La Gazette du Canada, Partie I, volume 157, numĂ©ro 19 : DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Le 13 mai 2023

Fondement législatif
Loi sur les espÚces en péril

MinistĂšre responsable
Ministùre de l’Environnement

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

La biodiversitĂ© dĂ©cline rapidement dans le monde entier, Ă  mesure que certaines espĂšces disparaissent. En moyenne, environ 25 % des groupes spĂ©cifiques d’animaux et de plantes Ă©valuĂ©s sont menacĂ©s, selon un rapport rĂ©cent d’un groupe international d’experts. Cela suggĂšre qu’environ un million d’espĂšces sont dĂ©jĂ  menacĂ©es de disparition, la plupart en quelques dĂ©cennies. À moins que des mesures ne soient prises pour rĂ©duire l’intensitĂ© des facteurs de perte de biodiversitĂ©, on prĂ©voit une nouvelle accĂ©lĂ©ration du taux mondial de disparition des espĂšces. Selon le rapport, le taux mondial de disparition des espĂšces est dĂ©jĂ  au moins 10 Ă  100 fois plus Ă©levĂ© que la moyenne des 10 derniers millions d’annĂ©esrĂ©fĂ©rence 1. Dans le mĂȘme rapport, les experts ont Ă©galement ciblĂ© et classĂ© les cinq facteurs directs de perte et de dĂ©gradation de la biodiversitĂ© dont l’impact mondial relatif est le plus important Ă  ce jour. Ces facteurs sont, par ordre dĂ©croissant : les changements dans l’utilisation des terres et de la mer, l’exploitation directe des organismes, les changements climatiques, la pollution et les espĂšces exotiques envahissantes.

Le Canada, deuxiĂšme pays au monde par sa superficie et foyer d’un grand assortiment d’espĂšces, n’échappe pas Ă  cette crise mondiale de la biodiversitĂ©. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), entre 1970 et 2014, 451 des 903 espĂšces sauvages surveillĂ©es au Canada ont diminuĂ© en abondance. Ces dĂ©clins ont Ă©tĂ© constatĂ©s chez des espĂšces de tous les groupes d’animaux sauvages surveillĂ©s, notamment les mammifĂšres, les poissons, les oiseaux, les amphibiens et les reptiles. Sur l’autre moitiĂ© des espĂšces suivies, 407 espĂšces ont montrĂ© des augmentations d’abondance, et 45 espĂšces ont montrĂ© des tendances stables. Si ces rĂ©ussites sont encourageantes, on ne peut ignorer la dĂ©couverte que la moitiĂ© des espĂšces sauvages surveillĂ©es dans le cadre de l’étude sont en dĂ©clinrĂ©fĂ©rence 2. Avec ce dĂ©clin rapide et abrupt de la biodiversitĂ©, le Canada subit de nombreux effets nĂ©fastes qui sont gĂ©nĂ©ralement associĂ©s Ă  la perte d’habitats et d’espĂšces.

La biodiversitĂ© est positivement liĂ©e Ă  la productivitĂ©, Ă  la santĂ© et Ă  la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmesrĂ©fĂ©rence 3 (c’est-Ă -dire la capacitĂ© d’un Ă©cosystĂšme Ă  faire face aux changements ou aux perturbations). Compte tenu de l’interdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut mener Ă  une diminution des fonctions et des services Ă©cosystĂ©miques y compris les processus naturels comme la lutte antiparasitaire, la pollinisation, l’attĂ©nuation des dommages causĂ©s par les vagues cĂŽtiĂšres, la rĂ©gulation de la tempĂ©rature et la fixation du carbone. Ces services sont importants pour la santĂ© des Canadiens et ont des liens importants avec l’économie canadienne. De petits changements au sein d’un Ă©cosystĂšme entraĂźnant la perte d’individus et d’espĂšces peuvent donc produire des effets nĂ©fastes et irrĂ©versibles Ă  grande Ă©chelle sur les Canadiens.

Les espĂšces en pĂ©ril bĂ©nĂ©ficient de la protection de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril (LEP) lorsqu’elles sont inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP (la Liste des espĂšces en pĂ©ril). Le projet de DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril est nĂ©cessaire pour l’inscription ou la modification du statut de trois espĂšces rĂ©cemment Ă©valuĂ©es par le ComitĂ© sur la situation des espĂšces en pĂ©ril au Canada (COSEPAC), et pour lesquelles le ministre de l’Environnement souhaite recommander l’inscription au gouverneur en conseil (GC). L’inscription des espĂšces en pĂ©ril Ă  l’annexe 1 de la LEP et les mesures de protection connexes dĂ©clenchĂ©es par cette inscription favorisent non seulement la protection des espĂšces, mais aussi la biodiversitĂ© globale et la productivitĂ© des Ă©cosystĂšmes.

Contexte

Le Canada est un pays dotĂ© d’un environnement naturel riche qui abrite une grande diversitĂ© d’espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales. Le patrimoine naturel du Canada fait partie intĂ©grante de son identitĂ© et de son histoire. La faune et la flore sauvages sont importantes aux yeux des Canadiens pour des raisons esthĂ©tiques, culturelles, spirituelles, rĂ©crĂ©atives, Ă©ducatives, historiques, alimentaires, mĂ©dicales, Ă©cologiques et scientifiques. Les espĂšces et Ă©cosystĂšmes sauvages du Canada appartiennent aussi au patrimoine mondialrĂ©fĂ©rence 4. Le ministĂšre de l’Environnement (le MinistĂšre) a pour mandat, entre autres, de prĂ©server et d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’environnement naturel, y compris la flore et la faune. Bien que la responsabilitĂ© en matiĂšre de conservation des espĂšces sauvages du Canada soit partagĂ©e entre les diffĂ©rents paliers de gouvernement, le ministĂšre de l’Environnement, en tant qu’organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral, joue un rĂŽle de chef de file pour empĂȘcher la disparition — de la planĂšterĂ©fĂ©rence 5 ou du pays seulementrĂ©fĂ©rence 6 — des espĂšces terrestresrĂ©fĂ©rence 7.

Le principal moyen lĂ©gislatif fĂ©dĂ©ral pour rĂ©aliser la stratĂ©gie de conservation est la LEP. La LEP vise Ă  prĂ©venir la disparition des espĂšces sauvages du pays ou de la planĂšte; Ă  assurer le rĂ©tablissement des espĂšces inscrites comme disparues du pays, en voie de disparition ou menacĂ©es en raison de l’activitĂ© humaine; et Ă  gĂ©rer les espĂšces prĂ©occupantes afin d’éviter qu’elles ne deviennent en voie de disparition ou menacĂ©es. Lorsque la LEP a Ă©tĂ© adoptĂ©e en 2003, la Liste des espĂšces en pĂ©ril comprenait 233 espĂšces. Depuis, la Liste a Ă©tĂ© modifiĂ©e afin de permettre d’y ajouter des espĂšces, d’en retirer ou de les reclassifier. En date de fĂ©vrier 2023, l’annexe 1 de la LEP rĂ©pertorie 640 espĂšces.

COSEPAC

En 2003, la LEP a Ă©tabli le COSEPAC en tant qu’organisme consultatif chargĂ©, entre autres, d’évaluer ou de réévaluer la situation des espĂšces sauvages.

Les Ă©valuations sont effectuĂ©es conformĂ©ment Ă  l’article 15 de la LEP, qui exige que le COSEPAC dĂ©termine le statut des espĂšces qu’il considĂšre en pĂ©ril et cerne leurs menaces existantes et potentielles. Les membres du COSEPAC se rĂ©unissent deux fois par annĂ©e pour examiner les Ă©valuations des espĂšces sauvages et pour classifier ces espĂšces dans les catĂ©gories suivantes : disparues, disparues du pays, en voie de disparition, menacĂ©es, prĂ©occupantes, donnĂ©es insuffisantes ou non en pĂ©ril.

Dans les 90 jours suivant la rĂ©ception des Ă©valuations du COSEPAC, le ministre de l’Environnement (le ministre) est tenu de publier dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril un Ă©noncĂ© de rĂ©action indiquant comment il compte rĂ©agir aux Ă©valuations et, dans la mesure du possible, selon quels Ă©chĂ©anciers. Cette dĂ©claration communique l’étendue des consultations portant sur les modifications proposĂ©es Ă  l’annexe 1 de la LEP.

AprĂšs les consultations et toute autre analyse rĂ©alisĂ©e par les fonctionnaires du MinistĂšre, un dĂ©cret publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada confirme officiellement la rĂ©ception de l’évaluation du COSEPAC. Ceci dĂ©clenche un processus rĂ©glementaire par lequel le GC peut, dans un dĂ©lai de neuf mois suivant la rĂ©ception de l’évaluation et sur recommandation du ministre, prendre l’une des mesures suivantes :

(1) ajouter une espĂšce sauvage Ă  la Liste des espĂšces en pĂ©ril conformĂ©ment Ă  l’évaluation de sa situation par le COSEPAC;

(2) dĂ©cider de ne pas ajouter l’espĂšce Ă  la Liste;

(3) renvoyer la question au COSEPAC pour renseignements supplémentaires ou pour réexamen.

Si le GC ne prend pas de dĂ©cision dans un dĂ©lai de neuf mois aprĂšs avoir reçu officiellement l’évaluation du COSEPAC, le paragraphe 27(3) de la LEP stipule que le ministre doit modifier l’annexe 1 de la LEP en fonction de cette Ă©valuation.

En plus de recommander de nouveaux ajouts Ă  l’annexe 1, le COSEPAC peut examiner le statut d’une espĂšce sauvage prĂ©cĂ©demment Ă©valuĂ©e et recommander une nouvelle classification pour cette espĂšce. La reclassification est importante pour garantir que la dĂ©signation est conforme aux donnĂ©es scientifiques les plus rĂ©centes, ce qui permet une meilleure prise de dĂ©cision quant Ă  l’établissement des prioritĂ©s en matiĂšre de conservation des espĂšces. Les espĂšces sont classĂ©es Ă  un niveau de risque supĂ©rieur lorsque leur situation s’est dĂ©tĂ©riorĂ©e depuis la derniĂšre Ă©valuation (par exemple en raison d’un dĂ©clin de la population). Lorsque leur situation s’amĂ©liore, on peut les faire passer Ă  une catĂ©gorie de risque moins Ă©levĂ©e ou les retirer de la Liste des espĂšces en pĂ©ril, de sorte que les espĂšces soient protĂ©gĂ©es selon l’esprit de la LEP tout en minimisant les rĂ©percussions sur les intervenants et les ressources.

Interdictions prévues par la LEP

DĂšs leur inscription Ă  l’annexe 1 de la LEP, les espĂšces sauvages bĂ©nĂ©ficient de diffĂ©rents niveaux de protection, qui varient selon leur dĂ©signation, conformĂ©ment aux interdictions gĂ©nĂ©rales prĂ©vues aux articles 32 et 33 de la LEP. Le tableau 1 ci-dessous rĂ©sume les diffĂ©rentes protections accordĂ©es.

Tableau 1 : RĂ©sumĂ© des protections offertes aux espĂšces sauvages et Ă  leurs rĂ©sidences dĂšs leur ajout Ă  l’annexe 1 de la LEP

Statut de l’espùce

EspÚces protégées en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs

EspÚces aquatiques protégées par la Loi sur les espÚces en péril

Toutes les autres espÚces inscrites protégées par la Loi sur les espÚces en péril

Préoccupante

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP concernant les individus note a du tableau a1 et la rĂ©sidence note b du tableau a1 ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP concernant les individus et la rĂ©sidence ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP concernant les individus et la rĂ©sidence ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes.

Menacée, en voie de disparition ou disparue du pays

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  tous les oiseaux migrateurs en voie de disparition, menacĂ©es et disparus du pays inscrits Ă  l’annexe 1 de la LEP et protĂ©gĂ©s par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, oĂč qu’ils se trouvent, y compris les terres privĂ©es, les terres provinciales et les terres Ă  l’intĂ©rieur d’un territoire.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  toutes les espĂšces aquatiques en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP, oĂč qu’elles se trouvent, y compris les terres privĂ©es, les terres provinciales et les terres Ă  l’intĂ©rieur d’un territoire.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliquent Ă  toutes les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP lorsqu’elles se trouvent sur le territoire domanial note c du tableau a1 .

Dans une province, les interdictions gĂ©nĂ©rales ne s’appliquent que sur le territoire domanial.

Dans les territoires, les interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent seulement sur le territoire domanial relevant du ministre de l’Environnement ou du ministre responsable de l’Agence Parcs Canada.

Note(s) du tableau a1

Note a du tableau a1

Selon la dĂ©finition du paragraphe 32(1) de la LEP, il est interdit de tuer, de blesser, de harceler, de capturer ou de prendre un individu d’une espĂšce sauvage inscrite comme espĂšce disparue du pays, en voie de disparition ou menacĂ©e, et en vertu du paragraphe 32(2), nul ne doit possĂ©der, collectionner, acheter, vendre ou Ă©changer un individu d’une espĂšce sauvage inscrite comme espĂšce disparue du pays, en voie de disparition ou menacĂ©e, ou toute partie ou produit d’un tel individu.

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Note b du tableau a1

Selon la dĂ©finition de l’article 33 de la LEP, il est interdit d’endommager ou de dĂ©truire la rĂ©sidence d’un ou de plusieurs individus d’une espĂšce sauvage inscrite comme espĂšce en voie de disparition ou menacĂ©e, ou inscrite comme espĂšce disparue du pays si un programme de rĂ©tablissement a recommandĂ© la rĂ©insertion Ă  l’état sauvage au Canada.

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Note c du tableau a1

Selon la dĂ©finition du paragraphe 2(1) de la LEP, " territoire domanial " dĂ©signe les terres qui appartiennent Ă  Sa MajestĂ© le Roi du chef du Canada ou Sa MajestĂ© le Roi du chef du Canada a le pouvoir d’aliĂ©ner, ainsi que leurs eaux et leur espace aĂ©rien; les eaux intĂ©rieures et la mer territoriale du Canada; les rĂ©serves ou autres terres qui ont Ă©tĂ© mises de cĂŽtĂ© Ă  l’usage et au profit d’une bande en application de la Loi sur les Indiens, ainsi que leurs eaux et leur espace aĂ©rien.

Retour Ă  la note c du tableau a1

À l’extĂ©rieur du territoire domanial, les espĂšces inscrites qui ne sont pas des espĂšces aquatiques ou des oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM) ne peuvent ĂȘtre protĂ©gĂ©es par la LEP que par un dĂ©cret rendu par le GCrĂ©fĂ©rence 8. Le ministre doit recommander la prise d’un tel dĂ©cret s’il estime que les lois de la province ou du territoire ne protĂšgent pas efficacement l’espĂšce ou la rĂ©sidence de ses individus.

Planification du rétablissement des espÚces menacées, en voie de disparition ou disparues du pays

L’inscription d’une espĂšce sous une dĂ©signation d’espĂšce menacĂ©e, en voie de disparition ou disparue du pays entraĂźne, pour le ministre compĂ©tentrĂ©fĂ©rence 9, la planification obligatoire de son rĂ©tablissement afin de faire face aux menaces Ă  la survie ou au rĂ©tablissement de l’espĂšce inscrite.

Les programmes de rĂ©tablissement doivent ĂȘtre prĂ©parĂ©s en collaboration avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux concernĂ©s, les autres ministres fĂ©dĂ©raux ayant autoritĂ© sur le territoire domanial oĂč se trouve l’espĂšce et les conseils de gestion de la faune autorisĂ©s par un accord de revendications territoriales, entre autres. Lors de la prĂ©paration du programme de rĂ©tablissement, le ministre compĂ©tent doit dĂ©terminer si le rĂ©tablissement de l’espĂšce sauvage inscrite est techniquement et biologiquement faisable. Si ce n’est pas faisable, le programme de rĂ©tablissement doit comprendre une description des besoins de l’espĂšce et, dans la mesure du possible, la dĂ©signation de son habitat essentiel et les raisons pour lesquelles son rĂ©tablissement n’est pas faisable. Si le rĂ©tablissement de l’espĂšce est rĂ©alisable, le programme de rĂ©tablissement doit traiter les menaces Ă  sa survie, y compris toute perte de son habitat, et doit comporter, entre autres, la dĂ©signation de l’habitat essentiel de cette espĂšce, dans la mesure du possible, en se fondant sur la meilleure information accessible.

Une fois qu’un programme de rĂ©tablissement dĂ©finitif a Ă©tĂ© publiĂ© dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril, le ministre compĂ©tent doit alors prĂ©parer un ou plusieurs plans d’action basĂ©s sur le programme de rĂ©tablissement. Les plans d’action sont Ă©galement Ă©tablis en consultation avec les organisations et les personnes prĂ©citĂ©es. Les Ă©chĂ©anciers d’établissement ou de mise en Ɠuvre ne sont pas prĂ©vus dans la LEP, mais sont plutĂŽt Ă©tablis dans le programme de rĂ©tablissement.

Protection de l’habitat essentiel

Les exigences en vertu de la LEP pour la protection de l’habitat essentiel diffĂšrent selon qu’il s’agit d’espĂšces aquatiques, d’oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©s en vertu de la LCOM ou d’autres espĂšces, et selon que ces espĂšces se trouvent sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive, sur le plateau continental du Canada ou ailleurs au Canada.

Lorsque l’habitat essentiel ou des parties d’habitat essentiel ont Ă©tĂ© dĂ©signĂ©s sur le territoire domanial, dans la zone Ă©conomique exclusive du Canada ou sur le plateau continental du Canada, la LEP exige qu’il soit lĂ©galement protĂ©gĂ© dans les 180 jours suivant sa dĂ©signation dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action. La protection peut ĂȘtre assurĂ©e par des dispositions de la LEP ou de toute autre loi du Parlement, y compris les accords de conservation aux termes de l’article 11 de la LEP.

Si l’habitat essentiel se trouve dans un refuge d’oiseaux migrateurs en vertu de la LCOM, dans un parc national comprit Ă  l’annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (LPNC), dans le parc urbain national de la Rouge Ă©tabli en vertu de la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, dans une zone marine protĂ©gĂ©e dĂ©signĂ©e sous le rĂ©gime de la Loi sur les ocĂ©ans, ou dans une rĂ©serve nationale de faune en vertu de la Loi sur les espĂšces sauvages du Canada, le ministre compĂ©tent est tenu de publier une description de cet habitat essentiel dans la Gazette du Canada dans les 90 jours qui suivent la publication de la version dĂ©finitive du programme de rĂ©tablissement ou du plan d’action dĂ©signant l’habitat essentiel. Quatre-vingt-dix jours aprĂšs la publication de la dĂ©signation de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada, la protection de l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) de la LEP (c’est-Ă -dire les interdictions relatives Ă  la destruction de l’habitat essentiel) entre en vigueur automatiquement, et l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire d’une aire protĂ©gĂ©e fĂ©dĂ©rale est protĂ©gĂ© lĂ©galement par la LEP.

Si l’habitat essentiel est identifiĂ© sur le territoire domanial, mais ne se trouve pas dans les aires protĂ©gĂ©es Ă©numĂ©rĂ©es ci-dessus, le ministre compĂ©tent doit, dans les 180 jours suivant l’identification de cet habitat dans un programme de rĂ©tablissement ou un plan d’action final affichĂ©, soit :

Pour les parties de l’habitat essentiel des espĂšces autres que les espĂšces aquatiques ou l’habitat essentiel des oiseaux migrateurs protĂ©gĂ©es par la LCOM, la LEP tient compte de la protection de l’habitat essentiel par d’autres gouvernements (par exemple provinces, territoires). Dans l’éventualitĂ© oĂč l’habitat essentiel ne serait pas protĂ©gĂ© Ă  l’intĂ©rieur de ces aires, le gouverneur en conseil peut, par dĂ©cret, appliquer l’interdiction de dĂ©truire l’habitat essentiel prĂ©vue par la LEP. Dans les cas oĂč le ministre de l’Environnement estime que l’habitat essentiel ailleurs que sur le territoire domanial n’est pas protĂ©gĂ© efficacement par les lois provinciales ou territoriales, une autre mesure prise en vertu de la LEP (y compris les accords prĂ©vus Ă  l’article 11) ou par l’entremise d’une autre loi fĂ©dĂ©rale, le ministre est tenu de recommander au gouverneur en conseil la prise d’un dĂ©cret pour mettre en application les interdictions de dĂ©truire l’habitat essentiel Ă  l’extĂ©rieur du territoire domanial. Avant de faire sa recommandation, le ministre doit consulter les ministres provinciaux ou territoriaux appropriĂ©s. Dans tous les cas, le gouverneur en conseil prend la dĂ©cision dĂ©finitive pour dĂ©terminer s’il faut aller de l’avant avec le dĂ©cret pour la protection de l’habitat essentiel en question.

Délivrance de permis en vertu de la LEP

Aux termes de l’article 73 de la LEP, le ministre compĂ©tent peut conclure avec une personne un accord l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, tout Ă©lĂ©ment de son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus, ou lui dĂ©livrer un permis Ă  cet effet. Les permis sont exigĂ©s pour les personnes qui mĂšnent des activitĂ©s touchant les espĂšces inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP comme Ă©tant disparues du pays, en voie de disparition ou menacĂ©es, c’est-Ă -dire des activitĂ©s qui contreviennent aux interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP, aux arrĂȘtĂ©s visant l’habitat essentiel ou aux arrĂȘtĂ©s d’urgence.

La LEP Ă©nonce les conditions que le ministre doit prendre en considĂ©ration avant d’autoriser un permis.

Gestion des espÚces préoccupantes

L’ajout d’une espĂšce prĂ©occupante Ă  l’annexe 1 de la LEP dĂ©clenche la prĂ©paration d’un plan de gestion qui permet de gĂ©rer l’espĂšce de maniĂšre proactive et de maximiser la probabilitĂ© de son succĂšs, et devrait permettre d’éviter la mise en place future de mesures plus coĂ»teuses. Le plan comprend les mesures de conservation jugĂ©es appropriĂ©es pour prĂ©server l’espĂšce et Ă©viter le dĂ©clin de sa population. Il est Ă©laborĂ© en collaboration avec les gouvernements provinciaux ou territoriaux compĂ©tents, d’autres ministĂšres fĂ©dĂ©raux, des conseils de gestion des ressources fauniques, des partenaires et des organisations autochtones et tout autre intervenant concernĂ©, et doit ĂȘtre publiĂ© dans un dĂ©lai de trois ans suivant l’inscription de l’espĂšce.

Objectif

L’objectif du DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril proposĂ© (le projet de dĂ©cret) consiste Ă  garantir que les diverses mesures prĂ©vues par la LEP pour la protection et le rĂ©tablissement des espĂšces en pĂ©ril s’appliquent aux espĂšces qui seraient reclassifiĂ©es ou ajoutĂ©es Ă  la Liste des espĂšces en pĂ©ril (annexe 1 de la LEP) au moyen du projet de dĂ©cret.

Description

Le projet de dĂ©cret modifierait la Liste des espĂšces en pĂ©ril en y ajoutant deux espĂšces (voir le tableau 2.1) et en reclassifiant une espĂšce (voir le tableau 2.2). Une description dĂ©taillĂ©e de chaque espĂšce, de leurs aires de rĂ©partition et de leurs menaces se trouve Ă  l’annexe 1 du prĂ©sent document. Des renseignements supplĂ©mentaires sur ces espĂšces se trouvent Ă©galement dans les rapports de situation du COSEPACrĂ©fĂ©rence 10.

Tableau 2.1 : EspĂšces que l’on propose d’ajouter Ă  l’annexe 1 de la LEP

Taxon

EspĂšce

Nom
scientifique

Statut
actuel

Statut
proposé

Aire de
répartition

Arthropodes

Bourdon de l’Ouest de la sous-espùce mckayi

Bombus occidentalis mckayi

S.O.

Préoccupante

Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Colombie-Britannique

Arthropodes

Bourdon de l’Ouest de la sous-espùce occidentalis

Bombus occidentalis occidentalis

S.O.

Menacée

Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan

Tableau 2.2 : EspĂšce que l’on propose de reclassifier Ă  l’annexe 1 de la LEP

Taxon

EspĂšce

Nom
scientifique

Statut
actuel

Statut
proposé

Aire de
répartition

Arthropodes

Monarque

Danaus plexippus

Préoccupante

En voie de disparition

Toutes les provinces, sauf Terre-Neuve-et-Labrador

Élaboration de la rĂ©glementation

Consultation

En vertu de la LEP, l’évaluation scientifique indĂ©pendante de la situation des espĂšces sauvages effectuĂ©e par le COSEPAC et la dĂ©cision du gouverneur en conseil d’accorder une protection juridique en inscrivant des espĂšces sauvages Ă  l’annexe 1 de la LEP sont deux processus distincts. Cette distinction garantit que le comitĂ© de scientifiques peut travailler de façon indĂ©pendante pour l’évaluation de la situation des espĂšces sauvages et que les Canadiens ont la possibilitĂ© de participer au processus dĂ©cisionnel consistant Ă  dĂ©terminer si les espĂšces sauvages seront inscrites ou non Ă  la LEP.

Le gouvernement du Canada reconnaĂźt que la conservation des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© conjointe et que la meilleure façon d’assurer la survie des espĂšces en pĂ©ril et la prĂ©servation de leur habitat passe par la participation active de tous les intervenants concernĂ©s. Le prĂ©ambule de la LEP indique que tous les Canadiens ont un rĂŽle Ă  jouer dans la prĂ©vention de la disparition des espĂšces sauvages du Canada. L’une des façons dont les Canadiens peuvent participer est de faire part de leurs commentaires concernant l’ajout d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP, la reclassification d’espĂšces ou le retrait de celles-ci de l’annexe. Le ministre tient compte de tous les commentaires reçus lorsqu’il fait ses recommandations au GC concernant l’inscription d’espĂšces.

Une attention particuliĂšre est accordĂ©e aux commentaires reçus des intervenants qui seront les plus touchĂ©s par les changements proposĂ©s (par exemple des consultations de suivi auprĂšs des organisations autochtones clĂ©s). Les commentaires sont examinĂ©s en fonction des consĂ©quences possibles de l’inscription ou non d’une espĂšce Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Le MinistĂšre amorce les consultations publiques initiales aprĂšs la publication des rĂ©ponses du ministre dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril dans les 90 jours suivant la rĂ©ception d’un exemplaire de l’évaluation de la situation d’une espĂšce sauvage du COSEPAC. Les peuples autochtones, les intervenants, les organisations et le grand public sont Ă©galement consultĂ©s au moyen d’un document accessible au public intitulĂ© Consultation sur la modification de la liste des espĂšces de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril : espĂšces terrestres.

Les documents de consultation fournissent de l’information sur les espĂšces, y compris la raison de leur dĂ©signation, une description biologique et des renseignements sur leur emplacement. Ils prĂ©sentent Ă©galement un aperçu du processus d’inscription Ă  la LEP. En plus d’ĂȘtre disponibles en ligne, ces documents sont distribuĂ©s aux personnes et aux organisations, y compris des peuples et organisations autochtones, des gouvernements provinciaux et territoriaux, divers secteurs industriels, des utilisateurs de ressources, des propriĂ©taires fonciers et des organisations non gouvernementales de l’environnement (ONGE) qui s’intĂ©ressent Ă  une espĂšce en particulier.

Résumé des résultats des consultations initiales

Des consultations sur l’ajout du bourdon de l’Ouest des sous-espĂšces occidentalis et mckayi Ă  l’annexe 1 de la LEP se sont tenues entre dĂ©cembre 2014 et mai 2015. Le MinistĂšre a envoyĂ© des lettres et des courriels de consultation Ă  l’ensemble des groupes autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des administrateurs du territoire domanial, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des municipalitĂ©s et des organismes intĂ©ressĂ©s (par exemple des organismes et des sociĂ©tĂ©s d’agriculture et des organisations non gouvernementales de l’environnement). Les documents de consultation ont Ă©galement Ă©tĂ© envoyĂ©s aux adresses figurant sur la liste d’envoi du Registre public des espĂšces en pĂ©ril.

Pendant la pĂ©riode de consultation, six commentaires ont Ă©tĂ© reçus au sujet de ces deux sous-espĂšces, et tous les commentaires appuyaient leur ajout Ă  l’annexe 1 ou fournissaient des commentaires gĂ©nĂ©raux sans indiquer de soutien ou d’opposition. Les commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s par trois provinces et territoires, deux conseils de gestion des ressources fauniques et un district rĂ©gional.

Des consultations sur l’ajout du monarque Ă  l’annexe 1 de la LEP se sont tenues entre janvier et octobre 2018. Le MinistĂšre a envoyĂ© des lettres et des courriels de consultation Ă  l’ensemble des groupes autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des administrateurs du territoire domanial, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des municipalitĂ©s et des organismes intĂ©ressĂ©s (par exemple des organismes et des sociĂ©tĂ©s d’agriculture et de foresterie et des organisations non gouvernementales de l’environnement). Les documents de consultation ont Ă©galement Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  plus de 1 900 adresses figurant sur la liste d’envoi du Registre public des espĂšces en pĂ©ril.

Pendant la pĂ©riode de consultation initiale, 12 commentaires ont Ă©tĂ© reçus au sujet de la reclassification du monarque, dont 11 commentaires appuyaient la reclassification ou fournissaient des commentaires gĂ©nĂ©raux sans indiquer de soutien ou d’opposition. L’un des commentaires gĂ©nĂ©raux provenait d’une organisation industrielle qui exprimait des craintes quant Ă  la planification du rĂ©tablissement Ă  la suite de l’inscription de l’espĂšce, sans indiquer son opinion sur l’inscription de l’espĂšce Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure. Une sociĂ©tĂ© d’État a exprimĂ© par Ă©crit son opposition Ă  l’inscription de l’espĂšce Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure. Ces deux organisations craignaient que la reclassification du monarque restreigne leur capacitĂ© de mener leurs activitĂ©s.

La sociĂ©tĂ© d’État en question s’est montrĂ©e prĂ©occupĂ©e par le niveau de protection qui serait immĂ©diatement accordĂ© Ă  la plante hĂŽte, l’asclĂ©piade, si le monarque Ă©tait reclassifiĂ© Ă  un statut d’espĂšce en voie de disparition. Elle a expliquĂ© en quoi la plante hĂŽte d’un autre papillon inscrit Ă  la LEP, le mormon, correspond Ă  la dĂ©finition de rĂ©sidence pour ce qui est des interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP et s’est montrĂ©e prĂ©occupĂ©e par le fait que la mĂȘme justification s’appliquerait Ă  l’asclĂ©piade et l’obligerait donc Ă  respecter d’importantes exigences en matiĂšre de permis. Elle a suggĂ©rĂ© Ă  Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) d’autoriser l’enlĂšvement d’asclĂ©piades sans exiger un permis Ă  cet effet, et de dĂ©finir le processus connexe avant l’inscription de l’espĂšce Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure.

Dans la LEP, une rĂ©sidence est dĂ©finie comme un « gĂźte — terrier, nid ou autre aire ou lieu semblable — occupĂ© ou habituellement occupĂ© par un ou plusieurs individus durant tout ou une partie de leur vie, notamment pendant la reproduction, l’élevage, les haltes migratoires, l’hivernage, l’alimentation ou l’hibernation. Â» De plus, l’article 33 de la LEP indique qu’« il est interdit d’endommager ou de dĂ©truire la rĂ©sidence d’un ou de plusieurs individus (…) d’une espĂšce sauvage inscrite comme espĂšce en voie de disparition ou menacĂ©e (…) Â».

Les espĂšces d’asclĂ©piade sont les plantes hĂŽtes du monarque, qui dĂ©pend uniquement des plantes d’asclĂ©piade pour se reproduire. Des Ɠufs, des chenilles ou des chrysalides peuvent se trouver sur cette plante lorsque le monarque se trouve au Canada (soit de juin Ă  octobre, pour la majeure partie du Canada et de la mi-mai Ă  aoĂ»t dans le sud de l’Ontario). Une plante d’asclĂ©piade est susceptible d’ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme Ă©tant une rĂ©sidence lorsque les monarques sont prĂ©sents. Que l’asclĂ©piade occupĂ©e soit ou non considĂ©rĂ©e comme Ă©tant une rĂ©sidence, la destruction de celle-ci tuerait ou blesserait des individus, qu’il s’agisse d’Ɠufs, de chenilles ou de chrysalides; l’activitĂ© nĂ©cessiterait donc la dĂ©livrance d’un permis en vertu de la LEP. Aucun permis ne sera requis pour l’enlĂšvement d’asclĂ©piades en dehors de la pĂ©riode de reproduction du monarque (ce qui correspond, pour la majeure partie du Canada, Ă  la pĂ©riode se trouvant en dehors des mois de juin et octobre), car cette plante est vivace et meurt lors du gel.

L’association de l’industrie susmentionnĂ©e a exprimĂ© des craintes concernant le regroupement des effluents agricoles et sylvicoles Ă  titre de menace ayant un impact Ă©levĂ© sur l’espĂšce et la façon dont cette menace serait abordĂ©e dans la planification du rĂ©tablissement qui aura lieu Ă  la suite de l’inscription proposĂ©e de l’espĂšce Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure. Elle suggĂšre que les effluents sylvicoles soient pris en considĂ©ration sĂ©parĂ©ment des effluents agricoles dans le programme de rĂ©tablissement et indique que les deux secteurs utilisent des herbicides Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles et en quantitĂ©s diffĂ©rentes. Elle a Ă©galement soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de coordonner les stratĂ©gies avec les autres pays concernĂ©s, car seule la limite septentrionale de l’aire de rĂ©partition du monarque se trouve au Canada. Enfin, elle a exprimĂ© le besoin d’un plus grand nombre de recherches sur la façon dont les changements climatiques pourraient avoir un impact sur l’habitat de l’espĂšce pendant les mois d’étĂ© ainsi que de la dĂ©signation des stratĂ©gies d’attĂ©nuation qui pourraient s’appliquer.

Dans ses Ă©valuations, le COSEPAC fait rĂ©fĂ©rence au systĂšme de classification des menaces directes et les mesures de conservation proposĂ©es par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le regroupement des effluents agricoles et sylvicoles en tant que menace ayant un impact Ă©levĂ© dans l’évaluation du COSEPAC Ă©tait attribuable au systĂšme uniformisĂ© de classification des menaces de l’UICN. La catĂ©gorie en question, « 9.3 Effluents agricoles et sylvicoles Â», se trouve sous la menace gĂ©nĂ©rale « 9. Pollution Â». C’est pourquoi l’option de sĂ©parer les deux secteurs Ă  cet Ă©gard n’existe pas. Pendant la planification du rĂ©tablissement qui aurait lieu Ă  la suite de l’inscription proposĂ©e de l’espĂšce Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure, il sera clairement indiquĂ© si les effluents agricoles et sylvicoles constituent ou non une menace pour le monarque.

En 2020, des consultations de suivi ont Ă©tĂ© menĂ©es auprĂšs de PremiĂšres Nations. Un commentaire a Ă©tĂ© formulĂ© par une PremiĂšre Nation de l’Ontario qui appuyait la reclassification du monarque.

En plus des consultations officielles, en 2017, la Fondation David Suzuki a lancĂ© une campagne de rĂ©daction de lettres demandant au gouvernement fĂ©dĂ©ral d’appuyer les activitĂ©s de recherche et de conservation visant le monarque au Canada ainsi que d’appuyer la recommandation du COSEPAC de changer le statut de l’espĂšce pour celui d’espĂšce en voie de disparition. Le public a envoyĂ© prĂšs de 8 500 lettres aux dĂ©putĂ©s et au ministre de l’Environnement.

Résumé des résultats de la consultation supplémentaire

En raison de la grande notoriĂ©tĂ© de ces pollinisateurs et leur large aire d’occurrence, le MinistĂšre a publiĂ© un avis d’intention dans la Gazette du Canada ainsi qu’une publication sur le site Web de Consultations auprĂšs des Canadiens pour solliciter des commentaires supplĂ©mentaires. La consultation a sollicitĂ© les commentaires d’un large Ă©ventail d’intervenants, en particulier les intervenants de l’industrie tels que le secteur agricole, afin de mieux comprendre les implications potentielles des changements de statut proposĂ©s. La pĂ©riode de commentaires de 45 jours a commencĂ© le 5 novembre 2022.

Au total, 9 466 commentaires ont Ă©tĂ© reçus.

Des commentaires gĂ©nĂ©raux ont Ă©tĂ© reçus de 30 participants, dont des particuliers, des organisations de l’industrie, des ONGE, d’autres ministĂšres fĂ©dĂ©raux, un gouvernement provincial et un professeur d’universitĂ©. Onze des commentaires gĂ©nĂ©raux reçus faisaient partie d’une campagne Ă©pistolaire organisĂ©e par RosemĂšre Vert, une ONGE situĂ©e au QuĂ©bec. La campagne a exhortĂ© le MinistĂšre Ă  tenir compte de la prĂ©sence du monarque et de l’asclĂ©piade sur un ancien terrain de golf lors de la dĂ©termination de l’habitat essentiel de l’espĂšce. Les autres commentaires gĂ©nĂ©raux visaient Ă  fournir des observations aux rapports de situation du COSEPAC sur les espĂšces, y compris des menaces pour les espĂšces. De nombreux commentaires ont fourni des suggestions pour la planification du rĂ©tablissement et l’identification de l’habitat essentiel du monarque, des observations d’espĂšces et l’identification des impacts potentiels du projet de dĂ©cret. Les commentateurs ont Ă©galement inclus des suggestions pour les efforts de conservation du monarque et du bourdon de l’Ouest (par exemple la rĂ©duction de l’utilisation de pesticides, la crĂ©ation d’habitats et la collaboration internationale en matiĂšre de conservation).

Au total, 9 422 commentaires appuient le projet de dĂ©cret. Parmi ceux-ci, 9 391 provenaient d’une campagne Ă©pistolaire organisĂ©e par la Fondation David Suzuki. Les lettres indiquaient un soutien pour l’inscription du monarque Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure et l’inscription des bourdons de l’Ouest. Les lettres encourageaient la planification du rĂ©tablissement et suggĂ©raient que les programmes de rĂ©tablissement comprennent une rĂ©duction de l’utilisation des pesticides sur le territoire domanial en particulier, mais aussi une stratĂ©gie nationale pour rĂ©duire l’utilisation totale des pesticides et les risques associĂ©s. De nombreux participants Ă  la campagne ont fourni des informations supplĂ©mentaires dans leurs lettres telles que des observations d’espĂšces et des anecdotes, et ont manifestĂ© un intĂ©rĂȘt pour les activitĂ©s d’intendance.

Les 31 autres commentaires favorables ont Ă©tĂ© reçus de particuliers, de ONGE, de municipalitĂ©s et d’une organisation autochtone. Les commentateurs ont exhortĂ© le MinistĂšre Ă  protĂ©ger diverses parties de l’habitat du monarque, fourni des suggestions pour la planification du rĂ©tablissement de l’espĂšce, dĂ©taillĂ© les observations du monarque, indiquĂ© le dĂ©sir de rĂ©duire l’utilisation des pesticides et soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de respecter diverses cibles du Cadre mondial de Kunming-MontrĂ©al pour la biodiversitĂ©rĂ©fĂ©rence 11.

Au total, 14 commentaires opposĂ©s au projet de dĂ©cret ont Ă©tĂ© reçus de la part de particuliers, d’organisations de l’industrie et de sociĂ©tĂ©s d’État. Un individu s’est dit prĂ©occupĂ© par la date de l’évaluation du monarque (2016) et a fourni des liens vers des pages Web contenant des observations sur le monarque. Le MinistĂšre s’est engagĂ© Ă  respecter le principe selon lequel, s’il existe des menaces de dommages graves pour une espĂšce sauvage, les mesures rentables pour prĂ©venir la rĂ©duction ou la perte de l’espĂšce ne doivent pas ĂȘtre reportĂ©es faute de certitude scientifique complĂšte. Un individu s’est gĂ©nĂ©ralement opposĂ© au projet de dĂ©cret sans fournir de raison. Huit personnes craignaient que l’inscription du monarque Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure sur la liste des espĂšces en voie de disparition leur interdise d’élever des larves, de marquer des papillons et de mener d’autres activitĂ©s d’intendance. Cependant, les interdictions gĂ©nĂ©rales dĂ©clenchĂ©es par le projet de dĂ©cret ne s’appliqueraient qu’au territoire domanial, Ă  moins qu’elles ne soient autorisĂ©es par un permis de la LEP. Les activitĂ©s (par exemple Ă©levage de chenilles, marquage des monarques) seraient toujours autorisĂ©es sur le territoire non domanial, Ă  moins qu’elles ne soient interdites par la lĂ©gislation provinciale.

Deux organisations ont exprimĂ© leur opposition au projet de dĂ©cret, suggĂ©rant que les innovations rĂ©centes en agriculture ont entraĂźnĂ© une rĂ©duction des risques environnementaux liĂ©s Ă  l’utilisation des pesticides et Ă  la perte d’habitat. Le MinistĂšre s’est engagĂ© Ă  la conservation de la diversitĂ© biologique et au principe de la prudence, qui stipule que s’il y a des menaces de dommages sĂ©rieux Ă  une espĂšce sauvage, les mesures rentables pour prĂ©venir la rĂ©duction ou la perte de l’espĂšce ne devraient pas ĂȘtre reportĂ©es en raison d’un manque de certitude scientifique. Bien que les menaces pesant sur l’espĂšce puissent Ă©voluer, le MinistĂšre aborde les recommandations d’inscription de la LEP en utilisant ce principe de base et s’appuie sur les meilleures informations scientifiques disponibles au moment des Ă©valuations du COSEPAC. À mesure que les technologies agricoles progressent au fil du temps, la LEP offre la possibilitĂ© de tenir compte de ces facteurs dans la planification du rĂ©tablissement, l’octroi de permis et la promotion de la conformitĂ©.

Une sociĂ©tĂ© d’État s’est opposĂ©e Ă  l’inscription du monarque Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure, dĂ©clarant que cette dĂ©cision est prĂ©maturĂ©e. Elle a indiquĂ© que si de grands polygones d’habitat essentiel du monarque sont identifiĂ©s, cela pourrait l’empĂȘcher d’atteindre son objectif de la stratĂ©gie sur les forĂȘts de planter 100 000 arbres et pourrait Ă©galement avoir des rĂ©percussions financiĂšres sur la production agricole. Une autre sociĂ©tĂ© d’État s’est dite prĂ©occupĂ©e par l’inscription potentielle du monarque Ă  une catĂ©gorie de risque supĂ©rieure, expliquant que les protections potentielles accordĂ©es Ă  la rĂ©sidence de l’espĂšce auraient des rĂ©percussions importantes sur ses activitĂ©s opĂ©rationnelles. Cependant, la majoritĂ© de ces prĂ©occupations peuvent ĂȘtre attĂ©nuĂ©es par le rĂ©gime de permis du MinistĂšre ou par l’élimination de l’asclĂ©piade en dehors de la pĂ©riode de rĂ©sidence du monarque.

De maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, le public est sensibilisĂ© Ă  la protection du monarque et se prĂ©occupe du dĂ©clin de la population de l’espĂšce, et les mĂ©dias rĂ©clament que le MinistĂšre prenne des mesures pour protĂ©ger le monarque, son habitat et l’asclĂ©piade. Les demandes au gouvernement visant la prise de mesures se font de plus en plus nombreuses depuis l’inscription rĂ©cente du monarque en tant qu’espĂšce en voie de disparition Ă  la Liste rouge des espĂšces menacĂ©es de l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui reprĂ©sente le statut de l’espĂšce Ă  l’échelle internationale.

De plus, les mĂ©dias prĂ©sentent un consensus selon lequel les populations de bourdons connaissent un dĂ©clin, et la majoritĂ© des discussions portent sur les mesures d’intendance que le public peut prendre. Certains groupes environnementaux ont demandĂ© Ă  ce que des mesures soient prises pour inscrire les sous-espĂšces de bourdons de l’Ouest Ă  la LEP.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaĂźt et confirme les droits ancestraux et issus de traitĂ©s des peuples autochtones du Canada, y compris les droits liĂ©s aux activitĂ©s, aux pratiques et aux traditions des peuples autochtones qui font partie intĂ©grante de leur culture distinctive. La proposition a Ă©tĂ© soumise Ă  une Ă©valuation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes, conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ɠuvre des traitĂ©s modernes. L’évaluation a permis de cerner les rĂ©percussions suivantes.

Le monarque et l’asclĂ©piade dont l’espĂšce dĂ©pend se trouvent dans des zones faisant l’objet de traitĂ©s modernes et d’accords sur l’autonomie gouvernementale. L’espĂšce se trouve dans des zones visĂ©es par l’Accord d’autonomie gouvernementale de la PremiĂšre Nation de Westbank, l’Accord de gouvernance de la nation Dakota de Sioux Valley, l’Accord dĂ©finitif de la PremiĂšre Nation de Tsawwassen, la Convention de la Baie James et du Nord quĂ©bĂ©cois, et la Convention du Nord-Est quĂ©bĂ©cois. AprĂšs une analyse approfondie des dispositions relatives aux traitĂ©s modernes des accords, il a Ă©tĂ© conclu que la reclassification du monarque pour le faire passer d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce en voie de disparition ne devrait pas avoir d’impacts sur les droits issus de traitĂ©s.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliqueraient Ă  la suite de la reclassification proposĂ©e du monarque d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce en voie de disparition. Cependant, le projet de dĂ©cret n’entrerait pas en conflit avec les dispositions des accords de traitĂ©s modernes et n’aurait donc pas d’incidence sur les droits issus de traitĂ©s modernes. L’Accord d’autonomie gouvernementale de la PremiĂšre Nation de Westbank et l’Accord de gouvernance de la nation Dakota de Sioux Valley indiquent que les lois fĂ©dĂ©rales concernant la conservation des espĂšces en voie de disparition ou en pĂ©ril ont prĂ©sĂ©ance en cas de conflit avec les dispositions de ces accords. L’Accord dĂ©finitif de la PremiĂšre Nation de Tsawwassen souligne que le ministre concernĂ© conservera son pouvoir de gestion de la conservation des espĂšces sauvages et de leur habitat. La Convention de la Baie James et du Nord quĂ©bĂ©cois et la Convention du Nord-Est quĂ©bĂ©cois indiquent que les lois fĂ©dĂ©rales concernant la protection de l’environnement s’appliquent toujours dans les territoires concernĂ©s.

La zone d’occurrence du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis chevauche Ă©galement des zones visĂ©es par des traitĂ©s modernes et des accords sur l’autonomie gouvernementale : l’Accord dĂ©finitif de la PremiĂšre Nation de Tsawwassen, l’Accord dĂ©finitif Nisga’a, l’Accord dĂ©finitif des PremiĂšres Nations Maanulthes, l’Accord dĂ©finitif des Tla’amins, l’Accord d’autonomie gouvernementale de la PremiĂšre Nation de Westbank et la Loi sur l’autonomie gouvernementale de la Nation shishalhe. L’analyse des traitĂ©s modernes et des accords sur l’autonomie gouvernementale indiquĂ©s a rĂ©vĂ©lĂ© que l’inscription du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis ne devrait pas avoir d’impacts sur les droits issus de traitĂ©s.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP s’appliqueraient Ă  la suite de l’inscription du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis comme espĂšce menacĂ©e. Cependant, le projet de dĂ©cret n’entrerait pas en conflit avec les dispositions des accords de traitĂ©s modernes et n’aurait donc pas d’incidence sur les droits issus de traitĂ©s modernes. L’Accord dĂ©finitif de la PremiĂšre Nation de Tsawwassen souligne que le ministre concernĂ© conservera son pouvoir de gestion de la conservation des espĂšces sauvages et de leur habitat. L’Accord dĂ©finitif Nisga’a, l’Accord dĂ©finitif des PremiĂšres Nations Maanulthes, l’Accord dĂ©finitif des Tla’amins et la Loi sur l’autonomie gouvernementale de la Nation shishalhe ne comportent aucune disposition sur les espĂšces non rĂ©coltables. L’Accord d’autonomie gouvernementale de la PremiĂšre Nation de Westbank indique que les lois fĂ©dĂ©rales concernant la conservation des espĂšces en voie de disparition ou en pĂ©ril ont prĂ©sĂ©ance en cas de conflit avec d’autres dispositions de cet accord.

MĂȘme si la zone d’occurrence du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce mckayi chevauche des zones visĂ©es par des traitĂ©s modernes, aucune interdiction gĂ©nĂ©rale de la LEP ne sera appliquĂ©e pour cette sous-espĂšce. C’est pourquoi aucune rĂ©percussion relative aux traitĂ©s modernes n’est prĂ©vue pour cette sous-espĂšce.

Mobilisation et consultation des Autochtones

Le Canada est dĂ©terminĂ© Ă  renouveler la relation de nation Ă  nation avec les peuples autochtones en s’appuyant sur la reconnaissance des droits, le respect, la coopĂ©ration et les partenariats. ConformĂ©ment Ă  cet engagement, le MinistĂšre prend des mesures pour assurer des consultations significatives auprĂšs des peuples et des organisations autochtones, dans un esprit de respect, de coopĂ©ration et de collaboration. Des discussions sont tenues en parallĂšle avec les communautĂ©s autochtones intĂ©ressĂ©es pour dĂ©terminer les meilleures approches de consultation.

Choix de l’instrument

Bien que la protection des espÚces en péril soit une responsabilité que partagent le gouvernement fédéral et les provinces et territoires, la LEP permet au gouvernement fédéral de protéger les espÚces inscrites comme étant menacées ou en voie de disparition sur le territoire domanial, ou partout au Canada en ce qui concerne les oiseaux migrateurs et les espÚces aquatiques

La Loi comprend des articles qui appuient les approches d’intendance volontaire en matiĂšre de conservation en collaboration avec tout autre gouvernement, organisation ou personne au Canada. Bien que ces articles puissent ĂȘtre utilisĂ©s pour obtenir des rĂ©sultats positifs concernant une espĂšce, l’obligation du ministre de formuler une recommandation Ă  l’intention du gouverneur en conseil relativement Ă  une Ă©valuation ne peut pas ĂȘtre contournĂ©e.

Analyse de la réglementation

Cette analyse prĂ©sente les avantages et les coĂ»ts diffĂ©rentiels du projet de dĂ©cret. Les impacts diffĂ©rentiels sont dĂ©finis comme Ă©tant la diffĂ©rence entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire dans lequel le projet de dĂ©cret est mis en Ɠuvre au cours de la mĂȘme pĂ©riode. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence comprend les activitĂ©s en cours sur le territoire domanial oĂč une espĂšce est prĂ©sente, ainsi que les changements qui se produiraient au cours des 10 prochaines annĂ©es si le projet de dĂ©cret n’était pas en vigueur. Le scĂ©nario rĂ©glementaire englobe les impacts prĂ©vus des interdictions gĂ©nĂ©rales ainsi que tout dĂ©cret potentiel de protection d’habitat essentiel sur le territoire domanial. Comme l’habitat essentiel d’une espĂšce n’est dĂ©signĂ© dans un programme de rĂ©tablissement qu’aprĂšs qu’elle soit inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP, l’étendue de l’habitat essentiel dĂ©signĂ© (et donc des mesures de protection connexes) est incertaine pour le moment. Par consĂ©quent, l’analyse est fondĂ©e sur les meilleures donnĂ©es actuellement accessibles.

Une pĂ©riode de 10 ans a Ă©tĂ© choisie pour l’analyse, car le statut d’une espĂšce doit ĂȘtre réévaluĂ© tous les 10 ans par le COSEPAC. Les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s en valeur actuelle sont actualisĂ©s Ă  3 % pour la pĂ©riode de 2023 Ă  2032. Sauf indication contraire, toutes les valeurs monĂ©taires indiquĂ©es dans la prĂ©sente analyse sont en dollars canadiens constants de 2022, actualisĂ©es Ă  3 %.

Dans l’ensemble, le projet de dĂ©cret devrait profiter Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La protection des espĂšces au moyen des inscriptions proposĂ©es permettrait de prĂ©server les valeurs socioĂ©conomiques et culturelles connexes, les valeurs d’existence et d’option ainsi que les avantages dĂ©coulant des services Ă©cosystĂ©miques, tels que la pollinisation. Les coĂ»ts liĂ©s au projet de dĂ©cret devraient ĂȘtre infĂ©rieurs Ă  10 millions de dollars sur 10 ans. Ces coĂ»ts sont liĂ©s Ă  l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action et de plans de gestion, le cas Ă©chĂ©ant, ainsi qu’aux Ă©ventuelles demandes de permis et activitĂ©s de promotion de la conformitĂ©. Les autres coĂ»ts liĂ©s au projet de dĂ©cret dĂ©coulent de l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales et des dĂ©crets potentiels de protection de l’habitat essentiel des espĂšces inscrites comme Ă©tant menacĂ©es ou en voie de disparition.

Avantages

En vertu de la LEP, les espĂšces en voie de disparition, menacĂ©es et disparues du pays bĂ©nĂ©ficient de l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement et de plans d’action qui dĂ©finissent les principales menaces pesant sur leur survie et, dans la mesure du possible, l’habitat nĂ©cessaire Ă  leur survie et Ă  leur rĂ©tablissement au Canada. Le projet de dĂ©cret favoriserait la survie et le rĂ©tablissement du monarque, du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis et du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce mckayi au Canada. L’inscription d’espĂšces Ă  la liste de l’annexe 1 contribue Ă  la rĂ©alisation de l’objet de la LEP, qui vise Ă  prĂ©venir la disparition des espĂšces sauvages, Ă  permettre le rĂ©tablissement de celles qui, par suite de l’activitĂ© humaine, sont devenues des espĂšces disparues du pays, en voie de disparition ou menacĂ©es, Ă  gĂ©rer les espĂšces prĂ©occupantes pour Ă©viter qu’elles ne deviennent pas des espĂšces en voie de disparition ou menacĂ©es et Ă  donner suite aux conseils des scientifiques.

Le monarque, Ă  la suite de sa reclassification dans la catĂ©gorie « espĂšce en voie de disparition Â» Ă  l’annexe 1 de la LEP, et le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis, Ă  la suite de sa classification dans la catĂ©gorie « espĂšce menacĂ©e Â» Ă  la mĂȘme annexe, bĂ©nĂ©ficieraient d’une protection immĂ©diate sur le territoire domanial, grĂące Ă  l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP (articles 32 et 33 de la LEP). Par consĂ©quent, il serait illĂ©gal de tuer un individu de ces espĂšces, de lui nuire, de le harceler, de le capturer ou de le prendre. Il serait aussi interdit de possĂ©der, de collectionner, d’acheter, de vendre ou d’échanger un individu — notamment une partie d’un individu ou un produit qui en provient — de ces espĂšces. De plus, l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales fait en sorte que la destruction de la rĂ©sidence d’un ou de plusieurs individus de ces espĂšces, ou le fait de causer des dommages Ă  celle-ci, constitue une infraction. Le respect de ces interdictions devrait avoir un impact positif sur le rĂ©tablissement de ces espĂšces.

L’inscription en tant qu’espĂšce menacĂ©e ou en voie de disparition ou la reclassification dans ces catĂ©gories imposerait aussi des exigences prĂ©vues Ă  la LEP, obligeant Ă  Ă©laborer un programme de rĂ©tablissement et Ă  prĂ©parer un ou plusieurs plans d’action sur le fondement de celui-ci. L’élaboration et la mise en Ɠuvre de ces documents favoriseraient le rĂ©tablissement de ces espĂšces, car ces documents sont conçus, entre autres, pour cerner les menaces Ă  la survie des espĂšces et Ă  leur habitat, et indiquent les mesures pouvant ĂȘtre prises pour leur faire face. L’exigence supplĂ©mentaire d’élaborer ces documents, dans la mesure du possible, en collaboration avec un large Ă©ventail de partenaires et d’intervenants concernĂ©s, notamment des ministres provinciaux et territoriaux, des conseils de gestion des ressources fauniques et des organisations autochtones, contribuerait Ă  assurer un vaste soutien aux approches dĂ©finies dans ces documents.

Concernant le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce mckayi, sa dĂ©signation comme « espĂšce prĂ©occupante Â» dĂ©clencherait l’élaboration d’un plan de gestion et serait un indicateur prĂ©coce signalant qu’il faut accorder une attention particuliĂšre Ă  l’espĂšce en raison d’une combinaison de caractĂ©ristiques biologiques et de menaces identifiĂ©es. Cela permettrait de gĂ©rer l’espĂšce de façon proactive et d’assurer une probabilitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e de succĂšs et, possiblement, de prĂ©venir des mesures coĂ»teuses Ă  l’avenir. De tels efforts permettraient de s’assurer que l’espĂšce est protĂ©gĂ©e conformĂ©ment aux objectifs de la LEP avec une incidence minimale sur les intervenants, les peuples autochtones et les ressources gouvernementales.

Des mesures de protection supplĂ©mentaires pourraient aussi ĂȘtre prises par divers ordres de gouvernement, peuples autochtones et intervenants. On s’attend Ă  ce que ces mesures combinĂ©es jouent un rĂŽle important dans la conservation et le rĂ©tablissement de ces espĂšces. La prĂ©vention de la perte de ces avantages ne peut ĂȘtre attribuĂ©e uniquement au projet de dĂ©cret; nĂ©anmoins, la LEP prĂ©cise que le gouvernement du Canada est rĂ©solu Ă  adopter une approche de prĂ©caution pour Ă©viter la perte permanente de la biodiversitĂ© du Canada.

Valeur économique totale de la conservation des espÚces

Le cadre de la valeur Ă©conomique totale est souvent utilisĂ© pour Ă©valuer comment les actifs environnementaux, tels que les espĂšces en pĂ©ril, contribuent au bien-ĂȘtre de la sociĂ©tĂ©. À l’aide de ce cadre, cette Ă©valuation a rĂ©vĂ©lĂ© que les espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret procurent divers types d’avantages Ă  la population canadienne. MĂȘme si la prĂ©vention de la perte de ces avantages ne peut ĂȘtre attribuĂ©e uniquement au projet de dĂ©cret, certains renseignements Ă  propos des avantages que ces espĂšces procurent Ă  la population canadienne sont dĂ©crits ci-dessous aux fins de mise en contexte.

a) Valeur socioéconomique et culturelle pour les peuples autochtones

Les bourdons, de façon plus gĂ©nĂ©rale, sont reconnus comme ayant une importance culturelle pour les peuples autochtonesrĂ©fĂ©rence 12. Certains groupes autochtones cĂ©lĂšbrent les abeilles au moyen de masques, d’Ɠuvres d’artrĂ©fĂ©rence 13, de reprĂ©sentations totĂ©miques et de danses traditionnellesrĂ©fĂ©rence 14, celles-ci ayant connu un renouveau ces derniĂšres annĂ©esrĂ©fĂ©rence 15. Pour les Cherokees et d’autres peuples autochtones, les abeilles sont associĂ©es au besoin de respecter la nature, rappelant aux humains de ne pas exploiter les animaux, ni les terres, ni les ressources prĂ©cieuses qu’ils nous offrentrĂ©fĂ©rence 16. Enfin, l’abeille est un insecte emblĂ©matique Ă  bien des Ă©gards et pour plusieurs groupes spirituels, y compris des groupes autochtones. Elle symbolise la productivitĂ©, la concentration, la communication, la communautĂ© et la capacitĂ© de dĂ©fense, entre autres. Le bourdon, quant Ă  lui, symbolise la force et la capacitĂ© d’accomplir n’importe quel objectif, voire l’impossible, lorsqu’on fait preuve d’une grande dĂ©terminationrĂ©fĂ©rence 17.

b) Avantages fonctionnels

Les espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret pourraient jouer des rĂŽles fonctionnels importants qui contribuent aux systĂšmes Ă©conomiques et Ă  la santĂ© et au bien-ĂȘtre humains. Par exemple, les deux sous-espĂšces du bourdon de l’Ouest sont susceptibles d’offrir des avantages fonctionnels, tels que la pollinisation, contribuant Ă  la santĂ© humaine et aux systĂšmes Ă©conomiques. La pollinisation est le processus de transfert du pollen Ă  l’intĂ©rieur des plantes et entre celles-ci, ce qui permet leur fĂ©condation et leur reproduction. Bien que de nombreuses espĂšces soient des pollinisateurs, y compris certaines espĂšces d’oiseaux, de papillons diurnes, de mouches, de colĂ©optĂšres et de chauves-souris, les 800 espĂšces d’abeilles au Canada sont considĂ©rĂ©es comme des pollinisateurs particuliĂšrement importants en raison de la grande diversitĂ© de plantes qu’elles peuvent polliniserrĂ©fĂ©rence 18. Pour conserver cette diversitĂ©, il faut veiller Ă  la survie de diverses espĂšces d’abeilles, car certaines plantes ont formĂ© des relations symbiotiques avec des pollinisateurs spĂ©cifiques au cours de leur Ă©volution et dĂ©pendent dĂ©sormais de ces derniers.

Les deux sous-espĂšces du bourdon de l’Ouest offrent des services de pollinisation qui sont importants Ă  la production dans un grand nombre de cultures. De nombreuses cultures agricoles dĂ©pendent fortement de ce service naturel pour la multiplication et le maintien des rendements de production sans aucun coĂ»t, ou Ă  faible coĂ»t, pour les producteurs agricolesrĂ©fĂ©rence 19. En tant que pollinisateurs, les abeilles augmentent la quantitĂ© et la qualitĂ© des cultures, entraĂźnant une augmentation de la production Ă©conomiquerĂ©fĂ©rence 19. Une Ă©tude clĂ© s’est penchĂ©e sur les donnĂ©es provenant de 90 Ă©tudes sur des colonies d’abeilles visitant les cultures et a permis de conclure que les colonies d’abeilles sauvages augmentent le rendement des culturesrĂ©fĂ©rence 20. Dans le but de dĂ©terminer la valeur potentielle des services de pollinisation offerts par le bourdon de l’Ouest, un sous-ensemble de bourdons ayant fait l’objet de cette Ă©tude a Ă©tĂ© utilisĂ©. Si l’on prend en compte la contribution moyenne des bourdons du genre Bombus prĂ©sents dans l’ouest de l’AmĂ©rique du Nord Ă  la valeur du rendement des cultures, on estime que la valeur potentielle des services de pollinisation fournis s’élĂšverait Ă  environ 120 $/ha, dont une partie pourrait ĂȘtre attribuĂ©e au bourdon de l’Ouest.

Les pollinisateurs, y compris les abeilles, sont Ă©galement essentiels au maintien de la diversitĂ© des plantes Ă  fleurs sauvages, qui apportent une valeur esthĂ©tique et, Ă  leur tour, favorisent la diversitĂ© de nombreuses autres espĂšces sauvages, notamment d’autres espĂšces d’insectes.

c) Valeur d’existence

En plus des avantages liĂ©s Ă  la pollinisation, la population peut accorder une valeur d’existence aux espĂšces de bourdonsrĂ©fĂ©rence 19. Bon nombre de gens se sentent bien simplement en sachant qu’une espĂšce existe actuellement ou pour les gĂ©nĂ©rations futures. Les Ă©tudes sur d’autres espĂšces en pĂ©ril indiquent que la sociĂ©tĂ© accorde effectivement une valeur importante aux espĂšces vulnĂ©rables, en particulier aux espĂšces charismatiques, symboliques ou emblĂ©matiquesrĂ©fĂ©rence 21, rĂ©fĂ©rence 22. Le monarque est considĂ©rĂ© comme une espĂšce hautement charismatique dans l’ensemble du Canada et de l’AmĂ©rique du NordrĂ©fĂ©rence 23. Il est l’une des rares espĂšces de papillons migrateurs, et sa migration depuis le sud du Canada jusqu’au Mexique est dĂ©crite comme un phĂ©nomĂšne biologique en voie de disparition. Le monarque sert de modĂšle dans les Ă©coles de partout en AmĂ©rique du Nord pour enseigner aux Ă©lĂšves la biologie, la mĂ©tamorphose, la conservation et le respect de la nature. Ainsi, on prĂ©sume que les Canadiens pourraient ĂȘtre disposĂ©s Ă  payer pour le rĂ©tablissement ou la survie de cette espĂšce.

D’aprĂšs une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par Diffendorfer et al. (2014), la somme ponctuelle moyenne estimĂ©e que les mĂ©nages amĂ©ricains seraient disposĂ©s Ă  payer pour la conservation et le rĂ©tablissement de l’habitat du monarque est d’environ 28 $ US (dollars de 2014)rĂ©fĂ©rence 24. En tenant compte de l’inflation et du taux de change, et en prĂ©sumant que la valeur accordĂ©e au monarque par les Canadiens est similaire Ă  celle accordĂ©e par les AmĂ©ricains, on estime que les mĂ©nages canadiens seraient prĂȘts Ă  dĂ©bourser une somme ponctuelle (don) d’environ 33 $ par mĂ©nage pour la conservation du monarque. Si l’on extrapole Ă  l’ensemble des mĂ©nages canadiens situĂ©s dans l’aire de rĂ©partition du monarque, on obtient une somme ponctuelle d’environ 460 millions de dollars Ă  l’échelle nationale.

d) Valeur récréative

Les Canadiens retirent des avantages d’ordre rĂ©crĂ©atif et esthĂ©tique lorsqu’ils aperçoivent ou observent des espĂšces charismatiques comme le monarquerĂ©fĂ©rence 23. Par exemple, une Ă©tude a estimĂ© que le total des revenus directs gĂ©nĂ©rĂ©s par le tourisme Ă  la RĂ©serve de biosphĂšre du papillon monarque, au Mexique, est 2,2 millions de dollars amĂ©ricains (dollars de 2004)rĂ©fĂ©rence 25. Il n’y a pas de rĂ©serve Ă©quivalente au Canada, mais il existe au moins 12 conservatoires et jardins de papillons qui offrent la possibilitĂ© d’observer les papillons au pays. En outre, le Conservatoire des papillons des parcs du Niagara, qui a accueilli prĂšs de 315 000 visiteurs entre avril 2019 et mars 2020, organise un programme annuel gratuit de relĂąchement de monarques, dans le cadre duquel les visiteurs peuvent Ă©tiqueter des papillons avant de les relĂącher pour leur migration vers le Mexique, oĂč ils passeront l’hiverrĂ©fĂ©rence 26. Ces Ă©vĂ©nements et attractions sont un indicateur de la valeur que retirent les Canadiens lorsqu’ils observent des monarques ou des papillons en gĂ©nĂ©ral.

e) Valeur d’option

La sociĂ©tĂ© accorde souvent une valeur au maintien de la possibilitĂ© d’usages futurs associĂ©s Ă  une espĂšce. La « valeur d’option Â» pour les Canadiens des deux sous-espĂšces du bourdon de l’Ouest pourrait dĂ©couler de la prĂ©servation de l’information gĂ©nĂ©tique de l’espĂšce, laquelle pourrait avoir de futures applications biologiques, mĂ©dicinales, industrielles ou autres. Par exemple, les bourdons servent actuellement aux scientifiques pour mieux comprendre comment maintenir la stabilitĂ© de petits appareils volants dans des conditions venteuses. Il s’agit lĂ  d’un exemple de biomimĂ©tisme, un domaine Ă©mergent. Le venin d’abeille fait Ă©galement l’objet de recherches pour ses propriĂ©tĂ©s potentiellement mĂ©dicinalesrĂ©fĂ©rence 27,rĂ©fĂ©rence 28. La population canadienne pourrait accorder de la valeur Ă  la prĂ©servation d’information gĂ©nĂ©tique susceptible de servir Ă  de futures applications biologiques, mĂ©dicinales, gĂ©nĂ©tiques ou autresrĂ©fĂ©rence 29. Les espĂšces qui font l’objet d’une recommandation d’inscription ou de reclassification dans le cadre du prĂ©sent projet de dĂ©cret sont associĂ©es Ă  une telle valeur (c’est-Ă -dire une valeur d’option).

Coûts

Pour chaque espĂšce, quatre types de coĂ»ts diffĂ©rentiels du projet de dĂ©cret ont Ă©tĂ© examinĂ©s lors de l’analyse :

L’analyse s’appuie sur les meilleurs renseignements accessibles à l’heure actuelle.

Réserves des PremiÚres Nations et autres terres domaniales touchées, et coûts associés à la conformité aux interdictions générales

Les interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP ne s’appliquent pas aux espĂšces prĂ©occupantes. Par consĂ©quent, l’inscription du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce mckayi n’entraĂźne pas de coĂ»ts diffĂ©rentiels pour les parties intĂ©ressĂ©es et les Autochtones.

Les interdictions gĂ©nĂ©rales s’appliquent toutefois immĂ©diatement aux espĂšces inscrites comme menacĂ©es, en voie de disparition ou disparues du pays prĂ©sentes sur le territoire domanial. Le monarque et le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis sont vraisemblablement prĂ©sents sur diverses terres fĂ©dĂ©rales et rĂ©serves des PremiĂšres Nations au Canada.

Sur toutes les propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales, y compris celles oĂč se pratiquent des activitĂ©s agricoles, les Ɠufs, les chenilles et les chrysalides de monarque se trouvent sur des asclĂ©piades lorsque le papillon est prĂ©sent au Canada (dans la plupart des rĂ©gions du pays, cela correspond Ă  la pĂ©riode de juin Ă  octobre, ou de la mi-mai Ă  aoĂ»t dans le sud de l’Ontario). L’asclĂ©piade occupĂ©e est susceptible d’ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une rĂ©sidence lorsque le monarque est prĂ©sent. Qu’elle soit ou non considĂ©rĂ©e comme une rĂ©sidence, la destruction d’asclĂ©piades occupĂ©es serait une destruction d’individus, qu’il s’agisse d’Ɠufs, de chenilles ou de chrysalides; l’activitĂ© nĂ©cessiterait donc la dĂ©livrance d’un permis en vertu de la LEP. En consĂ©quence, la destruction d’Ɠufs, de chenilles, de chrysalides et d’asclĂ©piades occupĂ©es sur le territoire domanial sera probablement interdite sans permis durant cette pĂ©riode en vertu des interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP. La protection de l’habitat essentiel du monarque n’a pas Ă©tĂ© prise en compte, puisqu’il n’est pas possible de le faire avant la rĂ©daction du programme de rĂ©tablissement.

Pour toutes les propriĂ©tĂ©s situĂ©es dans l’aire de rĂ©partition du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis, diverses menaces ont Ă©tĂ© prises en compte, dont la dissĂ©mination de pathogĂšnes depuis des colonies d’abeilles gĂ©rĂ©es Ă  des fins commerciales, l’utilisation de pesticides, et les activitĂ©s d’amĂ©nagement du territoire. Des mesures d’attĂ©nuation, des instruments rĂ©glementaires et des cadres sont en place pour minimiser les dommages potentiels au bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis rĂ©fĂ©rence 30. Ainsi, les coĂ»ts potentiels de l’inscription de cette sous-espĂšce seraient associĂ©s Ă  l’éventuelle protection future de son habitat essentiel ou aux possibles violations des interdictions gĂ©nĂ©rales par les activitĂ©s d’amĂ©nagement du territoire.

L’activation des interdictions gĂ©nĂ©rales Ă  l’égard de ces espĂšces devrait entraĂźner des coĂ»ts pour les parties intĂ©ressĂ©es et les PremiĂšres Nations, notamment de possibles pertes de profits d’activitĂ©s agricoles et des coĂ»ts liĂ©s aux demandes de permis. Les coĂ»ts du projet de dĂ©cret sur ces trois espĂšces pour le gouvernement du Canada, associĂ©s aux activitĂ©s administratives, Ă  l’octroi de permis, Ă  la promotion de la conformitĂ© et Ă  l’application de la loi, sont abordĂ©s plus loin.

Activités non agricoles sur le territoire domanial

En ce qui concerne les propriĂ©tĂ©s non agricoles, Ă  la fois pour le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis et pour le monarque, plusieurs hypothĂšses ont Ă©tĂ© posĂ©es pour dĂ©terminer le niveau de conformitĂ© de rĂ©fĂ©rence et les potentielles demandes de permis. Dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales de moins d’un hectare sont prĂ©sumĂ©es ĂȘtre dĂ©jĂ  conformes puisque les responsables sont en mesure d’y relever la prĂ©sence de l’espĂšce. En outre, il est prĂ©sumĂ© que les types de couverture terrestre qui ne sont pas convenables pour le monarque ou le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis, comme les propriĂ©tĂ©s de trĂšs petite taille oĂč des immeubles ou d’autres infrastructures sont prĂ©sents, sont dĂ©jĂ  conformes selon le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Dans le cas des autres propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales, il est prĂ©sumĂ© que la quasi-totalitĂ© d’entre elles est dĂ©jĂ  conforme aux interdictions gĂ©nĂ©rales (80 %) ou le deviendra (15 %); les propriĂ©tĂ©s non conformes restantes (5 %) sont prĂ©sumĂ©es avoir besoin de permis au titre de la LEP. Les coĂ»ts liĂ©s aux permis sont dĂ©crits avec davantage de prĂ©cisions plus loin.

L’hypothĂšse d’un niveau Ă©levĂ© de conformitĂ© de rĂ©fĂ©rence s’appuie sur le fait que la conservation des pollinisateurs a grandement retenu l’attention du public au cours des derniĂšres annĂ©es. Par exemple, la Fondation David Suzuki mĂšne ou a menĂ© plusieurs campagnes de sensibilisation sur l’importance des pollinisateurs afin d’encourager les gens Ă  crĂ©er des habitats favorables aux abeilles et aux pollinisateurs dans leur communautĂ© (par exemple les projets Bee-bnb et Butterflyway)rĂ©fĂ©rence 31. Le producteur de cĂ©rĂ©ales General Mills a Ă©galement menĂ© une campagne intitulĂ©e Ramenons les abeillesrĂ©fĂ©rence 32, en association avec leur populaire marque Cheerios. De mĂȘme, la campagne en ligne #GotmilkweedrĂ©fĂ©rence 33 et l’initiative Mayors’ Monarch PledgerĂ©fĂ©rence 34 soutiennent tout particuliĂšrement la conservation du monarque et de son habitat essentiel. Ces campagnes laissent supposer que la prise de conscience du public quant aux menaces qui pĂšsent sur les populations de monarques et d’abeilles, de mĂȘme que les mesures de conservation associĂ©es, est largement rĂ©pandue au Canada. Compte tenu de ces Ă©lĂ©ments, des mesures conformes aux exigences de la LEP sont vraisemblablement dĂ©jĂ  en place dans l’ensemble des propriĂ©tĂ©s touchĂ©es par le prĂ©sent dĂ©cret.

Activités agricoles sur le territoire domanial

Dans le cas du monarque, les producteurs de maĂŻs, de soya, de canola et de blĂ©rĂ©fĂ©rence 35 sur le territoire domanial pourraient perdre des profits si certaines activitĂ©s d’épandage d’herbicides ne sont pas admissibles Ă  un permis. Comme mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, les espĂšces d’asclĂ©piade sont les plantes hĂŽtes du monarque, qui dĂ©pend uniquement de celles-ci pour se reproduire. Comme la prĂ©sence d’asclĂ©piade sur les terres agricoles peut entraĂźner une baisse du rendement des cultures, les gestionnaires de propriĂ©tĂ©s agricoles ont tendance Ă  utiliser des herbicides Ă  large spectre, comme le glyphosate (souvent appelĂ© « Roundup Â»), pour prĂ©venir l’apparition de cette plante et l’éliminer. Les herbicides pourraient ĂȘtre appliquĂ©s durant les pĂ©riodes de l’annĂ©e oĂč les Ɠufs, les chenilles et les chrysalides sont prĂ©sumĂ©s absents et hors de danger. Toutefois, les pratiques agricoles normales comportent plusieurs stades d’application d’herbicide au cours de la saison : en prĂ©levĂ©e, en levĂ©e et avant la rĂ©colte. Le traitement des champs en prĂ©levĂ©e et la pulvĂ©risation avant la rĂ©colte seraient toujours autorisĂ©s, mais on ignore pour l’instant quels pourraient ĂȘtre les consĂ©quences d’une utilisation partielle d’herbicide sur le rendement des cultures. En consĂ©quence, l’estimation de la perte de profits est fondĂ©e sur une interruption complĂšte de l’utilisation d’herbicide et constitue possiblement une surestimation. MalgrĂ© cela, compte tenu des coĂ»ts Ă©levĂ©s des semences gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©es produisant des cultures rĂ©sistantes aux herbicides (par exemple Roundup Ready), les gestionnaires de terres agricoles pourraient choisir d’opter pour des semences traditionnelles et de ne pas utiliser d’herbicide du tout si seule une utilisation partielle d’herbicide est acceptable en vertu des interdictions gĂ©nĂ©rales. En consĂ©quence, l’hypothĂšse selon laquelle les agriculteurs choisissent d’utiliser pleinement ou de ne pas utiliser d’herbicides est plus susceptible de reflĂ©ter les pratiques actuelles.

En moyenne, au Canada, des herbicides sont utilisĂ©s dans la production de la majeure partie (93 %)rĂ©fĂ©rence 36 des cultures de plantes olĂ©agineuses et de cĂ©rĂ©ales. Toutefois, cette production n’est issue que de 70 %rĂ©fĂ©rence 37 des fermes du Canada. Ainsi, il est prĂ©sumĂ© que les plus petites exploitations agricoles, dont la production est moins importante, n’utilisent pas d’herbicides. Lorsqu’il Ă©tait possible d’estimer la taille des exploitations agricoles, celles-ci ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©es selon le type de culture et la province, afin de dĂ©terminer si elles se situent en dessous d’un certain seuil de conformitĂ© prĂ©sumĂ©e. Dans le cas de propriĂ©tĂ©s avec des exploitations agricoles de taille inconnue, principalement celles qui sont situĂ©es sur des rĂ©serves des PremiĂšres Nations, le taux moyen provincial d’application d’herbicides a Ă©tĂ© attribuĂ©, selon le type de culture, Ă  la totalitĂ© des terres agricoles de la rĂ©serve pour estimer la superficie de terres cultivĂ©es oĂč la conformitĂ© est vraisemblablement dĂ©jĂ  atteinte.

D’aprĂšs les donnĂ©es historiques sur les permis, on prĂ©sume qu’il sera possible de dĂ©livrer des permis pour 98 % des propriĂ©tĂ©s oĂč sont pratiquĂ©es des activitĂ©s agricoles prĂ©sumĂ©es n’ĂȘtre pas dĂ©jĂ  conformes, Ă  diverses conditions d’intendance. Les coĂ»ts liĂ©s aux permis sont dĂ©crits avec davantage de prĂ©cisions plus loin.

Pour toutes les autres propriĂ©tĂ©s, les coĂ»ts associĂ©s aux activitĂ©s agricoles sur le territoire domanial sont Ă©tablis d’aprĂšs la baisse anticipĂ©e du rendement dans l’ensemble des types de cultures et des provinces, dans l’aire de rĂ©partition du monarque. Il est attendu que les producteurs agricoles restants ne soient autorisĂ©s Ă  utiliser des herbicides qu’à des moments prĂ©cis pour Ă©viter de causer des dommages aux asclĂ©piades oĂč des monarques (Ɠufs, chenilles, chrysalides ou adultes) pourraient ĂȘtre prĂ©sents. Un examen systĂ©matiquerĂ©fĂ©rence 38 des baisses de rendement potentielles dĂ©coulant de la rĂ©duction de l’utilisation d’herbicides dans l’ensemble des types de cultures au Canada et aux États-Unis a conclu Ă  une baisse moyenne de 16 % Ă  49 %. L’estimation des coĂ»ts s’appuie sur la possible baisse du rendement, l’historique du prix des cultures, la production moyenne par hectare et les marges bĂ©nĂ©ficiaires d’exploitation des cultures d’olĂ©agineux et de cĂ©rĂ©ales, par province lorsque c’est possible. Pour les producteurs agricoles dont l’exploitation n’est pas conforme et qui pourraient ne pas ĂȘtre en mesure d’obtenir un permis, les pertes potentielles de bĂ©nĂ©fices d’exploitation dĂ©coulant des baisses de rendement sont estimĂ©es Ă  environ 1 Ă  3 millions de dollars sur 10 ans. Cela peut ne pas ĂȘtre reprĂ©sentatif des pertes potentielles, car :

Aucun coĂ»t associĂ© aux activitĂ©s agricoles sur le territoire domanial dĂ©coulant de l’inscription du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis n’est anticipĂ©. L’Agence de rĂ©glementation de la lutte antiparasitaire, dans une dĂ©cision rendue en 2019, a dĂ©terminĂ© que certains nĂ©onicotinoĂŻdesrĂ©fĂ©rence 39 spĂ©cifiques ne prĂ©sentaient pas de danger pour les pollinisateurs, y compris le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis, lorsque les mesures d’attĂ©nuation obligatoires sont mises en Ɠuvre de maniĂšre conforme.

Demandes de permis de la part des parties intéressées, des PremiÚres Nations et du gouvernement fédéral

Comme discutĂ© prĂ©cĂ©demment, des permis seraient nĂ©cessaires pour rĂ©aliser des activitĂ©s normalement interdites aux termes des interdictions gĂ©nĂ©rales de la LEP, dont l’enlĂšvement d’asclĂ©piades occupĂ©es au cours de la pĂ©riode de reproduction. L’analyse a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  partir de donnĂ©es sur les permis demandĂ©s dans le passĂ© Ă  la suite de l’inscription d’une espĂšce Ă  la LEP pour poser des hypothĂšses quant au nombre possible de demandes de permis. Il est important de prendre note qu’il n’est pas certain que le projet de dĂ©cret entraĂźnerait des demandes de permis supplĂ©mentaires, et qu’on ne peut tirer aucune conclusion quant Ă  l’octroi Ă©ventuel d’un permis avant le dĂ©pĂŽt d’une demande.

DĂ©livrance de permis Ă  faible coĂ»t — estimation : permis limitĂ©s aux bandes des PremiĂšres Nations et aux terres fĂ©dĂ©rales par rĂ©gion

Dans le cas des propriĂ©tĂ©s oĂč il n’y a pas d’activitĂ© agricole, on prĂ©sume que diffĂ©rents permis pourraient ĂȘtre demandĂ©s pour des activitĂ©s touchant des espĂšces de façon incidente, des Ă©tudes sur les espĂšces, des activitĂ©s bĂ©nĂ©fiques pour le rĂ©tablissement des espĂšces ou encore pour rendre conforme Ă  la LEP un permis dĂ©livrĂ© par un ministre compĂ©tent en vertu d’une autre loi fĂ©dĂ©rale.

Dans le scĂ©nario de dĂ©livrance de permis de coĂ»t faible, les bandes des PremiĂšres Nations demanderaient un permis au titre de la LEP couvrant toutes les rĂ©serves relevant de leur compĂ©tence pour des activitĂ©s de recherche, des activitĂ©s bĂ©nĂ©fiques ou des activitĂ©s touchant des espĂšces de façon incidente, et les ministĂšres peuvent demander des permis pour toutes les propriĂ©tĂ©s qu’ils administrent dans une rĂ©gion donnĂ©erĂ©fĂ©rence 40. Par consĂ©quent, en vertu de ce scĂ©nario, jusqu’à 21 permis pourraient ĂȘtre demandĂ©s pour tout le territoire domanial et toutes les rĂ©serves des PremiĂšres Nations dans le cas du monarque, et jusqu’à 8 permis pourraient ĂȘtre demandĂ©s dans le cas du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis.

Dans le cas des propriĂ©tĂ©s oĂč certaines activitĂ©s agricoles sont rĂ©alisĂ©es (cultures de maĂŻs, de soja, de blĂ© et de canola), les ministĂšres fĂ©dĂ©raux touchĂ©s pourraient demander un permis couvrant toutes les propriĂ©tĂ©s qu’ils administrent par rĂ©gion. En vertu de ce scĂ©nario, il pourrait y avoir jusqu’à 140 demandes de permis liĂ©s aux activitĂ©s agricoles dans l’aire de rĂ©partition du monarque.

Selon les hypothĂšses mentionnĂ©es ci-dessus, les coĂ»ts liĂ©s aux demandes de permis en vertu de ce scĂ©nario s’élĂšveraient Ă  environ 0,5 million de dollars pour le gouvernement fĂ©dĂ©ral et 0,4 million de dollars pour les demandeurs sur une pĂ©riode de 10 ans. Environ 71 % des coĂ»ts des demandeurs seraient associĂ©s aux activitĂ©s rĂ©alisĂ©es dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations.

DĂ©livrance de permis Ă  coĂ»t Ă©levĂ© — estimation : permis visant des exploitations agricoles situĂ©es dans des rĂ©serves des PremiĂšres Nations ou des propriĂ©tĂ©s de ministĂšres fĂ©dĂ©raux, ou visant d’autres activitĂ©s rĂ©alisĂ©es sur des propriĂ©tĂ©s de ministĂšres fĂ©dĂ©raux ou dans des rĂ©serves des PremiĂšres Nations

Dans le scĂ©nario de dĂ©livrance de permis de coĂ»t Ă©levĂ©, pour les permis visant le monarque, on suppose que chaque exploitation agricole situĂ©e dans une rĂ©serve de PremiĂšre Nation ou sur la propriĂ©tĂ© d’un ministĂšre fĂ©dĂ©ral demanderait un permis sĂ©parĂ©ment. En supposant que toutes les exploitations agricoles des rĂ©serves sont de taille moyenne et en excluant les exploitations qui n’utilisent vraisemblablement pas d’herbicides, on pourrait compter jusqu’à 706 demandes de permis pour l’ensemble du territoire domanial et des rĂ©serves des PremiĂšres Nations prĂ©sentant le type de couverture terrestre agricole dĂ©terminĂ©. Toutefois, il est possible que la taille moyenne des exploitations agricoles ne soit pas reprĂ©sentative des exploitations agricoles situĂ©es dans les rĂ©serves, Ă©tant donnĂ© que les grandes exploitations agricoles de l’Alberta et de la Saskatchewan peuvent fausser cette moyenne de façon importante. De plus, la probabilitĂ© d’occurrences de monarques dans l’ouest du Canada est plus faible, bien qu’on ignore dans quelle mesure. On s’attend donc Ă  ce que les coĂ»ts de dĂ©livrance des permis en vertu de ce scĂ©nario soient surestimĂ©s.

En plus des permis liĂ©s aux activitĂ©s agricoles, des permis pourraient ĂȘtre demandĂ©s pour la rĂ©alisation d’autres activitĂ©s sur le territoire domanial. En vertu de ce scĂ©nario, un permis distinct devrait ĂȘtre demandĂ© pour chaque propriĂ©tĂ© non conforme. On estime que jusqu’à 86 permis pourraient ĂȘtre demandĂ©s par l’industrie et les chercheurs, et que 18 permis pourraient ĂȘtre demandĂ©s par des rĂ©serves de PremiĂšres Nations pour le monarque et le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis.

Selon les hypothĂšses mentionnĂ©es ci-dessus, les coĂ»ts liĂ©s aux demandes de permis en vertu de ce scĂ©nario s’élĂšveraient Ă  environ 2,5 millions de dollars pour le gouvernement fĂ©dĂ©ral et 2 millions de dollars pour les demandeurs sur une pĂ©riode de 10 ans. Environ 85 % des coĂ»ts des demandeurs seraient associĂ©s aux activitĂ©s rĂ©alisĂ©es dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations.

Les coĂ»ts moyens liĂ©s aux demandes de permis en vertu du projet de dĂ©cret sont prĂ©sentĂ©s dans le tableau 3 ci-dessous. Le tableau indique Ă©galement les limites infĂ©rieures et supĂ©rieures du nombre de demandes de permis prĂ©vu en vertu des deux scĂ©narios d’analyse aux fins de l’estimation des coĂ»ts. Il peut y avoir des conditions de conformitĂ© supplĂ©mentaires associĂ©es aux permis dĂ©livrĂ©s. Cependant, le coĂ»t de conformitĂ© pour le demandeur de permis est inconnu pour le moment et n’est donc pas inclus dans les coĂ»ts prĂ©sentĂ©s dans le tableau 3.

Tableau 3 : CoĂ»ts des demandes de permis par permis

Type de demande de permis

Coût par permis

Nombre de permis (limite infĂ©rieure) : Monarque

Nombre de permis (limite infĂ©rieure) : Bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis

Nombre de permis (limite supĂ©rieure) : Monarque

Nombre de permis (limite supĂ©rieure) : Bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis

Industrie, y compris les peuples autochtones (permis pour une activitĂ© touchant des espĂšces de façon incidente, par exemple application d’herbicides)

2 700 $

140

2

706

6

Industrie (permis pour une activitĂ© touchant des espĂšces de façon incidente) — coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP seulement note a du tableau b1

700 $

1

1

3

1

Chercheurs/scientifiques (permis pour activités de recherche ou bénéfiques)

1 300 $

15

3

73

9

Chercheurs/scientifiques (permis pour activitĂ©s de recherche ou bĂ©nĂ©fiques) — coĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP seulement

300 $

2

1

4

1

Agence Parcs Canada pour des terres administrĂ©es par l’Agence Parcs Canada, ECCC pour des rĂ©serves nationales de faune ou des refuges d’oiseaux migrateurs

400 $

3

1

6

1

Coûts totaux du demandeur

390 000 $

10 000 $

2 000 000 $

30 000 $

Note(s) du tableau b1

Note a du tableau b1

Dans le cas des propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ  l’obtention d’un permis dĂ©livrĂ© par un ministre compĂ©tent en vertu d’une autre loi fĂ©dĂ©rale pour qu’une activitĂ© puisse avoir lieu (par exemple parc national, rĂ©serve nationale de faune, etc.), un coĂ»t supplĂ©mentaire serait requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP. On estime que ce coĂ»t correspond Ă  environ le quart du travail exigĂ© pour une nouvelle demande de permis (ou environ sept heures du temps du demandeur).

Retour Ă  la note a du tableau b1

Tableau 4 : CoĂ»ts administratifs pour le gouvernement du Canada liĂ©s Ă  la dĂ©livrance de permis
Remarque : Les estimations ont Ă©tĂ© arrondies.

Gouvernement

Coût par permis

Monarque (limite inférieure)

Bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis (limite infĂ©rieure)

Monarque (limite supérieure)

Bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis (limite supĂ©rieure)

Nouveau permis — ECCC

3 400 $

155

5

779

15

CoĂ»t supplĂ©mentaire requis pour rendre le permis conforme Ă  la LEP — gouvernement fĂ©dĂ©ral

700 $

3

1

7

2

Agence Parcs Canada pour des terres administrĂ©es par l’Agence Parcs Canada

400 $

3

1

6

1

Permis — total

161

8

792

18

CoĂ»ts — total

501 000 $

18 000 $

2 500 000 $

50 000 $

Autres coûts administratifs du gouvernement fédéral

Comme on peut le voir dans le tableau 5 ci-dessous, les coĂ»ts administratifs du gouvernement du Canada varient selon la catĂ©gorie d’inscription, Ă©tant donnĂ© que les exigences d’établissement de rapports varient d’une catĂ©gorie Ă  l’autre.

Tableau 5 : Type d’inscription et coĂ»ts associĂ©s pour le gouvernement du Canada

EspĂšce

EspĂšce

Exigences au titre de la LEP

Coût estimé par espÚce

Nouvelle inscription comme espÚce préoccupante

Bourdon de l’Ouest de la
sous-espĂšce mckayi

Élaboration d’un plan de gestion

40 000 $ Ă  60 000 $

Nouvelle inscription ou reclassification d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce en voie de disparition, menacĂ©e ou disparue du pays

Bourdon de l’Ouest de la
sous-espĂšce occidentalis, monarque

Élaboration d’un programme de rĂ©tablissement et d’un plan d’action

80 000 $ Ă  100 000 $ par document

Promotion de la conformité et application de la loi

Compte tenu de la grande aire de rĂ©partition gĂ©ographique du monarque et de sa plante hĂŽte, il est difficile de dĂ©terminer le coĂ»t estimĂ© d’une application planifiĂ©e et ciblĂ©e. La continuation des Ă©tudes scientifiques et de la surveillance par le MinistĂšre pourrait aider Ă  estimer le niveau d’effort d’application de la loi et les coĂ»ts requis Ă  la suite de la reclassification du monarque, qui passerait d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce en voie de disparition.

À la suite de la mise en Ɠuvre du projet de dĂ©cret, Ă  court terme, l’accent sera mis sur une approche d’intendance axĂ©e sur la promotion de la conformitĂ© et la sensibilisation Ă©ducative sur la façon dont l’espĂšce peut ĂȘtre protĂ©gĂ©e. Le matĂ©riel de promotion de la conformitĂ© (par exemple fiche d’information) aidera Ă  expliquer les interdictions gĂ©nĂ©rales et fournira des renseignements sur les activitĂ©s de recherche et d’intendance. Des stratĂ©gies de promotion de la conformitĂ© seront utilisĂ©es pour Ă©valuer les activitĂ©s qui pourraient ĂȘtre nĂ©cessaires pour accroĂźtre la sensibilisation Ă  l’espĂšce dans le projet de dĂ©cret et la comprĂ©hension parmi les communautĂ©s potentiellement affectĂ©es. Cela comprendra une collaboration avec les agents d’application de la loi, les groupes et les communautĂ©s autochtones, les gestionnaires de propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales et d’autres ministĂšres et organismes gouvernementaux.

De mĂȘme, les coĂ»ts d’application pour le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis seront dĂ©terminĂ©s Ă  une date ultĂ©rieure, mais devraient ĂȘtre faibles, Ă©tant donnĂ© le nombre limitĂ© de permis, le niveau Ă©levĂ© de conformitĂ© attendu et la nature des menaces qui pĂšsent sur l’espĂšce.

Des mesures d’application sont possibles en cas de non-respect des interdictions gĂ©nĂ©rales sur les terres domaniales ou des conditions d’un permis en vertu de l’article 73 de la LEP.

Le coĂ»t pour le gouvernement des efforts supplĂ©mentaires de promotion de la conformitĂ© visant Ă  la fois le monarque et le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis s’élĂšve Ă  environ 26 000 $. Le coĂ»t liĂ© Ă  la production des documents connexes, tels que les documents de rĂ©tablissement, les plans de gestion et les plans d’action, et Ă  la promotion de la conformitĂ© pour le monarque et les deux sous-espĂšces de bourdon de l’Ouest est de 0,35 Ă  0,44 million de dollars.

RĂ©percussions sur les Ă©valuations d’impact

Il pourrait y avoir des rĂ©percussions sur les projetsrĂ©fĂ©rence 41 qui nĂ©cessitent une Ă©valuation d’impact. On s’attend toutefois Ă  ce que les coĂ»ts soient minimes par rapport aux coĂ»ts totaux associĂ©s Ă  la rĂ©alisation de telles Ă©valuations. Lorsqu’une espĂšce est inscrite Ă  l’annexe 1 de la LEP, peu importe sa dĂ©signation, des exigences supplĂ©mentaires s’appliquent aux termes de l’article 79 de la LEP pour les promoteurs de projets et les responsables gouvernementaux qui entreprennent une Ă©valuation d’impact. Ces exigences comprennent la dĂ©termination de tous les effets nocifs du projet sur l’espĂšce et son habitat essentiel et, si le projet est rĂ©alisĂ©, la mise en Ɠuvre de mesures afin d’éviter ces effets ou de les amoindrir et de les surveiller. Cependant, le MinistĂšre recommande toujours aux promoteurs, dans ses lignes directrices sur les Ă©valuations d’impact (au dĂ©but du processus), d’estimer les effets sur les espĂšces dĂ©jĂ  Ă©valuĂ©es par le COSEPAC qui pourraient ĂȘtre inscrites Ă  l’annexe 1 de la LEP dans un proche avenir. Ces coĂ»ts sont donc dĂ©jĂ  probablement inclus dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

Répercussions possibles sur de futurs rÚglements au titre de la LEP

L’inscription d’espĂšces sauvages en vertu de la LEP Ă  titre d’espĂšces menacĂ©es, en voie de disparition ou disparues du pays dĂ©clenche une sĂ©rie d’obligations pour le gouvernement, dont celle de prĂ©parer un programme de rĂ©tablissement comprenant la dĂ©signation, dans la mesure du possible, de l’habitat qui est nĂ©cessaire Ă  la survie ou au rĂ©tablissement de l’espĂšce (habitat essentiel), de mĂȘme que diffĂ©rentes obligations concernant la protection de cet habitat essentiel sur le territoire domanial. La protection de l’habitat essentiel sur le territoire non domanial peut nĂ©cessiter l’établissement de mesures rĂ©glementaires. L’impact socioĂ©conomique de chaque mesure rĂ©glementaire serait Ă©valuĂ© si cette protection supplĂ©mentaire devenait nĂ©cessaire.

Analyse distributionnelle

La prĂ©sente analyse indique les bĂ©nĂ©fices et les coĂ»ts pour l’ensemble de la sociĂ©tĂ© canadienne. Cependant, les effets directs du projet de dĂ©cret ne sont pas rĂ©partis uniformĂ©ment Ă  l’échelle de la sociĂ©tĂ© canadienne. Les PremiĂšres Nations vivant dans les rĂ©serves sont touchĂ©es de façon disproportionnĂ©e par le projet de dĂ©cret, compte tenu du niveau Ă©levĂ© d’activitĂ© agricole observĂ© dans les rĂ©serves comparativement Ă  d’autres propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales.

Le tableau 6 indique la rĂ©partition des effets entre les producteurs agricoles touchĂ©s dans les rĂ©serves des PremiĂšres Nations et dans d’autres propriĂ©tĂ©s fĂ©dĂ©rales.

Tableau 6 : Ventilation des coĂ»ts du projet de dĂ©cret

Type de coût

Coûts pour
les PremiĂšres
nations dans
les réserves (limite inférieure)

Coûts pour
les PremiĂšres
nations dans
les réserves (limite supérieure)

Coûts pour les gestionnaires
de terres de ministÚres fédéraux (limite inférieure)

Coûts pour les gestionnaires
de terres de ministÚres fédéraux (limite supérieure)

Pertes de profits liĂ©es aux activitĂ©s agricoles peu susceptibles d’ĂȘtre autorisĂ©es par un permis avec les mesures de conformitĂ©

800 000 $

2 500 000 $

100 000 $

200 000 $

Demandes de permis pour des activités agricoles

270 000 $

1 600 000 $

80 000 $

140 000 $

Demandes de permis pour des activitĂ©s non agricoles

20 000 $

100 000 $

20 000 $

90 000 $

Coûts totaux

1 090 000 $

4 200 000 $

200 000 $

430 000 $

Résumé des avantages et des coûts

Le projet de dĂ©cret devrait dĂ©clencher des mesures de protection et des actions coordonnĂ©es pour appuyer le rĂ©tablissement des espĂšces inscrites, ce qui contribuerait ainsi aux avantages qu’elles offrent Ă  la sociĂ©tĂ© canadienne. La conservation des espĂšces est associĂ©e aux valeurs socioĂ©conomiques et culturelles, Ă  la pollinisation, Ă  l’existence, et aux valeurs d’option. Bien qu’il soit impossible de quantifier les avantages diffĂ©rentiels relatifs au prĂ©sent projet de dĂ©cret, on s’attend Ă  ce que ces avantages l’emportent sur les coĂ»ts totaux du projet de dĂ©cret. Les coĂ»ts pour le gouvernement, l’industrie et les demandeurs provenant du milieu de la recherche dĂ©coulant des demandes de permis, ainsi que de l’examen et de la dĂ©livrance des permis sont estimĂ©s Ă  entre 1 et 4,6 millions de dollars. Outre les dĂ©penses liĂ©es aux permis, le projet de dĂ©cret pourrait imposer des coĂ»ts supplĂ©mentaires aux peuples autochtones et aux intervenants entre 0,9 et 2,5 millions de dollars sur 10 ans en raison de la diminution possible des profits liĂ©s Ă  l’agriculture causĂ©e par des interdictions gĂ©nĂ©rales. Pour le gouvernement, on estime que les coĂ»ts administratifs pour l’élaboration de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action et d’un plan de gestion, de mĂȘme que l’examen des demandes de permis et la promotion de la conformitĂ©, se chiffreront Ă  entre 0,35 Ă  0,44 million de dollars. Le coĂ»t total du projet de dĂ©cret serait d’approximativement 2,2 Ă  7,7 millions de dollars sur 10 ans. Des coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s Ă  l’application sont prĂ©vus Ă  l’avenir, mais sont inconnus en ce moment.

ÉnoncĂ© des coĂ»ts et avantages

Nombre d’annĂ©es : 10 (2023-2032)
AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence pour l’établissement des coĂ»ts : 2021
AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence pour la valeur actualisĂ©e : 2022
Taux d’actualisation : 3 %

Tableau 7 : CoĂ»ts monĂ©tarisĂ©s (en millions de dollars canadiens)

Intervenant touché

Description des coûts

Total
(valeur actualisée)

Valeur annualisée

Gouvernement

Examen et délivrance des permis

0,52 $-2,6 $

0,06 $-0,3 $

Gouvernement

CoĂ»ts administratifs (promotion de la conformitĂ©, stratĂ©gie de rĂ©tablissement, Ă©laboration d’un plan de gestion, etc.)

0,35 $-0,44 $

0,04 $-0,05 $

Tous les intervenants et les PremiĂšres Nations

Demander des permis

0,4 $-2,0 $

0,05 $-0,23 $

Tous les intervenants et les PremiĂšres Nations

Rendements agricoles réduits

0,9 $-2,7 $

0,11 $-0,29 $

Tous les intervenants, gouvernement et les PremiĂšres Nations

Coûts totaux

2,2 $-7,7 $

0,26 $-0,90 $

Impacts non quantifiés
Impacts négatifs

Lentille des petites entreprises

Le projet de dĂ©cret aurait vraisemblablement une incidence disproportionnĂ©e sur les petites entreprises, puisque toutes les exploitations agricoles visĂ©es sont considĂ©rĂ©es comme de petites entreprises d’aprĂšs le nombre moyen d’employĂ©s par exploitation agricolerĂ©fĂ©rence 42. Compte tenu de la nature des modifications proposĂ©es, aucune option flexible n’a Ă©tĂ© envisagĂ©e.

Selon le scĂ©nario de dĂ©livrance de permis de coĂ»t Ă©levĂ©, la plupart des demandes de permis (85 %) devraient provenir de l’activitĂ© agricole commerciale. Dans un tel scĂ©nario, jusqu’à 670 exploitations agricoles pourraient connaĂźtre une hausse des coĂ»ts administratifs allant jusqu’à environ 1,8 million de dollars (valeur totale actuelle), ou 0,2 million de dollars en valeur annualisĂ©e. Selon le scĂ©nario de dĂ©livrance de permis de coĂ»t faible, on s’attend Ă  ce que les bandes des PremiĂšres Nations et les ministĂšres fassent les demandes au nom des petites entreprises situĂ©es sur leurs propriĂ©tĂ©s qui pourraient contrevenir aux interdictions gĂ©nĂ©rales. Dans ce scĂ©nario, les petites entreprises ne subiront pas de coĂ»ts administratifs. Le coĂ»t ponctuel de la demande de permis reprĂ©sente approximativement 1,5 % du revenu annuel moyen de l’exploitation agricole.

Toutes les pertes potentielles de profits relatives Ă  une activitĂ© agricole non conforme et pour lequel un permis ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© seraient Ă©prouvĂ©es par des petites entreprises. On s’attend Ă  ce qu’environ 2 % des demandes de permis soient refusĂ©es, pour un total d’environ 14 exploitations agricoles si toutes les exploitations qui se sont vu refuser un permis sont de taille moyenne selon leur culture et leur province respectives. Ces exploitations agricoles pourraient connaĂźtre une diminution de 16 % Ă  49 % du rendement prĂ©vu, et donc de 16 Ă  49 % des revenus et des profits. Les coĂ»ts anticipĂ©s pour la conformitĂ© de ces exploitations agricoles sont d’environ 1 Ă  3 millions de dollars (valeur totale actuelle), ou de 0,12 Ă  0,35 million de dollars en valeur annualisĂ©e. Cela peut ne pas ĂȘtre reprĂ©sentatif des coĂ»ts de conformitĂ© prĂ©vus, en raison de diverses considĂ©rations concernant les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’activitĂ© agricole sur le territoire domanial, comme indiquĂ© dans la section « CoĂ»ts Â» de l’analyse rĂ©glementaire.

Étant donnĂ© que le projet de dĂ©cret ne traite que du statut de l’espĂšce et non des mesures de conservation, une option flexible n’était pas possible.

Résumé de la lentille des petites entreprises

Nombre de petites entreprises qui subiront des coĂ»ts administratifs : 670
Nombre de petites entreprises qui subiront des coĂ»ts liĂ©s Ă  la conformitĂ© : 14
Nombre d’annĂ©es : 10 (2023-2032)
AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence pour l’établissement des coĂ»ts : 2022
AnnĂ©e de rĂ©fĂ©rence de la valeur actuelle : 2023
Taux d’actualisation : 3 %

Tableau 8.1 : CoĂ»ts liĂ©s Ă  la conformitĂ©

Activité

Valeur annualisée

Valeur actualisée

Pertes de profit pour les petites entreprises (agriculture)

0,1-0,31 million de dollars

0,9-2,7 millions de dollars

Coûts totaux liés à la conformité

0,12-0,35 million de dollars

0,9-2,7 millions de dollars

Tableau 8.2 : CoĂ»ts administratifs

Activité

Valeur annualisée

Valeur actualisée

Demandes de permis par les petites entreprises

0-0,2 million de dollars

0-1,8 million de dollars

Coûts totaux administratifs

0-0,21 million de dollars

0-1,8 million de dollars

Coûts administratifs par petite entreprise touchée

0-260 $

0-2 600 $

Tableau 8.3 : Total des coĂ»ts administratifs et de conformitĂ©

Totaux

Valeur annualisée

Valeur actualisée

Coût totaux (toutes les petites entreprises touchées)

0,1-0,48 million de dollars

1-4,8 millions de dollars

RĂšgle du « un pour un Â»

Bien que le nombre de demandes de permis dĂ©posĂ©es en raison du projet de dĂ©cret est incertain, la prĂ©paration d’une demande de permis reprĂ©sentera un coĂ»t administratif pour les demandeurs. Par consĂ©quent, le projet de dĂ©cret est considĂ©rĂ© comme un « AJOUT Â» selon la rĂšgle du « un pour un Â» du gouvernement du Canada.

D’aprĂšs les donnĂ©es et l’information disponibles au sujet des demandes de permis antĂ©rieures, on estime que 716 permis pourraient ĂȘtre demandĂ©s par l’industrie et 87 autres demandes pourraient l’ĂȘtre par des scientifiques/chercheurs au cours des 10 annĂ©es suivant l’inscription.

Les demandes de permis pourraient entraĂźner des coĂ»ts administratifs ponctuels estimĂ©s Ă  73 289 $ calculĂ©s sur une annĂ©e (dollars canadiens de 2012, actualisĂ©s Ă  7 % en fonction de l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence de 2012) pour tous les demandeurs, ou 102 $ en coĂ»ts administratifs annualisĂ©s par demandeur (dollars canadiens de 2012, actualisĂ©s Ă  7 % en fonction de l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence de 2012). Ces estimations sont fondĂ©es sur l’expĂ©rience des administrateurs de permis de la LEP et sur les donnĂ©es relatives aux demandes de permis antĂ©rieures.

Une nouvelle demande de permis devrait nĂ©cessiter environ 27 heures du temps du demandeur, pour des activitĂ©s telles que se familiariser avec les exigences de la demande, recueillir et extraire les donnĂ©es et remplir et soumettre la demande. Dans le cas des propriĂ©tĂ©s qui nĂ©cessitent dĂ©jĂ  un permis au titre d’une autre loi fĂ©dĂ©rale pour la rĂ©alisation d’une activitĂ© (par exemple un parc national, une rĂ©serve nationale de faune, un refuge d’oiseaux migrateurs), le travail supplĂ©mentaire nĂ©cessaire pour rendre le permis conforme Ă  la LEP serait d’environ 7 heures, pour un coĂ»t estimĂ© de 354 $ par demande de permis.

Coopération et harmonisation en matiÚre de réglementation

Le gouvernement fĂ©dĂ©ral joue un rĂŽle de chef de file en tant qu’organisme de rĂ©glementation fĂ©dĂ©ral dans la dĂ©signation des espĂšces en pĂ©ril au Canada. Toutefois, la protection des espĂšces sauvages est une responsabilitĂ© partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les gouvernements provinciaux et territoriaux ont fait part de leur engagement Ă  protĂ©ger et Ă  rĂ©tablir les espĂšces en pĂ©ril en signant en 1996 l’Accord pour la protection des espĂšces en pĂ©ril.

Actuellement, deux provinces ont mis en place une lĂ©gislation spĂ©cifique pour soutenir la protection du monarque. Il est classĂ© comme espĂšce prĂ©occupante en vertu de la Loi de 2007 sur les espĂšces en voie de disparition de l’Ontario et de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril du Nouveau-Brunswick. Les sous-espĂšces de bourdon de l’Ouest ne figurent sur la liste d’aucune loi provinciale ou territoriale.

Évaluation environnementale stratĂ©gique

Une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique a permis de conclure que le projet de dĂ©cret entraĂźnerait des effets positifs importants sur l’environnement. Plus prĂ©cisĂ©ment, elle a dĂ©montrĂ© que la protection des espĂšces sauvages en pĂ©ril contribue Ă  la biodiversitĂ© nationale et protĂšge la productivitĂ©, la santĂ© et la rĂ©silience de l’écosystĂšme.

Le projet de dĂ©cret aiderait le Canada Ă  respecter ses engagements pris aux termes de la Convention sur la diversitĂ© biologique. Plus prĂ©cisĂ©ment, le projet de dĂ©cret soutiendrait le Cadre mondial de la biodiversitĂ© de Kunming-MontrĂ©alrĂ©fĂ©rence 43 rĂ©cemment adoptĂ© et l’objectif global concernant « la biodiversitĂ© est utilisĂ©e et gĂ©rĂ©e de maniĂšre durable et les contributions de la nature aux populations, sont valorisĂ©es, maintenues et renforcĂ©es Â». Étant donnĂ© l’interdĂ©pendance des espĂšces, une perte de biodiversitĂ© peut entraĂźner une rĂ©duction des fonctions et des services Ă©cosystĂ©miques. Ces services sont primordiaux pour la santĂ© des Canadiens et ont des liens importants avec l’économie canadienne. De petits changements au sein d’un Ă©cosystĂšme entraĂźnant la perte d’individus et d’espĂšces peuvent donc avoir des effets nĂ©gatifs, irrĂ©versibles et de grande portĂ©e.

Les modifications proposĂ©es Ă  l’annexe 1 de la LEP appuieraient Ă©galement l’objectif de la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD)rĂ©fĂ©rence 44 2022-2026 de « protĂ©ger et rĂ©tablir les espĂšces, conserver la biodiversitĂ© canadienne Â», que « d’ici 2026, augmenter le pourcentage d’espĂšces en pĂ©ril inscrites Ă  la loi fĂ©dĂ©rale dont les tendances dĂ©mographiques sont conformes aux programmes de rĂ©tablissement et aux plans de gestion, le faisant passer de la valeur de rĂ©fĂ©rence de 42 % en 2019 Ă  60 % Â» en aidant Ă  garantir que les espĂšces bĂ©nĂ©ficient d’une protection appropriĂ©e. Les modifications contribueraient aussi Ă  l’objectif de la SFDD de « Prendre des mesures relatives aux changements climatiques et leurs impacts Â» en soutenant la conservation de la biodiversitĂ©, car de nombreux Ă©cosystĂšmes jouent un rĂŽle clĂ© dans l’attĂ©nuation des rĂ©percussions des changements climatiques. En outre, ces mesures appuieraient les Objections de dĂ©veloppement durable du Programme de dĂ©veloppement durable Ă  l’horizon 2030rĂ©fĂ©rence 45 « Vie terrestre Â» (objectif 15) et « Mesures relatives Ă  la lutte contre les changements climatiques Â» (objectif 13).

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour cette proposition afin de dĂ©terminer si des caractĂ©ristiques comme le sexe, le genre, l’ñge, la race, l’orientation sexuelle, le revenu, le niveau de scolaritĂ©, la situation d’emploi, la langue, le statut de minoritĂ© visuelle, le handicap ou la religion pourraient influencer la façon dont une personne est touchĂ©e par le projet de dĂ©cret. L’analyse a rĂ©vĂ©lĂ© qu’en gĂ©nĂ©ral, les Canadiens bĂ©nĂ©ficient de la protection des espĂšces en pĂ©ril et du maintien de la biodiversitĂ©. Les bourdons de l’Ouest inclus dans le projet de dĂ©cret qui se trouvent sur les rĂ©serves des PremiĂšres Nations ont une importance culturelle, cĂ©rĂ©monielle et socio-Ă©conomique importante pour les peuples autochtones.

La rĂ©gion de rĂ©sidence a Ă©tĂ© Ă©tablie comme le principal facteur dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par la proposition. L’inscription de nouvelles espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP ou leur reclassification depuis la catĂ©gorie « espĂšce prĂ©occupante Â» jusqu’à la catĂ©gorie « espĂšce en voie de disparition Â» ou « espĂšce menacĂ©e Â» dĂ©clenche l’application des interdictions gĂ©nĂ©rales relatives au fait de tuer un individu d’une espĂšce protĂ©gĂ©e, de le capturer ou de lui nuire. Ces interdictions gĂ©nĂ©rales peuvent avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les peuples autochtones parce qu’elles ne s’appliquent qu’au territoire domanial, dont les rĂ©serves des PremiĂšres Nations font partie. Par consĂ©quent, les personnes rĂ©sidant dans les rĂ©serves autochtones constituent le principal sous-groupe qui pourrait ĂȘtre touchĂ© nĂ©gativement par l’inscription d’espĂšces Ă  l’annexe 1 de la LEP.

Le secteur dans lequel une personne est employĂ©e et le statut d’Autochtone ont Ă©galement Ă©tĂ© Ă©tablis comme des facteurs dĂ©terminant la façon dont une personne serait touchĂ©e par la proposition. Le monarque dĂ©pend de l’asclĂ©piade, qui est souvent trouvĂ© et Ă©liminĂ© des terres agricoles. De plus, toutes les espĂšces visĂ©es par la prĂ©sente proposition sont menacĂ©es par des pesticides et des herbicides, couramment utilisĂ©s dans l’industrie agricole. Une rĂ©duction du rendement des cultures est possible pour les champs sur lesquels on n’épand pas d’herbicide. Par consĂ©quent, certaines rĂ©percussions possibles sont prĂ©vues sur les peuples autochtones et les travailleurs des industries de l’agriculture et du paysagement. En outre, il serait interdit d’endommager ou de dĂ©truire la rĂ©sidence d’un ou de plusieurs individus des espĂšces visĂ©es sur le territoire domanial. Cela pourrait toucher de maniĂšre disproportionnĂ©e les peuples autochtones et les entreprises chargĂ©es d’éliminer l’asclĂ©piade et/ou d’utiliser le glyphosate ou d’autres herbicides aux fins de pratiques agricoles sur le territoire domanial. Selon les rĂ©sultats du SystĂšme de classification des industries de l’AmĂ©rique du Nord de 2012 du Recensement canadien de 2016, environ 70 % des personnes dans le domaine « agriculture, foresterie, pĂȘche et chasse Â» sont des hommes. Étant donnĂ© que le ratio de terres agricoles se situant dans les rĂ©serves autochtones par rapport au territoire domanial est de 92 %, les exploitations agricoles des PremiĂšres Nations, dont la plupart sont associĂ©es Ă  de grandes exploitations cultivant le canola et le blĂ© en Saskatchewan et en Alberta, seraient touchĂ©es de façon disproportionnĂ©e par le prĂ©sent dĂ©cret. Les rĂ©percussions sur le secteur agricole pourraient toucher de façon disproportionnĂ©e les hommes et les peuples autochtones dans l’aire de rĂ©partition des espĂšces.

Le MinistĂšre a menĂ© des consultations pour veiller Ă  ce que toutes les parties susceptibles d’ĂȘtre touchĂ©es aient l’occasion de contribuer Ă  la proposition d’inscription. Le MinistĂšre a compris que l’information Ă  la base des consultations est complexe et qu’elle n’est donc pas facilement accessible aux personnes ayant un faible niveau d’alphabĂ©tisation ou n’ayant pas de formation scientifique. La langue peut Ă©galement constituer un obstacle Ă  une participation constructive des peuples autochtones aux consultations. Pour relever ces dĂ©fis, le MinistĂšre a offert d’organiser des tĂ©lĂ©confĂ©rences ou des rĂ©unions en personne pour expliquer la proposition aux communautĂ©s qui ont demandĂ© plus de soutien et discuter de ses rĂ©percussions possibles.

Mise en Ɠuvre, conformitĂ© et application, et normes de service

Mise en Ɠuvre

Le projet de décret entrerait en vigueur le jour de son enregistrement.

À la suite de l’inscription, le MinistĂšre et l’Agence Parcs Canada mettront en Ɠuvre un plan de promotion de la conformitĂ©. Les initiatives de promotion de la conformitĂ© sont des mesures proactives qui encouragent la conformitĂ© volontaire Ă  la loi au moyen d’activitĂ©s d’information et de relations avec les collectivitĂ©s, renforcent la sensibilisation et amĂ©liorent la comprĂ©hension des interdictions. Les initiatives de promotion de la conformitĂ© visent Ă  :

Ces objectifs pourraient ĂȘtre atteints, lĂ  oĂč cela est nĂ©cessaire, grĂące Ă  la diffusion de produits d’information Ă  l’intention des peuples autochtones ou des intervenants expliquant les nouvelles interdictions concernant les espĂšces visĂ©es par le projet de dĂ©cret qui s’appliqueraient sur le territoire domanial.

Ces ressources seraient publiĂ©es dans le Registre public des espĂšces en pĂ©ril. Des envois postaux et des prĂ©sentations destinĂ©s aux publics cibles pourraient aussi ĂȘtre envisagĂ©s.

Au sein du rĂ©seau de sites patrimoniaux protĂ©gĂ©s par l’Agence Parcs Canada, le personnel de premiĂšre ligne reçoit l’information appropriĂ©e concernant les espĂšces en pĂ©ril qui se trouvent sur leurs sites afin qu’il puisse informer les visiteurs des mesures de prĂ©vention et les faire participer Ă  la protection et Ă  la conservation des espĂšces en pĂ©ril.

AprĂšs l’inscription des espĂšces concernĂ©es, la prĂ©paration et la mise en Ɠuvre de programmes de rĂ©tablissement, de plans d’action ou de plans de gestion peuvent mener Ă  des recommandations de mesures de rĂ©glementation supplĂ©mentaires pour la protection des espĂšces sauvages. Ces recommandations peuvent aussi s’inspirer des dispositions d’autres lois du Parlement pour assurer la protection requise.

Conformité et application

La LEP prĂ©voit des sanctions pour toute infraction Ă  la Loi, y compris des amendes ou l’emprisonnement, la saisie et la confiscation des articles saisis ou du produit de leur aliĂ©nation. Dans certaines conditions, un accord sur des mesures de rechange peut ĂȘtre conclu avec la personne accusĂ©e d’une infraction. La LEP prĂ©voit Ă©galement des inspections et des opĂ©rations de recherche et de saisie par les agents de l’autoritĂ© dĂ©signĂ©s pour en contrĂŽler l’application. En vertu des dispositions relatives aux peines de la LEP, une personne morale qui est reconnue coupable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par procĂ©dure sommaire est passible d’une amende maximale de 300 000 $, une personne morale sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 50 000 $, et toute autre personne est passible d’une amende maximale de 50 000 $ et d’un emprisonnement maximal d’un an, ou des deux peines. Une personne morale qui est reconnue coupable sur dĂ©claration de culpabilitĂ© par mise en accusation est passible d’une amende maximale de 1 000 000 $, une personne morale sans but lucratif est passible d’une amende maximale de 250 000 $, et toute autre personne est passible d’une amende maximale de 250 000 $ dollars ou d’un emprisonnement maximal de cinq ans, ou des deux peines.

Normes de service

La LEP permet Ă  une personne de demander au ministre compĂ©tent un permis l’autorisant Ă  exercer une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite, son habitat essentiel ou la rĂ©sidence de ses individus. Une fois que le demandeur est avisĂ© de la rĂ©ception de sa demande de permis, le ministre dispose de 90 jours pour dĂ©livrer le permis ou refuser de le fairerĂ©fĂ©rence 46. Le dĂ©lai de 90 jours peut ne pas s’appliquer dans certaines circonstances.

Le RĂšglement sur les permis autorisant une activitĂ© touchant une espĂšce sauvage inscrite contribue Ă  la cohĂ©rence, Ă  la prĂ©visibilitĂ© et Ă  la transparence du processus de dĂ©livrance des permis en vertu de la LEP en fournissant aux demandeurs des normes de service claires et mesurables. Le ministĂšre de l’Environnement mesure le rendement de ses services chaque annĂ©e, et l’information sur le rendement est diffusĂ©e sur le site Web du MinistĂšrerĂ©fĂ©rence 47 au plus tard le 1er juin pour l’exercice prĂ©cĂ©dent.

Personne-ressource

Paula Brand
Directrice
Politiques sur la Loi sur les espÚces en péril
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
351, boulevard Saint-Joseph, 15e étage
Gatineau (Québec)
J8Y 3Z5
TĂ©lĂ©phone : 1‑800‑668‑6767
Courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca

ANNEXE 1 — Description des espĂšces qu’il est proposĂ© d’ajouter ou de reclassifier Ă  l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, ou de retirer de celle-ci

Ajouts

L’ajout de deux populations de bourdons de l’Ouest Ă  l’annexe 1 de la LEP est proposĂ©. Les deux populations se distinguent gĂ©nĂ©tiquement, morphologiquement et spatialement l’une de l’autre. C’est pourquoi elles ont Ă©tĂ© divisĂ©es en deux diffĂ©rentes unitĂ©s dĂ©signables.

L’aire de rĂ©partition du bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce mckayi (Bombus occidentalis mckayi) s’étale du centre-nord de la Colombie-Britannique jusque dans le sud du Yukon et l’ouest des Territoires du Nord-Ouest. L’espĂšce prĂ©fĂšre les nids souterrains, dans des terriers abandonnĂ©s ou des cavitĂ©s de bois en dĂ©composition. On propose d’ajouter cette sous-espĂšce Ă  l’annexe 1 Ă  titre d’espĂšce prĂ©occupante en raison du dĂ©clin grave et apparent, se dĂ©plaçant vers le nord, de la sous-espĂšce occidentalis dans le sud et des incertitudes entourant les causes de ce dĂ©clin, qui pourraient Ă©galement toucher la sous-espĂšce mckayi.

Le bourdon de l’Ouest de la sous-espĂšce occidentalis (Bombus occidentalis occidentalis) se trouve en Colombie-Britannique, au sud de 55 Ă  57o N., ainsi que dans le sud de l’Alberta et de la Saskatchewan. Il prĂ©fĂšre les boisĂ©s mixtes, les terres agricoles, les zones urbaines, les prairies montagnardes et les prairies. On propose d’ajouter cette sous-espĂšce Ă  l’annexe 1 Ă  titre d’espĂšce menacĂ©e, car elle connaĂźt un dĂ©clin important (de plus de 30 %) dans les sites oĂč elle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© abondante, et elle prĂ©sente l’une des charges les plus Ă©levĂ©es de parasites parmi les espĂšces de bourdons de l’AmĂ©rique du Nord.

Les deux unitĂ©s dĂ©signables sont menacĂ©es par l’utilisation de pesticides, le changement d’habitat et la transmission de maladies par des espĂšces de bourdons exotiques. De plus, la sous-espĂšce occidentalis est menacĂ©e par le dĂ©veloppement rĂ©sidentiel et commercial intensif dans les basses terres continentales, la vallĂ©e du bas Fraser et la rĂ©gion du Grand Victoria, en Colombie-Britannique, ainsi qu’à Calgary et dans ses environs, en Alberta. L’intensification de l’agriculture constitue Ă©galement une menace qui pĂšse prĂ©cisĂ©ment sur la sous-espĂšce occidentalis.

Reclassification

Le monarque (Danaus plexippus) est un papillon migrateur de grande taille. L’aire de rĂ©partition canadienne englobe des parties de neuf provinces, de la Colombie-Britannique Ă  la Nouvelle-Écosse. Le monarque de l’Est (le monarque du groupe Ă  l’est des Rocheuses) se reproduit de l’Alberta jusqu’à l’est de la Nouvelle-Écosse et migre vers le sud afin d’hiverner dans les montagnes du centre du Mexique. Le monarque de l’Ouest (le monarque du groupe Ă  l’ouest des Rocheuses) se reproduit dans le sud de la Colombie-Britannique et migre vers le sud afin d’hiverner sur la cĂŽte de la Californie. Les espĂšces d’asclĂ©piade sont les plantes hĂŽtes du monarque, qui dĂ©pend uniquement des plantes d’asclĂ©piade pour se reproduire. Des Ɠufs, des chenilles ou des chrysalides peuvent se trouver sur cette plante lorsque le monarque se trouve au Canada (soit de juin Ă  octobre, pour la majeure partie du Canada). Une plante d’asclĂ©piade occupĂ©e est susceptible d’ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme Ă©tant une rĂ©sidence lorsque les monarques sont prĂ©sents. Qu’elle soit ou non considĂ©rĂ©e comme une rĂ©sidence, la destruction d’asclĂ©piades occupĂ©es tuerait ou blesserait des individus, qu’il s’agisse d’Ɠufs, de chenilles ou de chrysalides; l’activitĂ© nĂ©cessiterait donc la dĂ©livrance d’un permis en vertu de la LEP. Aucun permis ne sera requis pour l’enlĂšvement d’asclĂ©piades en dehors de la pĂ©riode de reproduction du monarque (ce qui correspond, pour la majeure partie du Canada, Ă  la pĂ©riode se trouvant en dehors des mois de juin Ă  octobre), car cette plante est vivace et meurt lors du gel. Il serait difficile de dĂ©signer les plantes occupĂ©es dans de vastes zones terrestres comme les champs et les prĂ©s, ce qui met en lumiĂšre la nĂ©cessitĂ© d’une bonne promotion de la conformitĂ© afin d’attĂ©nuer les problĂšmes que la dĂ©signation pourrait causer aux gestionnaires des terres. L’asclĂ©piade croĂźt principalement dans de l’habitat ouvert et pĂ©riodiquement perturbĂ©, comme les bordures de routes, les champs, les milieux humides, les prairies et les forĂȘts ouvertes. Le monarque est menacĂ© par la dĂ©gradation de son habitat d’hivernage au Mexique, l’utilisation accrue d’herbicides affectant l’asclĂ©piade, le dĂ©clin de l’approvisionnement en nectar le long de son couloir migratoire et les pesticides de la catĂ©gorie des nĂ©onicotinoĂŻdes. Il est proposĂ© de reclassifier l’espĂšce pour la faire passer d’espĂšce prĂ©occupante Ă  espĂšce en voie de disparition, car elle a connu un dĂ©clin de plus de 50 % au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, selon les Ă©valuations faites aux sites d’hivernage (en Californie et au Mexique).

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu du paragraphe 27(1) de la Loi sur les espĂšces en pĂ©rilrĂ©fĂ©rence a, se propose de prendre le DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, ci-aprĂšs.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de dĂ©cret dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication, et d’envoyer le tout Ă  Paula Brand, directrice, Politiques sur la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril, Service canadien de la faune, ministĂšre de l’Environnement, Gatineau (QuĂ©bec), J8Y 3Z5 (tĂ©l. : 1‑800‑668‑6767; courriel : LEPreglementations-SARAregulations@ec.gc.ca).

Ottawa, le 20 avril 2023

La greffiÚre adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

DĂ©cret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril

Modifications

1 La partie 2 de l’annexe 1 de la Loi sur les espĂšces en pĂ©ril rĂ©fĂ©rence 8 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

Monarque (Danaus plexippus) Monarch

2 La partie 3 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

Bourdon de l’Ouest de la sous-espùce occidentalis (Bombus occidentalis occidentalis) Bumble Bee occidentalis subspecies, Western

3 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre alphabĂ©tique, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

Bourdon de l’Ouest de la sous-espùce mckayi (Bombus occidentalis mckayi) Bumble Bee mckayi subspecies, Western

4 La partie 4 de l’annexe 1 de la mĂȘme loi est modifiĂ©e par suppression, sous l’intertitre « Arthropodes Â», de ce qui suit :

Monarque (Danaus plexippus) Monarch

Entrée en vigueur

5 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

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