La Gazette du Canada, Partie I, volume 157, numĂ©ro 18 : Règlement modifiant le Règlement sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition

Le 6 mai 2023

Fondement législatif
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition

Ministère et organisme responsables
Ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile
Service correctionnel du Canada

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : La Loi sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition (LSCMLC) a Ă©tĂ© modifiĂ©e en 2019 pour autoriser le Service correctionnel du Canada (SCC) Ă  utiliser la technologie du balayage corporel afin de prĂ©venir l’entrĂ©e de contrebande dans les Ă©tablissements correctionnels fĂ©dĂ©raux. Des modifications au Règlement sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition (RSCMLC) sont nĂ©cessaires pour mettre en Ĺ“uvre ces modifications lĂ©gislatives et mettre en Ĺ“uvre des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel dans les Ă©tablissements fĂ©dĂ©raux. Un cadre sur l’utilisation correspondante de la dĂ©tention dans des cellules nues comme outil clĂ© pour la saisie de contrebande doit Ă©galement ĂŞtre ajoutĂ© au RSCMLC afin de faire progresser le traitement humain des personnes en dĂ©tention, tout en continuant d’assurer la sĂ©curitĂ© des personnes dans l’établissement.

Description : Les modifications proposĂ©es au RSCMLC permettraient au SCC de mettre en Ĺ“uvre la technologie de balayage corporel en prescrivant le type de dĂ©tecteurs autorisĂ©s, ainsi que la mĂ©thode et les circonstances de leur utilisation. De plus, un cadre rĂ©glementaire serait mis en place concernant l’utilisation de la dĂ©tention en cellule nue, prĂ©cisant les critères d’admission, les limites de durĂ©e et la surveillance, tout en veillant Ă  ce que les besoins en soins de santĂ© soient pris en compte.

Justification : L’introduction de la technologie de balayage corporel dans les outils de fouille disponibles du SCC fournit une mĂ©thode efficace pour dĂ©tecter la contrebande qui se trouve sur une personne, dans ses cavitĂ©s corporelles ou dans son tube digestif, selon l’appareil utilisĂ©. L’utilisation de la technologie de balayage corporel tient Ă©galement compte des considĂ©rations liĂ©es au genre du dĂ©tenu, du personnel et du visiteur et aux personnes ayant des antĂ©cĂ©dents de violence ou de traumatisme, et peut rĂ©gler les problèmes liĂ©s au genre, Ă  la religion ou aux besoins culturels. Les dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel appuieront Ă©galement la nouvelle structure et la surveillance de l’utilisation des cellules nues, ce qui devrait rĂ©duire le temps passĂ© dans les cellules nues. De plus, les modifications proposĂ©es instaureraient des procĂ©dures supplĂ©mentaires pour surveiller la santĂ© d’un dĂ©tenu dans une cellule nue et accroĂ®tre la transparence grâce Ă  l’introduction de procĂ©dures sur les donnĂ©es relatives aux cellules nues.

Enjeux

En 2019, la Loi modifiant la Loi sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition et une autre loi (ci-après appelĂ©e l’ancien projet de loi C-83) a créé un cadre schĂ©matique pour l’utilisation de la technologie de balayage corporel afin de prĂ©venir l’introduction de substances illĂ©gales dans les Ă©tablissements correctionnels fĂ©dĂ©raux.

Le cadre législatif repose sur l’élaboration et la mise en œuvre de règlements, au moyen de modifications au RSCMLC, qui définiraient les types de détecteurs à utiliser, la façon dont ils seront utilisés et les circonstances dans lesquelles un balayage corporel peut être effectué. Les dispositions réglementaires proposées créent le cadre nécessaire avant que les modifications législatives relatives aux détecteurs à balayage corporel puissent entrer en vigueur et que les détecteurs à balayage corporel puissent commencer à être mis en place dans les établissements fédéraux.

De plus, les dispositions rĂ©glementaires proposĂ©es introduisent des changements liĂ©s Ă  la dĂ©tention dans une cellule nue. Une cellule nue est une cellule sans Ă©quipement de plomberie conventionnel qui permet de surveiller Ă©troitement la personne dĂ©tenue, pour sa sĂ©curitĂ© et celle de l’établissement dans son ensemble, en attendant l’expulsion naturelle de contrebande. Des sĂ©nateurs et des intervenants ont soulevĂ© des prĂ©occupations au sujet de l’utilisation des cellules nues par le SCC, en particulier en ce qui concerne les critères d’admission Ă  une cellule nue, la durĂ©e qu’une personne peut y passer et la nĂ©cessitĂ© de tenir compte de la santĂ© (en particulier la santĂ© mentale) de la personne dĂ©tenue. Les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es amĂ©lioreraient le traitement des personnes en dĂ©tention qui pourraient ĂŞtre assujetties Ă  l’utilisation de cellules nues, comme il en a Ă©tĂ© question lors de l’examen par le SĂ©nat de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2022 au printemps 2022.

Les modifications réglementaires proposées renforceraient également les mesures de protection entourant le régime des cellules nues, notamment par l’utilisation de fouilles par balayage corporel dans les décisions relatives aux cellules nues, tout en appuyant leur utilisation continue comme mesure nécessaire à la sûreté et sécurité des établissements dans des circonstances où il y a un risque réel d’introduction de contrebande.

Contexte

Mesures actuelles du SCC pour les fouilles

Ă€ l’heure actuelle, le SCC dispose de divers outils et ressources pour fouiller les dĂ©tenus, le personnel et les visiteurs, notamment :

Ces méthodes de fouille servent à détecter et à identifier la contrebande qui pourrait entrer dans les établissements fédéraux, et elles sont utilisées dans des circonstances où il est possible qu’un détenu ait acquis et dissimulé de la contrebande. La contrebande comprend divers articles, notamment de l’alcool, des drogues, des armes, des explosifs, des quantités non autorisées d’argent ou tout article qui pourrait compromettre la sécurité d’un pénitencier ou la sécurité de personnes. Parmi les circonstances qui pourraient mener à l’introduction de contrebande dans les établissements fédéraux, mentionnons, sans s’y limiter, le fait de quitter un établissement ou d’y entrer, de quitter une zone de travail ou un secteur de programme de l’établissement ou d’y entrer, et de quitter la zone de visite de l’établissement ou d’y entrer. Bien que ces méthodes soient très efficaces pour détecter la contrebande sur une personne, elles ne traitent pas du risque associé aux personnes qui tentent d’introduire de la contrebande cachée dans leurs cavités corporelles.

Fouilles par balayage corporel

Afin de rĂ©pondre aux prĂ©occupations et aux critiques actuelles concernant les services correctionnels fĂ©dĂ©raux et de mettre en Ĺ“uvre des mesures progressistes, le gouvernement du Canada a prĂ©sentĂ© l’ancien projet de loi C-83 le 16 octobre 2018. Parmi les changements, ce projet de loi a permis au SCC d’utiliser des outils de fouille supplĂ©mentaires pour appuyer Ă  la fois la fouille sĂ©curitaire des dĂ©tenus et la saisie de contrebande par le SCC, dans le but de rĂ©duire la prĂ©sence de contrebande dans les Ă©tablissements du SCC.

Ă€ la suite de l’adoption de l’ancien projet de loi C-83 en 2019, le SCC a entamĂ© des discussions avec les autoritĂ©s correctionnelles provinciales et internationales qui utilisent la technologie de balayage corporel pour Ă©laborer leur approche de prescription en fonction des pratiques exemplaires. De plus, au cours de l’étĂ© 2022, le SCC a lancĂ© un programme pilote pour mettre Ă  l’essai des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel dans les Ă©tablissements fĂ©dĂ©raux afin d’évaluer pleinement leurs besoins opĂ©rationnels et leurs avantages. Deux dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel par radiographie Ă  faible intensitĂ© ont Ă©tĂ© achetĂ©s et installĂ©s Ă  l’Établissement de Bath, en Ontario, et Ă  l’Établissement d’Edmonton pour femmes afin d’évaluer l’efficacitĂ© de la fouille au moyen d’un balayage corporel et de s’appuyer sur les connaissances dĂ©coulant des consultations pour appuyer leur mise en Ĺ“uvre efficace dans le contexte fĂ©dĂ©ral. Dans le cadre de ces projets pilotes, l’utilisation des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel comme solution de rechange Ă  la fouille des dĂ©tenus se fait sur une base volontaire.

Utilisation des cellules nues

À la suite d’une fouille qui permet de découvrir de la contrebande ou qui donne des motifs raisonnables de croire que de la contrebande est dissimulée sur la personne, le SCC entame le processus de saisie de contrebande afin de contrer les risques pour la personne ou l’introduction dangereuse de contrebande dans l’établissement. La remise volontaire de contrebande est préférable à la suite d’une fouille; toutefois, d’autres mesures doivent être disponibles pour faciliter la saisie lorsque la personne refuse de remettre la contrebande en question. Dans de tels cas, les agents du SCC utilisent un modèle d’intervention axé sur le risque et la personne pour définir les attentes, les répercussions et les conséquences de la participation à l’introduction de la contrebande. Une fois que toutes les discussions et stratégies verbales seront épuisées, SCC envisagera d’utiliser la cellule nue comme moyen de saisir la contrebande pour assurer la sécurité de l’établissement.

Comme indiquĂ© dans l’article 51 de la LSCMLC, lorsqu’un directeur est convaincu qu’il existe des motifs raisonnables de croire qu’un dĂ©tenu a ingĂ©rĂ© de la contrebande ou qu’il l’a dissimulĂ©e dans son rectum, il peut autoriser la dĂ©tention du dĂ©tenu dans une cellule nue afin de faciliter la saisie de la contrebande. Une fois qu’un dĂ©tenu est placĂ© dans une cellule nue, un agent est affectĂ© Ă  la surveillance permanente du dĂ©tenu pendant qu’il se trouve dans la cellule, jusqu’à ce qu’il expulse la contrebande ou qu’il soit libĂ©rĂ©. Dans la pratique actuelle, le dĂ©tenu est libĂ©rĂ© de la cellule nue pour trois raisons, soit parce qu’il prĂ©sente des problèmes de santĂ© qui justifient sa libĂ©ration de la cellule nue, parce que les motifs raisonnables pour lesquels il a Ă©tĂ© dĂ©tenu dans une cellule nue se sont dissipĂ©s ou parce que de la contrebande a Ă©tĂ© saisie. Cette pratique, bien qu’elle soit essentielle pour assurer la sĂ©curitĂ© des personnes dans l’établissement, a Ă©tĂ© critiquĂ©e pour son manque de surveillance, de structure et les conditions d’incarcĂ©ration.

L’ancien projet de loi C-83 a modifiĂ© l’article 51 de la LSCMLC concernant les procĂ©dures de fouille lorsque le directeur a des motifs raisonnables de croire qu’un dĂ©tenu a dissimulĂ© dans une cavitĂ© corporelle ou ingĂ©rĂ© de la contrebande, et que la dĂ©tention dans une cellule nue facilite la saisie. Un nouveau paragraphe, soit le paragraphe 51(2), a Ă©tĂ© ajoutĂ© Ă  la LSCMLC pour prĂ©voir que le dĂ©tenu doit recevoir la visite d’un professionnel de la santĂ© agréé au moins une fois par jour. Le projet de loi a Ă©galement supprimĂ© l’utilisation de radiographies, ne laissant que la possibilitĂ© de confiner le dĂ©tenu dans une cellule nue dans l’attente que la contrebande soit expulsĂ©e. L’utilisation de radiographies pour la dĂ©tection de la contrebande a toujours posĂ© des dĂ©fis au SCC, car de nombreux mĂ©decins ne consentaient pas Ă  cette pratique parce qu’elle Ă©tait utilisĂ©e pour des raisons autres que l’imagerie diagnostique mĂ©dicale, mĂŞme avec le consentement du dĂ©tenu qui fait l’objet de la radiographie. Bien que la plupart des changements apportĂ©s par rapport Ă  l’ancien projet de loi C-83 soient en vigueur, les changements concernant l’utilisation des radiographies et les modifications visant Ă  appuyer l’utilisation des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel entreraient en vigueur Ă  une date dĂ©terminĂ©e par le gouverneur en conseil. Cette entrĂ©e en vigueur devrait s’harmoniser avec l’entrĂ©e en vigueur du règlement proposĂ©. De plus, le paragraphe exigeant que le dĂ©tenu reçoive la visite d’un professionnel de la santĂ© agréé n’est pas entrĂ© en vigueur au moment de la sanction royale, mais une modification Ă©quivalente a Ă©tĂ© apportĂ©e en 2022, comme il est indiquĂ© ci-dessous.

Le 12 novembre 2021, la Cour suprĂŞme de la Nouvelle-Écosse a conclu, dans l’affaire Adams c. Établissement Nova pour femmes, 2021 NSSC 313, que l’alinĂ©a 51b) de la LSCMLC, concernant la dissimulation de contrebande dans une cavitĂ© corporelle, violait l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertĂ©s (la Charte), parce qu’il est discriminatoire Ă  l’égard des dĂ©tenus que l’on soupçonne de transporter de la contrebande dans leur vagin. Étant donnĂ© que la contrebande dissimulĂ©e dans un vagin n’est pas expulsĂ©e de la mĂŞme façon ni au mĂŞme rythme que la contrebande dissimulĂ©e dans le tube digestif, il est possible que les dĂ©tenues soupçonnĂ©es de dissimulation dans le vagin fassent l’objet d’une dĂ©tention plus longue dans une cellule nue, pour une durĂ©e plus longue par rapport aux cas de dissimulation de la contrebande dans un rectum.

Par consĂ©quent, la cour a jugĂ© que cette utilisation de cellules nues Ă©tait inconstitutionnelle, dĂ©clarant que l’alinĂ©a 51b) Ă©tait inopĂ©rant en Nouvelle-Écosse Ă  moins que le Parlement ne modifie la loi pour rĂ©gler la situation. La cour a prĂ©vu un dĂ©lai de six mois pour ces changements. Ă€ la suite d’une demande de prolongation visant Ă  prĂ©ciser les dĂ©tails de la politique, la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2022 a modifiĂ© la LSCMLC afin de rĂ©pondre aux prĂ©occupations soulevĂ©es dans l’affaire Adams c. Établissement Nova et d’éliminer la dĂ©tention dans des cellules nues de dĂ©tenues soupçonnĂ©es de transporter de la contrebande dans leur vagin. De plus, la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2022 a modifiĂ© la LSCMLC en introduisant le paragraphe 51(2), qui exige que tout dĂ©tenu dans une cellule nue reçoive au moins une visite par jour d’un professionnel de la santĂ© agréé. Bien que cette disposition ait Ă©galement Ă©tĂ© incluse dans l’ancien projet de loi C-83, elle a Ă©tĂ© adoptĂ©e rapidement afin d’assurer une surveillance mĂ©dicale plus rigoureuse entre-temps, au lieu d’attendre que le changement prĂ©vu dans l’ancien projet de loi C-83 soit prĂŞt Ă  entrer en vigueur. Ces modifications, qui sont entrĂ©es en vigueur le 23 juin 2022, garantissent que l’utilisation de cellules nues est conforme Ă  la Charte, tout en prĂ©servant les cellules nues comme outil important pour soutenir la sĂ©curitĂ© institutionnelle.

Au cours du processus budgĂ©taire de 2022, le ComitĂ© sĂ©natorial de la sĂ©curitĂ© nationale et de la dĂ©fense (SECD) a discutĂ© des prĂ©occupations concernant le rĂ©gime des cellules nues dans le cadre de l’examen des modifications Ă  la pratique relative aux cellules nues de la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2022 susmentionnĂ©es. Plus prĂ©cisĂ©ment, les considĂ©rations du SĂ©nat en matière d’utilisation de cellules nues ont soulevĂ© des prĂ©occupations au sujet des critères d’admission Ă  une cellule nue, de la durĂ©e qu’une personne peut y passer et de la nĂ©cessitĂ© de tenir compte de la santĂ© (en particulier de la santĂ© mentale) de la personne dĂ©tenue. En raison de ces prĂ©occupations, le ministre s’est engagĂ© Ă  Ă©mettre une directive ministĂ©rielle au SCC concernant l’utilisation de cellules nues afin de s’assurer que ce dernier utilise les mesures les moins restrictives possibles pour protĂ©ger la sociĂ©tĂ©, les agents et les dĂ©linquants. Ă€ cette fin, la directive ministĂ©rielle publiĂ©e le 29 aoĂ»t 2022 a introduit des principes qui ont renforcĂ© les pratiques internes du SCC en ce qui a trait aux soins et Ă  la surveillance des personnes dĂ©tenues dans des cellules nues. La directive prĂ©voit que le SCC prĂ©cise les circonstances dans lesquelles les cellules nues sont utilisĂ©es, qu’il Ă©tablit des lignes directrices sur la durĂ©e, qu’il accorde la prioritĂ© aux mesures les moins restrictives et qu’il cherche Ă  amĂ©liorer continuellement les activitĂ©s de fouille et de saisie. De plus, la directive a rĂ©affirmĂ© les garanties procĂ©durales dĂ©jĂ  en place, notamment les contrĂ´les quotidiens Ă  intervalles rĂ©guliers lorsque la dĂ©tention dans une cellule nue dĂ©passe 48 heures.

Appuyé par la mise en œuvre prochaine de la technologie de balayage corporel, le ministre de la Sécurité publique s’est également engagé à apporter des modifications réglementaires au RSCMLC afin d’améliorer la surveillance et de créer un cadre transparent sur la détention dans des cellules nues. Ensemble, les améliorations en matière de fouille et de saisie offertes par la technologie de balayage corporel et les contraintes réglementaires liées aux cellules nues visent à établir un meilleur équilibre entre la détention humaine et la sécurité des établissements.

Objectif

Les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es amĂ©lioreraient les outils de fouille et de saisie utilisĂ©s par le SCC dans les Ă©tablissements fĂ©dĂ©raux du Canada. Plus prĂ©cisĂ©ment, elles permettraient la mise en Ĺ“uvre de technologies de balayage corporel, comme l’autorisait l’ancien projet de loi C-83, en dĂ©taillant les types de dĂ©tecteurs Ă  utiliser, la façon dont ils seraient utilisĂ©s et les circonstances dans lesquelles le SCC aurait le pouvoir de les utiliser. L’ajout de cette technologie aux outils Ă  la disposition du SCC permettrait de mieux dĂ©tecter la contrebande et les objets non autorisĂ©s, ce qui amĂ©liorerait la sĂ»retĂ© et la sĂ©curitĂ© dans les Ă©tablissements, y compris pour les dĂ©tenus, les agents, les visiteurs et la collectivitĂ© dans l’ensemble.

L’introduction d’un cadre réglementaire concernant l’utilisation des cellules nues appuierait leur utilisation continue comme outil de saisie nécessaire, tout en garantissant qu’elles seraient utilisées uniquement dans des circonstances précises et justifiables, appuyées par la mise en œuvre de la technologie de balayage corporel. Le cadre vise à établir un équilibre prudent entre l’importance de la sûreté et de la sécurité des personnes et de l’établissement (ce qui exige la gestion du risque posé par la contrebande), et le principe selon lequel le SCC s’appuie sur les mesures les moins restrictives possibles qui sont en accord avec la protection de la société, des agents et des délinquants. Le règlement proposé vise à favoriser des changements positifs pour les personnes incarcérées dans des établissements fédéraux en aidant à déterminer s’il y a présence de contrebande et si l’utilisation de cellules nues est nécessaire, limitant ainsi la durée de la détention dans des cellules nues. Les modifications visent à améliorer la surveillance de la santé physique et mentale des personnes détenues dans des cellules nues. Cette nouvelle surveillance réglementaire prescrirait également la collecte et la gestion des données liées à l’utilisation des cellules nues, ce qui élargirait la disponibilité des données et assurerait la surveillance, l’analyse et l’évaluation du régime au besoin.

Description

Aperçu général concernant les fouilles par balayage corporel

Le règlement proposé permettrait au SCC d’utiliser la technologie de balayage corporel afin de révéler notamment, sans s’y limiter, des articles métalliques, plastiques, organiques et inorganiques dissimulés dans des vêtements, sur le corps ou à l’intérieur du corps de la personne faisant l’objet du balayage. Les fouilles par balayage corporel soutiendraient les méthodes existantes du SCC pour effectuer les fouilles, notamment les fouilles à nu, qui consistent en des inspections visuelles du corps nu et une fouille des vêtements ou des articles transportés; les fouilles discrètes de personnes vêtues au moyen de technologies de fouille, comme des détecteurs de métal; et les fouilles par palpation du corps vêtu.

Détecteurs à balayage corporel réglementés

Les modifications proposées définiraient un détecteur à balayage corporel réglementé comme un appareil capable de détecter de la contrebande qui se trouve sur une personne vêtue ou dans ses cavités corporelles et qui peut produire des images détaillées de l’intérieur du corps d’une personne.

Méthode réglementée de fouille par balayage corporel

Pour toutes les fouilles par balayage corporel, un agent formĂ© serait tenu d’effectuer un balayage corporel d’un dĂ©tenu, d’un agent ou d’un visiteur, tout en s’assurant de respecter les exigences opĂ©rationnelles de l’appareil et en suivant les directives des normes de santĂ© et de sĂ©curitĂ© de SantĂ© Canada pour l’utilisation de la technologie de balayage corporel (par exemple exclure les personnes ayant des problèmes de santĂ©, limiter le nombre de balayages annuels par personne). Ces exigences seraient Ă©noncĂ©es dans les directives du commissaire, qui sont des règles Ă©tablies sous l’autoritĂ© du commissaire conformĂ©ment aux articles 97 et 98 de la LSCMLC. Ces directives seraient mises Ă  jour pour intĂ©grer toute nouvelle norme de santĂ© et de sĂ©curitĂ© Ă©laborĂ©e, ainsi que pour tenir compte de la technologie mise Ă  jour en ce qui a trait aux dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel. Toutes les directives du commissaire doivent ĂŞtre accessibles aux dĂ©linquants, aux agents et au public.

On demanderait à une personne de rester dans le détecteur à balayage pendant le balayage. Elle pourrait faire l’objet de balayages subséquents si l’opérateur n’est pas en mesure de terminer l’opération de façon satisfaisante ou si l’opérateur a des motifs raisonnables de croire que la personne dissimule des objets (après un examen de l’image générée par le détecteur à balayage).

Un agent formé effectuerait une fouille par balayage corporel de deux façons distinctes, soit un balayage corporel non détaillé ou un balayage corporel détaillé, selon les modalités décrites ci-dessous.

Balayage corporel non détaillé

Un balayage corporel non détaillé, qui pourrait être effectué lorsqu’une fouille par palpation ou discrète serait autrement autorisée, est une fouille corporelle au cours de laquelle l’agent formé examinerait l’image générée par le détecteur à balayage pour déterminer la présence de contrebande. Par exemple, un agent du SCC peut effectuer une fouille par palpation et un balayage corporel d’un délinquant après une visite d’un membre de sa famille. L’image produite dans ces cas serait une silhouette humaine (générée par l’intelligence artificielle) sur laquelle une zone sera mise en évidence si un corps étranger est détecté à la surface ou à l’intérieur du corps de la personne. Par exemple, si un détenu a dissimulé de la contrebande dans sa manche, le détecteur à balayage corporel produirait une image d’une silhouette avec un indicateur sur le bras. Un agent formé masculin ou féminin effectuerait la fouille, car aucun renseignement révélateur sur le corps de la personne n’est produit par le résultat de l’image.

Les circonstances particulières dans lesquelles un balayage corporel non détaillé pourrait être utilisé sont présentées ci-dessous.

Les dĂ©tenus peuvent faire l’objet de fouilles au moyen d’un balayage corporel non dĂ©taillĂ© dans ces circonstances :

Les visiteurs peuvent faire l’objet de fouilles au moyen d’un balayage corporel non détaillé lorsqu’ils entrent dans un établissement ou une zone sécurisée ou lorsqu’ils en sortent.

Le personnel peut faire l’objet de fouilles au moyen d’un balayage corporel non détaillé lorsqu’il entre dans un établissement ou une zone sécurisée ou lorsqu’il en sort.

Les agents auraient la possibilité d’utiliser un balayage corporel non détaillé parmi d’autres méthodes de fouille pour toutes les fouilles discrètes de détenus, de visiteurs et d’autres membres du personnel. Si un visiteur refuse de se soumettre à une fouille, le directeur ou un agent désigné peut interdire la visite de contact avec un détenu et autoriser une visite sans contact, c’est-à-dire une visite effectuée derrière une vitre ou une autre forme de barrière physique séparant le visiteur du détenu et empêchant tout contact. Autrement, le directeur peut refuser la visite et exiger que le visiteur quitte l’établissement immédiatement.

Balayage corporel détaillé

Un balayage corporel détaillé, qui pourrait être effectué lorsqu’une fouille à nu serait autrement autorisée ou qu’une décision relative à la cellule nue est requise, permettrait à un agent formé d’examiner l’image générée par le détecteur à balayage pour déterminer la présence de la contrebande. Par exemple, des agents du SCC peuvent effectuer une fouille à nu ou un balayage corporel d’un détenu qui a été aperçu en train de ramasser et de cacher un colis inconnu dans l’aire extérieure. L’image produite dans ces cas serait une image détaillée de l’intérieur du corps de la personne (semblable au résultat d’une radiographie), et l’agent formé examinerait l’image pour détecter la présence de contrebande. Par exemple, si un détenu a caché de la contrebande dans son système digestif, l’agent formé serait en mesure de l’identifier dans l’image détaillée générée par le détecteur à balayage. Les directives du commissaire préciseraient que l’agent formé qui effectue un balayage corporel détaillé doit être du même sexe que le détenu (ou en conformité avec les considérations liées au genre du détenu), compte tenu de la nature délicate des renseignements supplémentaires révélés par ces analyses.

Les circonstances particulières dans lesquelles un balayage corporel détaillé pourrait être utilisé sont énumérées ci-dessous.

Les dĂ©tenus peuvent faire l’objet de fouilles au moyen d’un balayage corporel dĂ©taillĂ© lorsque :

Comme le prĂ©voit le paragraphe 48(2) de la LSCMLC, un balayage corporel dĂ©taillĂ© doit ĂŞtre effectuĂ© lorsqu’une fouille Ă  nu de routine aurait autrement lieu pendant l’incarcĂ©ration de la personne. Par consĂ©quent, les agents doivent effectuer un balayage corporel dĂ©taillĂ©, si le dĂ©tecteur Ă  balayage est en bon Ă©tat de fonctionnement dans l’établissement, conformĂ©ment aux critères a), b), c) et d) ci-dessus, qui renvoient Ă  des situations oĂą une fouille Ă  nu de routine aurait lieu. Toutefois, les agents auraient la possibilitĂ© d’effectuer un balayage corporel dĂ©taillĂ© Ă  l’aide d’un dĂ©tecteur Ă  balayage corporel lorsqu’une fouille Ă  nu serait exceptionnelle, comme le prĂ©cisent les critères g) et h). Les critères e) et f) exigeraient Ă©galement une fouille par balayage corporel dans le cadre des changements apportĂ©s Ă  la prise de dĂ©cisions sur les cellules nues, qui sont dĂ©crits plus en dĂ©tail dans la section suivante.

Les visiteurs peuvent faire l’objet de fouilles au moyen d’un balayage corporel détaillé lorsqu’un agent soupçonne, pour des motifs raisonnables, qu’un visiteur transporte de la contrebande et croit qu’une fouille par balayage corporel est nécessaire pour trouver la contrebande.

Si un visiteur refuse de se soumettre à une fouille, le directeur ou un agent désigné peut interdire la visite de contact avec un détenu et autoriser une visite sans contact, c’est-à-dire une visite effectuée derrière une vitre ou une autre forme de barrière physique séparant le visiteur du détenu et empêchant tout contact. Autrement, le directeur peut refuser la visite et exiger que le visiteur quitte l’établissement immédiatement.

Le personnel peut faire l’objet de fouilles au moyen d’un balayage corporel détaillé lorsqu’un agent a des motifs raisonnables de croire qu’un autre agent transporte de la contrebande et qu’une fouille corporelle est nécessaire pour trouver la contrebande. Toutefois, dans la pratique, le SCC collabore habituellement avec les organismes d’application de la loi, comme la Gendarmerie royale du Canada (GRC), pour traiter les cas où le personnel est soupçonné de transporter de la contrebande.

Les circonstances dans lesquelles les délinquants, les visiteurs et le personnel seraient soumis à un balayage corporel ont été déterminées, car il s’agit des situations les plus courantes et les plus vulnérables dans lesquelles de la contrebande et des objets non autorisés sont introduits dans l’établissement. Elles reflètent les circonstances actuelles dans lesquelles d’autres fouilles (par exemple fouille à nu, fouille par palpation) seraient autorisées. Par exemple, les détenus qui entrent dans l’établissement et qui en sortent, sous la surveillance constante du personnel ou non, représentent des occasions pour les détenus de transporter de la contrebande, car ils peuvent entrer en contact avec d’autres personnes ou objets et se rendre dans d’autres lieux. Il convient de noter que les détecteurs à balayage corporel n’éliminent pas la nécessité de fouilles à nu ou d’utiliser des cellules nues.

Détention en cellule nue

Lorsque de la contrebande a été ingérée ou dissimulée dans le rectum d’une personne, les cellules nues sont un outil clé à la disposition du SCC pour faciliter la saisie de cette contrebande et empêcher leur entrée ou leur circulation dans l’établissement, au cas où ils ne seraient pas remis volontairement. Conformément à la LSCMLC, le directeur peut autoriser la détention d’un détenu dans une cellule nue s’il a des motifs raisonnables de croire qu’il a ingéré de la contrebande ou qu’il en dissimule dans son rectum.

Les modifications proposées introduiraient de nouvelles dispositions décrivant le recours à la détention dans des cellules nues par le SCC, notamment la façon dont la mise en œuvre de la technologie de balayage corporel aiderait le directeur à déterminer s’il y a des motifs raisonnables de croire qu’un détenu a ingéré de la contrebande ou qu’il en dissimule dans son rectum.

Pour décider s’il faut autoriser la détention d’un détenu dans une cellule nue, le directeur se fonderait sur le résultat d’un balayage corporel effectué légalement (par exemple aucun problème de santé du détenu) avec un détecteur en bon état de fonctionnement dans l’enceinte de l’établissement. En autorisant l’utilisation initiale d’une cellule nue, le directeur préparerait des motifs écrits décrivant les faits qui l’ont amené à avoir des motifs raisonnables de croire que le détenu a ingéré de la contrebande ou qu’il en dissimule dans son rectum, et que la contrebande doit être expulsée. Ces motifs écrits seraient fournis au détenu.

Conformément à cette proposition, la détention du détenu dans une cellule nue devrait prendre fin si le directeur n’est plus convaincu qu’il existe des motifs raisonnables de croire que le détenu a ingéré de la contrebande ou qu’il en dissimule dans son rectum, ou si on ne s’attend plus à ce que la contrebande soit expulsée. Il s’agit notamment de situations où l’on croit que toute la contrebande a été saisie. Il faudrait aussi que la détention dans ce type de cellule prenne fin si un professionnel de la santé agréé le recommande pour des raisons de santé.

Les modifications proposĂ©es Ă©tableraient un maximum de 72 heures pour la dĂ©tention dans une cellule nue. Toutefois, le directeur pourrait autoriser une prolongation de 24 heures de la dĂ©tention du dĂ©tenu dans des circonstances particulières. Dans des circonstances comme la dĂ©tention initiale, le directeur doit ĂŞtre convaincu qu’il existe des motifs raisonnables de croire que le dĂ©tenu a ingĂ©rĂ© de la contrebande ou qu’il en dissimule dans son rectum, et qu’on s’attend Ă  ce que la contrebande soit expulsĂ©e. De plus, si l’établissement dispose d’un dĂ©tecteur Ă  balayage corporel en bon Ă©tat de fonctionnement et qu’un balayage corporel dĂ©taillĂ© peut ĂŞtre effectuĂ© en toute lĂ©galitĂ©, le rĂ©sultat de la fouille indique qu’il y a des motifs raisonnables de croire que le dĂ©tenu a ingĂ©rĂ© de la contrebande ou qu’il en dissimule dans son rectum.

Pour justifier l’autorisation de dĂ©tention au-delĂ  de 72 heures, et en plus d’avoir Ă  ĂŞtre convaincu que les critères de dĂ©tention initiale existent toujours, le directeur doit Ă©galement avoir des motifs raisonnables de croire que :

Lorsque la prolongation de 24 heures prend fin, le directeur peut autoriser une prolongation supplĂ©mentaire de 24 heures en fonction d’une Ă©valuation des mĂŞmes facteurs. Cela signifie que la dĂ©tention dans une cellule nue peut atteindre un total de 120 heures dans ces circonstances.

Si le directeur autorise une prolongation de la dĂ©tention dans une cellule nue au-delĂ  de la pĂ©riode initiale de dĂ©tention de 72 heures, comme il est dĂ©crit ci-dessus, les motifs Ă©crits doivent tenir compte des facteurs supplĂ©mentaires (c’est-Ă -dire mĂ©thodes visant Ă  Ă©viter l’expulsion ou l’évacuation des selles et rĂ©introduction ou nouvelle dissimulation de contrebande).

Pendant qu’un détenu est placé dans une cellule nue, le règlement proposé exigerait que le SCC s’assure que sa santé physique et mentale fasse l’objet d’une surveillance continue. Si un agent ou une personne engagée par le SCC croit que la cellule nue a des effets néfastes sur la santé du détenu, le cas du détenu serait renvoyé à l’administration des soins de santé du SCC. En particulier, l’automutilation, les signes de surdose ou d’autres signes de détresse émotionnelle pourraient indiquer des effets néfastes.

Rapports sur les balayages corporels et l’utilisation de cellule nue

Le règlement proposé prévoirait une structure de rapport et de surveillance pour les fouilles par balayage corporel et la détention dans des cellules nues. Un rapport de fouille doit être préparé lorsqu’un balayage corporel est effectué alors qu’une fouille à nu serait autrement autorisée, comme c’est déjà le cas lorsqu’on utilise plutôt ces autres types de fouilles. Toutefois, il y aurait d’autres circonstances dans lesquelles un rapport serait exigé, notamment en ce qui concerne la prise de décisions concernant les cellules nues. Cette structure élargie de rapport pour l’utilisation de cellules nues remplacerait l’utilisation de rapports normalisés de fouilles qui sont actuellement utilisés dans le contexte des cellules nues.

Le directeur doit immĂ©diatement prĂ©senter un rapport Ă  un agent dĂ©signĂ© Ă  son administration rĂ©gionale dans les situations suivantes :

Le directeur doit immĂ©diatement prĂ©senter un rapport Ă  un agent dĂ©signĂ© Ă  l’administration rĂ©gionale et Ă  l’administration centrale dans les cas suivants :

Tout rapport prĂ©parĂ© par le directeur doit comprendre des renseignements de base sur la fouille (comme l’heure, la date et les lieux pertinents de la fouille), tel qu’il est prescrit dans les rapports Ă  la suite d’une fouille et conformĂ©ment aux exigences du paragraphe 58(4) du RSCMLC. Les rapports doivent Ă©galement dĂ©crire les renseignements factuels Ă  l’appui des motifs du directeur sur l’ingestion ou le transport de contrebande par le dĂ©tenu, notamment tout Ă©lĂ©ment nouveau qui peut avoir changĂ© d’un rapport Ă  l’autre. Le directeur doit noter toute fouille par balayage corporelle pertinente qui peut avoir eu lieu avant ou pendant la dĂ©tention du dĂ©tenu dans une cellule nue. Le rapport doit Ă©galement montrer qu’il tient compte de la santĂ© du dĂ©tenu et la confirmation qu’il a reçu la nourriture, l’eau et les mĂ©dicaments prescrits dont il a besoin. Le règlement proposĂ© obligerait Ă©galement le SCC Ă  Ă©tablir des procĂ©dures pour la collecte, la compilation, la gestion et l’analyse des donnĂ©es relatives Ă  l’utilisation de cellules nues afin de dĂ©terminer les tendances. Finalement, les donnĂ©es incluses dans ces rapports serviraient Ă  surveiller et Ă©valuer l’utilisation des cellules nues.

En plus des exigences de dĂ©claration proposĂ©es Ă  l’article 58 du RSCMLC, les modifications proposĂ©es supprimeraient les paragraphes 58(5) et 58(6) du RSCMLC. Ces dispositions renvoient Ă  une pĂ©riode de conservation minimale et au droit d’une personne d’accĂ©der aux rapports après une fouille. La Loi sur la protection des renseignements personnels et son règlement prescrivent dĂ©jĂ  les mĂŞmes règles que celles qui figurent actuellement aux paragraphes 58(5) et 58(6) du RSCMLC.

Élaboration de la réglementation

Consultation

Détecteurs à balayage corporel

Le pouvoir du SCC d’effectuer des fouilles par balayage corporel a Ă©tĂ© initialement prĂ©vu dans l’ancien projet de loi C-83. Par consĂ©quent, de vastes consultations ont eu lieu pendant l’élaboration et le processus d’adoption de ce projet de loi. Par exemple, une table ronde des intervenants a eu lieu en mai 2019, organisĂ©e par le SCC et SP, pour discuter de la pertinence et des modalitĂ©s de l’ancien projet de loi C-83, de ses rĂ©percussions sur les services correctionnels fĂ©dĂ©raux et de la façon dont il serait mis en Ĺ“uvre. Seize groupes d’intervenants Ă©taient prĂ©sents, notamment d’anciens dĂ©tenus, des groupes de dĂ©fense des prisonniers, des organismes de santĂ© mentale et des syndicats d’employĂ©s. Au cours de cet Ă©vĂ©nement, des discussions ont eu lieu concernant tous les Ă©lĂ©ments du projet de loi, notamment l’introduction des fouilles par balayage corporel. Avant cela, lors des discussions du comitĂ© sĂ©natorial sur le projet de loi, la notion de technologie de balayage corporel a Ă©tĂ© accueillie favorablement, et les intervenants soulignaient les avantages pour les hommes, les femmes et les personnes de diverses identitĂ©s de genre. Aucune prĂ©occupation n’a Ă©tĂ© soulevĂ©e Ă  ce moment-lĂ  au sujet de la proposition; le SĂ©nat a plutĂ´t soulevĂ© des prĂ©occupations si le SCC n’avait pas mis en Ĺ“uvre les dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel. Le SCC n’a pas reçu de commentaires ou eu connaissance de changements concernant les particularitĂ©s de la technologie des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel dans le cadre lĂ©gislatif pendant cette pĂ©riode, car le type de dĂ©tecteurs, la mĂ©thode d’utilisation et les circonstances d’utilisation doivent ĂŞtre indiquĂ©s dans le RSCMLC afin de mettre en Ĺ“uvre pleinement cette technologie dans les institutions fĂ©dĂ©rales. De mĂŞme, les discussions parlementaires sur l’ancien projet de loi C-83 ont dĂ©crit la technologie de balayage corporel comme Ă©tant innovante, plus fiable, moins intrusive et favorisant la sĂ©curitĂ© du personnel et des dĂ©tenus.

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada (SACC) est très favorable à l’introduction de détecteurs à balayage corporel dans les établissements fédéraux, car il croit que cet outil offrira des options plus sécuritaires et plus faciles à ses membres.

Le SCC a communiqué avec le California Department of Corrections and Rehabilitation des États-Unis et les services correctionnels provinciaux de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, des organismes qui ont mis en place des détecteurs à balayage corporel et des politiques connexes. Ces conversations ont permis au SCC d’acquérir d’abondantes connaissances sur les répercussions potentielles sur la sécurité et la sûreté, l’installation et l’utilisation des détecteurs à balayage corporel, la formation sur ceux-ci, ainsi que sur des questions sur la santé et la vie privée. À la suite de ces conversations, le SCC a compris que les services correctionnels provinciaux utilisent des politiques semblables et que les expériences en ce qui concerne la mise en œuvre et les préoccupations du personnel et des délinquants sont assez communes. Le SCC a noté ces éléments qu’il utilisera dans le cadre de l’introduction des détecteurs à balayage corporel à l’échelle fédérale. Les opérations quotidiennes des détecteurs à balayage corporel dans les établissements correctionnels provinciaux comprenaient principalement le balayage systématique des détenus et de leurs effets personnels, qui était considéré par de nombreux établissements comme un outil de fouille extrêmement utile et efficace. Dans l’ensemble, les administrations provinciales qui utilisent ces machines depuis plusieurs années croient que cet outil offre des avantages multiples. Ils améliorent notamment la détection de la contrebande, réduisent la nécessité d’effectuer des fouilles manuelles, respectent la dignité et la protection de la vie privée de toutes les personnes, et assurent une sécurité accrue pour les détenus.

De plus, Santé Canada a fourni des conseils sur les normes à suivre, comme indiqué dans la Loi sur les dispositifs émettant des radiations, le Règlement sur la radioprotection et par les groupes de normalisation reconnus à l’échelle internationale comme l’American National Standards Institution, avec lesquelles le SCC a l’intention de fonder sa politique et ses activités.

Cellules nues

Le ComitĂ© sĂ©natorial de la sĂ©curitĂ© nationale et de la dĂ©fense (SECD) s’est rĂ©uni le 16 mai 2022 pour examiner les modifications proposĂ©es Ă  la Loi sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition par la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2022. Des reprĂ©sentants de SP et du SCC ont tĂ©moignĂ© devant le ComitĂ©, tout comme des intervenants de la SociĂ©tĂ© John Howard du Canada et de l’Association canadienne des sociĂ©tĂ©s Elizabeth Fry, des organismes sans but lucratif qui militent en faveur de l’amĂ©lioration de la justice pĂ©nale et de la rĂ©forme des prisons au Canada. Au cours de cette discussion, les intervenants et les sĂ©nateurs ont soulevĂ© des prĂ©occupations au sujet de la durĂ©e passĂ©e dans une cellule nue, des motifs justifiant une telle dĂ©tention, de la pertinence des services de soins de santĂ© (en particulier les services de santĂ© mentale) et de la nĂ©cessitĂ© de la technologie de balayage corporel. Ils ont Ă©galement remis en question la conformitĂ© du SCC Ă  la politique, ainsi que la pertinence des donnĂ©es relatives aux cellules nues enregistrĂ©es ou surveillĂ©es par le SCC.

Après les points soulevĂ©s par le SECD, des discussions verbales informelles ont eu lieu avec l’Association canadienne des sociĂ©tĂ©s Elizabeth Fry (ACSEF), la SociĂ©tĂ© John Howard et l’Association canadienne des libertĂ©s civiles (ACLC) (un organisme sans but lucratif de dĂ©fense des droits de la personne), qui ont pu fournir des commentaires Ă©crits. En gĂ©nĂ©ral, ces intervenants ont largement prĂ©conisĂ© l’abolition des pratiques relatives aux cellules nues dans leur ensemble, mais ils ont Ă©galement exprimĂ© leur appui Ă  l’égard des limites de durĂ©e (y compris la fin de la dĂ©tention après 72 heures), et de la rĂ©duction de l’utilisation pour prĂ©venir les sĂ©jours prolongĂ©s et inutiles grâce Ă  des initiatives comme les options moins restrictives et l’utilisation de dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel. Les prĂ©sentations des intervenants au cours du processus budgĂ©taire ont Ă©galement portĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de veiller Ă  ce que les considĂ©rations mĂ©dicales fassent partie intĂ©grante des dĂ©cisions relatives aux dĂ©tentions dans des cellules nues. De plus, Ă  compter de mai 2022, des consultations ont eu lieu avec le Bureau de l’enquĂŞteur correctionnel (BEC) et Howard Sapers (prĂ©sident du ComitĂ© consultatif sur la mise en Ĺ“uvre de l’UnitĂ© d’intervention structurĂ©e et ancien enquĂŞteur correctionnel) au sujet des changements relatifs aux cellules nues. Ces consultations supplĂ©mentaires ont fait Ă©cho aux prĂ©occupations du SĂ©nat, en mettant l’accent sur la rĂ©duction de la durĂ©e dans les cellules nues (avec une prĂ©fĂ©rence pour interdire la dĂ©tention ininterrompue dans des cellules nues au-delĂ  de 72 heures), en limitant la portĂ©e de leur utilisation et en s’attaquant aux problèmes de santĂ© mentale des personnes faisant l’objet d’une dĂ©tention dans des cellules nues.

Ces discussions et recommandations gĂ©nĂ©rales ont directement inspirĂ© les modifications rĂ©glementaires proposĂ©es concernant les cellules nues et ont menĂ© Ă  une lettre d’engagement envoyĂ©e par le ministre Mendicino au SECD le 10 juin 2022, dans laquelle il reconnaĂ®t qu’il « reste du travail Ă  faire pour aborder l’utilisation des cellules nues Â», comme l’ont indiquĂ© les intervenants, et que l’élaboration de la rĂ©glementation est en cours. La lettre indique Ă©galement qu’une directive ministĂ©rielle sera donnĂ©e Ă  titre de mesure provisoire.

Le ministre Mendicino a rempli cet engagement en Ă©mettant une directive ministĂ©rielle Ă  la commissaire du SCC, Anne Kelly, le 29 aoĂ»t 2022, concernant l’utilisation de cellules nues. L’objectif de la directive Ă©tait de renforcer les exigences de dĂ©claration, la surveillance et les considĂ©rations en matière de soins de santĂ© pour l’utilisation de cellules nues afin de s’assurer que le SCC maintient des procĂ©dures sĂ©curitaires relatives aux cellules nues, tout en respectant toujours la dignitĂ© et les droits de la personne des dĂ©tenus. La directive, telle qu’elle a Ă©tĂ© publiĂ©e, prĂ©voyait expressĂ©ment que le SCC prĂ©ciserait les circonstances dans lesquelles les cellules nues seraient utilisĂ©es, Ă©tablirait des lignes directrices sur la durĂ©e, accorderait la prioritĂ© aux mesures les moins restrictives possibles et amĂ©liorerait constamment ses activitĂ©s de perquisition et de saisie.

Le BEC a fait part de son point de vue sur la pratique antĂ©rieure (rapports annuels de 2021-2022, 2019-2020 et 2011-2012), en plus des rĂ©centes consultations informelles. Ces points de vue ont gĂ©nĂ©ralement portĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de mettre fin Ă  la dĂ©tention ininterrompue dans des cellules nues au-delĂ  de 72 heures. Il s’agit d’un objectif appuyĂ© publiquement par des intervenants clĂ©s comme l’ACLC et l’ACSEF. Ă€ la suite de ces discussions, un Ă©lĂ©ment important du projet de règlement s’est harmonisĂ© aux recommandations prĂ©cĂ©dentes (c’est-Ă -dire les limites de durĂ©e pour les cellules nues fondĂ©es sur une pĂ©riode de 72 heures). Cependant, la possibilitĂ© de deux prolongations a Ă©tĂ© incluse pour rĂ©pondre aux prĂ©occupations en matière de sĂ©curitĂ© et pour trouver le juste Ă©quilibre entre la portĂ©e Ă©troite et le maintien de leur utilisation comme outil important pour le maintien de la sĂ©curitĂ© institutionnelle.

Les partenaires opérationnels et de sécurité publique (l’Agence des services frontaliers du Canada [ASFC], le SACC, et les organismes correctionnels provinciaux) ont été consultés de manière informelle sur les changements proposés aux RSCMLC, en particulier en ce qui concerne les limites de durée associée à l’utilisation de cellules nues. Compte tenu de leur expérience et de la variabilité du délai d’expulsion de la contrebande du système digestif, ces intervenants ont remis en question l’impact des limites de durée sur l’efficacité des cellules nues et la possibilité d’une augmentation de la contrebande dans les établissements correctionnels fédéraux. Des discussions ont également eu lieu avec la GRC, mais aucune préoccupation majeur ni commentaire important n’ont été formulés en raison des différences dans leurs pratiques équivalentes.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

Le SCC a dĂ©terminĂ© que l’introduction de dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel et la modification des pratiques relatives aux cellules nues ne nuiraient pas aux droits ancestraux issus de traitĂ©s, potentiels ou Ă©tablis, des Autochtones. Bien que les groupes marginalisĂ©s (et en particulier les populations autochtones) soient surreprĂ©sentĂ©s Ă  toutes les Ă©tapes du système de justice pĂ©nale, l’introduction de dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel et de pratiques modifiĂ©es relatives aux cellules nues se limiterait aux environnements correctionnels et ne toucherait pas de façon disproportionnĂ©e une population carcĂ©rale en particulier. La politique du SCC visant Ă  rĂ©pondre aux besoins particuliers des dĂ©linquants autochtones, la Directive du commissaire 702 — DĂ©linquants autochtones, ainsi que la formation sur la diversitĂ© et la compĂ©tence culturelles offerte Ă  tout le personnel, fournissent une orientation et des compĂ©tences pour les considĂ©rations autochtones qui couvrent les changements apportĂ©s aux programmes dans le cadre du règlement proposĂ©. Par consĂ©quent, aucune consultation supplĂ©mentaire avec des groupes autochtones particuliers n’est prĂ©vue, et il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que les politiques existantes concernant les services et les programmes propres aux Autochtones ne seront pas touchĂ©es. Le SCC informera les organisations autochtones nationales de la publication prĂ©alable de cette proposition et les invitera Ă  formuler des commentaires dans le cadre du processus de publication prĂ©alable.

Dans l’ensemble, l’initiative de réglementation vise à promouvoir la protection des droits de la personne dans le milieu correctionnel.

Choix de l’instrument

La LSCMLC confère au SCC le pouvoir législatif de prendre des mesures, et elle ne peut fonctionner que dans les limites et le contexte législatifs. Les fouilles sont régies par la LSCMLC et, par conséquent, des dispositions législatives ont été adoptées pour créer le pouvoir nécessaire aux fouilles par balayage corporel. Ces dispositions renvoient à l’exigence de prescrire dans la réglementation le type de détecteur à balayage corporel, la façon d’effectuer une fouille par balayage corporel et les circonstances dans lesquelles un agent peut effectuer une fouille par balayage corporel.

Avec la situation de rĂ©fĂ©rence (c’est-Ă -dire aucune mesure prise), le SCC demeurerait incapable de mettre en Ĺ“uvre la technologie de balayage corporel, ce qui limitera les outils dont il dispose pour dĂ©tecter la contrebande et les objets non autorisĂ©s. En raison des modifications apportĂ©es par l’ancien projet de loi C-83, la LSCMLC Ă©tablit le cadre de base pour l’utilisation de la technologie de balayage corporel. Le cadre schĂ©matique repose sur l’élaboration et la mise en Ĺ“uvre de règlements, au moyen de modifications au RSCMLC, qui dĂ©finiraient les types de dĂ©tecteurs Ă  utiliser, la façon dont ils seraient utilisĂ©s et les circonstances dans lesquelles un balayage corporel peut ĂŞtre effectuĂ©.

L’introduction d’un cadre réglementaire permettrait de renforcer la précision, la certitude et la transparence concernant l’utilisation des cellules nues. Comme proposé dans le présent règlement, la surveillance de l’utilisation des cellules nues serait rigoureuse, et elle comprendrait des caractéristiques particulièrement importantes en raison de la nature très restrictive de la détention en cellules nues, dont l’utilisation était auparavant assujettie uniquement à une politique interne et a fait l’objet de critiques des intervenants et de litiges. De plus, le processus réglementaire proposé permet d’examiner attentivement les consultations publiques structurées à l’appui du produit réglementaire final.

Analyse de la réglementation

Une analyse coĂ»ts-avantages (ACA) a Ă©tĂ© effectuĂ©e pour Ă©valuer les effets diffĂ©rentiels des modifications proposĂ©es. Les coĂ»ts en valeur actuelle des propositions rĂ©glementaires s’élèvent Ă  9 003 947 $, comparativement Ă  294 797 $ en avantages monĂ©taires. Les coĂ»ts estimatifs comprennent a) les coĂ»ts d’immobilisations et de garantie des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel (7,8 millions de dollars); b) les coĂ»ts d’entretien (environ 370 000 $); c) les coĂ»ts d’exploitation et d’examen (environ 807 000 $), et d) les coĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de procĂ©dures pour la collecte, la compilation, la gestion et l’analyse des donnĂ©es (environ 28 000 $). La proposition ne gĂ©nère aucun avantage en ce qui concerne la rĂ©duction du nombre de blessures ou de dĂ©cès causĂ©s par des surdoses et d’autres incidents. On s’attend Ă  ce que le SCC rĂ©alise des Ă©conomies en raison d’une limite Ă  la durĂ©e de dĂ©tention dans des cellules nues, et on estime que les dĂ©tenus passeront moins d’heures dans ces cellules en comparaison avec la situation de rĂ©fĂ©rence. L’avantage estimatif de ces Ă©conomies de coĂ»ts a Ă©tĂ© calculĂ© Ă  294 797 $. On estime que les dĂ©tenus passeront 38 347 heures de moins en cellule nue sur une pĂ©riode de 10 ans, ce qui ne serait autrement pas le cas si le règlement proposĂ© n’était pas adoptĂ©. Le rapport complet sur l’ACA est disponible sur demande.

Cadre analytique

Les coĂ»ts et les avantages pour la pĂ©riode de 10 ans entre 2024 et 2033 sont exprimĂ©s en dollars canadiens constants de 2023 et sont actualisĂ©s jusqu’en 2024 Ă  un taux d’actualisation de 7 %. On suppose que la croissance de la population carcĂ©rale du SCC suit le taux d’incarcĂ©ration moyen sur 10 ans pour 100 000 Canadiens en 2021-2022. Ce taux est ensuite multipliĂ© par la population canadienne prĂ©vue conformĂ©ment aux projections de Statistique Canada pour calculer la population carcĂ©rale sur laquelle les estimations des Ă©conomies de coĂ»ts et des avantages pour les dĂ©tenus du point de vue des heures non passĂ©es en dĂ©tention dans des cellules nues sont fondĂ©es.

Les hypothèses de l’analyse étaient fondées sur l’information accessible au public, les ensembles de données du SCC et l’expertise en la matière.

Situation de référence

Dans la situation de rĂ©fĂ©rence, le SCC dispose de plusieurs mĂ©thodes autorisĂ©es de fouille sur les personnes :

Bien que ces méthodes soient efficaces pour détecter et saisir des objets interdits sur une personne, elles ne traitent pas du risque associé aux personnes qui tentent d’introduire des objets interdits cachés à l’intérieur de leurs cavités corporelles. Le SCC a le pouvoir d’autoriser des professionnels de la santé à procéder à des fouilles des cavités corporelles ou à des radiographies médicales, mais les deux options exigent le consentement du détenu et du professionnel de la santé au préalable. De nombreux médecins ne consentent pas à cette pratique, parce qu’elle est utilisée à des fins autres que médicales, même avec le consentement du détenu examiné.

Dans ces situations, lorsqu’un directeur de pénitencier est convaincu qu’il existe des motifs raisonnables de croire qu’un détenu a ingéré des objets interdits ou qu’il en dissimule dans son rectum, il peut autoriser la détention du détenu dans une cellule nue pour faciliter la saisie des objets interdits. Dans la pratique actuelle, il n’y a pas de délai précis pour la détention dans une cellule nue ; le personnel se fie plutôt aux renseignements, au nombre de selles évacuées ou aux recommandations du personnel de santé pour mettre fin aux détentions sans fouille.

Une fois qu’une personne est dĂ©tenue dans une cellule nue, un agent est affectĂ© Ă  la surveillance permanente du dĂ©tenu, jusqu’à ce qu’il expulse les objets interdits, ou jusqu’à ce que le SCC dĂ©cide de mettre fin Ă  la dĂ©tention dans la cellule nue. Le dĂ©tenu est libĂ©rĂ© de la cellule nue pour l’une des trois raisons suivantes : il prĂ©sente des problèmes de santĂ© qui justifient sa libĂ©ration de la cellule nue, les motifs raisonnables pour lesquels il a Ă©tĂ© dĂ©tenu dans une cellule nue n’existent plus ou les objets interdits ont Ă©tĂ© saisis.

Scénario réglementaire

Selon le scĂ©nario rĂ©glementaire, les fouilles Ă  nu, les fouilles discrètes et les fouilles par palpation seraient encore Ă  la disposition des agents dans les Ă©tablissements correctionnels. Le règlement proposĂ© permettrait au SCC d’utiliser la technologie de balayage corporel comme mĂ©thode de fouille supplĂ©mentaire, qui peut notamment rĂ©vĂ©ler ce qui suit : articles mĂ©talliques, plastiques, organiques et inorganiques dissimulĂ©s dans les vĂŞtements, sur le corps ou dans des cavitĂ©s corporelles de la personne faisant l’objet du balayage.

Les modifications concernent le pouvoir du SCC d’effectuer des fouilles par balayage corporel comme solution de rechange à d’autres formes de fouilles de routine ou exceptionnelles de détenus, de personnel ou de visiteurs. À cette fin, les circonstances prescrites pour les fouilles par balayage corporel sont les mêmes que pour les fouilles traditionnelles, à l’exception des décisions et des examens concernant les cellules nues. Les circonstances dans lesquelles les détenus, les visiteurs et le personnel seraient soumis à un balayage corporel sont les situations les plus courantes et les plus à risques où des objets interdits et non autorisés sont introduits dans l’établissement. Par exemple, les détenus qui entrent dans l’établissement et qui en sortent, sous la surveillance constante du personnel ou non, représentent des occasions pour les détenus d’introduire des objets interdits ou non autorisés, car ils peuvent rencontrer d’autres personnes et se rendre dans d’autres lieux.

Les modifications proposĂ©es Ă©tabliraient un maximum de 72 heures pour la dĂ©tention dans une cellule nue. Toutefois, le directeur pourrait autoriser une prolongation de 24 heures de la dĂ©tention du dĂ©tenu dans des circonstances particulières. Dans des circonstances comme la dĂ©tention initiale, le directeur doit ĂŞtre convaincu qu’il existe des motifs raisonnables de croire que le dĂ©tenu a ingĂ©rĂ© des objets interdits ou qu’il en dissimule dans son rectum, et qu’on s’attend Ă  ce que les objets interdits soient expulsĂ©s. Lorsque la prolongation de 24 heures prend fin, le directeur peut, dans les conditions prescrites, autoriser une prolongation supplĂ©mentaire de 24 heures. Cela signifie que la dĂ©tention dans une cellule nue peut atteindre 120 heures (5 jours) dans ces circonstances.

De plus, des exigences accrues en matière de rapports seraient intégrées à la pratique relative aux cellules nues afin d’assurer la surveillance du processus décisionnel à de multiples niveaux au sein du ministère. Ces rapports seraient également utiles au SCC pour le suivi des données liées à l’utilisation de cellules nues, ce qui appuiera les examens et les améliorations du programme à l’avenir. Le règlement proposé obligerait également le SCC à établir des procédures pour la collecte, la compilation, la gestion et l’analyse des données relatives à l’utilisation de cellules nues afin de déterminer les tendances.

Coûts

Coûts d’achat

Les coûts d’achat représentent les coûts associés à l’achat des détecteurs à balayage corporel et comprennent l’achat de l’équipement, les coûts de garantie annuels, ainsi que les exigences d’entretien annuel. Les données sur les coûts d’achat pour cette modification réglementaire ont été éclairées par les données historiques sur les coûts obtenues grâce aux achats effectués pendant le projet pilote.

Le prix d’achat des dĂ©tecteurs Ă  balayage est estimĂ© Ă  275 000 $ par unitĂ©, ce qui comprend les coĂ»ts d’installation, les exigences en matière de formation et les rĂ©novations mineures Ă  l’infrastructure. Un montant supplĂ©mentaire de 15 000 $ par annĂ©e sur une garantie de cinq ans (sans frais la première annĂ©e) est inclus, et les besoins d’entretien sont estimĂ©s Ă  1,5 % du coĂ»t d’achat des dĂ©tecteurs par annĂ©e après la pĂ©riode de garantie, ce qui comprend le réétalonnage des appareils, les mises Ă  jour des logiciels, etc. Le SCC prĂ©voit installer 33 dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel supplĂ©mentaires au cours des cinq prochaines annĂ©es.

Frais d’exploitation

Le changement rĂ©glementaire entraĂ®nerait une augmentation des coĂ»ts associĂ©s Ă  l’utilisation des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel dans les Ă©tablissements du SCC, au besoin. Les donnĂ©es sur les coĂ»ts d’exploitation pour cette modification rĂ©glementaire ont Ă©galement Ă©tĂ© Ă©clairĂ©es par le projet pilote du SCC. Selon les rĂ©sultats du projet pilote, on estime que la charge de travail des agents correctionnels augmenterait de 15 minutes par balayage effectuĂ© comme solution de rechange Ă  une fouille Ă  nu. De plus, on a supposĂ© que 65 % de la population carcĂ©rale prĂ©vue au cours d’une annĂ©e civile donnĂ©e ferait l’objet d’un balayage corporel. Lorsque des agents utilisent des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel pour effectuer des fouilles discrètes ou par palpation, il n’y aurait pas de diffĂ©rence significative entre le temps consacrĂ© au balayage et les mĂ©thodes actuelles utilisĂ©es par le SCC. Par consĂ©quent, aucun coĂ»t supplĂ©mentaire n’est prĂ©vu pour l’utilisation des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel comme mĂ©thode de fouille de rechange. La croissance de la population carcĂ©rale du SCC au cours des 10 prochaines annĂ©es augmenterait Ă©galement les coĂ»ts de fonctionnement des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel, car elle entraĂ®nerait une augmentation des fouilles par balayage corporel.

Frais d’examen

De plus, d’autres exigences de dĂ©claration ont Ă©tĂ© incluses dans le modèle rĂ©glementaire en ce qui concerne les cellules nues. Ces exigences supplĂ©mentaires comprendraient de nouveaux renseignements (par exemple les rĂ©sultats du balayage corporel, les faits qui ont menĂ© Ă  la prolongation de la dĂ©tention dans une cellule nue) qui seraient ajoutĂ©s aux rapports après la fouille effectuĂ©e par le ministère. Les coĂ»ts pour le personnel seraient pris en compte dans la collecte de ces nouveaux renseignements (par exemple coĂ»ts liĂ©s au balayage corporel). Le temps additionnel requis pour remplir un rapport plus long devrait ĂŞtre nĂ©gligeable (c’est-Ă -dire moins de 5 minutes). Enfin, la structure de surveillance exigerait que le directeur tienne compte des rĂ©sultats d’un balayage corporel, s’ils sont disponibles, avant d’autoriser la dĂ©tention dans une cellule nue. Les coĂ»ts de ces pĂ©riodes d’examen supplĂ©mentaires devraient ĂŞtre minimes (c’est-Ă -dire 15 minutes par examen). Cette composante supplĂ©mentaire est exclusive au modèle de rĂ©glementation.

Coûts liés à l’élaboration de procédures pour la collecte, la compilation, la gestion et l’analyse des données

Le règlement proposĂ© exige la mise en place de procĂ©dures pour la collecte, la compilation, la gestion et l’analyse des donnĂ©es relatives Ă  l’utilisation des cellules nues afin d’identifier les tendances dans ces donnĂ©es. Selon la ligne de base actuelle, Ă  la suite de certaines fouilles, comme les fouilles Ă  nu non routinières, le SCC compile un rapport qui comprend, entre autres, les raisons de la fouille, les articles saisis (le cas Ă©chĂ©ant), la manière dont la fouille a Ă©tĂ© effectuĂ©e, ainsi que les faits qui ont permis de croire Ă  la prĂ©sence d’objets interdits. Les exigences actuelles en matière de production de rapports seraient Ă©largies, notamment en ce qui concerne l’utilisation de cellules nues. On ajouterait des Ă©lĂ©ments comme les attentes du directeur concernant l’expulsion des objets interdits pendant la pĂ©riode de dĂ©tention, les rĂ©sultats des fouilles par balayage corporel (s’il y a lieu) et l’état de santĂ© et les besoins en soins de santĂ© du dĂ©tenu. En pratique, l’agent correctionnel recueillerait ces renseignements supplĂ©mentaires pendant la dĂ©tention, tandis que le directeur du pĂ©nitencier les utiliserait pour prĂ©parer le rapport. Comme c’est le cas pour les examens des balayages corporels, la collecte et la dĂ©claration de ces points de donnĂ©es supplĂ©mentaires devraient ĂŞtre minimes (15 minutes pour la collecte de l’information, 15 minutes pour la production de rapport). Cela n’inclut pas les coĂ»ts de prĂ©paration des procĂ©dures de collecte et de compilation des donnĂ©es, la formation du personnel Ă  la collecte et Ă  la communication des donnĂ©es, les coĂ»ts d’entreposage et de gestion des donnĂ©es pour assurer l’intĂ©gritĂ© continue de la base de donnĂ©es, et les coĂ»ts d’analyse des donnĂ©es pour discerner les tendances. Le coĂ»t estimĂ© pour cette exigence est donc une limite infĂ©rieure.

Coûts de mise en œuvre

La mise en Ĺ“uvre de la proposition entraĂ®nera probablement quelques coĂ»ts mineurs pour assurer la sensibilisation aux nouvelles exigences rĂ©glementaires, ainsi que l’éducation et la formation Ă  leur sujet, notamment : la formation structurĂ©e, les sĂ©ances d’information, la documentation / les rapports Ă  diffĂ©rents niveaux de l’organisation et les audits des activitĂ©s. Ces coĂ»ts seraient minimes et la plus grande partie de ces coĂ»ts (formation) est prise en compte dans le coĂ»t d’achat des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel.

Avantages

Réduction du nombre de décès et de blessures graves et mineures

Les détecteurs à balayage corporel peuvent détecter la contrebande dissimulée dans un tube digestif et celle dissimulée dans des cavités corporelles avec un niveau de certitude accru par rapport aux méthodes de fouille actuelles du SCC. On s’attend à ce que cette capacité augmente les connaissances sur la contrebande qui, autrement, entrerait dans l’établissement illégalement. On s’attendrait à ce que ces mesures augmentent la capacité du SCC de saisir des objets interdits et, par conséquent, de réduire les blessures mineures, les blessures graves et les décès (par exemple en raison de surdoses).

Toutefois, on ne peut s’attendre à une réduction du nombre de blessures ou de décès chez les détenus relativement aux modifications réglementaires proposées. La présence d’une limite ferme à la durée de la détention dans les cellules nues inciterait fortement les détenus qui s’y trouvent à préserver les objets interdits à l’intérieur de leurs cavités corporelles, car ils sauraient exactement à quel moment ils seront libérés de la cellule nue. Par conséquent, aucune contrebande supplémentaire ne serait saisie dans le scénario réglementaire qui comprend les détecteurs à balayage corporel et un nouveau régime d’utilisation des cellules nues qui limite strictement le temps de détention. En fait, il est tout à fait possible qu’un plus grand nombre de produits de contrebande échappent à la saisie pendant la détention en cellule nue. L’inclusion d’une limite de temps ferme dans cette pratique est avantageuse pour la population carcérale, car elle les aiderait à atténuer les effets négatifs potentiels d’une détention prolongée. Toutefois, cette limite permettrait également aux détenus de faire de la contrebande grâce à la période limitée de détention dans des cellules nues avant d’entrer dans la population générale.

Avantages pour les détenus d’une réduction du temps passé dans les cellules nues

Ces avantages ont trait Ă  la santĂ© physique et mentale des dĂ©tenus. Ils dĂ©coulent de l’accès Ă  des activitĂ©s rĂ©crĂ©atives permises par les programmes correctionnels, de l’accès Ă  des effets personnels, de la rĂ©duction du nombre de jours d’isolement et des possibilitĂ©s accrues d’interagir avec les autres. Ils dĂ©coulent de l’exigence de la rĂ©glementation qui limite la durĂ©e de la dĂ©tention dans une cellule nue. Ils sont calculĂ©s comme la diffĂ©rence entre le temps total passĂ© en dĂ©tention dans une cellule nue dans la situation de rĂ©fĂ©rence et le temps prĂ©vu qui y serait passĂ© selon le scĂ©nario rĂ©glementaire. Comme ces avantages ne sont pas facilement monĂ©tisĂ©s, ils sont dĂ©clarĂ©s en heures que les dĂ©tenus ne passent pas dans des cellules nues. On estime qu’avec le règlement proposĂ©, les dĂ©tenus passeraient 38 347 heures (1 588 jours) de moins dans des cellules nues.

Avantage pour le gouvernement de la réduction du temps consacré aux cellules nues

En vertu du règlement proposĂ©, une dĂ©tention dans une cellule nue serait assortie d’un dĂ©lai maximal de 72 heures, qui peut ĂŞtre prolongĂ© jusqu’à un maximum de 120 heures s’il existe des motifs raisonnables de croire que le dĂ©tenu a fait quelque chose pour empĂŞcher l’expulsion d’objets interdits ou qu’il a rĂ©insĂ©rĂ© de la contrebande dans son corps ou la ingĂ©rĂ©e de nouveau. Dans l’ensemble, on s’attend Ă  ce que ce changement se traduise par une rĂ©duction du temps passĂ© dans les cellules nues par rapport Ă  la situation de rĂ©fĂ©rence. Pour estimer cet avantage, on suppose, conformĂ©ment au règlement proposĂ©, qu’il n’y aura pas de placements en cellule nue d’une durĂ©e supĂ©rieure Ă  120 heures après la mise en Ĺ“uvre du règlement. Il est en outre supposĂ© qu’il y aura 50 % de moins de placements en cellule nue d’une durĂ©e d’entre 72 et 120 heures après la mise en place de la rĂ©glementation, en raison notamment de l’exigence d’un rĂ©sultat positif sur un dĂ©tecteur Ă  balayage corporel pour justifier toute prolongation. En consĂ©quence, on observerait une rĂ©duction des coĂ»ts de fonctionnement des cellules nues, ce qui entraĂ®nerait des Ă©conomies pour le gouvernement fĂ©dĂ©ral (294 797 $ sur 10 ans).

Avantages pour les détenus et les agents concernant les fouilles à nu

Dans le scénario réglementaire, l’utilisation de détecteurs à balayage corporel entraînerait un avantage qualitatif pour les détenus et les agents, en particulier ceux qui ont des antécédents de violence ou de traumatisme, ou en ce qui concerne les détenus qui ont des besoins religieux, culturels ou liés au sexe. En effet, les balayages corporels sont généralement considérés comme une méthode moins invasive par les agents et les détenus que les fouilles à nu effectuées. Lors d’un balayage corporel, les détenus demeureront vêtus (alors qu’ils sont nus pendant une fouille à nu). Les consultations avec les syndicats et le personnel indiquent que les agents correctionnels préféreraient effectuer un balayage corporel plutôt qu’une fouille à nu, et les détenus préféreront probablement aussi cette option.

Énoncé des coûts-avantages
Tableau 1 : CoĂ»ts monĂ©tisĂ©s
Intervenant touchĂ© Description du coĂ»t PĂ©riode 1
(année de référence)
PĂ©riode 6 PĂ©riode 10
(dernière année)
Total (VA) Valeur annualisée
Gouvernement CoĂ»ts d’immobilisations et de garantie pour l’achat de dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel " y compris les exigences en matière de formation " 1 740 000 $ 0 $ 0 $ 7 799 076 $ 1 110 413 $
Gouvernement CoĂ»ts d’entretien des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel 0 $ 24 750 $ 136 125 $ 370 093 $ 52 693 $
Gouvernement CoĂ»ts de fonctionnement et d’examen continus 27 311 $ 155 513 $ 158 375 $ 806 774 $ 114 866 $
Gouvernement CoĂ»ts liĂ©s Ă  l’élaboration de procĂ©dures pour la collecte, la compilation, la gestion et l’analyse des donnĂ©es 3 882 $ 4 019 $ 4 093 $ 28 004 $ 3 987 $
Tous les intervenants CoĂ»t total 1 771 193 $ 184 282 $ 298 593 $ 9 003 947 $ 1 281 959 $
Tableau 2 : Avantages financiers
Intervenant touchĂ© Description de l’avantage PĂ©riode 1
(année de référence)
PĂ©riode 6 PĂ©riode 10
(dernière année)
Total (VA) Valeur annualisée
DĂ©tenus RĂ©duction des blessures mineures et majeures subies par les dĂ©tenus en raison d’une rĂ©duction des drogues introduites dans les Ă©tablissements 0 $ 0 $ 0 $ 0 $ 0 $
Gouvernement RĂ©duction du nombre de dĂ©tentions dans des cellules nues pendant plus de 72 heures 40 868 $ 42 306$ 43 805 $ 294 797 $ 41 972$
Tous les intervenants Total des avantages 40 868 $ 42 306 $ 43 805 $ 294 797 $ 41 972 $
Tableau 3 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et des avantages monĂ©tisĂ©s
RĂ©percussions PĂ©riode 1
(année de référence)
PĂ©riode 6 PĂ©riode 10
(dernière année)
Total (VA) Valeur annualisée
CoĂ»t total 1 771 193 $ 184 282 $ 298 593 $ 9 003 947 $ 1 281 959 $
Total des avantages 40 868 $ 42 306 $ 43 085 $ 294 797 $ 41 972 $
RÉPERCUSSIONS NETTES -1 730 325 $ -141 976 $ -255 508 $ -8 709 150 $ -1 239 987 $
Analyse de sensibilité

Une analyse de sensibilitĂ© a Ă©tĂ© effectuĂ©e afin d’évaluer l’incidence de l’incertitude sur le prix des dĂ©tecteurs Ă  balayage et d’un changement dans la diminution de 50 % des placements en cellules nues prĂ©sumĂ©e pour le scĂ©nario rĂ©glementaire sur les coĂ»ts et les avantages de la proposition :

Limites de l’analyse coûts-avantages

Lentille des petites entreprises

L’analyse effectuée avec la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le règlement proposé n’aurait pas de répercussions sur les petites entreprises canadiennes. Cette modification toucherait uniquement le fonctionnement des établissements correctionnels du SCC.

Règle du « un-pour-un Â»

La règle du « un pour un Â» ne s’applique pas, car les modifications n’ont aucune incidence sur les entreprises.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

Des discussions ont eu lieu avec le California Department of Corrections and Rehabilitation des États-Unis et avec les administrations correctionnelles provinciales de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique au sujet de la mise en œuvre de détecteurs à balayage corporel. Le SCC a effectué une analyse des administrations correctionnelles au Canada qui utilisent des détecteurs à balayage corporel et, bien que la plupart d’entre elles aient introduit des détecteurs à balayage corporel dans leurs pratiques, les discussions ont porté sur les administrations ayant des programmes étendus et développés qui pourraient parler des expériences acquises et partager des conseils en matière de procédures.

On a constaté que les expériences avec les détecteurs à balayage corporel et les politiques étaient très semblables dans l’ensemble des administrations provinciales, et le SCC s’attend à intégrer plusieurs leçons apprises au sujet des opérations quotidiennes et de la formation de ses partenaires provinciaux dans ses politiques de fouille. Les discussions du SCC avec les provinces ont confirmé de nombreuses questions opérationnelles que le SCC avait au sujet des détecteurs à balayage corporel, ce qui a confirmé le désir du SCC d’obtenir cette technologie. En effet, elle s’est avérée efficace pour détecter la contrebande, améliorer la sécurité et introduire un nouvel outil de fouille moins intrusif, ce qui aide à atténuer les préoccupations des intervenants externes à l’égard des méthodes traditionnelles de fouille et de saisie (par exemple fouille à nu, cellules nues).

Le règlement proposé correspond à la façon dont les détecteurs à balayage corporel ont été mis en œuvre en Nouvelle-Écosse, en Ontario et en Colombie-Britannique en ce qui concerne les circonstances dans lesquelles un examen détaillé serait effectué. Cependant, le règlement proposé permettrait de procéder à des analyses corporelles détaillées sur les détenus, les visiteurs et le personnel, tandis que les services correctionnels provinciaux n’effectuent que des analyses corporelles détaillées pour fouiller les détenus. De plus, le règlement proposé autoriserait l’utilisation de détecteurs à balayage corporel non détaillé sur les détenus, les visiteurs et le personnel. Les agents correctionnels en Nouvelle-Écosse, en Ontario et en Colombie-Britannique n’utilisent pas de balayage corporel non détaillé, toutefois le SCC croit qu’il s’agirait d’un outil de fouille efficace dans les établissements correctionnels fédéraux.

En ce qui concerne les pratiques relatives aux cellules nues, il est difficile de faire une comparaison directe, car les nomenclatures, les utilisations et les renseignements disponibles varient d’une administration à l’autre. Dans bien des cas, de tels outils ne figurent que dans les procédures et les politiques internes, en dehors des cadres réglementaires. Les résultats des changements à grande échelle ne sont pas encore disponibles, par exemple la décision de la province de la Nouvelle-Écosse de cesser d’utiliser des cellules nues dans les établissements correctionnels provinciaux en 2021. Au niveau fédéral, des outils semblables, comme ceux utilisés par l’ASFC, ne sont actuellement pas reflétés dans la réglementation fédérale. Les changements proposés au RSCMLC par le gouvernement sont surveillés de près comme modèle possible.

En ce qui concerne les changements proposĂ©s Ă  l’utilisation des cellules nues, plusieurs administrations (provinciales et internationales) intègrent des contraintes de temps et des prolongations Ă  leurs pratiques respectives en la matière. Le QuĂ©bec, l’Oregon et l’État de Washington ont des dĂ©lais de 72 heures, et deux d’entre eux ont des directives pour permettre des prolongations de 24 heures. Toutefois, les administrations citĂ©es en rĂ©fĂ©rence peuvent prolonger leurs dĂ©tentions respectives dans des cellules nues indĂ©finiment avec l’autorisation de leurs dĂ©cideurs respectifs. De plus, ces administrations ne sont pas tenues de procĂ©der Ă  des analyses corporelles des dĂ©tenus avant leur dĂ©tention dans une cellule nue. Avec le règlement proposĂ©, le directeur devra s’appuyer sur le rĂ©sultat d’une fouille par balayage corporel le cas Ă©chĂ©ant, Ă  condition qu’un dĂ©tecteur Ă  balayage corporel soit en bon Ă©tat de fonctionnement et qu’il soit prĂ©sent dans l’établissement. Le règlement proposĂ© permet Ă©galement aux dĂ©tenus dans les cellules nues de subir un balayage corporel, si un dĂ©tecteur est disponible et opĂ©rationnel.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une analyse préliminaire a conclu qu’une évaluation environnementale stratégique n’est pas nécessaire.

Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

Le 19 juin 2017, la Loi canadienne sur les droits de la personne a Ă©tĂ© modifiĂ©e pour ajouter « l’identitĂ© ou l’expression de genre Â» Ă  la liste des motifs de discrimination illicites. Compte tenu de l’ampleur des changements requis pour tenir compte des considĂ©rations liĂ©es Ă  l’égalitĂ© entre les genres dans tous les secteurs des opĂ©rations du SCC, des ressources spĂ©cialisĂ©es ont Ă©tĂ© affectĂ©es Ă  l’amĂ©lioration des pratiques et des procĂ©dures du SCC tout en tenant compte des questions stratĂ©giques, juridiques et opĂ©rationnelles. Par consĂ©quent, le SCC a créé le SecrĂ©tariat des considĂ©rations liĂ©es au genre. Dans le cadre de ses diverses activitĂ©s clĂ©s, il a aidĂ©, appuyĂ© et fourni des conseils sur les questions opĂ©rationnelles liĂ©es Ă  l’introduction des dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel, en particulier celles liĂ©es aux considĂ©rations de genre.

Le SCC offre des services adaptés au genre et à la culture des délinquants afin de répondre à leurs divers besoins et d’améliorer leurs résultats en matière de réadaptation et de favoriser des conditions plus favorables à la réinsertion sociale. C’est également le cas pour les pratiques de sécurité opérationnelles, comme la fouille à nu, qui, conformément à la loi, comportent des exigences relatives au genre. L’introduction de détecteurs à balayage corporel réduit la nécessité de faire déshabiller les personnes fouillées, accélère le processus de fouille, assure un plus grand respect et plus de dignité pour les personnes et constitue un processus impartial pour la fouille de divers groupes de personnes. Les fouilles par balayage corporel permettront également d’assurer le respect et la dignité de toutes les personnes, en particulier les femmes et les personnes ayant une identité de genre et une expression de genre qui sont plus susceptibles d’avoir des antécédents de violence sexuelle et physique, tout en répondant à diverses pratiques et questions culturelles et religieuses (par exemple retrait des couvre-têtes).

De plus, certains groupes confessionnels ont exprimé des préoccupations importantes au sujet de l’utilisation de détecteurs à balayage corporel dans les aéroports et dans d’autres milieux où la sécurité est primordiale. Le plus souvent, ces préoccupations proviennent de personnes appartenant à des confessions ayant des règlements et des pratiques de modestie stricte. Dans ces cas, la restriction religieuse n’est pas nécessairement liée au fait que le corps d’une personne peut être vu (c’est-à-dire à des fins de sécurité), mais plutôt à la personne qui regarde réellement les images. Par exemple, les expressions plus strictes de l’islam et du judaïsme interdisent à un homme de voir le corps d’une femme (et vice versa).

Bien qu’on ne s’attende pas Ă  ce que les dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel nuisent aux personnes ayant diverses pratiques culturelles et religieuses, des mises en garde concernant la fouille sur des personnes ayant des besoins religieux et culturels particuliers seront discutĂ©es auprès d’intervenants internes et externes. Ces considĂ©rations seront incluses dans les directives du commissaire sur les fouilles une fois que la loi sera en vigueur. Un bon exemple est les exigences actuelles du SCC en matière de fouille dans la Directive du commissaire 566-7 — Fouille de dĂ©linquants, qui s’applique aux femmes, aux dĂ©linquants ayant des considĂ©rations liĂ©es Ă  l’identitĂ© et Ă  l’expression de genre, et Ă  la fouille d’effets personnels (c’est-Ă -dire les articles religieux, turbans, bandanas). Le SCC mobilisera davantage ses intervenants afin d’élaborer et d’intĂ©grer un langage appropriĂ© dans ses politiques de fouille qui offrent d’autres options de fouille pour les personnes ayant certaines croyances religieuses ou culturelles tout en rĂ©pondant aux exigences de sĂ©curitĂ©.

Les modifications apportĂ©es Ă  la dĂ©tention en cellule nue dans la Loi no 1 d’exĂ©cution du budget de 2022 ont retirĂ© le pouvoir lĂ©gislatif de placer des dĂ©tenues soupçonnĂ©es de dissimuler des objets interdits dans leur cavitĂ© vaginale dans une cellule nue. ConformĂ©ment Ă  la pratique actuelle et au règlement proposĂ©, les femmes seront dĂ©tenues dans des cellules nues dans les mĂŞmes circonstances que les hommes. L’introduction proposĂ©e de modifications rĂ©glementaires complĂ©mentaires au rĂ©gime des cellules nues renforcerait l’engagement Ă  respecter la dignitĂ© humaine et Ă  respecter les dispositions de la Charte.

Les améliorations apportées au régime de cellules nues et à la mise en œuvre du balayage corporel auraient une incidence sur les personnes purgeant une peine de ressort fédéral qui sont statistiquement plus susceptibles que la population canadienne en général d’être d’origine autochtone, peu scolarisées, d’avoir un faible revenu et d’avoir des problèmes de santé mentale.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

À la suite de l’évaluation du projet pilote, le SCC déterminera les pratiques exemplaires et les gains d’efficacité dans le déploiement des détecteurs de contrôle de sécurité du projet pilote. Grâce à l’analyse des tendances en matière de contrebande et des résultats du projet pilote, le SCC sera mieux placé pour déterminer le déploiement des détecteurs dans des établissements particuliers en fonction du niveau de sécurité, du profil de sécurité des détenus et du taux de contrebande du site.

L’utilisation de dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel demandera une nouvelle collecte de renseignements personnels hautement sensibles. La collecte, l’utilisation, la divulgation, la conservation et, au bout du compte, l’élimination de ces renseignements sont assujetties Ă  la Loi sur la protection des renseignements personnels d’une nouvelle façon qui ne s’appliquait pas avec les fouilles Ă  nu. Par consĂ©quent, plusieurs lacunes en matière de protection des renseignements personnels ont dĂ» ĂŞtre cernĂ©es et, par la suite, attĂ©nuĂ©es au meilleur des capacitĂ©s du SCC Ă  la suite des Ă©valuations des facteurs relatifs Ă  la vie privĂ©e. Le SCC a ainsi Ă©valuĂ© et attĂ©nuĂ© les risques pour la vie privĂ©e associĂ©s Ă  l’utilisation de dĂ©tecteurs Ă  balayage corporel. Des procĂ©dures seraient mises en Ĺ“uvre pour veiller Ă  ce que les renseignements ne soient accessibles qu’aux personnes autorisĂ©es, au besoin, pour examiner les images afin de dĂ©tecter la contrebande. Les renseignements du profil seraient stockĂ©s sur le dĂ©tecteur Ă  balayage dans une base de donnĂ©es protĂ©gĂ©e par un mot de passe aux fins de rĂ©cupĂ©ration, au besoin, pour un examen plus approfondi. Avec le consentement du dĂ©tenu, le personnel supprimera les renseignements du balayage après 30 jours; si le dĂ©tenu ne donne pas son consentement, les renseignements seront conservĂ©s dans un système sĂ©curisĂ© pendant deux ans, conformĂ©ment Ă  la Loi sur la protection des renseignements personnels. Les renseignements pourraient Ă©galement ĂŞtre retirĂ©s du dĂ©tecteur Ă  balayage Ă  l’aide d’une clĂ© USB chiffrĂ©e, au besoin, afin de les transmettre Ă  d’autres personnes autorisĂ©es aux fins d’examens ultĂ©rieurs (par exemple examens du directeur).

Il sera nécessaire d’assurer la coordination et la coopération avec le fournisseur pour veiller à ce que le déploiement se fasse de la façon la plus efficace possible. Le SCC a entamé le processus d’approvisionnement pour l’attribution d’un contrat d’achat de détecteurs à balayage corporel; l’achat devrait avoir lieu en 2024, avant la mise en œuvre des modifications réglementaires. Le SCC utiliserait les fonds existants pour acheter les détecteurs à balayage corporel.

Les renseignements sur les détecteurs à balayage corporel seraient fournis aux détenus, au personnel et aux visiteurs au moyen de mises à jour des manuels des détenus, d’affiches contenant des renseignements sur la vie privée, la santé et la sécurité associés aux détecteurs à balayage corporel à l’emplacement du détecteur à balayage corporel et au moyen de stratégies de communication structurées.

Le personnel de toute l’organisation serait informé, au moyen de stratégies de communication, des changements apportés au règlement et des nouveaux pouvoirs du SCC en ce qui concerne l’utilisation des détecteurs à balayage corporel.

Les opérateurs recevraient une formation sur le fonctionnement sécuritaire des appareils donnée par le fournisseur, tel qu’ il est indiqué dans le contrat.

Le règlement proposĂ© concernant les cellules nues serait reflĂ©tĂ© et clarifiĂ© dans la Directive du commissaire 566-7 — Fouille des dĂ©linquants. On faciliterait Ă©galement l’éducation au moyen d’un bulletin de politique. Ces changements seraient mis en Ĺ“uvre dans les Ă©tablissements dès l’entrĂ©e en vigueur du règlement proposĂ©. Le règlement proposĂ© n’exigerait aucune formation supplĂ©mentaire du personnel sur l’utilisation des cellules nues.

Il entrerait en vigueur Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur des autres modifications apportĂ©es Ă  la LSCMLC par l’ancien projet de loi C-83. On prĂ©voit que ce sera au dĂ©but de 2024.

Conformité et application

Le SCC veillerait à ce que le personnel respecte le règlement en assurant d’abord la sensibilisation, l’éducation et la formation sur les nouvelles exigences réglementaires, notamment la formation structurée, les séances d’information, la documentation et la production de rapports à divers niveaux de l’organisation ainsi que la vérification des activités.

Le règlement proposĂ© serait prĂ©cisĂ© dans la directive du commissaire pertinente du SCC. Les nouvelles exigences en matière de rapports qui sont introduites dans le règlement proposĂ©, ainsi que l’exigence que le SCC Ă©tablisse des procĂ©dures pour la collecte, la compilation, la gestion et l’analyse de ces donnĂ©es, aideraient Ă  assurer la conformitĂ© et la surveillance des tendances. Lorsqu’une pĂ©riode de dĂ©tention dans une cellule nue atteint 48 heures, le sous-commissaire adjoint, OpĂ©rations correctionnelles Ă  l’administration rĂ©gionale doit ĂŞtre avisĂ©. Ă€ 72 heures, et dans le cas de toute prolongation au-delĂ  de 24 heures, le directeur gĂ©nĂ©ral de la sĂ©curitĂ© Ă  l’administration centrale doit Ă©galement ĂŞtre avisĂ©. Ces avis exigent une justification dĂ©taillĂ©e de la dĂ©tention. Cela permettrait Ă  l’administration rĂ©gionale et Ă  l’administration centrale de fournir une surveillance et des conseils sur l’utilisation des cellules nues. Le SCC recueillerait des donnĂ©es sur l’utilisation des cellules nues auprès des Ă©tablissements, ce qui aiderait Ă  assurer la conformitĂ©.

Normes de service

Dans le règlement proposĂ©, il est obligatoire d’effectuer une fouille par balayage corporel d’un dĂ©tenu dans une cellule nue Ă  sa demande, s’il n’a pas subi de balayage corporel au cours des 24 heures prĂ©cĂ©dentes alors qu’il se trouvait dans une cellule nue. Le SCC a l’intention de procĂ©der sans dĂ©lai Ă  la fouille par balayage corporel demandĂ©e afin de s’assurer que ses rĂ©sultats peuvent ĂŞtre utilisĂ©s pour appuyer la dĂ©tention continue ou le retrait des cellules nues.

D’autres normes procédurales seront décrites dans les directives pertinentes du commissaire et d’autres documents de politique internes.

Personne-ressource

Stacey Ault
Directrice
Affaires correctionnelles et de la justice pénale
Secteur de la prévention du crime
Sécurité publique Canada
269, avenue Laurier Ouest
Ottawa (Ontario)
K1A 0P8
Courriel : correctionspolicy-politiquecorrectionnelles@ps-sp.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ© que la gouverneure en conseil, en vertu des articles 46rĂ©fĂ©rence a, 48.1rĂ©fĂ©rence b, 60.1rĂ©fĂ©rence c, 64.1rĂ©fĂ©rence d et 96rĂ©fĂ©rence e de la Loi sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition rĂ©fĂ©rence f, se propose de prendre le Règlement modifiant le Règlement sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter leurs observations au sujet du projet de règlement dans les trente jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis. Ils sont fortement encouragĂ©s Ă  le faire au moyen de l’outil en ligne disponible Ă  cet effet sur le site Web de la Gazette du Canada. S’ils choisissent plutĂ´t de prĂ©senter leurs observations par courriel, ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication du prĂ©sent avis, et d’envoyer le tout Ă  correctionspolicy-politiquecorrection​nelles@ps-sp.gc.ca.

Ottawa, le 20 avril 2023

La greffière adjointe du Conseil privé
Wendy Nixon

Règlement modifiant le Règlement sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition

1 Le Règlement sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition rĂ©fĂ©rence 3 est modifiĂ© par adjonction, après l’article 46, de ce qui suit :

46.1 (1) Les définitions qui suivent s’appliquent à la présente partie.

détecteur à balayage corporel
Pour l’application de l’article 46 et du paragraphe 48(2) de la Loi, s’entend d’un appareil de contrĂ´le de sĂ©curitĂ© qui peut dĂ©tecter l’emplacement d’un objet interdit ingĂ©rĂ© ou dissimulĂ© sur le corps ou dans les cavitĂ©s corporelles d’une personne habillĂ©e et inclut un appareil pouvant produire une image dĂ©taillĂ©e de l’intĂ©rieur du corps de la personne. (body scanner)
cellule nue
S’entend d’une cellule dépourvue d’installation sanitaire. (dry cell)
fouille par balayage corporel détaillée
Fouille effectuée à l’aide d’un détecteur à balayage corporel de manière à produire des images détaillées de l’intérieur du corps de la personne faisant l’objet de la fouille afin qu’un agent puisse les examiner. (detailed body scan search)
fouille par balayage corporel non-détaillée
Fouille effectuée à l’aide d’un détecteur à balayage corporel de manière à ne pas produire des images détaillées de l’intérieur du corps de la personne faisant l’objet de la fouille. (non-detailed body scan search)

(2) La fouille par balayage corporel — dĂ©taillĂ©e ou non-dĂ©taillĂ©e — pour dĂ©tecter la prĂ©sence d’un objet interdit s’effectue conformĂ©ment aux directives du commissaire par un agent formĂ© Ă  l’utilisation du dĂ©tecteur Ă  balayage corporel.

(3) Avant d’effectuer une fouille par balayage corporel, le Service met à la disposition de toute personne qui fera l’objet d’une telle fouille tous les renseignements pertinents sur la santé et la sécurité concernant le détecteur à balayage corporel.

(4) Les rĂ©sultats de toute fouille par balayage corporel dĂ©taillĂ©e d’un dĂ©tenu placĂ© en cellule nue en vertu de l’article 51 de la Loi sont fournis au directeur du pĂ©nitencier dès que possible.

2 L’article 50 du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

50 Le pouvoir d’autoriser la fouille Ă  nu d’un dĂ©tenu, que l’alinĂ©a 49(3)b) de la Loi confère au directeur du pĂ©nitencier, ou, le cas Ă©chĂ©ant, la fouille par balayage corporel dĂ©taillĂ©e, peut ĂŞtre exercĂ© par l’agent d’un niveau plus Ă©levĂ© que l’agent visĂ© au paragraphe 49(3) de la Loi.

50.1 L’agent peut soumettre un dĂ©tenu Ă  une fouille par balayage corporel non-dĂ©taillĂ©e dans les mĂŞmes circonstances que celles dans lesquelles il peut procĂ©der aux fouilles suivantes :

50.2 L’agent peut soumettre un dĂ©tenu Ă  une fouille par balayage corporel dĂ©taillĂ©e dans l’une ou l’autre des circonstances suivantes :

50.3 Sur demande du dĂ©tenu, l’agent soumet le dĂ©tenu qui se trouve en cellule nue en application de l’article 51 de la Loi Ă  une fouille par balayage corporel dĂ©taillĂ©e si le dĂ©tecteur Ă  balayage corporel se trouve dans le pĂ©nitencier et fonctionne correctement et si le dĂ©tenu n’a pas Ă©tĂ© soumis Ă  une telle fouille dans les vingt-quatre heures prĂ©cĂ©dant la demande.

3 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 53, de ce qui suit :

Détention en cellule nue

53.1 (1) Si un dĂ©tecteur Ă  balayage corporel se trouve dans le pĂ©nitencier et fonctionne correctement et qu’une fouille par balayage corporel dĂ©taillĂ©e peut ĂŞtre effectuĂ©e, le directeur du pĂ©nitencier ne peut autoriser la dĂ©tention d’un dĂ©tenu en cellule nue en application de l’article 51 de la Loi sans que le dĂ©tenu ait Ă©tĂ© soumis Ă  une telle fouille et que les rĂ©sultats de cette fouille dĂ©montrent qu’il existe des motifs raisonnables de croire que le dĂ©tenu a dissimulĂ© dans son rectum ou ingĂ©rĂ© un objet interdit.

(2) Si le détenu est soumis à une nouvelle fouille par balayage corporel détaillée, le directeur du pénitencier ne peut autoriser la continuation de la détention du détenu en cellule nue que si les résultats de cette fouille démontrent qu’il existe des motifs raisonnables de croire que le détenu a dissimulé dans son rectum ou ingéré un objet interdit.

53.2 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (2), le directeur du pĂ©nitencier peut autoriser, par Ă©crit, la continuation de la dĂ©tention en cellule nue au-delĂ  de la pĂ©riode de soixante-douze heures pour un maximum de deux pĂ©riodes de vingt-quatre heures additionnelles, dans l’attente de l’expulsion de l’objet interdit, s’il est convaincu qu’il existe des motifs raisonnables de croire que le dĂ©tenu a, selon le cas :

(2) Si un détecteur à balayage corporel se trouve dans le pénitencier et fonctionne correctement et qu’une fouille par balayage corporel détaillée peut être effectuée, le directeur du pénitencier ne peut autoriser la continuation de la détention d’un détenu en cellule nue sans que le détenu ait été soumis à une nouvelle fouille par balayage corporel et que les résultats de cette fouille démontrent qu’il existe des motifs raisonnables de croire que le détenu a dissimulé dans son rectum ou ingéré un objet interdit.

53.3 Le directeur du pénitencier communique au détenu, dès que possible et par écrit, les motifs de toute autorisation de sa détention en cellule nue ou de la continuation d’une telle détention.

53.4 (1) Le Service veille à ce que l’état de santé physique et mentale du détenu placé en cellule nue est évalué continuellement.

(2) L’agent ou la personne dont les services ont Ă©tĂ© retenus par le Service rĂ©fère le cas du dĂ©tenu Ă  un professionnel de la santĂ© agréé qui est employĂ© par le Service ou dont les services ont Ă©tĂ© retenus par celui-ci s’il croit que la dĂ©tention du dĂ©tenu en cellule nue a un effet prĂ©judiciable sur la santĂ© physique ou mentale de celui-ci, notamment pour l’un des motifs suivants :

53.5 La dĂ©tention d’un dĂ©tenu en cellule nue se termine au premier des Ă©vènements suivants Ă  survenir :

53.6 Le Service prĂ©voit les procĂ©dures pour la collecte, la compilation, la gestion et l’analyse des donnĂ©es relatives Ă  l’utilisation des cellules nues, notamment les renseignements visĂ©s au paragraphe 58.1(3), pour en dĂ©gager les tendances.

4 Le paragraphe 54(2) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Si le visiteur refuse de se soumettre Ă  la fouille visĂ©e au paragraphe (1) ou Ă  l’article 54.1, le directeur du pĂ©nitencier ou l’agent dĂ©signĂ© par lui peut :

54.1 (1) L’agent peut soumettre Ă  une fouille par balayage corporel non-dĂ©taillĂ©e tout visiteur dans les mĂŞmes circonstances que celles dans lesquelles il peut procĂ©der Ă  la fouille ordinaire — discrète ou par palpation — d’un visiteur en vertu du paragraphe 54(1) du prĂ©sent règlement ou Ă  la fouille par palpation d’un visiteur en vertu du paragraphe 60(1) de la Loi.

(2) L’agent peut soumettre Ă  une fouille par balayage corporel dĂ©taillĂ©e tout visiteur dans les mĂŞmes circonstances que celles dans lesquelles il peut procĂ©der Ă  la fouille Ă  nu d’un visiteur en vertu du paragraphe 60(2) de la Loi.

5 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 56, de ce qui suit :

56.1 (1) L’agent peut soumettre Ă  une fouille par balayage corporel non-dĂ©taillĂ©e tout autre agent dans les mĂŞmes circonstances que celles dans lesquelles il peut procĂ©der Ă  la fouille ordinaire — discrète ou par palpation — d’un autre agent en vertu de l’article 56 du prĂ©sent règlement ou Ă  la fouille par palpation d’un autre agent en vertu du paragraphe 64(1) de la Loi.

(2) L’agent peut soumettre Ă  une fouille par balayage corporel dĂ©taillĂ©e tout autre agent dans les mĂŞmes circonstances que celles dans lesquelles il peut procĂ©der Ă  la fouille Ă  nu d’un autre agent en vertu du paragraphe 64(1) de la Loi.

6 (1) L’alinĂ©a 58(1)b) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(2) Le paragraphe 58(1) du mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’alinĂ©a c), de ce qui suit :

(3) Le paragraphe 58(3) du mĂŞme règlement est remplacĂ© par ce qui suit :

(3) Le directeur du pĂ©nitencier qui a autorisĂ© la fouille d’un dĂ©tenu prĂ©vue Ă  l’alinĂ©a 50.2c) du prĂ©sent règlement ou qui a autorisĂ© la fouille de tous les dĂ©tenus en vertu de l’article 53 de la Loi dresse un rapport, dès que possible et conformĂ©ment au paragraphe (4), puis le remet au responsable de la rĂ©gion.

(4) Les paragraphes 58(5) et (6) du mĂŞme règlement sont abrogĂ©s.

7 Le mĂŞme règlement est modifiĂ© par adjonction, après l’article 58, de ce qui suit :

58.1 (1) Le directeur du pĂ©nitencier remet immĂ©diatement un rapport Ă©crit sur l’utilisation de la cellule nue Ă  l’agent de l’administration rĂ©gionale dĂ©signĂ© Ă  cette fin par directive du commissaire, soit expressĂ©ment, soit en fonction du poste que cet agent occupe, lorsque selon le cas :

(2) Le directeur du pĂ©nitencier remet immĂ©diatement un rapport Ă©crit sur l’utilisation de la cellule nue Ă  l’agent responsable de l’administration rĂ©gionale et Ă  l’agent de l’administration centrale qui sont dĂ©signĂ©s Ă  cette fin par directive du commissaire, soit expressĂ©ment, soit en fonction du poste qu’ils occupent, lorsque survient l’une des situations suivantes :

(3) Tout rapport sur l’utilisation de la cellule nue remis par le directeur du pĂ©nitencier en application des paragraphes (1) ou (2) contient les renseignements suivants :

Entrée en vigueur

8 Le prĂ©sent règlement entre en vigueur Ă  la date d’entrĂ©e en vigueur de l’article 12 de la Loi modifiant la Loi sur le système correctionnel et la mise en libertĂ© sous condition et une autre loi, chapitre 27 des Lois du Canada (2019), ou, si elle est postĂ©rieure, Ă  la date de son enregistrement.

Conditions d’utilisation et Avis de confidentialité

Conditions d’utilisation

Vous ĂŞtes tenu de vous assurer que les commentaires que vous formulez ne contiennent aucun des Ă©lĂ©ments suivants :

  • renseignement personnel;
  • renseignement protĂ©gĂ© ou classifiĂ© du gouvernement du Canada;
  • commentaire discriminatoire ou qui incite Ă  la discrimination fondĂ©e sur la race, le sexe, la religion, l’orientation sexuelle ou contre tout autre groupe protĂ©gĂ© en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne ou de la Charte canadienne des droits et libertĂ©s;
  • commentaire haineux, diffamatoire ou obscène;
  • commentaire menaçant, violent, intimidant ou harcelant;
  • commentaire venant Ă  l’encontre des lois fĂ©dĂ©rales, provinciales ou territoriales du Canada;
  • commentaire qui constitue une usurpation d’identitĂ©, de la publicitĂ© ou du pollupostage;
  • commentaire dont le but est d’encourager ou d’inciter une activitĂ© criminelle;
  • commentaire rĂ©digĂ© dans une langue autre que le français ou l’anglais;
  • commentaire qui contrevient autrement au prĂ©sent avis.

L’institution fĂ©dĂ©rale qui gère le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit d’examiner et de supprimer les renseignements personnels, les propos haineux ou tout autre renseignement jugĂ© inappropriĂ© Ă  la publication, tel qu’il est dĂ©crit ci-dessus.

Les renseignements commerciaux confidentiels ne doivent ĂŞtre affichĂ©s que dans la zone de texte rĂ©servĂ©e Ă  cette fin. En gĂ©nĂ©ral, « renseignements commerciaux confidentiels Â» dĂ©signe les renseignements qui i) ne sont pas accessibles au public, ii) sont traitĂ©s de façon confidentielle par la personne dont l’entreprise est concernĂ©e par ces renseignements et iii) ont une valeur Ă©conomique rĂ©elle ou potentielle pour la personne ou ses concurrents, car ils ne sont pas accessibles au public et leur divulgation entraĂ®nerait une perte financière pour la personne ou un gain important pour ses concurrents. Les commentaires fournis dans la zone rĂ©servĂ©e aux renseignements commerciaux confidentiels qui correspondent Ă  cette description ne seront pas rendus publics. L’institution fĂ©dĂ©rale qui gère le changement rĂ©glementaire proposĂ© conserve le droit de rendre le commentaire public s’il n’est pas considĂ©rĂ© qu’il s’agit d’un renseignement commercial confidentiel.

Vos commentaires seront affichés sur le site Web de la Gazette du Canada à la disposition du public pour examen. Cependant, vous avez le droit de soumettre vos commentaires de façon anonyme. Le cas échéant, vos commentaires seront rendus publics et attribués à une personne anonyme. Aucun autre renseignement à votre sujet ne sera rendu public.

Les commentaires seront affichĂ©s sur le site Web de la Gazette du Canada pendant au moins 10 ans.

Ă€ l’heure actuelle, la fonction de commentaires en ligne ne prend pas en charge les pièces jointes; les zones de texte ne prennent pas en charge les graphiques, les tableaux ou autres Ă©lĂ©ments multimĂ©dias semblables. Si vous devez joindre une pièce jointe Ă  vos commentaires, veuillez Ă©crire Ă  l’adresse de courriel ministĂ©rielle indiquĂ©e dans l’avis de publication prĂ©alable. Veuillez noter que la communication par courriel public n’est pas sĂ©curisĂ©e. Par consĂ©quent, si la pièce jointe Ă  transmettre contient des renseignements de nature dĂ©licate, veuillez Ă©crire Ă  l’adresse de courriel ministĂ©rielle pour discuter des façons dont vous pouvez transmettre ces renseignements.

Avis de confidentialité

Les renseignements fournis sont recueillis en vertu de la Loi sur la gestion des finances publiques, de la Loi sur le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, de la Loi de mise en Ĺ“uvre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, ainsi que des lois habilitantes des organismes de rĂ©glementation concernĂ©s, aux fins de recueillir des commentaires liĂ©s aux changements rĂ©glementaires. Vos commentaires et vos documents sont recueillis dans le but d’accroĂ®tre la transparence du processus rĂ©glementaire et de rendre le gouvernement plus accessible aux Canadiens.

Les renseignements personnels soumis sont recueillis, utilisĂ©s, communiquĂ©s, conservĂ©s et protĂ©gĂ©s contre l’accès par les personnes ou les organismes non autorisĂ©s conformĂ©ment aux dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels et du Règlement sur la protection des renseignements personnels. Les noms des personnes fournis ne seront pas affichĂ©s en ligne; ils seront toutefois conservĂ©s pour que nous puissions communiquer avec ces personnes au besoin. Les noms des organisations qui formulent des commentaires seront affichĂ©s en ligne.

Les renseignements soumis, y compris les renseignements personnels, seront accessibles Ă  Services publics et Approvisionnement Canada, Ă  qui incombe les responsabilitĂ©s de la page Web de la Gazette du Canada, et Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Toute personne est en droit de demander que les renseignements personnels la concernant lui soient communiquĂ©s ou qu’ils soient corrigĂ©s. Pour demander l’accès Ă  vos renseignements personnels ou leur correction, communiquez avec le Bureau de l’accès Ă  l’information et de la protection des renseignements personnels (AIPRP) de l’institution fĂ©dĂ©rale responsable de la gestion du changement rĂ©glementaire proposĂ©.

Vous pouvez adresser une plainte au Commissariat à la protection de la vie privée du Canada au sujet de la gestion de vos renseignements personnels par une institution fédérale.

Les renseignements personnels fournis sont versĂ©s dans le fichier de renseignements personnels POU 938 ActivitĂ©s de sensibilisation. Les personnes qui souhaitent accĂ©der Ă  leurs renseignements personnels en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels doivent en faire la demande Ă  l’organisme de rĂ©glementation compĂ©tent en fournissant suffisamment de renseignements pour permettre Ă  l’institution fĂ©dĂ©rale de rĂ©cupĂ©rer les renseignements personnels concernant ces personnes. L’institution fĂ©dĂ©rale pourrait avoir de la difficultĂ© Ă  retracer les renseignements personnels au sujet de personnes qui formulent des commentaires de façon anonyme et qui demandent l’accès Ă  leurs renseignements personnels.