 48 $

Note(s) du tableau a1

Note a du tableau a1

BMO — Conventions, programmes de services bancaires et frais relatifs aux services bancaires courants (PDF)

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Note b du tableau a1

Banque Scotia — Aperçu des frais de compte

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Note c du tableau a1

CIBC — Frais de service

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Note d du tableau a1

Banque Nationale — Guide de tarification (PDF)

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Note e du tableau a1

Banque Royale du Canada — Frais d’administration additionnels

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Note f du tableau a1

TD — Nos comptes et services connexes (PDF)

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Cadre analytique

Les répercussions du projet de règlement ont été évaluées conformément au Guide d’analyse coûts-avantages du Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT). Les banques étrangères autorisées sont reconnues dans cette analyse étant donné qu’elles ont des succursales au Canada et qu’elles font affaire avec les Canadiens. Les consommateurs sont tenus de payer tous les frais d’insuffisance de fonds facturés conformément aux modalités décrites dans la convention de compte conclue avec leur banque.

Les impacts diffĂ©rentiels attribuables au projet de règlement sont dĂ©terminĂ©s par la comparaison d’un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence (dans lequel le projet de règlement n’est pas en vigueur) et d’un scĂ©nario rĂ©glementaire (dans lequel le projet de règlement est en vigueur). Les coĂ»ts engendrĂ©s sur la pĂ©riode de 10 ans suivant la mise en Ĺ“uvre du projet de règlement (2025-2034) ont Ă©tĂ© actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2025 Ă  un taux d’actualisation de 7 % et sont exprimĂ©s en dollars canadiens de 2023.

Les coĂ»ts et avantages estimĂ©s ont Ă©tĂ© rajustĂ©s pour tenir compte du retard de l’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement. Plus prĂ©cisĂ©ment, les rĂ©sultats de 2025 sont rajustĂ©s pour tenir compte du fait que certaines dispositions n’entrent pas en vigueur au moment de l’enregistrement du projet de règlement, mais plutĂ´t un mois après l’enregistrement pour le plafonnement des taux et six mois après l’enregistrement pour les autres dispositions proposĂ©es (voir la section « Mise en Ĺ“uvre Â» pour obtenir plus de dĂ©tails). Ces rajustements ont menĂ© Ă  des coĂ»ts et avantages plus faibles pour la première annĂ©e de la pĂ©riode d’analyse (2025).

Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, le projet de règlement n’existe pas et les banques continuent Ă  facturer les frais d’insuffisance de fonds aux consommateurs chaque fois que leur compte n’a pas suffisamment de fonds pour couvrir un dĂ©bit prĂ©autorisĂ© ou un chèque, ou que la limite de protection contre les dĂ©couverts est dĂ©passĂ©e. Ces frais facturĂ©s par les six plus grandes banques oscillent entre 45 $ et 48 $. La moyenne pondĂ©rĂ©e qui en rĂ©sulte, calculĂ©e en fonction du total des frais de service facturĂ©s en 2023, est de 46,85 $.

Étant donnĂ© l’absence d’un règlement entourant le montant et la frĂ©quence des frais d’insuffisance de fonds, les banques peuvent facturer de tels frais Ă  plusieurs reprises pour diffĂ©rentes transactions sur une pĂ©riode de 72 heures. Les consommateurs pourraient appeler leur banque pour demander d’annuler ces frais, mais il n’est pas garanti que cette demande soit autorisĂ©e.

De plus, les banques ne sont pas obligées d’accorder aux consommateurs un délai de grâce pour leur permettre d’éviter des frais d’insuffisance de fonds. Elles peuvent donc facturer automatiquement ces frais même si le consommateur avait été en mesure de déposer des fonds additionnels dans son compte. Toutefois, on suppose que les banques qui offrent actuellement un délai de grâce, comme la Banque CIBC et la BMO, continueront d’offrir un délai de grâce à leurs clients pour éviter les frais d’insuffisance de fonds. Dans ce scénario, les banques ne seraient pas tenues de recueillir et de publier des données sur les frais d’insuffisance de fonds, ce qui fait en sorte qu’il est difficile pour les consommateurs de comparer les frais de compte entre les banques.

Dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, il serait interdit pour les banques d’imposer des frais de plus de 10 $ par transaction d’insuffisance de fonds. On suppose que les banques factureraient le montant maximum autorisĂ© pour insuffisance de fonds en vertu du projet de règlement. Outre le plafond de 10 $ fixĂ© pour les frais d’insuffisance de fonds, les banques seraient interdites de facturer de tels frais Ă  la mĂŞme personne plus d’une fois sur une pĂ©riode de 72 heures ou pour des transactions oĂą le dĂ©couvert serait infĂ©rieur Ă  10 $. Les banques devront aussi aviser les consommateurs lorsque des frais d’insuffisance de fonds sont sur le point d’être facturĂ©s afin qu’ils puissent dĂ©poser des fonds dans leur compte pour Ă©viter ces coĂ»ts. Compte tenu de ces restrictions, il y aurait nettement moins de frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, comparativement au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Ceci accorderait des avantages monĂ©taires considĂ©rables aux consommateurs, mais se traduirait en pertes de recettes pour les banques. De plus, les banques seraient tenues de publier les renseignements sur les frais d’insuffisance de fonds, promouvant ainsi la transparence Ă  l’égard de ces frais. Les consommateurs pourraient ainsi mieux comparer les frais de compte entre les banques.

Limites des données

Étant donné l’absence de données sur les opérations sans provision au Canada et sur les recettes générées par les banques canadiennes par l’imposition de frais d’insuffisance de fonds, l’analyse a utilisé des données recueillies en Californie, car il s’agit d’une administration assez comparable en raison de ses populations semblables et des environnements réglementaires similaires dans le secteur financier. Toutefois, cela signifie que les estimations du nombre de transactions de frais d’insuffisance de fonds au Canada pourraient ne pas être exactes. L’analyse de sensibilité examinera la mesure dans laquelle les répercussions changent lorsqu’une autre méthode est utilisée pour calculer le nombre de transactions de frais d’insuffisance de fonds.

De plus, en raison de l’absence des renseignements accessibles au public concernant les coûts de la TI payés par les banques, les estimations des coûts de mise en œuvre du projet de règlement pourraient également ne pas être exactes.

Lors des consultations, le Ministère n’a pas reçu de données quantitatives sur les pratiques actuelles de facturation des frais d’insuffisance de fonds. Il a donc cherché de l’information accessible au grand public pour orienter cette analyse. Le Ministère accueille tout commentaire à l’égard de la méthodologie proposée.

Méthodologie

Il est supposé que la conséquence directe du projet de règlement sera une perte de recettes pour les banques qui serait proportionnelle aux économies en coûts pour les consommateurs (c’est-à-dire que l’élimination de frais d’insuffisance de fonds représente un avantage pour le consommateur, mais un coût pour la banque).

Pour estimer la perte de recettes associĂ©e au projet de règlement, l’analyse a estimĂ© d’abord le nombre de frais d’insuffisance de fonds imposĂ©s au Canada, et ensuite le nombre de facturations de frais d’insuffisance de fonds qui ne seraient plus permises dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire. Ă€ l’aide du nombre estimĂ© de frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s en vertu du scĂ©nario rĂ©glementaire, l’analyse a multipliĂ© cette valeur par le nouveau plafond de 10 $ afin d’estimer les recettes dĂ©coulant des frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire. En comparant les recettes estimĂ©es de frais d’insuffisance de fonds du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et celles du scĂ©nario rĂ©glementaire, l’analyse a pu estimer la perte de recettes associĂ©e au projet de règlement.

Voici d’autres principales hypothèses avancĂ©es dans ce modèle :

La mĂ©thodologie dĂ©taillĂ©e se trouve dans la section « CoĂ»ts et avantages Â».

CoĂ»ts et avantages 

Perte de recettes pour les banques et économies directes (monétaires) pour les consommateurs

En raison du manque de donnĂ©es sur les frais d’insuffisance de fonds, l’analyse a utilisĂ© des donnĂ©es provenant de la Californie pour estimer le nombre de tels frais facturĂ©s au Canada. Pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision traitĂ©es Ă  chaque banque, les donnĂ©es fournies par le Department of Financial Protection and Inclusion ainsi que l’information accessible au grand public sur les sites Web des banques ont Ă©tĂ© utilisĂ©es. Ces estimations peuvent ensuite servir pour estimer le nombre moyen d’opĂ©rations sans provision pour chaque dollar de recettes gĂ©nĂ©rĂ©es pour frais de service. Le fait d’appliquer cette valeur aux frais de service totaux perçus par les banques canadiennes permet d’estimer le nombre total d’opĂ©rations sans provision traitĂ©es dans l’ensemble des banques au Canada. Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, l’analyse estime que 16,1 millions d’opĂ©rations sans provision, au total, auraient lieu en 2025, ce qui reprĂ©senterait 753 millions de dollars en recettes gĂ©nĂ©rĂ©es pour frais d’insuffisance de fonds.

Pour estimer la baisse du nombre de frais d’insuffisance de fonds facturĂ©s chaque annĂ©e, l’analyse utilisera les rĂ©sultats de l’EnquĂŞte sur le bien-ĂŞtre financier de l’ACFC pour estimer les difficultĂ©s que pourraient Ă©prouver diffĂ©rents consommateurs Ă  respecter leurs engagements financiersrĂ©fĂ©rence 3. L’enquĂŞte a rĂ©parti les rĂ©pondants en quatre groupes : bonne situation financière (33 % des rĂ©pondants), assez bonne situation financière (41 % des rĂ©pondants), situation financière plutĂ´t difficile (19 % des rĂ©pondants) et situation financière très difficile (7 % des rĂ©pondants). Selon les rĂ©ponses fournies par les groupes dans le cadre de cette enquĂŞte, l’analyse formule des hypothèses Ă  l’égard du nombre de frais d’insuffisance de fonds engagĂ©s par les membres de ces groupes. Il est supposĂ© qu’aucun rĂ©pondant dans le groupe en « bonne situation financière Â» ne subit de frais d’insuffisance de fonds; 40 % de ceux dans le groupe en « assez bonne situation financière Â» engagent des frais d’insuffisance de fonds (dont la moitiĂ© peuvent couvrir le montant du dĂ©couvert si un dĂ©lai de grâce avait Ă©tĂ© offert, alors que l’autre moitiĂ©, non); 68 % des rĂ©pondants du groupe en « situation financière plutĂ´t difficile Â» subissent des frais d’insuffisance de fonds et ne peuvent pas couvrir le montant du dĂ©couvert; et 67 % des rĂ©pondants du groupe en « situation financière très difficile Â» doivent payer divers frais d’insuffisance de fonds et ne peuvent pas couvrir le montant du dĂ©couvert. Les tableaux 2 et 3 ci-dessous rĂ©sument les hypothèses formulĂ©es pour chacun des groupes de bien-ĂŞtre financier, ainsi que la proportion des membres de chacun de ces groupes qui devront payer des frais d’insuffisance de fonds. La part relative en pourcentage de la population totale qui engage des frais d’insuffisance de fonds a ensuite Ă©tĂ© utilisĂ©e pour estimer la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision attribuable Ă  l’exigence d’un dĂ©lai de grâce (24 %) et Ă  l’interdiction de cumuler des frais d’insuffisance de fonds (14 %), comme le montre le tableau 4. Cela suppose que la baisse du nombre de transactions est proportionnelle au nombre de personnes qui subissent des frais dans ces catĂ©gories respectives (selon les rĂ©percussions indiquĂ©es dans le tableau 3).

Tableau 2 : Population par groupe de bien-ĂŞtre financier
Groupe Hypothèse  % de la population  % du groupe qui engage des frais d’insuffisance de fonds  % de la population qui engage des frais d’insuffisance de fonds (% du total)
Bonne situation financière N’engage jamais de frais d’insuffisance de fonds 33 % 0 % 0 % (0 %)
Assez bonne situation financière Peut rarement engager des frais d’insuffisance de fonds, mais peut payer le montant du dĂ©couvert, le cas Ă©chĂ©ant 41 % 20 % 8 % (24 %)
Peut parfois subir des frais d’insuffisance de fonds, mais ne pourrait probablement pas payer le montant du dĂ©couvert, le cas Ă©chĂ©ant 41 % 20 % 8 % (24 %)
Situation financière plutĂ´t difficile Susceptible de subir des frais d’insuffisance de fonds et ne peut pas payer le montant du dĂ©couvert, le cas Ă©chĂ©ant 19 % 68 % 13 % (38 %)
Situation financière très difficile Susceptible d’engager divers frais d’insuffisance de fonds, y compris une occasion oĂą deux frais d’insuffisance de fonds sont facturĂ©s dans une pĂ©riode de 72 heures; ne peut pas couvrir le montant du dĂ©couvert 7 % 67 % 5 % (14 %)
Total 34 %
Tableau 3 : Hypothèses fondĂ©es sur le groupe de bien-ĂŞtre financier
Groupe Scénario de référence Scénario réglementaire
Bonne situation financière N’engage jamais de frais d’insuffisance de fonds Aucun changement — continuera de ne pas subir de frais d’insuffisance de fonds
Assez bonne situation financière Peut rarement engager des frais d’insuffisance de fonds, mais peut payer le montant du dĂ©couvert, le cas Ă©chĂ©ant DĂ©lai de grâce : ne subira plus de frais d’insuffisance de fonds
Assez bonne situation financière Peut parfois subir des frais d’insuffisance de fonds, mais ne pourrait probablement pas payer le montant du dĂ©couvert, le cas Ă©chĂ©ant Aucun changement — engagera le mĂŞme nombre de frais d’insuffisance de fonds
Situation financière plutĂ´t difficile Susceptible de subir des frais d’insuffisance de fonds et ne peut pas payer le montant du dĂ©couvert, le cas Ă©chĂ©ant Aucun changement — engagera le mĂŞme nombre de frais d’insuffisance de fonds
Situation financière très difficile Susceptible d’engager divers frais d’insuffisance de fonds, y compris une occasion oĂą deux frais d’insuffisance de fonds sont facturĂ©s dans une pĂ©riode de 72 heures; ne peut pas couvrir le montant du dĂ©couvert Interdiction de cumul des frais d’insuffisance de fonds : Ă©limination d’une occurrence de frais d’insuffisance de fonds (le consommateur Ă©vitera la deuxième occurrence de frais imposĂ©s sur une pĂ©riode de 72 heures)

En raison du manque de donnĂ©es, l’analyse a estimĂ© que 5 % des frais d’insuffisance de fonds seraient Ă©liminĂ©s Ă  la suite du projet de règlement, qui exige que les banques annulent les frais si le solde du compte du consommateur est moins de 10 $ en dessous de la valeur du chèque ou du dĂ©bit prĂ©autorisĂ© Ă  fonds insuffisants. Les donnĂ©es provenant des États-Unis suggèrent que les montants Ă  dĂ©couvert sont habituellement minimes (par exemple infĂ©rieurs Ă  26 $). Par contre, Ă©tant donnĂ© les diffĂ©rences entre les types de paiements qui mènent Ă  des montants Ă  dĂ©couvert et ceux qui mènent Ă  des frais d’insuffisance de fonds, il n’est pas supposĂ© que la majoritĂ© des frais d’insuffisance de fonds sont facturĂ©s lorsqu’il manque 26 $ ou moins dans le compte du consommateurrĂ©fĂ©rence 7.

Le Ministère a reçu les commentaires des groupes de dĂ©fense des consommateurs qui dĂ©clarent que certains consommateurs engagent des frais d’insuffisance de fonds après que d’autres frais bancaires imprĂ©vus aient Ă©tĂ© facturĂ©s. Cela laisse entendre qu’au moins un petit nombre de frais d’insuffisance de fonds pourrait ĂŞtre Ă©vitĂ© si les banques sont obligĂ©es d’annuler les frais d’insuffisance de fonds pour montants minimes. Il est donc estimĂ© que le projet de règlement permettrait d’éviter 5 % des frais d’insuffisance de fonds.

Le tableau 4 ci-dessous rĂ©sume le nombre d’opĂ©rations sans provision Ă©liminĂ©es ainsi que la perte de recettes associĂ©e Ă  chaque disposition du projet de règlement pour la première annĂ©e de l’analyse (2025). Le tableau 5 rĂ©sume les estimations des recettes gĂ©nĂ©rĂ©es par les frais d’insuffisance de fonds et du nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire. Au total, 2,9 millions d’opĂ©rations sans provision seraient Ă©liminĂ©es au cours de la première annĂ©e suivant la mise en Ĺ“uvre du projet de règlement. Il est estimĂ© que la perte de recettes dĂ©coulant de l’imposition de frais d’insuffisance de fonds au cours de la première annĂ©e s’élèverait Ă  572 millions de dollars, en baisse de 76 % par rapport au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. La deuxième annĂ©e, et chaque annĂ©e suivante, lorsque toutes les dispositions sont en vigueur pendant toute l’annĂ©e, il est estimĂ© que le nombre d’opĂ©rations sans provision diminuerait de 35 % par rapport au nombre estimĂ© d’opĂ©rations dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Cela correspond Ă  une perte de recettes de 86 % par rapport aux recettes de base. Dans l’ensemble, cette perte de recettes reprĂ©sente une valeur actualisĂ©e de 4,8 milliards de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans.

Tableau 4 : Nombre d'opĂ©rations sans provision Ă©liminĂ©es et perte de recettes par mesure proposĂ©e (2025)
Exigence Nombre d'opérations sans provision éliminées note a du tableau b1 Perte de recettes (en millions de dollars)
Interdiction du cumul des frais d’insuffisance de fonds (baisse de 14 % — voir les tableaux 2 et 3 ci-dessus) 1 104 271 51,7
Exigence liĂ©e au dĂ©lai de grâce (baisse de 24 % — voir les tableaux 2 et 3 ci-dessus) note b du tableau b1 1 352 602 63,4
Interdiction des frais d’insuffisance de fonds pour les montants minimes (baisse de 5 % — voir le texte ci-dessus) 402 112 18,8
Plafonnement du taux de frais d’insuffisance de fonds s.o. 437,9
Total 2 858 985 571,8

Note(s) du tableau b1

Note a du tableau b1

Remarque : Les valeurs de 2025 ont Ă©tĂ© ajustĂ©es (rĂ©duites) de 50 % pour tenir compte du retard dans l’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement au cours de la première annĂ©e de l’analyse.

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Note b du tableau b1

Ces rĂ©percussions ont ensuite Ă©tĂ© rĂ©duites d’environ 30 % pour tenir compte des banques qui offrent dĂ©jĂ  un dĂ©lai de grâce (CIBC et BMO). Le facteur de rĂ©duction Ă©tait fondĂ© sur leur part des frais de service par rapport Ă  l’ensemble des banques canadiennes.

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Tableau 5 : Estimation des recettes et du nombre d'opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire (2025)
Scénarios/Résultats Recettes tirées de frais d’insuffisance de fonds (en millions de dollars) Nombre d'opérations sans provision
(x 1 000 000)
Scénario de référence 753,5 16,1
Scénario réglementaire 181,6 13,2
Variation (en pourcentage) − 76 % − 18 %
Avantages
Économies indirectes pour le consommateur — dĂ©lai de grâce (monĂ©tisĂ©es)

Outre les économies réalisées grâce à la réduction des frais d’insuffisance de fonds, certains consommateurs bénéficieront du délai de grâce en évitant les frais de retard facturés par les bénéficiaires des paiements. Si un consommateur tente de payer une facture par chèque ou par DPA et que le paiement échoue, il peut se voir imposer des frais de retard ou de chèque refusé par le bénéficiaire.

Les donnĂ©es indiquent que 44 % des utilisateurs qui effectuent des paiements par transfert Ă©lectronique de fonds (TEF) le font pour payer des factures de services publics. Les TEF comprennent les dĂ©pĂ´ts directs, les versements Ă©lectroniques et les DPA. En raison des limites des donnĂ©es, il est possible d’estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision Ă©vitĂ©es qui auraient autrement donnĂ© lieu Ă  des frais de retard de paiement de la part d’une entreprise de services publics en supposant que 44 % des opĂ©rations sans provision Ă©liminĂ©es en raison du dĂ©lai de grâce Ă©taient destinĂ©es Ă  ĂŞtre payĂ©es Ă  une entreprise de services publics. En rĂ©alitĂ©, les consommateurs peuvent ĂŞtre confrontĂ©s Ă  des frais de retard de paiement de la part de divers bĂ©nĂ©ficiaires.

Selon les donnĂ©es publiques provenant d’entreprises de services publics et de tĂ©lĂ©communications de l’ensemble du pays, il est estimĂ© que les frais de retard de paiement s’élèvent en moyenne Ă  24 $.

En excluant de ce calcul la Banque de MontrĂ©al (BMO) et la Banque Canadienne ImpĂ©riale de Commerce (CIBC), qui offrent toutes deux Ă  leurs clients un dĂ©lai de grâce pour les frais d’insuffisance de fonds, il est estimĂ© que les consommateurs Ă©conomiseront environ 14,5 millions de dollars en frais de retard de paiement au cours de la première annĂ©e du projet de règlement et environ 31 millions de dollars en moyenne au cours de chacune des annĂ©es suivantes. Cela correspond Ă  une valeur actualisĂ©e de 201,0 millions de dollars sur la pĂ©riode de 10 ans suivant l’enregistrement du projet de règlement.

Économies pour les banques — opĂ©rations sans provision (monĂ©tisĂ©es)

Les banques engagent probablement certains coûts liés à la facturation de frais d’insuffisance de fonds. Par exemple, les centres de service à la clientèle consacrent probablement du temps à recevoir des demandes de renseignements de la part de clients qui tentent de contester les frais d’insuffisance de fonds qu’ils ont reçus. Cela est particulièrement vrai pour les clients qui disposent de fonds suffisants dans d’autres comptes et qui peuvent tenter de rectifier le montant des frais d’insuffisance de fonds.

En éliminant les opérations sans provision et en réduisant les frais d’insuffisance de fonds, les banques réaliseraient des économies en réduisant le nombre de ressources consacrées au traitement des demandes de renseignements des clients sur les frais d’insuffisance de fonds. La proportion des dépenses liées aux services généraux par rapport au revenu total de l’ensemble des banques a été utilisée pour estimer ces économies. Ensuite, le ratio estimé du revenu tiré des frais d’insuffisance de fonds sur le revenu total a été appliqué à l’estimation des dépenses totales liées aux services généraux afin d’estimer la part des services généraux consacrée aux demandes de renseignements sur les frais d’insuffisance de fonds. En comparant cette valeur dans le scénario de référence et le scénario réglementaire, les économies réalisées par les banques grâce à ce projet de règlement ont été estimées.

Cette approche suppose que le ratio de revenu tiré des frais d’insuffisance de fonds par rapport au revenu total est équivalent au ratio de services généraux consacrés aux demandes de renseignements sur les frais d’insuffisance de fonds par rapport au total des services généraux. Bien qu’il soit possible que ces ratios ne soient pas égaux, faute de données suffisantes, il est supposé qu’il s’agit d’une approximation adéquate.

La première annĂ©e, il est estimĂ© que les banques Ă©conomiseront 7,1 millions de dollars en dĂ©penses liĂ©es aux services gĂ©nĂ©raux en raison de la diminution des opĂ©rations sans provision et environ 8 millions de dollars en moyenne chaque annĂ©e suivante. Cela correspond Ă  un avantage actualisĂ© de 59,1 millions de dollars sur la pĂ©riode de 10 ans suivant l’enregistrement du projet de règlement.

Économies pour les consommateurs — opĂ©rations sans provision (monĂ©tisĂ©es)

À l’instar de l’avantage susmentionné pour les banques découlant d’une réduction du nombre de consommateurs communiquant avec la banque pour contester des frais d’insuffisance de fonds, les consommateurs réaliseront des économies en passant moins de temps à communiquer avec leur banque pour contester les frais d’insuffisance de fonds ou demander leur annulation. Étant donné la difficulté d’estimer les répercussions sur le temps de chaque consommateur, une estimation réciproque sera utilisée pour estimer les économies de coûts pour les consommateurs. Cette estimation supposera que les banques et les consommateurs profiteront de ces avantages de manière équitable puisque moins de consommateurs communiquent avec le service à la clientèle. Compte tenu du manque de données et du fait que ces frais sont susceptibles d’être une source de stress pour les consommateurs, il est supposé qu’il s’agit d’une approximation raisonnable. Toutefois, le Ministère reconnaît qu’il est possible qu’il surestime l’avantage.

Au cours de la première annĂ©e, on estime que les consommateurs Ă©conomiseront 7,1 millions de dollars grâce Ă  la rĂ©duction du temps passĂ© Ă  communiquer avec leur banque pour rĂ©soudre un problème de frais d’insuffisance de fonds. Cela expliquerait le temps que les consommateurs consacrent Ă  la contestation des frais d’insuffisance de fonds ainsi que le stress qui en dĂ©coule. Cela correspondrait Ă  un avantage actualisĂ© de 59,1 millions de dollars sur la pĂ©riode de 10 ans suivant l’enregistrement du projet de règlement.

Avantages non monétaires

Trois avantages non monĂ©taires sont associĂ©s Ă  cette proposition :

Coûts
Coûts de mise en œuvre et d’établissement de rapports pour les banques (monétisés)

Les banques devraient Ă©galement engager des frais au cours de la première annĂ©e d’entrĂ©e en vigueur du projet de règlement afin de s’assurer qu’elles sont conformes. Les hypothèses suivantes ont Ă©tĂ© formulĂ©es pour estimer le coĂ»t de la mise en Ĺ“uvre du projet de règlement :

En outre, la publication des donnĂ©es relatives aux frais d’insuffisance de fonds entraĂ®nerait des coĂ»ts permanents. Pour estimer ces coĂ»ts, les hypothèses suivantes sont formulĂ©es :

Ces estimations sont fondĂ©es sur les recherches menĂ©es par le Ministère pour Ă©tayer le RĂ©sumĂ© de l’étude d’impact de la rĂ©glementation prĂ©parĂ© aux fins du Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière. Ce règlement comprend des exigences similaires pour les banques, qui doivent mettre Ă  jour les documents de divulgation, publier des rapports et fournir aux consommateurs un avertissement Ă©lectronique les informant lorsque le solde de leur compte tombe en dessous d’un certain seuil. Étant donnĂ© que les banques ont dĂ©jĂ  mis Ă  jour leurs systèmes informatiques pour mettre en Ĺ“uvre l’exigence d’avertissements Ă©lectroniques, il est probable qu’elles disposent dĂ©jĂ  de l’infrastructure informatique nĂ©cessaire Ă  la mise en Ĺ“uvre d’un dĂ©lai de grâce. Toutefois, les banques devront Ă©galement mettre en place un système permettant de cerner les comptes pour lesquels des frais d’insuffisance de fonds ont Ă©tĂ© facturĂ©s au cours des 72 heures prĂ©cĂ©dentes ainsi que les opĂ©rations qui auraient donnĂ© lieu Ă  un solde minimal de dĂ©couvert.

Le coût que chaque banque devra engager pour mettre à jour ses systèmes a été estimé à l’aide des données de Statistique Canadaréférence 8 sur le salaire horaire moyen par profession.

Il est estimĂ© que les coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre et d’établissement de rapports coĂ»teront aux banques 3,2 millions de dollars au cours de la première annĂ©e en vertu du règlement proposĂ©. Ce coĂ»t serait rĂ©duit Ă  110 000 $ pour chaque annĂ©e suivante, Ă©tant donnĂ© que la plupart des coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre seraient engagĂ©s au cours de la première annĂ©e. Cela reprĂ©senterait un coĂ»t actualisĂ© de 3,6 millions de dollars sur une pĂ©riode de 10 ans.

Coûts de supervision pour l’ACFC (monétisés)

L’ACFC superviserait les banques, en fonction des risques, et veillerait à ce que celles-ci se conforment au projet de règlement. L’ACFC s’attend à ce que les coûts soient proportionnels aux coûts liés à ses obligations actuelles en matière de comportement sur le marché; toutefois, le coût réel peut varier par rapport à cette estimation, en fonction du niveau d’observation. L’ACFC supervise les entités réglementées, qui comprennent notamment les banques, les banques étrangères autorisées, les sociétés de fiducie et de prêt et les exploitants de réseaux de cartes de paiement. L’ACFC veille à ce que ces entités respectent les lois, les règlements, les codes de conduite et les engagements publics du gouvernement fédéral.

Bien qu’il existe une sĂ©rie de facteurs associĂ©s Ă  la supervision des obligations de comportement sur le marchĂ©, le coĂ»t de la surveillance de chaque obligation de comportement sur le marchĂ© est estimĂ© Ă  174 000 $ par an. Il convient de noter qu’une formation supplĂ©mentaire n’est pas nĂ©cessaire puisque l’ACFC supervise actuellement des obligations similaires en matière de comportement sur le marchĂ©.

Coûts non monétisés

Deux coĂ»ts non monĂ©tisĂ©s sont associĂ©s Ă  cette proposition :

Énoncé des coûts et des avantages
Tableau 6 : Avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars)
Intervenant touché Description de l’avantage Année de base (2025) Autres années pertinentes (2026) Autres années pertinentes (2029) Dernière année (2034) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Consommateurs Économies sur les frais d’insuffisance de fonds 571,8 656,9 689,6 773,1 4 807,9 684,5
Économies sur d’autres frais (par exemple frais de retard) 14,5 29,0 30,3 33,7 201,0 28,6
Élimination des coûts liés à la contestation des frais d’insuffisance de fonds 7,1 8,1 8,5 9,5 59,1 8,4
Industrie Élimination des coûts liés aux opérations sans provision 7,1 8,1 8,5 9,5 59,1 8,4
Tous les intervenants Total des avantages 600,6 702,0 736,8 825,8 5 127,1 730,0

Remarque : Les chiffres ayant Ă©tĂ© arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiquĂ©s.

Tableau 7 : CoĂ»ts monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars)
Intervenant touché Description de l’avantage Année de base (2025) Autres années pertinentes (2026) Autres années pertinentes (2029) Dernière année (2034) Total
(valeur actualisée)
Valeur annualisée
Industrie Perte des recettes de frais d’insuffisance de fonds 571,8 656,9 689,6 773,1 4 807,9 684,5
Coût de mise en œuvre 3,2 0,1 0,1 0,1 3,6 0,5
Gouvernement Coût de supervision 0,2 0,2 0,2 0,2 1,1 0,2
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 575,2 657,1 689,9 773,4 4 812,6 685,2
Tableau 8 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars)
Incidence Année de base (2025) Autres années pertinentes (2026) Autres années pertinentes (2029) Dernière année (2034) Total (valeur actualisée) Valeur annualisée
Total des avantages 600,6 702,0 736,8  825,8 5 127,1 730,0
Total des coĂ»ts 575,2 657,1 689,9 773,4 4 812,6 685,2
Avantage net 25,4 44,9 46,9 52,4 314,4 44,8
Répercussions quantifiées (non monétisées) et qualitatives

Outre les avantages monétaires mis en évidence ci-dessus, le projet de règlement a également des répercussions qualitatives.

Répercussions positives

Répercussions négatives

Analyse de la sensibilité

L’analyse ci-dessus utilise les donnĂ©es de la Californie comme approximation du nombre d’opĂ©rations sans provision au Canada. Étant donnĂ© qu’il ne s’agit peut-ĂŞtre pas d’une estimation exacte du nombre d’opĂ©rations sans provision au Canada, une analyse de la sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour dĂ©terminer comment les coĂ»ts et avantages estimĂ©s de la proposition changeraient si une autre mĂ©thode Ă©tait utilisĂ©e pour calculer le nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Le scĂ©nario A s’appuie sur des donnĂ©es de l’ACFC pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision incluses dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

En outre, l’analyse ci-dessus laisse entendre qu’il y aurait une baisse de 18 % du nombre d’opĂ©rations sans provision au cours de la première annĂ©e de l’analyse (2025), passant ainsi de 16,1 millions d’opĂ©rations dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence Ă  13,2 millions d’opĂ©rations dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. Pour tester la sensibilitĂ© de cette hypothèse sur le modèle, une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sur la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision. Le scĂ©nario B suppose que la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire est de 10 % infĂ©rieure Ă  celle initialement estimĂ©e, tandis que le scĂ©nario C suppose que la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision est de 10 % supĂ©rieure.

Comme il est indiquĂ© ci-dessus, les rĂ©sultats de la première annĂ©e pour un scĂ©nario donnĂ© sont ajustĂ©s parce que certaines dispositions n’entrent pas en vigueur au moment de l’enregistrement du projet de règlement : le plafonnement des taux entre en vigueur un mois après l’enregistrement et les autres dispositions proposĂ©es, six mois après l’enregistrement. La mĂŞme mĂ©thodologie utilisĂ©e pour estimer les rĂ©sultats dans le scĂ©nario rĂ©glementaire est employĂ©e pour ajuster les rĂ©sultats de la première annĂ©e dans chacun des scĂ©narios suivants.

ScĂ©nario A

Le scĂ©nario A s’appuie sur des donnĂ©es de l’ACFC pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision incluses dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Cela permet d’estimer les rĂ©percussions dans le cas oĂą les hypothèses initiales formulĂ©es pour estimer le nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence ne sont pas exactes. Ce scĂ©nario utilise les donnĂ©es de l’enquĂŞte de l’ACFC sur le bien-ĂŞtre financier au CanadarĂ©fĂ©rence 3. L’enquĂŞte a rĂ©parti les rĂ©pondants en quatre groupes : bonne situation financière (33 % des rĂ©pondants), assez bonne situation financière (41 % des rĂ©pondants), situation financière plutĂ´t difficile (19 % des rĂ©pondants) et situation financière très difficile (7 % des rĂ©pondants). En fonction de ces rĂ©sultats, les hypothèses suivantes ont Ă©tĂ© formulĂ©es :

Cette mĂ©thode a produit l’estimation suivante : il y aurait près de 20 millions d’opĂ©rations sans provision dans la base de rĂ©fĂ©rence du scĂ©nario A.

Le scĂ©nario A s’appuie sur la mĂŞme mĂ©thodologie pour estimer la diminution du nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire que celle utilisĂ©e dans le scĂ©nario central (le scĂ©nario utilisĂ© dans le reste du rapport Ă  l’exception de l’analyse de la sensibilitĂ©). Le tableau ci-dessous (tableau 9) rĂ©sume le nombre estimĂ© d’opĂ©rations sans provision et les recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire. Comme le montrent les tableaux 10.1 et 10.2, l’avantage net du projet de règlement dans le cadre du scĂ©nario A serait supĂ©rieur Ă  celui du scĂ©nario central. Cela indique une relation positive entre le nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario de base et la valeur de l’avantage net global du projet de règlement.

Tableau 9 : OpĂ©rations sans provision et recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire A (2025)
ScĂ©nario A — RĂ©fĂ©rence
Revenu total 466 617 903 000 $
Frais de service 6 967 811 000 $
OpĂ©rations sans provision 19 554 985 $
Recettes estimatives tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds 916 059 653 $
ScĂ©nario A — ScĂ©nario rĂ©glementaire
Diminution des frais d’insuffisance de fonds (14 %) — interdiction de cumul 1 342 535 $
Diminution des frais d’insuffisance de fonds (24 %) — dĂ©lai de grâce de 24 heures 1 644 447 $
Diminution des frais d’insuffisance de fonds (5 %) — interdiction d’engager des frais d’insuffisance de fonds pour les montants minimes 488 875 $
OpĂ©rations sans provision 16 079 128 $
Recettes estimatives tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds 220 833 764 $
Perte de recettes tirĂ©es de frais d’insuffisance de fonds 695 225 889 $
Variation des recettes − 75,89 %

ScĂ©nario B

Dans le scĂ©nario B, il est supposĂ© que la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire est infĂ©rieure de 10 %, avec 13,5 millions d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, au lieu de 13,2 millions. Dans ce scĂ©nario, le nombre d’opĂ©rations peut ĂŞtre plus Ă©levĂ© parce que moins de consommateurs Ă©vitent les frais d’insuffisance de fonds. Cela pourrait s’expliquer par une moindre incitation Ă  Ă©viter les opĂ©rations sans provision ou par le fait que le nombre de clients pouvant bĂ©nĂ©ficier du dĂ©lai de grâce est infĂ©rieur aux estimations.

Dans ce scĂ©nario, une baisse de 75,5 % des recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds est observĂ©e; ces recettes passent de 753 millions de dollars Ă  185 millions de dollars au cours de la première annĂ©e. Cela reprĂ©sente une baisse lĂ©gèrement moins importante que celle estimĂ©e dans le scĂ©nario central.

ScĂ©nario C

Dans le scĂ©nario C, il est supposĂ© que la baisse du nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire est supĂ©rieure de 10 % aux estimations initiales, avec 12,9 millions d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. Cela permettra d’estimer les rĂ©percussions si le nombre rĂ©el d’opĂ©rations sans provision diminue plus que ce qui est initialement estimĂ©.

Dans ce scénario, une baisse plus marquée des recettes tirées des frais d’insuffisance de fonds est observée que dans le scénario central. Cela s’explique par le fait qu’il y a moins d’opérations sans provision et donc moins de recettes.

Résumé

Les tableaux ci-dessous rĂ©sument les estimations des opĂ©rations sans provision et des recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds (annĂ©e de rĂ©fĂ©rence : 2025), ainsi que les coĂ»ts et les avantages (2025-2034) de la proposition selon chaque scĂ©nario. Dans l’ensemble, il existe une relation inverse entre le nombre d’opĂ©rations sans provision dans le scĂ©nario rĂ©glementaire et l’avantage net du projet de règlement.

Tableau 10.1 : Estimations des opĂ©rations sans provision (2025)
ScĂ©narios/RĂ©sultats ScĂ©nario central ScĂ©nario A ScĂ©nario B ScĂ©nario C
RĂ©fĂ©rence 16 084 495 19 554 985 16 084 495 16 084 495
RĂ©glementaire 13 225 510 16 079 128 13 511 408 12 939 611
Variation en % − 17,77 % − 17,77 % − 16,00 % − 19,55 %
Tableau 10.2 : Estimations des recettes tirĂ©es des frais d’insuffisance de fonds (2025)
ScĂ©narios/RĂ©sultats ScĂ©nario central ScĂ©nario A ScĂ©nario B ScĂ©nario C
RĂ©fĂ©rence 753 483 383 $ 916 059 653 $ 753 483 383 $ 753 483 383 $
RĂ©glementaire 181 641 633 $ 220 833 764 $ 184 500 618 $ 178 782 648 $
Variation en % − 75,89 % − 75,89 % − 75,51 % − 76,27 %
Tableau 11 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et des avantages (2025-2034) [en millions de dollars]
Somme/ScĂ©nario ScĂ©nario central ScĂ©nario A ScĂ©nario B ScĂ©nario C
Total des avantages 5 127,1 6 229,9 5 066,1 5 189,5
Total des coĂ»ts 4 812,6 5 846,6 4 772,8 4 852,5
Avantage net 314,4 383,3 293,3 337,0
Répercussions sur la répartition

Il est probable que les personnes qui engagent des frais d’insuffisance de fonds ont de faibles revenus, sont en situation de pauvreté ou éprouvent d’autres difficultés financières. Ces personnes devraient donc bénéficier grandement du projet de règlement.

Il est attendu que les avantages soient généralement répartis proportionnellement à la population entre les provinces et les territoires. Les plus peuplés d’entre eux, comme l’Ontario et le Québec, bénéficient d’avantages plus importants. Toutefois, les provinces présentant des taux de pauvreté plus élevés, comme la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosseréférence 9, bénéficieraient probablement d’avantages disproportionnés, compte tenu des taux de pauvreté disproportionnés dans ces provinces.

Les coĂ»ts de la proposition devraient ĂŞtre rĂ©partis proportionnellement entre toutes les banques. Bien qu’il y ait de lĂ©gers Ă©carts entre les banques en fonction des frais d’insuffisance de fonds qu’elles facturent actuellement (c’est-Ă -dire que les banques qui facturent des frais d’insuffisance de fonds plus Ă©levĂ©s engageraient des coĂ»ts plus importants en raison du projet de règlement), ces Ă©carts devraient ĂŞtre minimes. Selon les estimations, les six grandes banques du Canada engageraient environ 97 % du coĂ»t net annualisĂ© pour le secteur associĂ© au projet de règlement, Ă©tant donnĂ© que ces banques reprĂ©sentent 97 % du total des frais de service perçus par toutes les banques du Canada. Le coĂ»t net annualisĂ© pour l’industrie est estimĂ© Ă  677 millions de dollars. De ce montant, 656 millions de dollars sont engagĂ©s par les six grandes banques. Les banques au Canada ont rĂ©alisĂ© un revenu net combinĂ© avant impĂ´ts de 65,9 milliards de dollarsrĂ©fĂ©rence 10 en 2023. Cela signifie que les coĂ»ts nets annualisĂ©s associĂ©s au projet de règlement reprĂ©sentent 1,03 % du revenu net avant impĂ´ts des banques, exprimĂ© en dollars de 2023.

Lentille des petites entreprises

Selon l’analyse en fonction de la lentille des petites entreprises, le projet de règlement n’aurait aucune incidence sur les petites entreprises. Par conséquent, aucune analyse supplémentaire n’a été effectuée à l’égard des répercussions sur les petites entreprises ou des mesures prises pour réduire ces répercussions.

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car il n’y a pas de changement progressif du fardeau administratif pesant sur les entreprises et aucun titre de règlement n’est abrogĂ© ou introduit. Le projet de règlement n’impose aucun fardeau administratif supplĂ©mentaire aux entreprises, car il n’y a pas d’obligation de communiquer de manière proactive des renseignements Ă  l’ACFC ou Ă  un autre organisme de rĂ©glementation; l’obligation de publier des renseignements est une exigence de conformitĂ© et n’est pas incluse dans la portĂ©e de la règle du « un pour un Â».

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Le Ministère a menĂ© des recherches sur l’utilisation des frais d’insuffisance de fonds au Canada et dans le monde, en se concentrant sur les frais facturĂ©s aux consommateurs de services financiers au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’étude a montrĂ© que de nombreuses grandes banques amĂ©ricaines ont entièrement supprimĂ© les frais d’insuffisance de fonds, alors que ces frais sont encore gĂ©nĂ©ralement facturĂ©s par les banques de petite et moyenne taille. Selon le Consumer Financial Protection Bureau, les frais d’insuffisance de fonds aux États-Unis s’élèvent en moyenne Ă  35 $ US pour toutes les banques qui facturent des frais d’insuffisance de fonds. Au Royaume-Uni, les banques offrent gĂ©nĂ©ralement une protection contre les dĂ©couverts Ă  une plus grande proportion de leurs clients qu’au Canada. Au Royaume-Uni, les frais d’insuffisance de fonds s’élèvent en moyenne Ă  25 £ et ne sont gĂ©nĂ©ralement pas facturĂ©s par les quatre plus grandes banques du pays.

Aux États-Unis, les frais d’insuffisance de fonds sont rĂ©glementĂ©s Ă  l’échelle fĂ©dĂ©rale et des États. Le Consumer Financial Protection Bureau est responsable, Ă  l’échelle fĂ©dĂ©rale, de la protection des consommateurs et des rĂ©glementations concernant les interactions entre les banques et leurs clients. Il existe Ă©galement des organismes de rĂ©glementation et une lĂ©gislation Ă  l’échelle des États concernant les frais d’insuffisance de fonds. Vingt-cinq Ă‰tats et le district de Columbia rĂ©glementent actuellement les frais d’insuffisance de fonds; des plafonds situĂ©s entre 20 $ et 45 $ sont Ă©tablis selon les États. Au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority et la Competition and Markets Authority sont responsables de diffĂ©rents aspects de la protection des consommateurs de services financiers. Les règlements et la lĂ©gislation relatifs Ă  la protection des consommateurs de services financiers sont Ă©galement mis en Ĺ“uvre par le Parlement, certains pouvoirs de rĂ©glementation Ă©tant dĂ©lĂ©guĂ©s aux autoritĂ©s de rĂ©glementation.

Le plafond de 10 $ choisi pour les frais d’insuffisance de fonds dans le cadre du projet de règlement se traduira par des frais d’insuffisance de fonds moins Ă©levĂ©s au Canada que les frais moyens aux États-Unis et au Royaume-Uni. Toutefois, les frais individuels varient de manière considĂ©rable dans ces autres administrations en fonction de la banque.

L’approche proposée pour la réduction des frais d’insuffisance de fonds au Canada se traduirait par un régime réglementaire plus normatif et plus étendu que les régimes en vigueur dans d’autres administrations, mais aboutirait en fin de compte à une situation similaire en matière d’insuffisance de fonds.

Les frais d’insuffisance de fonds sont Ă©galement couramment facturĂ©s par les coopĂ©ratives de crĂ©dit au Canada; ces entitĂ©s peuvent ĂŞtre rĂ©glementĂ©es Ă  l’échelle provinciale ou fĂ©dĂ©rale, mais aucune d’entre elles ne serait assujettie au projet de règlement. Il n’existe actuellement que trois coopĂ©ratives de crĂ©dit rĂ©glementĂ©es Ă  l’échelle fĂ©dĂ©rale. Il n’est pas prĂ©vu actuellement d’étendre les dispositions du projet de règlement aux coopĂ©ratives de crĂ©dit sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale, en raison de l’absence d’autoritĂ©s rĂ©glementaires qui permettraient d’établir un tel règlement pour cette catĂ©gorie diffĂ©rente d’institutions financières. Les frais d’insuffisance de fonds des coopĂ©ratives de crĂ©dit sont gĂ©nĂ©ralement comparables Ă  ceux facturĂ©s par les banques, avec une moyenne d’environ 45 $ dans tout le pays.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas requise.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le projet de règlement réduirait le fardeau que représentent les frais élevés d’insuffisance de fonds pour les consommateurs de services financiers et contribuerait à rendre les services plus abordables pour les Canadiens. Le coût d’un défaut de paiement et la probabilité de défaut de paiement diminueront tous deux à la suite du projet de règlement. Les personnes à faible revenu ou en situation de pauvreté bénéficieraient du projet de règlement étant donné leur manque de fonds et la probabilité accrue qu’elles engagent des frais d’insuffisance de fonds et que ces frais représentent une dépense suffisamment importante pour nuire à leur capacité d’effectuer d’autres paiements.

Parmi les Canadiens, certains sous-groupes sont plus exposĂ©s au risque de pauvretĂ©. Selon Statistique Canada, les Autochtones sont deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvretĂ© que les personnes non autochtones. En outre, le taux de pauvretĂ© des mĂ©nages monoparentaux Ă©tait de 13,5 % en 2020, comparĂ© Ă  3,4 % pour les familles biparentales. Les femmes, les jeunes, les personnes âgĂ©es, les personnes ayant un faible niveau de scolaritĂ©, les immigrants et les nouveaux arrivants au Canada constituent d’autres groupes susceptibles d’être plus exposĂ©s au risque de pauvretĂ©. On s’attend Ă©galement Ă  ce que ces groupes bĂ©nĂ©ficient de ce projet de règlement de manière disproportionnĂ©e.

Dans ses rapports, l’ACFC constate que les femmes, les Canadiens à faible revenu, les immigrants récents et les peuples autochtones sont souvent surreprésentés dans l’échantillon des Canadiens qui dépensent plus que leur revenu mensuelréférence 4. Ce constat est corroboré par les données de Statistique Canada, selon lesquelles les Autochtones, les groupes racisés et les immigrants au Canada affichent des taux de pauvreté plus élevés que les autres groupes démographiquesréférence 9. Par conséquent, on s’attend à ce que ces groupes bénéficient de ce projet de règlement de manière disproportionnée.

L’avertissement et le délai de grâce prévus par le projet de règlement pourraient être plus avantageux pour les Canadiens à revenu moyen ou élevé, qui sont plus susceptibles de disposer d’un revenu disponible dans un autre compte ou provenant d’une autre source, qui pourrait être déposé ou transféré dans leur compte afin d’éviter des frais d’insuffisance de fonds.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les dispositions du projet de règlement relatives au plafond de 10 $ pour les frais d’insuffisance de fonds entreraient en vigueur un mois après l’enregistrement du règlement dĂ©finitif. Les autres mesures incluses dans le projet de règlement, la limitation du nombre de frais d’insuffisance de fonds pouvant ĂŞtre imposĂ©e dans une pĂ©riode de 72 heures, l’avertissement et le dĂ©lai de grâce, et l’interdiction des frais sur les montants minimes infĂ©rieurs Ă  10 $ entreraient en vigueur six mois après l’enregistrement du règlement dĂ©finitif. La prolongation de la pĂ©riode d’entrĂ©e en vigueur des autres dispositions donnera aux banques suffisamment de temps pour modifier leurs systèmes de technologie de l’information, leurs documents d’orientation et les autres documents internes afin de se conformer aux mesures proposĂ©es.

Les banques seraient tenues de divulguer la première sĂ©rie de renseignements relatifs aux frais d’insuffisance de fonds dans les 30 jours suivant la fin de l’annĂ©e civile au cours de laquelle le règlement dĂ©finitif est enregistrĂ©. Il s’agirait notamment des renseignements relatifs aux frais d’insuffisance de fonds datant d’avant l’entrĂ©e en vigueur de ce règlement, mais correspondant toujours Ă  l’annĂ©e pour laquelle les banques doivent faire leur dĂ©claration.

Le Ministère collaborera avec l’ACFC pour préparer des documents de communication et mettre à jour les documents éducatifs à l’intention des consommateurs existants, le cas échéant, afin qu’ils soient disponibles au moment de l’enregistrement de ce projet de règlement.

Conformité et application

L’ACFC promeut, contrôle et assure la conformité des banques et des autres entités financières sous réglementation fédérale aux mesures de protection des consommateurs. L’ACFC veille au respect des dispositions de la Loi sur les banques et du Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière, notamment en surveillant les tendances du marché et les activités des banques pour s’assurer de leur conformité.

L’ACFC fonctionne sur la base du recouvrement des coûts et est financée principalement par les cotisations des entités réglementées qu’elle supervise. Les coûts de supervision associés aux nouvelles exigences seront absorbés et récupérés dans le cadre des processus existants, y compris l’examen continu des pratiques de supervision du Cadre de protection des consommateurs de produits et services financiers. Le respect des dispositions du projet de règlement serait assuré par une variété d’approches axées sur un continuum d’observation. Par exemple, en cas de manquements isolés ou mineurs, l’ACFC peut adresser une lettre à la banque et entreprendre une surveillance renforcée. En cas de manquements plus graves, l’ACFC peut demander à une banque de conclure une entente d’observation ou de dresser un procès-verbal de violation assorti d’une sanction administrative pécuniaire.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter les sites Web sur le Cadre des sanctions administratives pécuniaires de l’ACFC et le Cadre de surveillance de l’ACFC.

Personne-ressource

La personne-ressource pour les demandes de renseignements du public est Mark Radley, directeur, Affaires des consommateurs. Vous pouvez communiquer avec lui en Ă©crivant Ă  l’adresse consultationconsumeraffairs.consultationconsommation@fin.gc.ca.

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu des alinĂ©as 627.998a)rĂ©fĂ©rence a et e)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur les banques rĂ©fĂ©rence b, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Mark Radley, directeur, Affaires des consommateurs, Division des services financiers, Direction de la politique du secteur financier, ministère des Finances, 90, rue Elgin, Ottawa (Ontario) K1A 0G5 (courriel : consultationconsumeraffairs.consultationconsommation@fin.gc.ca).

Ottawa, le 7 novembre 2024

La greffière adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

Règlement modifiant le Règlement sur le régime de protection des consommateurs en matière financière

Modifications

1 (1) Le Règlement sur le rĂ©gime de protection des consommateurs en matière financière rĂ©fĂ©rence 11 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 10, de ce qui suit :

Insuffisance de provision

Frais pour insuffisance de provision

10.1 L’institution peut imposer des frais d’au plus 10 $ Ă  la personne physique dont le compte de dĂ©pĂ´t personnel ne dispose pas de la provision suffisante pour couvrir un paiement Ă  tirer sur ce compte.

(2) L’article 10.1 du mĂŞme règlement devient le paragraphe 10.1(1) et est modifiĂ© par adjonction de ce qui suit :

Exceptions

(2) Elle ne peut toutefois imposer ces frais :

Exception

(3) L’alinéa (2)c) ne s’applique pas si la personne physique renonce par écrit à ce qu’un avertissement lui soit envoyé ou refuse de fournir à l’institution les coordonnées nécessaires pour que l’avertissement lui soit envoyé.

2 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 10.1, de ce qui suit :

Communication de renseignements

10.2 (1) L’institution rend accessibles, dans les trente jours suivant la fin de chaque annĂ©e civile, les renseignements ci-après concernant cette annĂ©e sur un site Web oĂą elle offre des produits ou des services au Canada :

Accessibilité des renseignements

(2) L’institution fait en sorte que les renseignements demeurent accessibles sur le site Web durant les trois années qui suivent la date où elle les a rendus accessibles.

Entrée en vigueur

3 (1) Sous réserve du paragraphe (2), le présent règlement entre en vigueur le trentième jour suivant la date de son enregistrement.

(2) Le paragraphe 1(2) et l’article 2 entrent en vigueur le jour qui, dans le sixième mois suivant le mois de l’enregistrement du prĂ©sent règlement, porte le mĂŞme quantième que le jour de son enregistrement ou, Ă  dĂ©faut de quantième identique, le dernier jour de ce sixième mois.

Conditions d’utilisation et Avis de confidentialité

Conditions d’utilisation

Vous ĂŞtes tenu de vous assurer que les commentaires que vous formulez ne contiennent aucun des Ă©lĂ©ments suivants :

  • renseignement personnel;
  • renseignement protĂ©gĂ© ou classifiĂ© du gouvernement du Canada;
  • commentaire discriminatoire ou qui incite Ă  la discrimination fondĂ©e sur la race, le sexe, la religion, l’orientation sexuelle ou contre tout autre groupe protĂ©gĂ© en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne ou de la Charte canadienne des droits et libertĂ©s;
  • commentaire haineux, diffamatoire ou obscène;
  • commentaire menaçant, violent, intimidant ou harcelant;
  • commentaire venant Ă  l’encontre des lois fĂ©dĂ©rales, provinciales ou territoriales du Canada;
  • commentaire qui constitue une usurpation d’identitĂ©, de la publicitĂ© ou du pollupostage;
  • commentaire dont le but est d'encourager ou d'inciter une activitĂ© criminelle;
  • liens externes;
  • commentaire rĂ©digĂ© dans une langue autre que le français ou l’anglais;
  • commentaire qui contrevient autrement au prĂ©sent avis.

L’institution fĂ©dĂ©rale qui gère le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit d’examiner et de supprimer les renseignements personnels, les propos haineux ou tout autre renseignement jugĂ© inappropriĂ© Ă  la publication, tel qu’il est dĂ©crit ci-dessus.

Les renseignements commerciaux confidentiels ne doivent ĂŞtre affichĂ©s que dans la zone de texte rĂ©servĂ©e Ă  cette fin. En gĂ©nĂ©ral, « renseignements commerciaux confidentiels Â» dĂ©signe les renseignements qui i) ne sont pas accessibles au public, ii) sont traitĂ©s de façon confidentielle par la personne dont l’entreprise est concernĂ©e par ces renseignements et iii) ont une valeur Ă©conomique rĂ©elle ou potentielle pour la personne ou ses concurrents, car ils ne sont pas accessibles au public et leur divulgation entraĂ®nerait une perte financière pour la personne ou un gain important pour ses concurrents. Les commentaires fournis dans la zone rĂ©servĂ©e aux renseignements commerciaux confidentiels qui correspondent Ă  cette description ne seront pas rendus publics. L’institution fĂ©dĂ©rale qui gère le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit de rendre le commentaire public s’il n’est pas considĂ©rĂ© qu’il s’agit d’un renseignement commercial confidentiel.

Vos commentaires seront affichés sur le site Web de la Gazette du Canada à la disposition du public pour examen. Cependant, vous avez le droit de soumettre vos commentaires de façon anonyme. Le cas échéant, vos commentaires seront rendus publics et attribués à une personne anonyme. Aucun autre renseignement à votre sujet ne sera rendu public.

Les commentaires seront affichĂ©s sur le site Web de la Gazette du Canada pendant au moins 10 ans.

Veuillez noter que la communication par courriel n’est pas sécurisée. Par conséquent, si la pièce jointe à transmettre contient des renseignements de nature délicate, veuillez écrire à l’adresse de courriel ministérielle pour discuter des façons dont vous pouvez transmettre ces renseignements.

Avis de confidentialité

Les renseignements fournis sont recueillis en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques, de la Loi sur le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, ainsi que des lois habilitantes des organismes de rĂ©glementation concernĂ©s, aux fins de recueillir des commentaires liĂ©s aux changements rĂ©glementaires. Vos commentaires et vos documents sont recueillis dans le but d’accroĂ®tre la transparence du processus rĂ©glementaire et de rendre le gouvernement plus accessible aux Canadiens.

Les renseignements personnels soumis sont recueillis, utilisĂ©s, communiquĂ©s, conservĂ©s et protĂ©gĂ©s contre l’accès par les personnes ou les organismes non autorisĂ©s conformĂ©ment aux dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels et du Règlement sur la protection des renseignements personnels. Les noms des personnes fournis ne seront pas affichĂ©s en ligne; ils seront toutefois conservĂ©s pour que nous puissions communiquer avec ces personnes au besoin. Les noms des organisations qui formulent des commentaires seront affichĂ©s en ligne.

Les renseignements soumis, y compris les renseignements personnels, seront accessibles Ă  Services publics et Approvisionnement Canada, Ă  qui incombe les responsabilitĂ©s de la page Web de la Gazette du Canada, et Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Toute personne est en droit de demander que les renseignements personnels la concernant lui soient communiquĂ©s ou qu’ils soient corrigĂ©s. Pour demander l’accès Ă  vos renseignements personnels ou leur correction, communiquez avec le Bureau de l’accès Ă  l’information et de la protection des renseignements personnels (AIPRP) de l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Vous pouvez adresser une plainte au Commissariat à la protection de la vie privée du Canada au sujet de la gestion de vos renseignements personnels par une institution fédérale.

Les renseignements personnels fournis sont versĂ©s dans le fichier de renseignements personnels POU 938 ActivitĂ©s de sensibilisation. Les personnes qui souhaitent accĂ©der Ă  leurs renseignements personnels en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels doivent en faire la demande Ă  l’organisme de rĂ©glementation compĂ©tent en fournissant suffisamment de renseignements pour permettre Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale de rĂ©cupĂ©rer les renseignements personnels concernant ces personnes. L’institution fĂ©dĂ©rale pourrait avoir de la difficultĂ© Ă  retracer les renseignements personnels au sujet de personnes qui formulent des commentaires de façon anonyme et qui demandent l’accès Ă  leurs renseignements personnels.