La Gazette du Canada, Partie I, volume 158, numĂ©ro 26 : Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (Ă©tablissements d’enseignement dĂ©signĂ©s)

Le 29 juin 2024

Fondement législatif
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés

Ministère responsable
Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Enjeux

En vertu du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR) actuel, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et les provinces et territoires se partagent la responsabilité des étudiants étrangers. Dans le cadre de protocoles d’entente (PE), les provinces et territoires (PT) établissent les normes communes minimales en collaboration avec IRCC pour la désignation des établissements d’enseignement, portant le nom d’établissements d’enseignement désignés (EED), qui peuvent recevoir des étudiants étrangers et pour la révocation de la désignation, le cas échéant. IRCC a la responsabilité de traiter les demandes de permis d’études des étudiants étrangers qui ont été acceptés pour étudier dans des EED.

Trois enjeux qui ont une incidence sur l’intĂ©gritĂ© du programme ont Ă©tĂ© cernĂ©s :

Le RIPR limite Ă©galement Ă  20 heures par semaine le nombre d’heures pendant lesquelles les Ă©tudiants Ă©trangers admissibles peuvent travailler hors campus sans permis de travail. Les Ă©tudiants Ă©trangers et certains intervenants ont indiquĂ© que 20 heures de travail par semaine ne suffisent pas pour suivre le rythme du coĂ»t de la vie au Canada.

Contexte

L’administration du Programme des étudiants étrangers est une responsabilité partagée entre IRCC et les provinces et territoires (PT). IRCC se charge d’élaborer les politiques concernant l’entrée des étudiants étrangers, d’établir les conditions que doivent remplir les titulaires d’un permis d’études pendant leur séjour au Canada et de décider s’il convient ou non de délivrer un permis d’études à un demandeur.

Les établissements d’enseignement qui souhaitent accueillir des étudiants étrangers afin qu’ils étudient au Canada doivent obtenir une désignation auprès de leur province ou de leur territoire. Pour obtenir cette désignation, ils doivent satisfaire à un ensemble de normes énoncées dans les PE conclus avec chaque PT. Les PT ont aussi leurs propres normes, que les établissements d’enseignement doivent respecter pour pouvoir obtenir une désignation. Les PT communiquent avec IRCC lorsque des établissements doivent être ajoutés à la liste publique des EED ou doivent en être retirés. Cette liste énumère les établissements qui sont autorisés à accueillir des étudiants dans une province ou un territoire donné. À l’heure actuelle, le Québec désigne ses propres établissements d’enseignement, suivant sa réglementation provinciale; par conséquent, la province est exemptée de l’obligation de conclure un PE avec IRCC.

En 2023, le Canada a accueilli un nombre record d’étudiants Ă©trangers, soit environ 1 040 000 titulaires de permis d’études de niveau primaire, secondaire et postsecondaire, ce qui reprĂ©sente une hausse de 151 % par rapport aux 352 305 titulaires de permis d’études enregistrĂ©s en 2015. Toujours en 2023, le Ministère a reçu 914 405 nouvelles demandes de permis d’études, comparativement Ă  713 775 en 2022, ce qui reprĂ©sente une augmentation de 28 %. Cette hausse importante de la demande peut ĂŞtre attribuable Ă  plusieurs facteurs, dont un accroissement de l’intĂ©rĂŞt pour les Ă©tudes et, Ă©ventuellement, le travail au Canada, ainsi que l’augmentation du nombre d’activitĂ©s de promotion et de marketing visant Ă  faire du Canada une destination de choix pour la poursuite d’études postsecondaires.

En vertu de la réglementation actuelle, les étudiants étrangers peuvent changer d’EED à tout moment. IRCC recommande qu’ils informent le Ministère d’un tel changement par l’intermédiaire d’un portail sécurisé, mais il s’agit là d’une simple pratique administrative et, à l’heure actuelle, les étudiants ne sont pas tenus de s’y conformer. Or, les étudiants étrangers qui changent d’EED sans préavis pourraient être déclarés absents par leur EED d’origine et considérés comme ne respectant pas les conditions de leur permis, ce qui pourrait avoir une incidence négative sur leur capacité à obtenir un permis d’étude subséquent. Il est donc dans l’intérêt collectif des clients, des EED et des différents ordres de gouvernement de communiquer ou de recueillir des renseignements obligatoires et exacts sur l’EED fréquenté.

Depuis 2014, les Ă©tudiants qui rĂ©pondent Ă  certains critères prĂ©cisĂ©s par règlement sont autorisĂ©s Ă  travailler 20 heures hors campus sans permis de travail. En novembre 2022, le ministre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration a commencĂ© Ă  publier une sĂ©rie de politiques d’intĂ©rĂŞt public portant notamment sur la levĂ©e de la limite de 20 heures par semaine pour les Ă©tudiants de niveau postsecondaire admissibles. Ces politiques d’intĂ©rĂŞt public devaient servir de mesure temporaire visant Ă  rĂ©pondre aux besoins du marchĂ© du travail après la pandĂ©mie, car les Ă©tudiants Ă©trangers sont admis au Canada principalement pour Ă©tudier, et non pour travailler. Les politiques en question ont expirĂ© le 30 avril 2024. Il faut maintenant réévaluer l’équilibre appropriĂ© entre le besoin qu’ont certains Ă©tudiants de travailler pour toucher des revenus supplĂ©mentaires et l’objet du permis d’études, afin que les Ă©tudiants obtiennent de bons rĂ©sultats acadĂ©miques et que le Canada demeure cohĂ©rent par rapport aux autres pays aux vues similaires qui limitent les heures de travail des Ă©tudiants Ă©trangers. Par exemple, le Royaume-Uni, la Nouvelle-ZĂ©lande et l’Irlande permettent Ă  certains Ă©tudiants de travailler jusqu’à 20 heures par semaine, tandis que l’Australie a modifiĂ© sa limite d’heures en 2023 pour l’établir Ă  48 heures toutes les deux semaines. Un examen de ces facteurs a menĂ© Ă  la proposition d’augmenter modĂ©rĂ©ment les heures de travail jusqu’à un maximum de 24 heures.

Objectif

L’objectif principal des modifications proposées consiste à fournir à IRCC les outils appropriés pour s’assurer que les permis d’étude sont délivrés à des étudiants qui fréquenteront véritablement des EED conformes aux exigences fédérales et provinciales et pour vérifier que les étudiants respectent les conditions de leur permis d’études. De plus, IRCC a besoin de moyens appropriés de prendre des mesures à l’encontre des EED qui ne satisfont pas aux règlements proposés.

Enfin, les modifications proposĂ©es visent Ă  permettre aux Ă©tudiants Ă©trangers de travailler davantage d’heures hors campus, en augmentant la limite Ă  24 heures par semaine, afin de compenser le coĂ»t de la vie au Canada.

Description

Les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es visent exclusivement les EED de niveau postsecondaire et les Ă©tudiants Ă©trangers du mĂŞme niveau. Dans le prĂ©sent document, le terme « Ă©tablissement d’enseignement dĂ©signĂ© Â» (EED) dĂ©signe uniquement les Ă©tablissements de niveau postsecondaire.

Conditions touchant les EED

Le projet de règlement exigerait que les EED de niveau postsecondaire respectent les conditions suivantes, en utilisant les moyens Ă©lectroniques prĂ©cisĂ©s par le ministre :

Le projet de règlement permet au ministre, de sa propre initiative ou Ă  la demande d’un EED, de prolonger le dĂ©lai dont dispose l’EED pour confirmer l’information, fournir des renseignements ou prĂ©senter un rapport si le ministre juge que :

Vérification du respect des conditions par les EED

Le projet de règlement permettrait Ă  un agent d’IRCC de vĂ©rifier si un EED respecte les conditions dans l’une des situations suivantes :

Aux fins de la vérification de la conformité, le projet de règlement permettrait à l’agent d’exiger de l’EED qu’il fournisse tous les documents pertinents et qu’un représentant soit accessible pour répondre aux questions, au moment et à l’endroit précisés par l’agent.

Dans le cadre du projet de règlement, le défaut de se conformer à une condition serait justifié si l’EED avait déployé tous les efforts raisonnables pour s’y conformer ou si la non-conformité découlait d’une erreur de bonne foi de la part de l’EED.

Le projet de règlement exigerait que l’agent, qui estime qu’un EED ne respecte pas une condition, dĂ©livre un avis de dĂ©cision provisoire. L’avis doit fournir tous les renseignements suivants :

Les dispositions réglementaires proposées permettraient à l’agent de corriger ou d’annuler l’avis à tout moment avant l’envoi de l’avis de décision finale.

Les dispositions rĂ©glementaires proposĂ©es permettraient Ă  l’EED de prĂ©senter des observations Ă©crites dans les 30 jours suivant la rĂ©ception d’un avis de dĂ©cision provisoire, ainsi que tout document pertinent. Le ministre peut accorder, Ă  la demande de l’EED, une prolongation d’au plus 30 jours pour prĂ©senter des observations Ă©crites s’il estime que des circonstances exceptionnelles ont empĂŞchĂ© ou entravĂ© la capacitĂ© de l’établissement Ă  prĂ©senter ses observations.

Si, après la pĂ©riode de prĂ©sentation des observations Ă©crites de 30 jours, le ministre dĂ©termine que l’EED n’a pas respectĂ© les conditions, les dispositions rĂ©glementaires proposĂ©es obligeraient le ministre Ă  transmettre un avis de dĂ©cision finale qui comprendrait :

Liste et période de suspension

Pour déterminer si un EED doit être inscrit sur la liste de suspension et la période de sanction, les dispositions réglementaires proposées exigeraient que le ministre prenne en considération la fréquence et la gravité du non-respect des conditions par l’EED, les efforts déployés par l’EED pour respecter les conditions, le niveau de collaboration de l’EED lors de la vérification et les observations écrites de l’EED en réponse à l’avis de décision provisoire.

Les dispositions rĂ©glementaires proposĂ©es exigeraient que le ministre publie et tienne Ă  jour une liste publique de suspension comportant les Ă©lĂ©ments suivants pour chaque EED ayant reçu un avis de dĂ©cision finale exigeant qu’il soit inscrit sur la liste :

Les dispositions rĂ©glementaires proposĂ©es permettraient Ă  un EED non conforme de rester sur la liste de suspension pendant une pĂ©riode maximale de 12 mois consĂ©cutifs.

Les dispositions réglementaires proposées exigeraient que, pendant la période où un EED figure sur la liste de suspension, toute demande de permis d’études mentionnant l’EED soit renvoyée au demandeur sans être traitée, accompagnée de tous les documents justificatifs et des frais de traitement.

Les dispositions réglementaires proposées exigeraient qu’un titulaire de permis d’études au Canada ayant reçu une lettre d’acceptation de fréquentation d’un EED autre que celui indiqué sur son permis d’études et qui souhaite changer d’EED soumette une demande pour obtenir un nouveau permis d’études avant la date de début du nouveau programme d’études. Les dispositions réglementaires proposées permettraient à l’étudiant de fréquenter le nouvel EED sans permis d’études valide jusqu’à ce qu’une décision finale soit rendue quant à sa demande de nouveau permis d’études, à condition que l’étudiant reste au Canada et respecte toutes les autres conditions de son permis d’études.

Modifications des dispositions de la lettre d’acceptation

Le projet de règlement modifierait les dispositions existantes concernant la dĂ©livrance d’un permis d’études afin d’exiger que l’EED confirme la lettre d’acceptation (LA) fournie par un demandeur. Le projet de règlement lèverait l’exigence de prĂ©senter une lettre d’acceptation vĂ©rifiĂ©e pour un membre de la famille accompagnant un Ă©tranger dont le permis d’études ou de travail est approuvĂ© avant son arrivĂ©e au Canada. Toutefois, le projet de règlement exigerait que le membre de la famille qui accompagne l’étranger prĂ©sente une lettre d’acceptation vĂ©rifiĂ©e une fois au Canada, si ce membre de la famille change pour un EED postsecondaire.

Le projet de règlement ajouterait également une nouvelle disposition selon laquelle, si un EED ne fournit pas de confirmation de l’acceptation d’un étudiant à un établissement d’enseignement postsecondaire, comme l’exigent les conditions visant les EED, la demande de permis d’études ne doit pas être traitée et doit être retournée à l’étudiant, tout comme les documents à l’appui et les frais de traitement.

Conséquences du non-respect des conditions

Le projet de règlement modifierait les conditions visant le titulaire du permis d’études afin de préciser qu’il doit s’inscrire à l’EED indiqué sur son permis d’études et qu’il doit continuer d’y suivre des cours jusqu’à la fin de ses études. Les dispositions relatives à l’invalidité du permis d’études seraient également modifiées afin d’ajouter la date à laquelle le titulaire du permis n’est plus inscrit à l’EED mentionné sur le permis, sauf après avoir terminé ses études, à titre de date à laquelle le permis pourrait devenir invalide.

Heures de travail à l’extérieur du campus

Le projet de règlement ferait passer de 20 heures par semaine Ă  24 heures par semaine la limite pour le travail Ă  l’extĂ©rieur du campus pendant les semestres rĂ©guliers de cours.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Depuis l’automne 2022, IRCC mène de vastes consultations auprès des ministères provinciaux et territoriaux responsables de l’immigration et de l’éducation, des associations nationales du milieu de l’éducation reprĂ©sentant la majoritĂ© des EED au Canada, de chaque EED et des organisations reprĂ©sentant les Ă©tudiants. Ces consultations ont portĂ© sur les dĂ©fis et les initiatives proposĂ©es qui permettraient de relever la barre pour tous les Ă©tablissements afin qu’ils puissent mieux recruter et soutenir les Ă©tudiants Ă©trangers; gĂ©rer des volumes Ă©levĂ©s insoutenables dans le cadre du PEE; Ă©laborer des pouvoirs rĂ©glementaires et des outils stratĂ©giques plus solides qui permettraient de mieux rĂ©pondre Ă  la vulnĂ©rabilitĂ© des Ă©tudiants, Ă  la fraude et aux acteurs illĂ©gitimes.

Dans le cadre des consultations, les PT ont formulĂ© des commentaires sur les thèmes suivants :

Bien que la première et la troisième séries de mesures aient fait l’objet d’un consensus général, les réactions ont été partagées pour ce qui est de la deuxième. Quelques PT se sont montrés favorables à l’idée de renforcer les pouvoirs permettant de suspendre les permis d’études pour les EED qui se livrent à des activités frauduleuses ou présentent des taux élevés de non-conformité, pour autant qu’IRCC tienne compte du rôle des PT dans la désignation des EED, tandis que d’autres craignaient que des pouvoirs fédéraux plus importants empiètent sur leur mandat en matière d’éducation.

En ce qui a trait Ă  la vĂ©rification des lettres d’acceptation, les PT ont activement commentĂ© le succès de la mesure actuellement en place au moyen des instructions ministĂ©rielles, faisant Ă©galement part des commentaires reçus de leurs EED respectifs. Enfin, les PT ont fourni un soutien gĂ©nĂ©ral en vue de renforcer le cadre des EED, y compris le rĂ©gime de conformitĂ©.

IRCC a Ă©galement tenu des consultations sur la modernisation du programme des Ă©tudiants avec les associations nationales suivantes du milieu de l’enseignement postsecondaire : UniversitĂ©s Canada, Collèges et instituts Canada, le Bureau canadien de l’éducation internationale, Langues Canada et l’Association des collèges et universitĂ©s de la francophonie canadienne. Les associations, au nom de leurs membres, ont formulĂ© les commentaires suivants :

IRCC s’engage à travailler en étroite collaboration avec l’ensemble des PT, que ce soit dans le cadre de discussions multilatérales ou bilatérales, afin de faire progresser la réforme du PEE.

IRCC a menĂ© des consultations sur la question du travail hors campus, y compris sur les politiques d’intĂ©rĂŞt public visant Ă  lever la limite de 20 heures de travail au moyen d’un sondage et d’entrevues auprès des intervenants rĂ©alisĂ©s Ă  l’étĂ© 2023. Ces consultations ont permis d’obtenir un vaste Ă©ventail de points de vue sur le nombre d’heures que les Ă©tudiants Ă©trangers devraient ĂŞtre autorisĂ©s Ă  travailler hors campus. Lors de consultations avec les ministères de l’Éducation des PT, la plupart des rĂ©pondants ont exprimĂ© des prĂ©occupations au sujet des heures de travail illimitĂ©es ou grandement accrues, citant les risques pour l’intĂ©gritĂ© du programme, la possibilitĂ© que les Ă©tudiants accordent la prioritĂ© au travail plutĂ´t qu’aux Ă©tudes, les pratiques de recrutement, les rĂ©percussions sur la rĂ©ussite scolaire des Ă©tudiants et des prĂ©occupations concernant l’exploitation des Ă©tudiants par les employeurs. Une province a demandĂ© Ă  ses Ă©tablissements d’enseignement postsecondaire publics de formuler des commentaires sur les politiques d’intĂ©rĂŞt public, et la majoritĂ© des rĂ©pondants ont exprimĂ© de vives prĂ©occupations au sujet du bien-ĂŞtre et du rendement scolaire des Ă©tudiants dans le contexte du travail illimitĂ©.

Toutefois, la politique d’intĂ©rĂŞt public visant Ă  lever la limite de 20 heures par semaine pour le travail hors campus Ă©tait populaire auprès des Ă©tudiants Ă©trangers admissibles. Ă€ l’étĂ© 2023, IRCC a menĂ© un sondage auprès de ces derniers afin de mieux comprendre les rĂ©percussions. En tout, 89 % des Ă©tudiants qui ont rĂ©pondu au sondage Ă©taient en faveur de la levĂ©e permanente du plafond. Le sondage a Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© que 81,4 % des rĂ©pondants ont travaillĂ© pendant le semestre hiver-printemps 2023. En outre, 75,1 % des Ă©tudiants admissibles ont dĂ©clarĂ© avoir travaillĂ© hors campus; parmi ceux-ci, 73,1 % ont mentionnĂ© avoir travaillĂ© plus de 20 heures par semaine.

IRCC a Ă©galement entendu plusieurs employeurs aux prises avec une pĂ©nurie de main-d’œuvre qui appuient la levĂ©e complète de la limite de 20 heures.

Des associations universitaires et des fournisseurs de services ont aussi été questionnés par les représentants d’IRCC au sujet de la politique d’intérêt public visant à lever la limite des heures de travail hors campus, et leurs commentaires étaient en grande partie positifs. Plusieurs organisations et associations ont mis l’accent sur le principe de l’équité entre les étudiants étrangers et les étudiants au pays et l’importance de respecter l’autonomie des étudiants étrangers ainsi que leur capacité de prendre leurs propres décisions concernant l’équilibre entre leur travail et leurs études. Toutefois, le Ministère a également appris que certains EED avaient connu une augmentation du nombre d’étudiants étrangers qui éprouvent des difficultés dans le cadre de leurs études depuis l’intégration de ce changement de politique temporaire, ce qui indique que certains accordent la priorité au travail plutôt qu’à leurs études.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

La proposition a été évaluée en fonction des répercussions des traités modernes, et le Ministère n’a relevé aucune répercussion potentielle des traités modernes ou de l’autonomie gouvernementale.

Choix de l’instrument

Les améliorations proposées au programme ne peuvent être apportées que par la modification du RIPR.

Étant donné que la limite relative aux heures de travail hors campus est prévue par le Règlement, la seule option possible afin de changer la limite consiste à modifier celui-ci.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Une première Ă©tape importante de l’élaboration d’une mĂ©thode d’analyse des coĂ»ts et des avantages consiste Ă  Ă©tablir un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence par rapport auquel les options peuvent ĂŞtre Ă©valuĂ©es. Pour la prĂ©sente analyse, dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les exigences rĂ©glementaires visant les EED et les titulaires de permis d’études seraient les mĂŞmes. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence est ensuite comparĂ© au scĂ©nario rĂ©glementaire, dans lequel les EED seraient tenus de vĂ©rifier les lettres d’acceptation associĂ©es aux demandes de permis d’études et de soumettre des rapports de conformitĂ© Ă  IRCC. IRCC pourrait prendre des mesures lorsque les EED ne respectent pas les conditions rĂ©glementaires, en ajoutant les EED non conformes Ă  une liste de suspension publique et en empĂŞchant l’approbation des demandes de permis d’études qui mentionnent les EED figurant sur la liste de suspension. Dans le cadre du scĂ©nario rĂ©glementaire, les titulaires de permis d’études seraient tenus de frĂ©quenter l’EED indiquĂ© sur leur permis d’études, Ă  moins qu’ils ne prĂ©sentent une nouvelle demande de permis d’études pour changer d’EED. Enfin, les Ă©tudiants Ă©trangers Ă  temps plein qui suivent des programmes de formation scolaire ou professionnelle seraient Ă©galement autorisĂ©s Ă  travailler 24 heures par semaine Ă  l’extĂ©rieur du campus, au lieu de la limite actuelle de 20 heures par semaine.

Les coĂ»ts et les avantages des modifications rĂ©glementaires sont monĂ©tisĂ©s sur 10 pĂ©riodes de 12 mois (de 2024 Ă  2033) et sont exprimĂ©s en dollars de 2023. Le Règlement entrerait en vigueur le jour de son enregistrement. Pour de plus amples renseignements sur la mĂ©thode, un rapport dĂ©taillĂ© d’analyse coĂ»ts-avantages peut ĂŞtre obtenu sur demande Ă  l’adresse suivante : IRCC.TEIBISPolicy-DIETPPEIPolitique.IRCC@cic.gc.ca.

Ă€ l’étĂ© 2023, l’IRCC a menĂ© une consultation au sujet des rĂ©percussions sur les coĂ»ts et les avantages auprès des Ă©tudiants Ă©trangers admissibles par l’entremise d’un sondage, afin de mieux comprendre les rĂ©percussions de la politique d’intĂ©rĂŞt public visant Ă  lever la limite de 20 heures par semaine pour le travail hors campus et de connaĂ®tre le taux de participation des Ă©tudiants Ă©trangers admissibles Ă  cette politique.

L’analyse coûts-avantages formule des hypothèses sur les variables qui peuvent présenter un degré d’incertitude. Il est important de reconnaître cette incertitude, en particulier pour les variables au sujet desquelles les intervenants externes touchés n’ont pas été consultés. Pour cette raison, une analyse de sensibilité a été menée afin de déterminer en quoi des changements dans les variables incertaines influenceraient les résultats de l’analyse coûts-avantages. Pour obtenir les résultats de l’analyse de sensibilité, veuillez consulter le rapport de l’analyse coûts-avantages.

Le coĂ»t des modifications rĂ©glementaires devrait ĂŞtre de 86 957 971 $ en valeur actualisĂ©e (VA) pour les 10 pĂ©riodes. Ces coĂ»ts comprennent les activitĂ©s de mise en Ĺ“uvre du gouvernement du Canada, les coĂ»ts pour les EED liĂ©s Ă  la participation au système de vĂ©rification des lettres d’acceptation et Ă  la prĂ©sentation de rapports de conformitĂ© Ă  IRCC et les coĂ»ts pour les titulaires de permis d’études qui souhaitent changer d’EED. Les modifications rĂ©glementaires visant Ă  augmenter la limite d’heures de travail hors campus pour les Ă©tudiants Ă©trangers Ă  temps plein ne devraient pas entraĂ®ner de coĂ»ts supplĂ©mentaires. Les coĂ»ts de mise en Ĺ“uvre des modifications par le Ministère seraient gĂ©rĂ©s au moyen des ressources actuelles d’IRCC. Les avantages des modifications rĂ©glementaires profiteraient aux Ă©tudiants Ă©trangers qui sont admissibles Ă  une augmentation de quatre heures de leur limite hebdomadaire de travail hors campus. Ces avantages sont estimĂ©s Ă  10,2 milliards de dollars en VA sur les 10 pĂ©riodes.

Coûts pour les EED
Vérification obligatoire des lettres d’acceptation

Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, bien que les Instructions ministĂ©rielles concernant le traitement des demandes de permis d’études exigent dĂ©jĂ  la vĂ©rification des lettres d’acceptation par les EED de niveau postsecondaire, ces instructions constituent une mesure temporaire. Les modifications rĂ©glementaires Ă©tabliraient de façon permanente une exigence relative Ă  la vĂ©rification des lettres d’acceptation. Cela se ferait au moyen d’un portail dĂ©jĂ  existant par l’entremise duquel les EED recevraient les renseignements biographiques du demandeur, le numĂ©ro d’étudiant de l’établissement d’accueil et la confirmation de l’acceptation de l’étudiant par l’EED. Cette exigence devrait toucher entre 1 700 et 2 000 EED Ă  l’échelle du Canada, y compris au QuĂ©bec.

Aux fins de l’estimation des rĂ©percussions de l’exigence relative Ă  la vĂ©rification des lettres d’acceptation sur les coĂ»ts pour les EED, le nombre de demandes de permis d’études nĂ©cessitant une vĂ©rification au cours de la pĂ©riode 1 est estimĂ© Ă  884 884. On s’attend Ă  ce que ce volume diminue de 11,8 % au cours de la pĂ©riode 2, reflĂ©tant l’effet du plafond d’admission sur la plupart des demandes de permis d’études. Ensuite, la croissance devrait reprendre, Ă  un taux de 22,39 % pendant la pĂ©riode 3, puis Ă  22,73 % au cours de la pĂ©riode 4, et demeurer constante Ă  11,6 % pour le reste de la pĂ©riode d’analyse.

Au cours de la première pĂ©riode, on suppose qu’un EED consacrera trois minutes Ă  la vĂ©rification d’une lettre d’acceptation. Ă€ compter de la troisième pĂ©riode, lorsque les EED se seront familiarisĂ©es avec le portail, le temps de vĂ©rification devrait diminuer Ă  30 secondes.

Le coĂ»t total de la vĂ©rification des lettres d’acceptation pour les EED est estimĂ© Ă  4 806 119 $ en VA sur 10 pĂ©riodes.

Rapports de conformité

Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, tous les EED de niveau postsecondaire, Ă  l’exception des Ă©tablissements situĂ©s au QuĂ©bec, doivent remplir et soumettre Ă  IRCC des rapports pĂ©riodiques sur le statut d’inscription de leurs titulaires de permis d’études au niveau postsecondaire. Bien que les rapports de conformitĂ© constituent dĂ©jĂ  une exigence pour quelque 700 EED, environ 6 % Ă  8 % de ceux qui doivent prĂ©senter des rapports ne le font pas. En plus de combler l’écart qui existe en ce qui a trait Ă  la satisfaction de cette exigence, les modifications rĂ©glementaires ajouteraient Ă©galement les EED de niveau postsecondaire du QuĂ©bec au rĂ©gime de production de rapports de conformitĂ© au moyen d’une entente d’échange de renseignements entre IRCC et le QuĂ©bec.

L’intĂ©gration des EED du QuĂ©bec pour cette exigence devrait prendre environ un an. Pour cette raison, les EED du QuĂ©bec commenceraient Ă  se conformer Ă  l’exigence de production de rapports au cours de la pĂ©riode 2. Dans le cadre de la prĂ©sente analyse, on estime que 39 EED seraient touchĂ©s par l’exigence de production de rapports au cours de la pĂ©riode 1. Cela reflète le nombre d’EED hors QuĂ©bec qui ne sont pas conformes au rĂ©gime actuel. Au cours de la pĂ©riode 2, 363 EED du QuĂ©bec commenceraient Ă  se conformer Ă  l’exigence de production de rapports, pour un total de 402 EED tenus de prĂ©senter des rapports de conformitĂ© pendant cette pĂ©riode Ă  l’échelle du Canada. Pour tenir compte de l’incidence du plafond d’admission sur la plupart des demandes de permis d’études, aucune augmentation du nombre d’EED n’est prĂ©vue pour les deux premières pĂ©riodes. Pendant la pĂ©riode 3, la croissance devrait reprendre, Ă  un taux de 3,5 % par pĂ©riode. L’élaboration et la prĂ©sentation de rapports de conformitĂ© devraient prendre 37,5 heures par EED.

En plus d’exiger la prĂ©sentation de rapports semestriels, les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es donneraient le pouvoir d’effectuer un suivi auprès des EED lorsqu’IRCC a des questions ou des prĂ©occupations au sujet des renseignements prĂ©sentĂ©s dans les rapports. On s’attend Ă  ce que seulement 50 % des EED touchĂ©s nĂ©cessitent un suivi, ce qui devrait leur prendre 10 minutes pour de multiples dossiers d’étudiants.

Le coĂ»t liĂ© aux exigences de production de rapports de conformitĂ© pour les EED est estimĂ© Ă  7 221 881 $ en VA sur 10 pĂ©riodes.

Enfin, les modifications rĂ©glementaires permettraient Ă  IRCC de prendre des mesures lorsqu’un EED n’a pas rempli les conditions de production de rapports Ă©noncĂ©es dans les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es. Les EED non conformes pourraient ĂŞtre ajoutĂ©s Ă  une liste de suspension accessible au public et ne pas ĂŞtre autorisĂ©s Ă  accueillir des Ă©tudiants Ă©trangers pendant une pĂ©riode maximale de 12 mois. Les rĂ©percussions de la suspension des EED sur les coĂ»ts prendraient la forme de pertes de revenus dĂ©coulant du fait que les Ă©tudiants Ă©trangers ne peuvent pas s’inscrire auprès de l’établissement pendant la pĂ©riode de suspension. Ces rĂ©percussions ne sont pas prises en compte dans l’analyse coĂ»ts-avantages, car elles seraient considĂ©rĂ©es comme une consĂ©quence du non-respect du projet de règlement.

Coût pour les titulaires de permis d’études

Dans le scĂ©nario de base, bien qu’IRCC exige des Ă©tudiants qu’ils l’avisent de tout changement d’EED, ces derniers ne sont pas tenus de prĂ©senter une nouvelle demande de permis d’études pour changer d’EED. En vertu des modifications rĂ©glementaires, les Ă©tudiants souhaitant ĂŞtre transfĂ©rĂ©s dans un nouvel EED auraient Ă  obtenir un nouveau permis d’études. Les changements d’EED sont courants et difficiles Ă  suivre. Bien qu’IRCC ne dispose pas des donnĂ©es nĂ©cessaires pour dĂ©terminer combien d’étudiants Ă©trangers changent d’EED chaque annĂ©e, selon les rapports de conformitĂ© des EED, il est estimĂ© qu’environ 5 % d’entre eux le font.

Aux fins de la prĂ©sente analyse, au cours de la pĂ©riode 1, 30 536 nouvelles demandes devraient ĂŞtre prĂ©sentĂ©es, et ce volume augmentera selon le taux de croissance prĂ©sumĂ© des titulaires de permis d’études. Cela signifie qu’il demeurerait constant pour la pĂ©riode 2, puis qu’il reprendrait sa croissance Ă  un taux de 11,6 % par pĂ©riode pour le reste de l’analyse.

Les coĂ»ts pour les titulaires de permis d’études comprennent le temps consacrĂ© Ă  la prĂ©paration d’une nouvelle demande (de 30 Ă  45 minutes par demande) et les frais liĂ©s Ă  la demande, Ă©tablis Ă  150 $ par demande. Le coĂ»t total pour les titulaires de permis d’études en ce qui a trait Ă  la prĂ©sentation de nouvelles demandes de permis d’études est estimĂ© Ă  55 546 031 $ en VA sur 10 pĂ©riodes. Cela comprend 50 440 983 $ en VA pour les frais de demande et 5 105 048 $ en VA pour le temps consacrĂ© Ă  la prĂ©paration et Ă  la prĂ©sentation des demandes. Le salaire horaire prĂ©sumĂ© des titulaires de permis d’études est de 24,29 $.

Une augmentation du volume de demandes de permis d’études présentées pourrait accroître les délais de traitement pour ce secteur d’activité. Toutefois, les répercussions d’un allongement des délais de traitement seraient atténuées par le fait que les étudiants qui ont présenté une demande de changement d’EED seraient autorisés à fréquenter le nouvel EED, pourvu que leur demande de permis d’études ait été soumise. L’obligation pour les étudiants de présenter une nouvelle demande peut entraîner des coûts incertains pour cette cohorte d’étudiants. IRCC prévoit également de réaffecter des ressources pour répondre aux volumes accrus et aux pressions relatives au traitement, afin que les étudiants puissent recevoir la décision concernant leur demande selon des normes de service raisonnables.

Enfin, les demandes de permis d’études présentées par des clients qui envisageaient de fréquenter un EED ayant fait l’objet d’une suspension en raison d’un cas de non-conformité ou qui devaient prolonger leur permis d’études actuel pour fréquenter un tel EED seraient retournées pendant la période de suspension. Les clients touchés devraient présenter une demande pour fréquenter un autre EED s’ils souhaitent poursuivre leur processus.

Coûts pour le gouvernement du Canada
Coûts de transition

IRCC assumerait des coĂ»ts de transition estimĂ©s Ă  2 608 095 $ en VA au cours de la première pĂ©riode suivant la mise en Ĺ“uvre des modifications rĂ©glementaires proposĂ©es. Ces coĂ»ts comprennent l’élaboration d’instructions sur l’exĂ©cution des programmes, la modification des pages Web et la prĂ©paration de produits de communication, le soutien de l’intĂ©gration technique et administrative des EED du QuĂ©bec au rĂ©gime de production de rapports de conformitĂ© et les mises Ă  jour du système de technologie de l’information afin d’assurer la mise Ă  jour du Système mondial de gestion des cas (SMGC), du Portail pour les EED et du portail Mon dossier pour la mise en Ĺ“uvre des modifications rĂ©glementaires.

Les instructions ministĂ©rielles exigeant la vĂ©rification des lettres d’acceptation par certains EED sont en vigueur depuis le 1er dĂ©cembre 2023 pour les demandes prĂ©sentĂ©es Ă  l’étranger et depuis le 30 janvier 2024 pour les demandes prĂ©sentĂ©es au Canada; par consĂ©quent, les coĂ»ts de l’élaboration d’un système de vĂ©rification des lettres d’acceptation ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© engagĂ©s et ne sont donc pas inclus Ă  titre de coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s aux modifications rĂ©glementaires.

Coûts permanents

La majoritĂ© des coĂ»ts pour IRCC seraient des coĂ»ts permanents, qui sont estimĂ©s Ă  16 775 847 $ en VA sur 10 pĂ©riodes. Cela comprend la gestion du système de vĂ©rification des lettres d’acceptation, notamment le traitement des documents prĂ©sentĂ©s par les EED et la gestion des communications avec les EED, la rĂ©alisation d’activitĂ©s liĂ©es Ă  l’intĂ©gritĂ© du programme, ainsi que les activitĂ©s dĂ©coulant de l’inclusion du QuĂ©bec dans le rĂ©gime de production de rapports de conformitĂ©, les activitĂ©s administratives et techniques liĂ©es Ă  l’inclusion des EED du QuĂ©bec et les mises Ă  jour continues des instructions sur l’exĂ©cution des programmes. Les coĂ»ts permanents comprennent Ă©galement ceux associĂ©s aux demandes de suivi envoyĂ©es aux EED et aux activitĂ©s d’application de la loi qui dĂ©couleraient des cas de non-conformitĂ©.

L’obligation de présenter une nouvelle demande de permis d’études afin de changer d’EED entraînerait une augmentation du nombre de demandes de permis d’études reçues par IRCC. Même si cette augmentation nécessitait d’autres ressources pour traiter les volumes accrus, les coûts pour IRCC seraient entièrement recouvrés par l’entremise des frais perçus dans le cadre des demandes de permis d’études. Par conséquent, l’incidence sur les coûts pour IRCC est neutre.

Avantages
Avantages liés à l’intégrité du programme

Les modifications réglementaires permettraient à IRCC de régler efficacement les problèmes d’intégrité et d’aborder les cas courants de comportements contraires à l’éthique qui minent l’intégrité du programme.

Le système amélioré de vérification des lettres d’acceptation permettrait à IRCC de vérifier chaque lettre d’acceptation accompagnant les demandes de permis d’études avant que celles-ci ne soient traitées, ce qui permettrait de repérer rapidement les lettres d’acceptation frauduleuses et d’empêcher l’approbation de demandes non authentiques ou de demandes d’étudiants ayant fait l’objet d’une fraude.

Le fait de codifier l’exigence de présenter des rapports de conformité semestriels permettrait à IRCC de combler l’écart qui existe relativement à la conformité dans le cadre du régime et de faire en sorte que les EED du Québec soient visés par cette exigence. La codification aiderait IRCC à obtenir des renseignements exacts et à jour sur le statut d’inscription de tous les étudiants étrangers au Canada et à cibler les étudiants qui ne répondent pas aux conditions de leur permis d’études.

L’obligation pour les étudiants étrangers d’obtenir un nouveau permis d’études lorsqu’ils souhaitent fréquenter un nouvel EED permettrait à IRCC d’évaluer avec plus d’exactitude leur conformité aux conditions énoncées sur leur permis et de savoir à quel moment ils changent d’EED.

L’exigence relative Ă  la vĂ©rification des lettres d’acceptation et la codification des rapports de conformitĂ© imposent aux EED l’obligation de fournir des renseignements exacts sur l’inscription des Ă©tudiants Ă©trangers. Les modifications proposĂ©es permettent Ă©galement Ă  IRCC de demander d’autres documents aux EED s’ils ne respectent pas les conditions Ă©noncĂ©es dans les modifications rĂ©glementaires ou s’il y a des raisons de soupçonner des cas de non-conformitĂ©. Lorsqu’IRCC juge qu’un EED n’est pas conforme et que la frĂ©quence et la gravitĂ© des cas de non-conformitĂ© de l’EED et les mesures correctives que ce dernier a prises le justifient, il peut l’ajouter Ă  une liste de suspension publique pour une pĂ©riode maximale de 12 mois consĂ©cutifs, au cours de laquelle toute demande soumise Ă  IRCC qui comporte le nom de l’EED figurant sur la liste de suspension serait renvoyĂ©e. Ces changements permettraient Ă  IRCC d’imposer des consĂ©quences aux EED qui n’ont pas prĂ©sentĂ© de rapports de conformitĂ©, comme l’exige le projet de règlement.

Avantages pour les étudiants étrangers

Les modifications rĂ©glementaires feraient passer de 20 Ă  24 le nombre d’heures que les Ă©tudiants Ă©trangers admissibles peuvent travailler hors campus. Ce changement aiderait les Ă©tudiants Ă©trangers Ă  compenser l’augmentation du coĂ»t de la vie s’ils souhaitent travailler quatre heures de plus par semaine.

D’après le sondage d’IRCC menĂ© auprès des Ă©tudiants Ă©trangers admissibles Ă  la politique d’intĂ©rĂŞt public visant Ă  lever la limite de 20 heures de travail par semaine, l’analyse suppose que 75,1 % des Ă©tudiants admissibles travailleraient hors campus et que 73,1 % de ceux qui travaillent hors campus devraient travailler plus de 20 heures par semainerĂ©fĂ©rence 1. Dans le cadre de l’analyse, les titulaires de permis d’études qui dĂ©tiennent Ă©galement un permis de travail, y compris un permis de travail coop, sont exclus de l’estimation des avantages. Cette cohorte d’étudiants serait dĂ©jĂ  autorisĂ©e Ă  travailler de plus longues heures conformĂ©ment aux permis de travail.

Aux fins de la prĂ©sente analyse, au cours de la pĂ©riode 1, il est prĂ©vu que 296 906 Ă©tudiants Ă©trangers profiteraient de l’augmentation des heures de travail, ce qui leur donnerait la possibilitĂ© de travailler 128 heures de plus par annĂ©e. Le volume d’étudiants dans la pĂ©riode 1 est estimĂ© au moyen du nombre d’étudiants admissibles et des pourcentages dĂ©coulant du sondage d’IRCC menĂ© auprès des Ă©tudiants Ă©trangers sur la politique d’intĂ©rĂŞt public (c'est-Ă -dire que 75,1 % devraient travailler hors campus et, de ce nombre, 73,1 % devraient travailler les quatre heures de plus par semaine). Ce volume devrait augmenter au mĂŞme rythme que celui des titulaires de permis d’études. Cela signifie qu’il demeurerait constant pour la pĂ©riode 2, puis qu’il reprendrait sa croissance Ă  un taux de 11,6 % par pĂ©riode pour le reste de l’analyse.

Les Ă©tudiants admissibles Ă  ce changement continueraient d’avoir la possibilitĂ© de travailler Ă  temps plein pendant les congĂ©s scolaires. Cela comprend le congĂ© d’étĂ© pour les Ă©tudiants inscrits dans les programmes offerts de septembre Ă  avril. L’avantage pour les Ă©tudiants Ă©trangers est estimĂ© comme Ă©tant l’augmentation de leur rĂ©munĂ©ration pendant les heures supplĂ©mentaires qu’ils pourraient travailler hors campus. Ă€ un salaire horaire de 24,29 $, les avantages de l’augmentation de la limite des heures de travail hors campus sont estimĂ©s Ă  10,2 milliards de dollars en VA sur 10 pĂ©riodes.

L’augmentation des heures de travail hors campus accroĂ®trait le nombre d’heures de travail des Ă©tudiants Ă©trangers. Cela serait particulièrement Ă©vident dans les industries Ă  bas salaires oĂą une grande partie des Ă©tudiants Ă©trangers travaillent. MĂŞme si cela peut entraĂ®ner une concurrence accrue pour les travailleurs canadiens dans ces industries, il est important de noter que certaines des industries oĂą le taux de participation est Ă©levĂ© pour cette cohorte d’étudiants Ă©trangers ont connu des taux Ă©levĂ©s de postes vacants au cours des dernières annĂ©es. Par exemple, selon les donnĂ©es de la Base de donnĂ©es canadienne sur la dynamique employeurs-employĂ©s de 2021, environ 23,9 % des Ă©tudiants Ă©trangers sans permis de travail, mais qui avaient des revenus dĂ©clarĂ©s sur un feuillet T4, avaient touchĂ© des revenus dans les secteurs de l’hĂ©bergement et des services de restauration. Selon l’EnquĂŞte sur les postes vacants et les salaires de mars 2023, le secteur de l’hĂ©bergement et des services de restauration affichait le taux de postes vacants le plus Ă©levĂ© dans tous les secteurs (7,6 %)rĂ©fĂ©rence 2. Les modifications rĂ©glementaires devraient profiter aux industries qui connaissent des taux de postes vacants Ă©levĂ©s, tout en attĂ©nuant les difficultĂ©s financières Ă©prouvĂ©es rĂ©cemment par les Ă©tudiants.

Énoncé des coûts-avantages
Avantages monétaires
Intervenants touchĂ©s Description de l’avantage PĂ©riode 1 PĂ©riode 5 PĂ©riode 10 Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Étudiants Ă©trangers Augmentation de la rĂ©munĂ©ration 923 116 206 $ 1 283 065 871 $ 2 221 109 223 $ 10 165 809 572 $ 1 447 382 583 $
Tous les intervenants Total des avantages 923 116 206 $ 1 283 065 871 $ 2 221 109 223 $ 10 165 809 572 $ 1 447 382 583 $
Coûts monétaires
Intervenants touchĂ©s Description du coĂ»t PĂ©riode 1 PĂ©riode 5 PĂ©riode 10 Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Gouvernement du Canada CoĂ»ts de transition d’IRCC 2 608 095 $ 0 $ 0 $ 2 608 095 $ 371 334 $
CoĂ»ts permanents d’IRCC 0 $ 3 161 284 $ 3 161 284 $ 16 775 847 $ 2 388 503 $
EED VĂ©rification des lettres d’acceptation 1 410 062 $ 345 222 $ 597 612 $ 4 806 119 $ 684 283 $
Rapports semestriels 93 750 $ 1 069 179 $ 1 270 997 $ 7 221 881 $ 1 028 233 $
Étudiants Ă©trangers Valeur du temps nĂ©cessaire pour prĂ©senter une nouvelle demande afin de changer d’établissement 463 569 $ 644 328 $ 1 115 393 $ 5 105 048 $ 726 844 $
Frais de la nouvelle demande pour changer d’établissement 4 580 342 $ 6 366 350 $ 11 020 759 $ 50 440 983 $ 7 181 661 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 9 155 818 $ 11 586 363 $ 17 166 045 $ 86 957 971 $ 12 380 859 $
Résumé des avantages et des coûts monétaires
Incidence PĂ©riode 1 PĂ©riode 5 PĂ©riode 10 Total (valeur actualisĂ©e) Valeur annualisĂ©e
Total des avantages 9 155 818 $ 11 586 363 $ 17 166 045 $ 86 957 971 $ 12 380 859 $
Total des coĂ»ts 923 116 206 $ 1 283 065 871 $ 2 221 109 223 $ 10 165 809 572 $ 1 447 382 583 $
Incidence nette 913 960 388 $ 1 271 479 507 $ 2 203 943 178 $ 10 078 851 600 $ 1 435 001 724 $
Répercussions quantifiées (non monétaires) et qualitatives

Incidences positives

Incidences négatives

Lentille des petites entreprises

L’analyse menée sous l’angle des petites entreprises a permis de conclure que les modifications auraient une incidence sur les petites entreprises.

Dans le cadre de la présente proposition, les coûts pour les entreprises seraient limités à ceux engagés par les EED privés. Par conséquent, en ce qui a trait à la perspective des petites entreprises, seules les répercussions subies par les EED privés sont prises en compte.

Les modifications rĂ©glementaires exigeront que les EED participent Ă  la vĂ©rification des lettres d’acceptation et Ă  la production de rapports de conformitĂ©. Ces exigences auront une incidence sur les EED qui sont de petites entreprises, touchant le nombre d’étudiants Ă©trangers qui doivent frĂ©quenter ces EED ou qui les frĂ©quentent dĂ©jĂ . Les coĂ»ts totaux pour les petites entreprises sont estimĂ©s Ă  5 394 110 $ en VA sur 10 pĂ©riodes.

Résumé de la lentille des petites entreprises
Coûts
Administration ou conformité Description du coût Valeur actualisée Valeur annualisée
Administration Rapports semestriels 4 230 759 $ 602 365 $
ConformitĂ© VĂ©rification des lettres d’acceptation 1 163 350 $ 165 635 $
Total Total des coĂ»ts 5 394 110 $ 768 000 $
Incidence nette
Montant Valeur actualisée Valeur annualisée
CoĂ»t net pour toutes les petites entreprises touchĂ©es 5 394 110 $ 768 000 $
CoĂ»t net moyen par petite entreprise touchĂ©e 6 944 $ 989 $

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique puisqu’il y a une augmentation du fardeau administratif pour les entreprises, et les modifications proposĂ©es seraient considĂ©rĂ©es comme un fardeau conformĂ©ment Ă  la règle. Les dispositions rĂ©glementaires entraĂ®nent un coĂ»t annualisĂ© supplĂ©mentaire de 216 183 $ (en dollars canadiens de 2012) pour le fardeau administratif, selon la mĂ©thode Ă©noncĂ©e dans le Règlement sur la rĂ©duction de la paperasse. Aucun titre rĂ©glementaire n’est abrogĂ© ni adoptĂ©.

Dans le cadre de la prĂ©sente proposition, les coĂ»ts pour les entreprises seraient limitĂ©s Ă  ceux engagĂ©s par les EED privĂ©s. Par consĂ©quent, en ce qui a trait Ă  la règle du « un pour un Â», seules les rĂ©percussions subies par les EED privĂ©s sont prises en compte.

La codification des rapports de conformitĂ© semestriels des EED sur le statut des Ă©tudiants et la rĂ©ponse aux mesures de suivi d’IRCC alourdissent le fardeau administratif des EED. Bien que la majoritĂ© des EED tenus de prĂ©senter des rapports le fassent dĂ©jĂ , ceux qui ne le font pas seraient maintenant obligĂ©s de le faire au titre du règlement modifiĂ© (de 6 % Ă  8 %). L’ajout du QuĂ©bec Ă  ce rĂ©gime de conformitĂ© imposerait Ă©galement un fardeau administratif, en particulier pour les EED du QuĂ©bec.

L’exigence relative à la vérification des lettres d’acceptation n’imposerait pas de fardeau administratif aux entreprises, car il s’agirait d’une exigence de conformité distincte en soi, et non d’une obligation de démontrer la conformité.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a permis de conclure qu’aucune évaluation environnementale stratégique n’est nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus

Le projet de règlement ne devrait pas avoir de répercussions négatives sur un groupe particulier d’étudiants étrangers, comparativement au scénario dans le cadre duquel aucun règlement ni aucune condition fédérale ne continuent de s’appliquer aux EED.

Certains étudiants peuvent être touchés de façon négative par l’exigence proposée en ce qui a trait au changement d’EED. Cela peut entraîner des répercussions sur la répartition pour les étudiants dont la situation économique est moins bonne.

La capacitĂ© de travailler quatre heures de plus par semaine profiterait aux Ă©tudiants qui Ă©prouvent des difficultĂ©s financières. Au sein de la population d’étudiants Ă©trangers, les besoins financiers nĂ©cessitant une augmentation des heures de travail peuvent varier selon le pays d’origine des Ă©tudiants, leurs antĂ©cĂ©dents socioĂ©conomiques et d’autres facteurs. Parmi les rĂ©pondants au sondage de 2023 d’IRCC sur le travail Ă  l’extĂ©rieur du campus qui ont dĂ©clarĂ© avoir travaillĂ© hors campus, les hommes (77 %) Ă©taient lĂ©gèrement plus susceptibles de dĂ©clarer avoir travaillĂ© plus de 20 heures par semaine, comparativement aux femmes (71 %) et aux rĂ©pondants non binaires (53 %). Les personnes originaires de l’Asie du Sud (79 %) et de l’Asie du Sud-Est (75 %) et les Latino-AmĂ©ricains (73 %) Ă©taient plus susceptibles de dĂ©clarer avoir travaillĂ© plus de 20 heures par semaine que les Asiatiques de l’Ouest (65 %), les Blancs (52 %) ou les Asiatiques de l’Est (49 %).

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Les modifications rĂ©glementaires entreraient en vigueur au moment de l’enregistrement. Des changements seraient apportĂ©s au système de traitement Ă©lectronique des demandes d’immigration (Système mondial de gestion des cas [SMGC]) afin que les demandes de permis d’études ne soient pas traitĂ©es et soient plutĂ´t retournĂ©es au demandeur dans les situations oĂą l’EED en question figure sur la liste de suspension. Des changements seraient apportĂ©s Ă  Mon Dossier, un portail sĂ©curisĂ© qui permet aux Ă©trangers de prĂ©senter une demande et d’apporter des changements Ă  leur demande ou Ă  leur statut et de consulter la dĂ©cision d’IRCC Ă  l’égard de leur demande. IRCC veillerait Ă©galement Ă  fournir un moyen sĂ»r de permettre aux EED de prĂ©senter des documents et des Ă©lĂ©ments de preuve supplĂ©mentaires compte tenu des conditions Ă  respecter et du système de vĂ©rification.

Le projet de règlement, qui tiendra les EED responsables de fournir des rapports ainsi que des renseignements liés aux rapports de conformité et à la vérification des lettres d’acceptation, relève strictement de la compétence fédérale. Au titre du projet de règlement, la responsabilité des PT d’enquêter et de prendre des mesures pour retirer la désignation des établissements qui ne respectent pas les normes fédérales, provinciales et territoriales demeurera inchangée.

Les EED suivent dĂ©jĂ  un processus de vĂ©rification des lettres d’acceptation et de production de rapports de conformitĂ© au moyen de deux portails sĂ©curisĂ©s distincts, et le processus de mise en Ĺ“uvre ne changerait pas dans le cadre du projet de règlement. Lorsqu’un client prĂ©sente une demande, IRCC, par l’entremise du portail de vĂ©rification sĂ©curisĂ©, demande Ă  l’EED de valider la lettre d’acceptation, et les EED doivent rĂ©pondre en inscrivant « correspondance Â», « aucune correspondance Â» ou « annulation Â» dans les 10 jours. Si un EED ne rĂ©pond pas dans les 10 jours, la vĂ©rification est considĂ©rĂ©e comme incomplète, et la demande est fermĂ©e et renvoyĂ©e au client. Ce processus peut avoir lieu aussitĂ´t qu’une rĂ©ponse nĂ©gative est reçue. Une procĂ©dure semblable est en place pour le rĂ©gime de conformitĂ©. Lorsqu’IRCC prĂ©sente une demande Ă  l’EED, celui-ci doit remplir le rapport sur le statut d’inscription des titulaires de permis d’études au moyen d’un portail sĂ©curisĂ© pour les EED dans les 60 jours et rĂ©pondre aux demandes ponctuelles de correction ou de renseignements supplĂ©mentaires dans les 10 jours. Lorsque le rapport est prĂ©sentĂ© Ă  IRCC, il ne peut faire l’objet d’aucune autre modification. Ce processus serait maintenu dans le cadre du projet de règlement.

Étant donnĂ© que les EED du QuĂ©bec ne prĂ©sentent pas actuellement de rapports de conformitĂ©, ils ne seront pas assujettis aux exigences de production de rapports au moment de l’entrĂ©e en vigueur. IRCC a l’intention de tenir des discussions distinctes avec le QuĂ©bec sur l’élaboration d’une approche permettant aux EED de fournir des rapports de conformitĂ©. On s’attend Ă  ce que l’intĂ©gration des EED du QuĂ©bec prenne environ un an, après quoi les EED devront prĂ©senter des rapports semestriels, Ă  la demande du ministre. Au QuĂ©bec, les EED seront assujettis Ă  toutes les autres exigences du projet de règlement au moment de son entrĂ©e en vigueur.

Des directives et des communications sur le site Web s’adresseront également aux étudiants pour leur fournir de l’information sur les conséquences de ne pas présenter de nouvelle demande de permis d’études en cas de changement d’EED, y compris le délai alloué pour que l’étudiant prenne les mesures requises. Des principes d’équité procédurale seraient mis en place pour informer l’étudiant avant que son permis d’études ne devienne invalide.

IRCC élaborera des directives à l’intention de ses agents, mettra à jour les manuels pratiques au besoin et formera les agents sur leur rôle dans la mise en œuvre des dispositions réglementaires. Les sites Web d’IRCC et de l’Agence des services frontaliers du Canada seront mis à jour et d’autres activités de sensibilisation, comme des annonces publiques, seront prévues afin d’informer davantage les groupes d’intervenants des changements à venir.

Conformité et application

IRCC adoptera un processus de vĂ©rification dans le cadre de son Ă©valuation du respect des conditions par un EED. Les EED devront produire des documents et des renseignements supplĂ©mentaires en cas de non-respect des conditions, ce qui comprend les inexactitudes reflĂ©tĂ©es dans les renseignements fournis. IRCC sera en mesure de prendre des mesures d’application de la loi contre les EED qui ne respectent pas les conditions en les inscrivant sur une liste de suspension publique gĂ©rĂ©e par IRCC pour une pĂ©riode maximale d’un an. Par consĂ©quent, l’EED ne serait pas autorisĂ© Ă  accueillir de nouveaux Ă©tudiants Ă©trangers pendant cette pĂ©riode. Les demandes accompagnĂ©es d’une lettre d’acceptation d’un EED inscrit sur la liste de suspension ne seraient pas traitĂ©es et seraient retournĂ©es au demandeur.

Des mesures d’application de la loi seront prises dans les cas où un étudiant change d’EED sans autorisation. IRCC vérifiera l’information sur le permis existant qui est fournie dans le cadre de la nouvelle demande, pendant que l’étudiant fréquente le nouvel EED. En cas d’infraction, les étudiants recevront une lettre de notification les informant qu’ils doivent présenter une nouvelle demande de permis d’études, quitter le pays ou changer de statut. S’il y a fréquentation d’un EED sans autorisation, IRCC peut refuser de délivrer un permis d’études à l’étudiant qui ne se conforme pas aux conditions de son permis selon lesquelles il doit fréquenter l’EED indiqué sur le permis ou prendre une mesure de renvoi du Canada contre lui.

Normes de service

La norme de service pour un permis d’études est de 120 jours. En 2024, les dĂ©lais de traitement sont d’environ 68 jours. Les volumes et les dĂ©lais de traitement initiaux peuvent augmenter lĂ©gèrement en raison des nouvelles exigences concernant le changement d’EED. IRCC a l’intention de rĂ©affecter des ressources au besoin pour respecter la norme de service de 120 jours.

Personne-ressource

Julie Spattz
Directrice principale
Direction générale de la migration sociale et temporaire
365, avenue Laurier Ouest
Ottawa (Ontario)
K1A 1L1
Courriel : IRCC.TEIBISPPPolicy-DIETPPEIPolitique.IRCC@cic.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu du paragraphe 5(1) et des alinĂ©as 32d), d.1)rĂ©fĂ©rence a, d.2)rĂ©fĂ©rence b et d.3)rĂ©fĂ©rence a de la Loi sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s rĂ©fĂ©rence c, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (Ă©tablissements d’enseignement dĂ©signĂ©s), ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, par la poste ou par tout autre moyen, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  Julie Spattz, directrice principale, Politique et programmes pour les Ă©tudiants Ă©trangers, CitoyennetĂ© et immigration Canada, 365, avenue Laurier Ouest, Ottawa (Ontario) K1A 1L1 (courriel : IRCC.TEIBISPPPolicy-DIETPPEIPolitique.IRCC@cic.gc.ca).

Ottawa, le 21 juin 2024

La greffière adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

Règlement modifiant le Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s (Ă©tablissements d’enseignement dĂ©signĂ©s)

Modifications

1 Le sous-alinĂ©a 186v)(iii) du Règlement sur l’immigration et la protection des rĂ©fugiĂ©s rĂ©fĂ©rence 3 est remplacĂ© par ce qui suit :

2 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 189, de ce qui suit :

Permis d’études invalide

189.1 Le titulaire d’un permis d’études au Canada qui a soumis une nouvelle demande pour l’obtention d’un permis d’études conformĂ©ment Ă  l’article 216.1 est autorisĂ© Ă  Ă©tudier au Canada sans un permis d’études valide jusqu’à la dĂ©cision sur sa demande s’il demeure au Canada depuis l’expiration de son permis d’études et qu’il continue Ă  se conformer aux conditions du permis invalide, autre que celle d’être inscrit Ă  l’établissement d’enseignement dĂ©signĂ© qui y est nommĂ©.

3 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 215, de ce qui suit :

Exigence – Ă©tablissement d’enseignement postsecondaire

215.1 Une demande de permis d’études qui nomme un Ă©tablissement d’enseignement dĂ©signĂ© postsecondaire ne sera pas traitĂ©e et sera retournĂ©e au demandeur avec tous les documents soumis Ă  l’appui ainsi que les frais d’examen, si le ministre ne reçoit pas de la part de cet Ă©tablissement la confirmation prĂ©vue Ă  l’alinĂ©a 222.1(1)a), fournie conformĂ©ment Ă  cet alinĂ©a, sous rĂ©serve de toute extension accordĂ©e en vertu du paragraphe 222.1(2).

4 L’alinĂ©a 216(1)e) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

5 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 216, de ce qui suit :

Nouvelle demande

216.1 Si le titulaire d’un permis d’études au Canada, dont le permis d’études nomme un établissement d’enseignement désigné, est admis à un cours ou à un programme d’études par un autre établissement d’enseignement désigné et a l’intention de le fréquenter, il est tenu de faire une nouvelle demande de permis d’études avant la date, indiquée dans la lettre d’acceptation émanant de cet établissement, du début de ce cours ou de ce programme d’études.

6 L’article 219 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

Confirmation par l’établissement d’enseignement postsecondaire

219 (1) Le permis d’études ne peut ĂŞtre dĂ©livrĂ© Ă  l’étranger Ă  moins qu’il ne fournisse une attestation Ă©crite de son acceptation dans l’établissement d’enseignement dĂ©signĂ© oĂą il a l’intention d’étudier ou, dans le cas d’une demande pour un permis d’études nommant un Ă©tablissement d’enseignement dĂ©signĂ© postsecondaire, que si cet Ă©tablissement a fourni au ministre, conformĂ©ment Ă  l’alinĂ©a 222.1(1)a), sous rĂ©serve de toute extension accordĂ©e en vertu du paragraphe 222.1(2), la confirmation de l’admission de l’étranger au cours ou au programme d’études indiquĂ© dans la demande de permis.

Exception

(2) Le paragraphe (1) ne s’applique pas dans le cas de l’étranger qui a fait une demande de permis d’études préalablement à son entrée au Canada s’il est un membre de la famille accompagnant un étranger dont la demande de permis d’études ou de permis de travail est approuvée par écrit avant l’entrée de ce dernier au Canada.

7 L’alinĂ©a 220.1(1)a) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

8 Le paragraphe 222(1) du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a a), de ce qui suit :

9 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 222, de ce qui suit :

SECTION 6

Conditions imposées aux établissements d’enseignement désignés postsecondaire

Conditions

222.1 (1) Tout Ă©tablissement d’enseignement dĂ©signĂ© postsecondaire est tenu de respecter les conditions suivantes :

Prolongation du délai

(2) Le ministre peut, Ă  la demande de l’établissement d’enseignement dĂ©signĂ© ou de sa propre initiative, accorder une prolongation du dĂ©lai prĂ©vu pour la fourniture d’une confirmation, d’un rapport, d’un renseignement ou d’une correction visĂ©s Ă  cet article, si :

Vérification du respect des conditions

222.2 (1) L’agent peut vĂ©rifier le respect des conditions visĂ©es au paragraphe 222.1(1) dans les circonstances suivantes :

Documents et questions

(2) L’agent peut, Ă  des fins de vĂ©rification du respect des conditions par un Ă©tablissement d’enseignement dĂ©signĂ©, exiger que l’établissement :

Justification

(3) Le non-respect d’une condition est justifié si l’établissement d’enseignement désigné a fait tous les efforts raisonnables pour s’y conformer ou si le non-respect découle d’actions ou d’omissions qu’il a commises de bonne foi.

Avis de décision provisoire

222.3 (1) L’agent, qui conclut que l’établissement d’enseignement dĂ©signĂ© n’a pas respectĂ© une condition visĂ©e au paragraphe 222.1(1), lui fournit, Ă  moins qu’il soit satisfait que le non-respect soit justifiĂ©, un avis de dĂ©cision provisoire contenant :

Réception de l’avis

(2) MalgrĂ© le paragraphe 9.3(2), l’avis de dĂ©cision provisoire est rĂ©putĂ© avoir Ă©tĂ© reçu dix jours après la date de son envoi.

Correction ou annulation de l’avis

(3) L’agent peut, avant la délivrance de l’avis de décision finale, annuler un avis de décision provisoire ou délivrer un avis de décision provisoire corrigé.

Observations écrites

222.4 (1) L’établissement d’enseignement dĂ©signĂ© Ă  qui est dĂ©livrĂ© un avis de dĂ©cision provisoire au titre du paragraphe 222.3(1), ou un avis de dĂ©cision provisoire corrigĂ© au titre du paragraphe 222.3(3), peut, dans les trente jours suivant la date de la rĂ©ception de l’avis, prĂ©senter des observations Ă©crites relatives aux renseignements visĂ©s aux alinĂ©as 222.3(1)b) Ă  e) ou Ă  toute justification visĂ©e au paragraphe 222.2(3), accompagnĂ©es de tout document pertinent.

Extension du délai

(2) Le ministre peut, à la demande de l’établissement d’enseignement désigné, accorder une seule prolongation du délai ne pouvant excéder trente jours, en vue de permettre à l’établissement de soumettre des observations écrites, si le ministre détermine que des circonstances exceptionnelles ont nui ou ont empêché l’établissement de soumettre ses observations.

Avis de décision finale

222.5 (1) Si, une fois le dĂ©lai pour prĂ©senter des observations Ă©crites Ă©coulĂ©, le ministre conclut que l’établissement d’enseignement dĂ©signĂ© n’a pas respectĂ© les conditions visĂ©es au paragraphe 222.1(1), et que le non-respect n’est pas justifiĂ©, il dĂ©livre Ă  l’établissement un avis de dĂ©cision finale qui contient les renseignements suivants :

ConsidĂ©rations — suspension

(2) Pour Ă©tablir si l’établissement d’enseignement dĂ©signĂ© sera inscrit sur la liste de suspension visĂ©e au paragraphe 222.6(1) et, s’il y a lieu, la pĂ©riode pendant laquelle l’établissement sera inscrit sur la liste, le ministre prend en considĂ©ration les Ă©lĂ©ments suivants :

Période maximale de suspension

(3) L’établissement d’enseignement désigné peut être inscrit sur la liste de suspension pour une période maximale de douze mois consécutifs.

Liste de suspension

222.6 (1) Le ministre publie et tient Ă  jour une liste de suspension, accessible au public, qui comprend pour chaque Ă©tablissement d’enseignement dĂ©signĂ© ayant reçu un avis de dĂ©cision finale indiquant qu’il sera inscrit sur la liste :

Demande non traitée

(2) Durant la période où l’établissement d’enseignement désigné est inscrit sur la liste de suspension, aucune demande de permis d’études nommant cet établissement ne sera traitée et toute demande soumise durant cette période sera retournée au demandeur avec tous les documents soumis à l’appui de celle-ci, de même que les frais d’examen.

Entrée en vigueur

10 Le présent règlement entre en vigueur à la date de son enregistrement.

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