La Gazette du Canada, Partie I, volume 155, numĂ©ro 52 : Règlement interdisant les plastiques Ă  usage unique

Le 25 dĂ©cembre 2021

Fondement législatif
Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Ministères responsables
Ministère de l’Environnement
Ministère de la Santé

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Le présent résumé ne fait pas partie du Règlement.)

Résumé

Enjeux : Les preuves scientifiques actuelles indiquent que la pollution par les macroplastiques prĂ©sente un danger Ă©cologique, avec notamment des dommages physiques, pour certains animaux et leur habitat. Les Canadiens consomment chaque annĂ©e des quantitĂ©s importantes d’articles manufacturĂ©s en plastique Ă  usage unique. Ces plastiques Ă  usage unique sont conçus pour ĂŞtre jetĂ©s une fois leur unique utilisation effectuĂ©e. Une partie de ces dĂ©chets devient de la pollution plastique. Il est nĂ©cessaire de prendre des mesures pour restreindre ou interdire l’utilisation des plastiques Ă  usage unique qui reprĂ©sentent une menace pour l’environnement.

Description : Le projet de Règlement interdisant les plastiques Ă  usage unique (le projet de règlement) interdirait la fabrication, l’importation et la vente de six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (c’est-Ă -dire les sacs d’emplettes, les ustensiles, les rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, les anneaux pour emballage de boissons, les bâtonnets Ă  mĂ©langer et les pailles). La fabrication et l’importation en vue de l’exportation ne seraient pas soumises Ă  l’interdiction proposĂ©e. Les sacs d’emplettes, les ustensiles et les pailles peuvent ĂŞtre remplacĂ©s par des articles rĂ©utilisables. Le projet de règlement prĂ©voit donc des normes de rendement pour diffĂ©rencier les articles Ă  usage unique des articles rĂ©utilisables pour ces trois catĂ©gories de produits. Le projet de règlement prĂ©voit Ă©galement des exemptions pour tenir compte des besoins des personnes ayant une dĂ©ficience. Ces exemptions sont liĂ©es aux conditions dans lesquelles les pailles sont vendues. Ainsi, l’interdiction de la vente de pailles entrerait en vigueur un an après l’enregistrement du projet de règlement. L’interdiction de vente de tous les autres articles Ă  usage unique entrerait en vigueur deux ans après l’enregistrement du projet de règlement. Les interdictions de fabrication et d’importation des six articles Ă  usage unique entreraient en vigueur un an après l’enregistrement du projet de règlement.

Justification : Les plastiques font partie des matĂ©riaux les plus universellement utilisĂ©s dans la sociĂ©tĂ© moderne. Les articles de consommation Ă  usage unique sont souvent les articles les plus couramment collectĂ©s lors des activitĂ©s de ramassage des dĂ©tritus, le plastique Ă©tant le matĂ©riau le plus couramment rĂ©cupĂ©rĂ© dans les activitĂ©s de nettoyage nationales et internationales. Les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique visĂ©es par le projet de règlement reprĂ©sentaient une quantitĂ© estimĂ©e Ă  160 000 tonnes vendues en 2019, soit environ 5 % du total des dĂ©chets plastiques produits au Canada en 2019.

Le projet de règlement appuierait la stratĂ©gie visant l’atteinte de zĂ©ro dĂ©chet de plastique des gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Plusieurs autoritĂ©s provinciales, territoriales et municipales ont dĂ©jĂ  adoptĂ© des interdictions ou des normes concernant certains plastiques Ă  usage unique. Le 7 octobre 2020, le ministère de l’Environnement (le Ministère) a publiĂ© un document de consultation dans le registre de la Loi canadienne sur la protection de l’environnementrĂ©fĂ©rence 1 dĂ©crivant une approche proposĂ©e de gestion intĂ©grĂ©e des produits de plastique visant Ă  rĂ©duire les dĂ©chets et Ă  prĂ©venir la pollution. Au cours de la pĂ©riode de consultation publique de 60 jours qui a suivi, le Ministère a reçu 205 observations Ă©crites reprĂ©sentant les points de vue de 251 groupes d’intervenants (156 membres de l’industrie; 38 gouvernements provinciaux, territoriaux ou municipaux; 3 groupes autochtones; 32 organisations non gouvernementales et 22 autres groupes). En outre, le Ministère a reçu plus de 24 000 courriels de particuliers canadiens et une pĂ©tition en ligne lancĂ©e par un groupe de la sociĂ©tĂ© civile ayant obtenu plus de 100 000 signatures. Dans l’ensemble, le soutien au projet de règlement a Ă©tĂ© plutĂ´t positif de la part des organisations non gouvernementales environnementales et des gouvernements locaux, et nĂ©gatif de la part de certains intervenants de l’industrie. D’autres intervenants du secteur ont annoncĂ© leur abandon de l’utilisation des plastiques Ă  usage unique ou commencĂ© Ă  abandonner leur utilisation. Le soutien des gouvernements provinciaux et territoriaux au projet de règlement a Ă©tĂ© mitigĂ©.

Le projet de règlement devrait entraĂ®ner une diminution nette d’environ 1,4 million de tonnes de dĂ©chets plastiques sur une pĂ©riode de 10 ans (de 2023 Ă  2032), ce qui reprĂ©senterait environ 4 % du total estimĂ© des dĂ©chets plastiques produits au Canada chaque annĂ©e. Il entraĂ®nerait Ă©galement une diminution d’environ 23 000 tonnes de la pollution plastique sur la mĂŞme pĂ©riode, ce qui reprĂ©senterait 7 % de la pollution plastique totale gĂ©nĂ©rĂ©e chaque annĂ©e. Le projet de règlement devrait gĂ©nĂ©rer des coĂ»ts en valeur actualisĂ©e de 1,9 milliard de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse. Bien que ces coĂ»ts soient importants dans l’ensemble, ils seraient largement rĂ©partis entre les consommateurs canadiens (environ 5 $ par habitant par annĂ©e). Le projet de règlement entraĂ®nerait Ă©galement des avantages monĂ©tarisĂ©s d’une valeur actualisĂ©e de 619 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse, provenant principalement du coĂ»t Ă©vitĂ© du nettoyage des dĂ©chets terrestres. Les coĂ»ts et les avantages monĂ©tarisĂ©s du projet de règlement reprĂ©senteraient donc un coĂ»t net en valeur actuelle de 1,3 milliard de dollars sur la pĂ©riode d’analyse. Compte tenu de l’ampleur des dommages Ă©cologiques qui peuvent ĂŞtre causĂ©s Ă  la faune et Ă  ses habitats par la pollution plastique des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, et de la rĂ©duction de la jouissance des biens et services Ă©cosystĂ©miques par les Canadiens, les avantages non monĂ©tarisĂ©s connexes devraient ĂŞtre importants.

Enjeux

L’économie canadienne gĂ©nère chaque annĂ©e de grandes quantitĂ©s de dĂ©chets plastiques, dont une certaine proportion pĂ©nètre dans l’environnement sous forme de pollution plastique. Les preuves scientifiques actuelles indiquent que la pollution par les macroplastiques cause des dommages physiques Ă  la faune Ă  l’échelle des individus et a le potentiel d’affecter nĂ©gativement l’intĂ©gritĂ© de l’habitat. Les articles manufacturĂ©s en plastique Ă  usage unique sont des contributeurs importants Ă  la pollution plastique, car ils sont conçus pour ĂŞtre jetĂ©s une fois leur unique utilisation effectuĂ©e. La prĂ©vention de la pollution et de la production des dĂ©chets est un domaine de compĂ©tence partagĂ© entre tous les ordres de gouvernement au Canada, et la pollution plastique provoquĂ©e par certains plastiques Ă  usage unique constitue un problème de dimension nationale et internationale qui ne peut ĂŞtre Ă©liminĂ© efficacement par des mesures provinciales, territoriales ou locales uniquement. Par consĂ©quent, le ministre de l’Environnement (le ministre), conformĂ©ment Ă  l’article 93 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE ou « la Loi Â»], recommande au gouverneur en conseil de proposer l’élimination ou la restriction de six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique assujetties au projet de règlement. Il s’agit des sacs d’emplettes, des ustensiles, des rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, des anneaux pour emballage de boissons, des bâtonnets Ă  mĂ©langer et des pailles (ci-après dĂ©nommĂ©s les « six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Â»).

Contexte

Cycle de vie des articles manufacturés en plastique dans l’économie canadienne

Les plastiques font partie des matĂ©riaux les plus universellement utilisĂ©s dans la sociĂ©tĂ© moderne. Les plastiques sont peu coĂ»teux et durables et sont utilisĂ©s dans une vaste gamme d’applications, comme les emballages, les matĂ©riaux de construction, les matĂ©riaux automobiles, l’électronique, les textiles ainsi que les Ă©quipements mĂ©dicaux et de protection individuelle. Les plastiques peuvent ĂŞtre produits Ă  partir d’un grand nombre de composĂ©s organiques synthĂ©tiques ou semi-synthĂ©tiques et sont composĂ©s de polymères Ă  longue chaĂ®ne de masse molĂ©culaire Ă©levĂ©e qui contiennent souvent des additifs chimiques. DiffĂ©rents polymères peuvent ĂŞtre fabriquĂ©s au moyen de diffĂ©rents mĂ©langes de produits pĂ©troliers, de matières premières d’origine vĂ©gĂ©tale ou de plastiques recyclĂ©s et rĂ©cupĂ©rĂ©s. Les articles manufacturĂ©s en plastique peuvent ĂŞtre façonnĂ©s en une forme physique ou en une conception prĂ©cise pendant la fabrication et remplir de nombreuses fonctions diffĂ©rentes. Ils peuvent ĂŞtre des produits finis ou des composants de produits. Dans un contexte environnemental, la documentation scientifique classe souvent la pollution plastique par taille. Les morceaux de plastique dont la taille est infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  5 millimètres (mm) sont appelĂ©s « microplastiques Â», tandis que ceux dont la taille est supĂ©rieure Ă  5 mm sont appelĂ©s « macroplastiques Â». Les microplastiques peuvent ĂŞtre des « microplastiques primaires Â» (microparticules de plastique manufacturĂ©es intentionnellement) ou des « microplastiques secondaires Â» (microparticules de plastique provenant de la fragmentation d’articles en plastique manufacturĂ©s plus gros).

La gestion appropriĂ©e des articles manufacturĂ©s en plastique reprĂ©sente un problème mondial, car des millions de tonnes de plastique sont produites chaque annĂ©e dans le monde. On estime que la moitiĂ© des plastiques produits chaque annĂ©e sont destinĂ©s Ă  des articles Ă  usage uniquerĂ©fĂ©rence 2. En 2020, 367 millions de tonnes de plastique ont Ă©tĂ© produites dans le monde, soit une baisse de 0,3 % par rapport Ă  2019rĂ©fĂ©rence 3. La pandĂ©mie de COVID-19 a entraĂ®nĂ© une diminution de la production pour le secteur de l’emballage, bien que la consommation des articles manufacturĂ©s en plastique en tant que telle ait pu augmenter (voir la section « Avantages et coĂ»ts Â» pour plus d’information sur les effets estimĂ©s).

Afin de mieux comprendre les quantitĂ©s, les utilisations et la gestion de la fin de vie des plastiques dans l’économie canadienne, le ministère de l’Environnement (le Ministère) a commandĂ© l’Étude Ă©conomique sur l’industrie, les marchĂ©s et les dĂ©chets du plastique au Canada (l’étude de Deloitte), qui a Ă©tĂ© publiĂ©e en 2019. Comme le montre la figure 1, l’étude de Deloitte a rĂ©vĂ©lĂ© qu’environ 4,7 millions de tonnes de rĂ©sines plastiques (matières premières) ont Ă©tĂ© introduites sur le marchĂ© national en 2016, tandis qu’environ 3,3 millions de tonnes d’articles manufacturĂ©s en plastique sont devenues des dĂ©chets plastiques. Le secteur des emballages reprĂ©sente Ă  lui seul 43 % (environ 1,4 million de tonnes) de l’ensemble des dĂ©chets plastiques gĂ©nĂ©rĂ©s, car la grande majoritĂ© des emballages sont conçus pour se transformer en dĂ©chets après une seule utilisation. Des 3,3 millions de tonnes de dĂ©chets plastiques gĂ©nĂ©rĂ©s Ă  l’échelle nationale en 2016, 2,8 millions de tonnes (86 %) se sont retrouvĂ©es dans des sites d’enfouissement, 300 000 tonnes (9 %) ont Ă©tĂ© recyclĂ©es, 137 000 tonnes (4 %) ont Ă©tĂ© incinĂ©rĂ©es avec ou sans rĂ©cupĂ©ration d’énergie, et 29 000 tonnes (1 %) sont devenues de la pollution plastique, dont 2 500 tonnes de pollution plastique marine. D’après ces chiffres, les Canadiens ont produit environ 800 grammes de pollution plastique par habitant en 2016. Si les tendances observĂ©es sur le marchĂ© devaient se poursuivre, l’étude de Deloitte estime que les chiffres de 2016 concernant les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique pourraient augmenter d’environ un tiers d’ici 2030.

Figure 1 : Flux de plastique canadien en milliers de tonnes (2016)

Figure tirĂ©e de l’Étude Ă©conomique sur l’industrie, les marchĂ©s et les dĂ©chets du plastique au Canada, p. ii

Figure tirĂ©e de l’Étude Ă©conomique sur l’industrie, les marchĂ©s et les dĂ©chets du plastique au Canada, p. ii – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 1 : Flux de plastique canadien en milliers de tonnes (2016) - Version textuelle

Diagramme tirĂ© de l’étude de Deloitte de 2019 illustrant le flux des plastiques dans l’économie canadienne en 2016. Un total de 4 667 kilotonnes de rĂ©sines de plastique (matières premières) ont Ă©tĂ© utilisĂ©es dans des produits introduits sur le marchĂ© intĂ©rieur, dont 3 268 kilotonnes dans des produits mis au rebut. Sur les 4 667 kilotonnes de rĂ©sines de plastique employĂ©es dans les applications d’utilisation finale, 3 068 kilotonnes sont devenues des plastiques durables, et 1 599 kilotonnes, des plastiques non durables. Les plastiques durables ont gĂ©nĂ©rĂ© 1 681 kilotonnes de dĂ©chets, et les plastiques non durables, 1 587 kilotonnes de dĂ©chets, pour un total de 3 268 kilotonnes de dĂ©chets plastiques en 2016. Sur les 3 268 kilotonnes de dĂ©chets plastiques gĂ©nĂ©rĂ©es Ă  l’échelle nationale, 2 795 kilotonnes (86 %) ont Ă©tĂ© envoyĂ©es dans des sites d’enfouissement, 305 kilotonnes (9 %) ont Ă©tĂ© recyclĂ©es, 137 kilotonnes (4 %) ont Ă©tĂ© incinĂ©rĂ©es avec rĂ©cupĂ©ration d’énergie et 29 kilotonnes (1 %) ont abouti dans des dĂ©versements ou des fuites non gĂ©rĂ©s dans l’environnement. Sur les 305 kilotonnes de dĂ©chets plastiques recyclĂ©s, 256 kilotonnes ont Ă©tĂ© traitĂ©es par recyclage mĂ©canique (polymère), tandis que 40 kilotonnes ont Ă©tĂ© traitĂ©es par recyclage chimique Ă  partir de dĂ©chets Ă©liminĂ©s, et 9 kilotonnes, par recyclage chimique Ă  partir de dĂ©chets rĂ©acheminĂ©s.

La figure 1 illustre Ă©galement la conclusion de l’étude de Deloitte selon laquelle l’économie canadienne actuelle des plastiques est principalement linĂ©aire, plutĂ´t que circulaire. Dans le cadre d’une Ă©conomie linĂ©aire, les articles manufacturĂ©s en plastique suivent un parcours unidirectionnel : production Ă  partir de matĂ©riaux essentiellement vierges (par opposition aux matĂ©riaux recyclĂ©s), utilisation (jusqu’à ce qu’ils ne soient plus jugĂ©s utiles), puis Ă©limination dans le flux des dĂ©chets, principalement dans des sites d’enfouissement. En d’autres termes, la plupart des articles en plastique fabriquĂ©s dans une Ă©conomie linĂ©aire sont produits Ă  partir de rĂ©sines vierges, et leur valeur n’est pas rĂ©cupĂ©rĂ©e Ă  la fin de leur vie utile. Ainsi, la plupart des dĂ©chets plastiques produits au Canada entrent dans les sites d’enfouissement et sortent de l’économie, ce qui reprĂ©sente une importante perte potentielle de possibilitĂ©s Ă©conomiques.

En revanche, une économie circulaire est un modèle de production et de consommation qui récupère et réintègre les produits, les composants et les matériaux par des stratégies telles que la réutilisation, la réparation, la remise à neuf ou (en dernier recours) le recyclageréférence 4. Dans le cadre d’une économie circulaire, les articles manufacturés en plastique seraient produits par plusieurs voies différentes, dont l’une comprend l’utilisation de résines recyclées. Leur valeur serait récupérée à la fin de leur vie utile pour être réintégrée dans l’économie. De cette façon, la fin de la chaîne de valeur d’un article manufacturé devient le début de la chaîne de valeur d’un autre article, ce qui permet d’allonger les cycles de vie et de réduire les répercussions négatives sur l’environnement.

De nombreux facteurs contribuent Ă  la nature linĂ©aire de l’économie des plastiques au Canada, notamment les suivants :

L’étude de Deloitte a estimĂ© que 2 500 tonnes de dĂ©chets plastiques gĂ©nĂ©rĂ©s au Canada en 2016 ont Ă©tĂ© rejetĂ©es dans les ocĂ©ans sous forme de pollution plastique, tandis que la quantitĂ© de pollution plastique rejetĂ©e dans les eaux douces canadiennes (par exemple les Grands Lacs, les autres lacs, les rivières), qui n’atteint jamais les ocĂ©ans, est inconnue. Ă€ l’international, des Ă©tudes universitaires ont estimĂ© que la quantitĂ© totale de pollution plastique qui pĂ©nètre dans les ocĂ©ans Ă  l’échelle mondiale se situe entre 8 et 13 millions de tonnes par anrĂ©fĂ©rence 5. En fait, les plastiques constituent le type de dĂ©chets le plus rĂ©pandu dans les ocĂ©ans. On estime qu’ils reprĂ©sentent au moins 80 % de l’ensemble des dĂ©bris marins (des eaux de surface aux sĂ©diments des profondeurs), les sacs en plastique Ă©tant parmi les articles les plus rĂ©pandusrĂ©fĂ©rence 6.

L’étude de Deloitte indique que l’une des principales voies par lesquelles les dĂ©chets plastiques se transforment en pollution plastique terrestre ou marine est l’abandon par les gens de dĂ©tritus sur le sol ou directement dans les milieux aquatiques. On estime que 80 % de toute la pollution plastique marine provient de la terre et est transportĂ©e vers l’ocĂ©an par le vent ou les rivières, les 20 % restants Ă©tant attribuables aux activitĂ©s de pĂŞche, aux catastrophes naturelles et Ă  d’autres sourcesrĂ©fĂ©rence 7. Une fois que la pollution plastique atteint les ocĂ©ans, la majoritĂ© des dĂ©chets s’altèrent lentement et se fragmentent en microplastiques, s’accumulent sur les rivages, coulent au fond de la mer ou flottent Ă  la surface de la mer, mais ne se dĂ©composent jamais complètement.

La pollution plastique est présente sur le littoral de tous les continents, sa prolifération étant plus importante près des destinations touristiques et des zones densément peuplées. Les activités de nettoyage à grande échelle des déchets en mer et en eau douce sont très coûteuses et, par conséquent, limitées. Bien que ces nettoyages puissent avoir des effets bénéfiques temporaires, ils ne modifient pas l’afflux de pollution plastique dans les milieux marins ou d’eau douce et doivent donc être reproduits fréquemment pour obtenir des avantages durables. C’est pourquoi la prévention de la pollution plastique dans l’environnement est souvent considérée comme la seule approche viable pour gérer efficacement la question de la pollution plastique marine à long termeréférence 8.

Évaluation scientifique de la pollution plastique

En octobre 2020, le ministère de l’Environnement et le ministère de la SantĂ© ont publiĂ© une Évaluation scientifique de la pollution plastique (l’évaluation scientifique) sur le site Web Canada.ca (Substances chimiques). Cette Ă©valuation scientifique a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e afin de rĂ©sumer l’état actuel des connaissances scientifiques concernant les effets potentiels de la pollution plastique sur l’environnement et la santĂ© humaine ainsi que d’orienter les futures recherches et d’éclairer les prises de dĂ©cisions concernant la pollution plastique au Canada. L’évaluation scientifique a rĂ©vĂ©lĂ© que la pollution par les macroplastiques et les microplastiques est omniprĂ©sente dans l’environnement. L’évaluation scientifique a Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© que de nombreuses sources de rejet contribuent Ă  la pollution plastique et que les effets potentiels des microplastiques sur la faune, l’environnement et la santĂ© humaine ne sont pas clairs et nĂ©cessitent davantage de recherches.

En ce qui concerne la pollution par les macroplastiques, l’évaluation scientifique a mis en lumière des preuves d’effets nĂ©fastes, notamment la mortalitĂ©, pour certains animaux par :

Dans l’ensemble, l’évaluation scientifique recommande de prendre des mesures immĂ©diates pour rĂ©duire la prĂ©sence de la pollution plastique dans l’environnement, conformĂ©ment au principe de prĂ©caution dĂ©fini Ă  l’article 2 de la LCPE.

Mesures gouvernementales concernant les déchets plastiques et la pollution plastique

Le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  prendre des mesures pour rĂ©duire les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique de plusieurs manières. En novembre 2018, par l’entremise du Conseil canadien des ministres de l’Environnement, les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux ont approuvĂ© en principe une stratĂ©gie pancanadienne visant l’atteinte de zĂ©ro dĂ©chet de plastique (PDF) (la stratĂ©gie). La stratĂ©gie adopte une approche d’économie circulaire Ă  l’égard du plastique et fournit un cadre d’action au Canada. Les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux collaborent pour mettre en Ĺ“uvre le Plan d’action visant l’atteinte de zĂ©ro dĂ©chet de plastique (le plan d’action), dont la phase 1 (PDF) et la phase 2 (PDF) ont Ă©tĂ© approuvĂ©es en 2019 et en 2020, respectivement.

En octobre 2020, le gouvernement a publiĂ© un document de discussion intitulĂ© Une approche proposĂ©e de gestion intĂ©grĂ©e des produits de plastique visant Ă  rĂ©duire les dĂ©chets et Ă  prĂ©venir la pollution (le document de consultation). Le document de consultation prĂ©sente une approche proposĂ©e de gestion intĂ©grĂ©e qui porte sur l’ensemble du cycle de vie des plastiques afin de rĂ©duire les dĂ©chets plastiques et Ă  prĂ©venir la pollution plastique. Le gouvernement a dĂ©crit une sĂ©rie de mesures Ă  mettre au point dans le cadre de la LCPE afin de mettre en Ĺ“uvre l’approche de gestion intĂ©grĂ©e, qui visera Ă  :

Les rĂ©actions au document de consultation des intervenants, des partenaires et du public sont prĂ©sentĂ©es en dĂ©tail dans la section « Consultation Â».

Sur la base des conclusions de l’évaluation scientifique et d’autres renseignements accessibles, le ministre de l’Environnement et le ministre de la SantĂ© (les ministres) ont acquis la certitude que les articles manufacturĂ©s en plastique satisfaisaient au critère Ă©cologique d’une substance toxique, tel qu’il est dĂ©fini Ă  l’alinĂ©a 64a) de la LCPE. Afin d’élaborer des mesures de gestion des risques en vertu de la LCPE pour faire face aux risques Ă©cologiques potentiels associĂ©s Ă  certains articles manufacturĂ©s en plastique qui deviennent de la pollution plastique, l’administrateur en conseil a pris un dĂ©cret d’inscription des produits manufacturĂ©s en plastique Ă  l’annexe 1 de la LCPE qui a Ă©tĂ© publiĂ© dans la Partie II de la Gazette du Canada le 12 mai 2021. La liste permet aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques en vertu de la LCPE, qui cibleraient les sources de pollution plastique et modifieraient les comportements Ă  des Ă©tapes clĂ©s du cycle de vie des produits de plastique, comme la conception, la fabrication, l’utilisation, l’élimination et la rĂ©cupĂ©ration.

Articles les plus répandus contribuant à la pollution plastique

Ă€ l’international, les articles de consommation Ă  usage unique sont souvent les articles les plus couramment ramassĂ©s lors des activitĂ©s de nettoyage des dĂ©tritus, le plastique Ă©tant le matĂ©riau le plus couramment rĂ©cupĂ©rĂ©. Les 10 premiers Ă©lĂ©ments rapportĂ©s dans le rapport International Coastal Cleanup 2020 de l’Ocean Conservancy [en anglais seulement] (Ă  l’élaboration duquel le Canada a participĂ©) Ă©taient les emballages alimentaires, les mĂ©gots de cigarettes, les bouteilles de boisson en plastique, les bouchons de bouteille en plastique, les pailles et les bâtonnets Ă  mĂ©langer, les gobelets et les assiettes en plastique, les sacs d’emplettes en plastique, les rĂ©cipients alimentaires en plastique, les autres sacs en plastique et les couvercles en plastique. Depuis 2017, les 10 objets les plus collectĂ©s chaque annĂ©e sont tous en plastique. De mĂŞme, les donnĂ©es fondĂ©es sur le total des articles collectĂ©s au fil du temps par l’Agence europĂ©enne pour l’environnementrĂ©fĂ©rence 9 montrent que la catĂ©gorie la plus courante d’articles trouvĂ©s comme dĂ©chets marins sur la plage est composĂ©e de mĂ©gots de cigarettes, de bouchons et de couvercles de boissons en plastique, de sacs d’emplettes, de ficelles et cordes d’emballage alimentaire, de coton-tiges, de bouteilles de boisson et de rĂ©cipients alimentaires. En ce qui concerne les matĂ©riaux, on a constatĂ© que le plastique reprĂ©sentait 87 % de tous les matĂ©riaux collectĂ©s au fil du tempsrĂ©fĂ©rence 10.

Ă€ l’échelle nationale, un effort de nettoyage distinct effectuĂ© en 2019, le Grand nettoyage des rivages canadiensrĂ©fĂ©rence 11, a Ă©galement permis de trouver des mĂ©gots de cigarettes, des emballages alimentaires, des bouchons de bouteilles, des sacs en plastique, des bouteilles en plastique et des pailles dans les 10 types de dĂ©chets les plus frĂ©quemment trouvĂ©s. Ces 10 types de dĂ©chets reprĂ©sentaient plus de 1,6 million d’articles collectĂ©s au Canada en 2019. Le poids de tous les Ă©lĂ©ments collectĂ©s en 2019 Ă©tait presque deux fois plus important que celui de tous les Ă©lĂ©ments collectĂ©s en 2017. Parmi les autres articles en plastique couramment trouvĂ©s dans les donnĂ©es de nettoyage du littoral figurent les ustensiles, les anneaux pour emballage de boissons, les gobelets, les morceaux de mousse et les fragments de plastique ainsi que les produits d’hygiène personnelle.

Malgré les différences de nombre d’articles récupérés dans chaque catégorie, certaines d’entre elles sont considérées comme étant plus problématiques sur le plan environnemental, en ce sens qu’elles sont plus nocives pour la faune et la flore ou l’environnement en général, en raison de leur composition, de leur poids et de leur forme ou structure. Parmi les articles de consommation courante en plastique, les sacs en plastique sont ceux qui ont le plus de répercussions sur la faune marineréférence 12. Les sacs en plastique sont légers et ont généralement des poignées en boucle, ce qui signifie que les animaux sauvages peuvent s’y emmêler. Les sacs et ustensiles en plastique ont été classés comme présentant le plus grand risque en ce qui concerne l’ingestion d’articles en plastique pour les oiseaux de mer, les tortues et les mammifères marinsréférence 12. Les anneaux pour emballage de boissons peuvent également représenter une menace d’enchevêtrement, car ils ont également une structure en boucle. On considère que de nombreux articles de consommation fréquemment ramassés lors des activités de ramassage des détritus posent également des problèmes de récupération de la valeur, car ils sont composés de plastiques problématiques pour lesquels les taux de recyclage sont très faibles.

Action du gouvernement concernant les articles manufacturés en plastique à usage unique

En juin 2019, le premier ministre a annoncĂ© un engagement du gouvernement du Canada consistant Ă  prendre des mesures pour rĂ©duire les quantitĂ©s de dĂ©chets plastiques et la pollution plastique, notamment en collaborant avec les provinces et les territoires pour mettre en Ĺ“uvre des normes et des objectifs qui rendraient les entreprises qui fabriquent des produits de plastique ou qui vendent des articles avec des emballages en plastique responsables de leurs dĂ©chets plastiques. Dans la mĂŞme annonce, le premier ministre a Ă©noncĂ© l’engagement du gouvernement du Canada Ă  interdire les plastiques Ă  usage unique nocifs dès 2021, lorsque cela est justifiĂ© et appuyĂ© par des preuves scientifiques, et a rĂ©affirmĂ© cet engagement dans la lettre de mandat du ministre de l’Environnement en dĂ©cembre 2019 et dans le discours du TrĂ´ne en septembre 2020.

Afin de dĂ©terminer les plastiques Ă  usage unique qui sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant nocifs et qui justifient une interdiction au Canada, le Ministère a Ă©laborĂ© un cadre de gestion pour catĂ©goriser les plastiques Ă  usage unique (le Cadre), tel qu’il est prĂ©sentĂ© dans le document de consultation. Le Cadre a permis de classer un vaste Ă©ventail de plastiques Ă  usage unique couramment collectĂ©s comme dĂ©chets ou autrement signalĂ©s par d’autres autoritĂ©s (par exemple diffĂ©rents types de sacs, diffĂ©rents types d’emballages, filtres Ă  cigarettes, dosettes de cafĂ©) comme Ă©tant soit problĂ©matiques sur le plan environnemental, soit problĂ©matiques sur le plan de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur, soit les deux. Comme l’indique le document de consultation, pour qu’un plastique Ă  usage unique soit considĂ©rĂ© comme nocif au point qu’une interdiction soit justifiĂ©e et Ă©tayĂ©e par des donnĂ©es scientifiques, le plastique Ă  usage unique en question doit satisfaire aux critères d’un Ă©lĂ©ment problĂ©matique du point de vue environnemental et du point de vue de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur grâce Ă  des preuves scientifiques permettant d’évaluer la prĂ©valence environnementale et les dĂ©fis de rĂ©cupĂ©ration de la valeur, en tenant compte des exemptions pour certaines fonctions essentielles. Après avoir Ă©valuĂ© de cette façon la vaste sĂ©lection de plastiques Ă  usage unique, le Cadre a permis de cerner six plastiques Ă  usage unique nocifs, ou catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă©tablies par utilitĂ©, dont une interdiction ou une restriction sont justifiĂ©es au Canada.

Plusieurs autoritĂ©s municipales et provinciales ont dĂ©jĂ  mis en place des interdictions visant certaines de ces six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Par exemple, Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont chacune mis en Ĺ“uvre des interdictions sur les sacs en plastique Ă  usage unique en 2019 ou en 2020, qui interdisent aux entreprises de proposer des sacs en plastique Ă  usage unique. Ces interdictions permettent aux entreprises de proposer des sacs en papier ou rĂ©utilisables, mais seule l’Île-du-Prince-Édouard impose des frais minimums pour proposer des sacs de substitution. Ces trois interdictions concernent Ă©galement les sacs en plastique Ă  usage unique « compostables Â» et oxodĂ©gradables et prĂ©voient diverses exemptions. En aoĂ»t 2021, aucune autre interdiction concernant les plastiques Ă  usage unique n’avait Ă©tĂ© promulguĂ©e Ă  l’échelle provinciale ou territoriale, bien que la Colombie-Britannique ait publiĂ© un cadre pour faciliter les interdictions municipalesrĂ©fĂ©rence 13, et que quelques municipalitĂ©s aient mis en Ĺ“uvre des interdictions locales des plastiques Ă  usage unique. Par exemple, MontrĂ©al, Sherbrooke et plusieurs petites municipalitĂ©s canadiennes ont interdit les sacs en plastique Ă  usage unique et, bien que Vancouver n’ait pas encore mis en Ĺ“uvre l’interdiction proposĂ©e des sacs en plastique Ă  usage unique, l’interdiction des pailles, des ustensiles et de certains rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique est entrĂ©e en vigueur en 2020. Dans son discours du TrĂ´ne de mai 2021, le Yukon a dĂ©clarĂ© son intention d’interdire les plastiques Ă  usage unique, mais n’a fourni aucune prĂ©cision.

Quelques caractéristiques choisies concernant le marché canadien

Selon l’étude de Deloitte, la fabrication canadienne de produits de plastique (y compris les plastiques Ă  usage unique et les biens durables) a reprĂ©sentĂ© des ventes de 25 milliards de dollars en 2017. Les informations de Statistique Canada indiquent qu’en 2017, les fabricants nationaux de plastiques ont satisfait environ 50 % de la demande nationale, tandis que les importations ont satisfait les 50 % restantsrĂ©fĂ©rence 14.

Répartition entre les six catégories de plastiques à usage unique

Comme le montre le tableau 1, les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ont reprĂ©sentĂ© des ventes d’un peu plus de 750 millions de dollars en 2019, soit près de 30 milliards d’unitĂ©s vendues. Par habitant et par jour, ces valeurs se traduisent par environ 0,06 $ de ventes et 2,2 unitĂ©s vendues. En supposant que chaque unitĂ© vendue a rempli son usage unique dans les plus brefs dĂ©lais après sa vente, la masse de chaque unitĂ© vendue devient rapidement un dĂ©chet plastique. Les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ont gĂ©nĂ©rĂ© environ 160 000 tonnes de dĂ©chets plastiques en 2019, ce qui reprĂ©sente Ă  peu près 5 % du total des dĂ©chets plastiques produits au Canada en 2019rĂ©fĂ©rence 15.

Tableau 1 : CaractĂ©ristiques estimĂ©es du marchĂ© note a du tableau b1 pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique
CatĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique note b du tableau b1 Volume des ventes (2019, en millions d’unitĂ©s) Croissance annuelle moyenne (2015 Ă  2019, en volume) Prix unitaire (2019) Valeur (2019, en millions) Poids unitaire (grammes) Tonnage (2019)
Sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique 15 593 2,5 % 0,03 $ 410 $ 8 124 746
Ustensiles en plastique Ă  usage unique 4 511 2,0 % 0,04 $ 162 $ 2,4 10 867
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent 805 3,2 % 0,09 $ 69 $ 20,8 16 743
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique 183 1,9 % 0,03 $ 6 $ 3,5 648
Bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique 2 950 3,1 % 0,01 $ 29 $ 0,6 1 770
Pailles en plastique Ă  usage unique 5 846 2,7 % 0,01 $ 77 $ 0,4 2 339
Total (ou moyenne pondĂ©rĂ©e) 29 888 2,5 % 0,03 $ 753 $ 5,3 157 113

Note(s) du tableau b1

Note a du tableau b1

Les caractĂ©ristiques estimĂ©es du marchĂ© correspondent aux donnĂ©es et aux mĂ©thodologies dĂ©crites dans la section « Avantages et coĂ»ts Â».

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Note b du tableau b1

Les dĂ©finitions de chacun de ces termes sont prĂ©sentĂ©es dans la section « Description Â».

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Les gouvernements et l’industrie ont rĂ©alisĂ© d’importants progrès ces dernières annĂ©es Ă  l’échelle mondiale pour Ă©liminer progressivement plusieurs plastiques Ă  usage unique communĂ©ment identifiĂ©s, en particulier les sacs en plastique Ă  usage unique, comme en tĂ©moigne le Global Commitment 2020 Progress Report [en anglais seulement] publiĂ© par la Fondation Ellen MacArthur et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Au Canada, certaines grandes entreprises ont annoncĂ© ou ont dĂ©jĂ  mis en Ĺ“uvre des mesures visant Ă  rĂ©duire l’utilisation de certains plastiques Ă  usage unique. Par exemple, certaines entreprises du secteur de la restauration rapide, dont A&WrĂ©fĂ©rence 16 et Tim HortonsrĂ©fĂ©rence 17, ont dĂ©jĂ  Ă©liminĂ© les pailles et d’autres objets en plastique Ă  usage unique dans leurs Ă©tablissements canadiens. En 2018, Recipe Unlimited, qui exploite 19 chaĂ®nes de restaurants nationales telles que Swiss Chalet et Harvey’s, s’est engagĂ©e Ă  Ă©liminer toutes les pailles en plastique Ă  usage unique de ses restaurantsrĂ©fĂ©rence 18. Dans le domaine du commerce de dĂ©tail, la chaĂ®ne d’épicerie canadienne Sobeys a Ă©liminĂ© les sacs en plastique Ă  usage unique de ses magasins Ă  compter de janvier 2020rĂ©fĂ©rence 19. MalgrĂ© ces mesures volontaires prises par certaines entreprises canadiennes pour rĂ©duire les dĂ©chets plastiques dans leurs Ă©tablissements, la consommation des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă  l’échelle nationale devrait encore croĂ®tre au cours de la prochaine dĂ©cennie et au-delĂ  en l’absence d’interventions.

Substituts aux six catégories de plastiques à usage unique

Des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique existent et sont facilement disponibles sur les marchĂ©s Ă©tablis au Canada. Nombre de ces substituts sont des articles manufacturĂ©s Ă  usage unique non fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques (articles manufacturĂ©s Ă  usage unique non plastiques). La plupart de ces articles sont fabriquĂ©s en papier ou en bois et, Ă  ce titre, sont gĂ©nĂ©ralement plus lourds et plus coĂ»teux que leurs homologues en plastique Ă  usage unique. Quoi qu’il en soit, les articles Ă  usage unique non plastiques sont devenus plus rĂ©pandus sur le marchĂ© au fil du temps, car la prĂ©fĂ©rence des consommateurs pour un substitut aux plastiques Ă  usage unique s’accroĂ®t en raison de la sensibilisation accrue aux impacts des dĂ©chets plastiques et Ă  la pollution plastique. Dans le cas des rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent et des anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, il existe des substituts qui sont Ă©galement des articles fabriquĂ©s en plastique, mais qui ne posent pas les mĂŞmes dĂ©fis en matière d’environnement ou de revalorisation. La croissance estimĂ©e du marchĂ© d’une annĂ©e Ă  l’autre de la plupart des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique est plus Ă©levĂ©e que celle de leurs homologues plastiques Ă  usage unique. Comme le montre le tableau 2, le taux de croissance annuel moyen de 2015 Ă  2019 d’une sĂ©lection de substituts Ă  usage unique facilement disponibles aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă©tait de 4,7 %.

Tableau 2 : CaractĂ©ristiques estimĂ©es du marchĂ© note a du tableau b2 des substituts Ă  usage unique facilement disponibles aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique
Selon la catégorie de plastiques à usage unique Matériau de substitution à usage unique facilement disponible Volume des ventes (2019, en millions d’unités) Croissance annuelle moyenne (2015 à 2019, en volume) Prix unitaire (2019) Valeur
(2019, en millions)
Poids unitaire (grammes) Tonnage (2019)
Sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique Papier 3 709 4,8 % 0,08 $ 279 $ 52,6 214 562
Ustensiles en plastique Ă  usage unique Bois 1 091 2,8 % 0,09 $ 94 $ 1,5 1 643
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent Papier et fibre moulĂ©e 486 2,0 % 0,15 $ 74 $ 38,5 18 744
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent Aluminium 238 0,3 % 0,13 $ 32 $ 9,5 2 262
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent Plastiques recyclables 148 -2,7 % 0,12 $ 17 $ 24 3 541
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique Papier et fibre moulĂ©e 127 2,7 % 0,29 $ 37 $ 27,6 3 502
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique Plastiques recyclables 53 1,6 % 0,14 $ 7 $ 19,5 1 034
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique Pellicule plastique note b du tableau b2 - - 0,10 $ - 18 -
Bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique Bois 1 022 3,8 % 0,01 $ 13 $ 1,9 1 941
Pailles en plastique Ă  usage unique Papier 744 13,0 % 0,03 $ 20 $ 0,8 595
Total (ou moyenne pondĂ©rĂ©e) 7 618 4,7 % 0,08 $ 573 $ 30,0 247 824

Note(s) du tableau b2

Note a du tableau b2

Les caractĂ©ristiques estimĂ©es du marchĂ© correspondent aux donnĂ©es et aux mĂ©thodologies dĂ©crites dans la section « Avantages et coĂ»ts Â».

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Note b du tableau b2

On ne connaît pas les caractéristiques de base du marché de la pellicule plastique en ce qui concerne son utilisation comme substitut des anneaux pour emballage de boissons en plastique à usage unique.

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Les autres substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique sont des articles manufacturĂ©s rĂ©utilisables, fabriquĂ©s Ă  partir de divers matĂ©riaux, notamment des plastiques durables, des mĂ©taux, du bois, du verre, du silicone et des tissus. Contrairement aux articles Ă  usage unique, les articles rĂ©utilisables sont prĂ©cisĂ©ment conçus pour rester durables malgrĂ© des utilisations rĂ©pĂ©tĂ©es et des lavages Ă  la machine rĂ©pĂ©tĂ©s. Les articles rĂ©utilisables sont plus lourds et plus coĂ»teux que leurs homologues en plastique Ă  usage unique ou Ă  usage unique non plastiques, compte tenu de leur durabilitĂ© et de la quantitĂ© de matières premières nĂ©cessaires Ă  leur production. Cependant, comme un article rĂ©utilisable peut ĂŞtre utilisĂ© plusieurs fois, il remplace tout un flux d’articles Ă  usage unique au cours de sa durĂ©e de vie utile. Ainsi, le coĂ»t d’un article rĂ©utilisable finira par « atteindre ou battre Â» le coĂ»t total du flux d’articles Ă  usage unique qu’il a dĂ©tournĂ© au fil du temps. Le temps exact nĂ©cessaire pour atteindre le seuil de rentabilitĂ© varie en fonction du prix de l’article rĂ©utilisable, du prix des articles Ă  usage unique dĂ©tournĂ©s et du taux de rĂ©utilisation.

En ce qui concerne les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, le substitut rĂ©utilisable le plus courant est le sac d’emplettes rĂ©utilisable. Au fil du temps, de nombreux Canadiens ont modifiĂ© leur comportement de consommation et normalisĂ© le fait d’apporter des sacs d’emplettes rĂ©utilisables lorsqu’ils frĂ©quentent divers commerces de dĂ©tail, notamment les Ă©piceries, et plusieurs de ces commerces vendent eux-mĂŞmes des sacs d’emplettes rĂ©utilisables Ă  leurs caisses. Le remplacement des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique par des sacs rĂ©utilisables est plus courant au Canada que l’utilisation de substituts aux cinq autres catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Par exemple, il n’est pas courant que les consommateurs apportent leurs propres rĂ©cipients alimentaires rĂ©utilisables et leurs ustensiles rĂ©utilisables pour rĂ©cupĂ©rer et consommer des aliments Ă  emporter. Par consĂ©quent, on ne considère pas que les articles rĂ©utilisables jouent un rĂ´le important Ă  court terme dans le dĂ©tournement de la consommation de cinq des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, par rapport au rĂ´le que jouent Ă  cet Ă©gard les articles Ă  usage unique non plastiques et autres articles de substitution Ă  usage unique. Toutefois, les campagnes d’éducation menĂ©es par les gouvernements et les groupes de la sociĂ©tĂ© civile sensibilisent davantage aux dĂ©chets et Ă  la pollution causĂ©s par la consommation d’articles Ă  usage unique. Au fil du temps, l’augmentation de la popularitĂ© des comportements de consommation Ă  faible production de dĂ©chets peut conduire Ă  une prĂ©fĂ©rence plus rĂ©pandue pour les produits rĂ©utilisables.

Recherche sur l’opinion publique et facteurs concernant la pandémie de COVID-19

Les rĂ©sultats du sondage portent Ă  croire qu’une forte majoritĂ© de Canadiens sont prĂ©occupĂ©s par la pollution plastique et sont favorables Ă  ce que les gouvernements prennent de nouvelles mesures. Dans une enquĂŞte menĂ©e par Abacus Data en 2018, 88 % des personnes interrogĂ©es se disent prĂ©occupĂ©es par la pollution plastique des ocĂ©ans et des cours d’eau, dont 36 % qui affirment qu’il s’agit de l’un des problèmes environnementaux les plus importants actuellementrĂ©fĂ©rence 20. Un important sondage rĂ©alisĂ© par Ipsos en 2019 a interrogĂ© près de 20 000 adultes de 28 pays, montrant un large soutien mondial aux mesures concernant les plastiquesrĂ©fĂ©rence 21. Dans l’ensemble des pays interrogĂ©s, 71 % des rĂ©pondants approuvent l’affirmation selon laquelle les plastiques Ă  usage unique devraient ĂŞtre interdits dès que possible (par pays, 72 % des rĂ©pondants canadiens et 57 % des rĂ©pondants amĂ©ricains approuvent cette affirmation).

Durant la pandĂ©mie de COVID-19, l’opinion publique sur l’interdiction des plastiques Ă  usage unique et les habitudes de consommation des plastiques Ă  usage unique a variĂ©. Deux enquĂŞtes menĂ©es par l’UniversitĂ© Dalhousie, l’une avant la pandĂ©mie et l’autre pendant, montrent que le soutien Ă  l’interdiction de tous les emballages alimentaires plastiques Ă  usage unique est passĂ© de 72 % des rĂ©pondants en 2019 Ă  58 % en 2020rĂ©fĂ©rence 22. Près de 52 % des personnes interrogĂ©es en 2020 ont convenu que toute nouvelle rĂ©glementation concernant les emballages plastiques Ă  usage unique devrait attendre que la pandĂ©mie de COVID-19 soit totalement achevĂ©e. Les enquĂŞtes suggèrent Ă©galement que les habitudes de consommation ont pu ĂŞtre modifiĂ©es, puisque 29 % des personnes interrogĂ©es ont indiquĂ© qu’elles achetaient davantage de produits emballĂ©s en plastique pendant la pandĂ©mie qu’avant celle-ci. Ă€ l’inverse, plus de 90 % des Canadiens interrogĂ©s dans le cadre d’un rĂ©cent sondage rĂ©alisĂ© en 2021 sont prĂ©occupĂ©s par les rĂ©percussions de la pollution plastique sur nos ocĂ©ans et notre faune, et un sondage rĂ©alisĂ© par Abacus Data en juin 2020 rĂ©vèle que 86 % des Canadiens sont favorables Ă  l’interdiction de certains plastiques Ă  usage unique, ce qui reprĂ©sente une hausse par rapport aux 81 % de 2019. Dans un sondage rĂ©alisĂ© au dĂ©but de 2021 par Abacus Data pour le compte d’Oceana Canada, les deux tiers des Canadiens interrogĂ©s ont indiquĂ© qu’ils Ă©taient favorables Ă  l’extension des interdictions proposĂ©es afin qu’elles couvrent plus que les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ciblĂ©es par le cadre, comme les filtres Ă  cigarettes, le polystyrène et les gobelets pour boissons chaudes et froidesrĂ©fĂ©rence 23.

La pandémie de COVID-19 a entraîné des répercussions sur la production de déchets plastiques dans certains domaines. Les plastiques offrent une protection contre la prolifération et la propagation des bactéries et des virus, car le matériau lui-même est hygiénique et facile à nettoyer. En conséquence, les équipements et instruments en plastique, y compris en plastique à usage unique, sont souvent utilisés dans le domaine médical. En réaction à la pandémie de COVID-19, la consommation de plastiques à usage unique dans le domaine médical (entre autres) a considérablement augmenté, car les travailleurs de ces milieux se protègent et protègent les autres en utilisant de grandes quantités d’équipements de protection individuelle (EPI) en plastiques à usage unique, tels que des masques, des écrans faciaux, des gants et des blouses, dont la majorité sont fabriqués à partir de polymères non biodégradables à base de pétrole. Face à la COVID-19, l’usage des EPI à usage unique est également intéressant pour le grand public en raison de leur caractère hygiénique.

Le gouvernement du Canada collabore avec les provinces pour rĂ©duire les quantitĂ©s de dĂ©tritus et de dĂ©chets provenant des EPI Ă  usage unique, car l’utilisation dans tous les secteurs et par le grand public devrait continuer Ă  augmenter. Le gouvernement du Canada investit Ă©galement dans les innovateurs canadiens en matière de recherche et de technologie pour crĂ©er et commercialiser des EPI rĂ©utilisables et compostables, ainsi que des possibilitĂ©s de recyclage des Ă©quipements Ă  usage unique lorsque cela est possible. Bien que les EPI Ă  usage unique posent certains problèmes environnementaux et de rĂ©cupĂ©ration de la valeur, le cadre du document de consultation ne caractĂ©rise pas les EPI Ă  usage unique comme Ă©tant « nocifs Â», Ă©tant donnĂ© qu’ils remplissent une fonction vitale nĂ©cessaire pour assurer la sĂ©curitĂ© des Canadiens.

Objectif

L’objectif du projet de Règlement interdisant les plastiques à usage unique (projet de règlement) consiste à prévenir la pollution par les plastiques en éliminant ou en restreignant la fabrication, l’importation et la vente de six catégories de plastiques à usage unique qui constituent une menace pour l’environnement.

Description

Le projet de règlement Ă©liminerait ou restreindrait six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique au Canada. Le projet de règlement serait conçu en vertu de l’article 93 de la LCPE, Ă  la suite de l’ajout des « articles manufacturĂ©s en plastique Â» Ă  l’annexe 1 de la LCPE.

Applicabilité

Le projet de règlement s’appliquerait aux catĂ©gories suivantes d’articles en plastique :

Les interdictions prĂ©vues par le projet de règlement comprendraient des critères de rendement applicables aux sacs d’emplettes, aux ustensiles et aux pailles. Les sacs d’emplettes en plastique, les ustensiles en plastique et les pailles en plastique ne sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant Ă  usage unique que s’ils rĂ©pondent aux critères du tableau 3. Il n’existe pas de critères semblables pour les bâtonnets Ă  mĂ©langer, les anneaux pour emballage de boissons ou les rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, car tous les produits rĂ©pondant Ă  la dĂ©finition du projet de règlement sont censĂ©s ĂŞtre Ă  usage unique.

Tableau 3 : Critères de rendement permettant de dĂ©terminer si un produit en plastique est Ă  usage unique
Article en plastique Critère
Sac d’emplettes
  • se brise ou se dĂ©chire s’il est utilisĂ© pour transporter 10 kg sur 53 m, 100 fois;
  • se brise ou se dĂ©chire s’il est lavĂ© dans une machine Ă  laver, en sĂ©lectionnant un cycle de lavage recommandĂ© par le fabricant pour le lavage du coton ou du lin;
  • fabriquĂ© Ă  partir d’une pellicule plastique
Ustensile ou paille
  • change de forme lorsqu’immergĂ© dans de l’eau maintenue Ă  une tempĂ©rature comprise entre 82 Â°C et 86 Â°C pendant 15 minutes

Les tests visant Ă  dĂ©terminer si un produit satisfait aux critères d’usage unique doivent ĂŞtre rĂ©alisĂ©s par un laboratoire agréé selon la norme ISO/CEI 17025 intitulĂ©e Exigences gĂ©nĂ©rales concernant la compĂ©tence des laboratoires d’étalonnages et d’essais, par un organisme d’agrĂ©ment signataire de l’International Laboratory Accreditation Cooperation Mutual Recognition Arrangement. La certification peut Ă©galement ĂŞtre fournie par un laboratoire agréé en vertu de la Loi sur la qualitĂ© de l’environnement du QuĂ©bec.

Interdictions et exceptions

Interdictions et exceptions concernant les articles en plastique à usage unique, à l’exception des pailles en plastique

Le projet de règlement interdirait la fabrication, l’importation et la vente des catégories de plastiques à usage unique décrites dans la sous-section précédente (à l’exception des pailles, décrites dans la sous-section suivante). La fabrication, l’importation et la vente en vue de l’exportation ne seraient pas assujetties à l’interdiction.

Interdictions et exceptions concernant les pailles en plastique

Le projet de règlement interdirait la fabrication, l’importation et la vente de pailles en plastique Ă  usage unique, y compris les pailles emballĂ©es avec d’autres articles comme les boĂ®tes Ă  boire, ainsi que les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique dans tout milieu commercial, industriel ou institutionnel, sauf pour les activitĂ©s suivantes :

Conservation des renseignements

Toute personne qui fabrique ou importe l’une des six catégories de plastiques à usage unique à des fins d’exportation doit conserver des renseignements fournissant la preuve écrite que le plastique à usage unique a été ou sera exporté. Les registres et les pièces justificatives doivent être conservés pour au moins cinq ans après leur création.

Entrée en vigueur

Le projet de règlement entrerait en vigueur un an après son enregistrement, à l’exception de l’interdiction de vente des sacs d’emplettes, des ustensiles, des récipients alimentaires fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent, des anneaux pour emballage de boissons et des bâtonnets à mélanger, qui entrerait en vigueur deux ans après son enregistrement.

Modifications corrélatives à d’autres règlements en vertu de la LCPE

Des modifications corrĂ©latives sont nĂ©cessaires au Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application —  Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [le Règlement sur les dispositions dĂ©signĂ©es] qui dĂ©signe diverses dispositions prises conformĂ©ment Ă  la LCPE comme Ă©tant soumis Ă  un rĂ©gime d’amendes en vertu de la Loi sur le contrĂ´le d’application de lois environnementales. Plus prĂ©cisĂ©ment, toutes dispositions rĂ©glementaires Ă©numĂ©rĂ©es Ă  l’annexe du Règlement sur les dispositions dĂ©signĂ©es sont assujetties Ă  des amendes minimales et Ă  des amendes maximales plus Ă©levĂ©es Ă  la suite d’une poursuite menĂ©e Ă  bien pour une infraction impliquant un dommage ou un risque de dommage Ă  l’environnement, ou une entrave Ă  l’autoritĂ©rĂ©fĂ©rence 24. Des modifications sont nĂ©cessaires pour inclure le projet de règlement dans l’annexe du Règlement sur les dispositions dĂ©signĂ©es.

Élaboration du règlement

Consultation

Le 7 octobre 2020, le Ministère a publiĂ© dans le registre de la LCPErĂ©fĂ©rence 25 le document de consultation dĂ©crivant sa proposition d’approche de gestion intĂ©grĂ©e des produits de plastique visant Ă  rĂ©duire les dĂ©chets et Ă  prĂ©venir la pollution. Le public a pu formuler des commentaires sur ce document de consultation au cours d’une pĂ©riode de 60 jours allant du 7 octobre au 9 dĂ©cembre. Au cours de cette pĂ©riode, le Ministère a reçu des observations Ă©crites reprĂ©sentant les points de vue de 245 groupes d’intervenants (151 membres de l’industrie, 39 administrations provinciales, territoriales ou municipales, 2 groupes autochtones, 32 organisations non gouvernementales et 21 autres). Le Ministère a Ă©galement reçu plus de 24 000 courriels de la part de particuliers canadiens, de mĂŞme qu’une pĂ©tition en ligne comportant plus de 100 000 signatures lancĂ©e par un groupe de la sociĂ©tĂ© civile.

Le Ministère a Ă©galement organisĂ© cinq webinaires et tenu quatre sĂ©ances de consultation en ligne auprès des intervenants entre le 30 octobre et le 27 novembre 2020. Plus de 6 000 intervenants ont Ă©tĂ© informĂ©s Ă  l’avance des webinaires, qui Ă©taient Ă©galement ouverts au public; 1 474 personnes au total y ont participĂ©. De 100 Ă  150 intervenants ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  chaque sĂ©ance de consultation; de 35 Ă  50 participants ont assistĂ© Ă  chacune d’elle. Trois webinaires et trois sĂ©ances de consultation auprès des intervenants portaient sur la proposition d’interdire certains plastiques Ă  usage unique. Parmi les sujets de discussion, on retrouvait les dĂ©finitions, les interdictions, le besoin potentiel d’exemptions et la disponibilitĂ© de produits de substitution. Une description de chaque webinaire et de chaque sĂ©ance de consultation auprès des intervenants, y compris les sujets abordĂ©s, la participation des intervenants et les commentaires reçus, se trouve dans le rapport Ce que nous avons entendu.

Tableau 4 : DegrĂ© de soutien Ă  l’interdiction de certains plastiques Ă  usage unique par type d’intervenant
Types d’intervenants Opposition Opposition partielle note a du tableau b4 Appui partiel note b du tableau b4 Appui
Industrie 30 5 10 6
Collectivité locale 0 0 2 14
Divers note c du tableau b4 2 0 2 6
ONG 0 0 0 17
Provinces et territoires 1 0 1 3
Total 33 5 15 46

Note(s) du tableau b4

Note a du tableau b4

Intervenants qui s’opposent à la proposition d’interdire ou de restreindre un ou plusieurs produits, mais qui n’ont pas pris position quant aux autres produits

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Note b du tableau b4

Intervenants qui soutiennent la proposition d’interdire ou de restreindre un ou plusieurs produits, mais qui n’ont pas pris position quant aux autres produits, ou qui ont exprimé un soutien conditionnel à la proposition d’interdire ou de restreindre un ou plusieurs produits

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Note c du tableau b4

La catĂ©gorie « divers Â» comprend, entre autres, des spĂ©cialistes universitaires, scientifiques et juridiques, des dĂ©putĂ©s, un Ă©tablissement du secteur des sciences de la santĂ© et un organisme de normalisation.

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Des intervenants de l’industrie, des administrations provinciales, territoriales ou municipales, des groupes autochtones et des organisations non gouvernementales ont notamment formulé des commentaires. Ceux-ci portaient sur un éventail de sujets, mais se rapportaient généralement à l’un des sept thèmes résumés dans les sous-sections ci-dessous. Les organisations de la société civile et les collectivités locales ont reconnu les problèmes que la pollution plastique cause aux Canadiens. Bon nombre de ces organisations étaient en faveur d’une interdiction des plastiques à usage unique, mais plusieurs ont également exhorté le gouvernement du Canada à prendre des mesures plus ambitieuses (par exemple interdire davantage de plastiques à usage unique). Les administrations provinciales et territoriales ont pour la plupart appuyé l’interdiction.

Plastiques non conventionnels

Le document de consultation comprenait une question sur une éventuelle exemption accordée aux plastiques non conventionnels (par exemple les plastiques oxodégradables, compostables)référence 26. Une répartition des réponses par groupe d’intervenants est présentée ci-dessous.

Tableau 5 : DegrĂ© d’appui Ă  une exemption pour les plastiques non conventionnels par type d’intervenants
Types d’intervenants Opposition Appui partiel Appui Total
Autochtones 1 0 0 1
Industrie 8 7 13 28
Collectivité locale 12 1 3 16
Divers note a du tableau c1 1 0 2 3
ONG 5 3 0 8
Provinces et territoires 1 1 0 2
Total 28 12 18 58

Note(s) du tableau c1

Note a du tableau c1

La catĂ©gorie « divers Â» comprend, entre autres, des spĂ©cialistes universitaires, scientifiques et juridiques, des dĂ©putĂ©s, un Ă©tablissement du secteur des sciences de la santĂ© et un organisme de normalisation.

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Parmi les groupes industriels qui ont répondu à la question, la plupart appuient ou appuient partiellement l’exemption, invoquant les possibilités d’innovation et de croissance tout en préservant les options offertes aux consommateurs. En revanche, les réponses des intervenants de l’extérieur de l’industrie sont majoritairement défavorables à une exemption, une minorité exprimant leur appui partiel ou total. Un appui partiel était souvent conditionnel à la prise d’autres mesures par le gouvernement du Canada, comme l’établissement de normes ou de définitions cohérentes pour les plastiques compostables, biodégradables et bioproduits. L’opposition à l’exemption s’explique principalement par les préoccupations concernant la contamination du flux des matières recyclables par les plastiques non conventionnels ou par le fait que ceux-ci ne se compostent pas dans les courts délais associés aux installations municipales de compostage. Les collectivités locales, qui exploitent habituellement les installations de compostage et de recyclage, sont généralement opposées aux exemptions pour ces raisons, invoquant des préoccupations relatives à la contamination des flux de compostage et de recyclage qui conduit à un produit de moindre qualité.

Le Ministère reconnaît les avantages possibles de l’utilisation d’articles à usage unique fabriqués à partir de plastiques non conventionnels plutôt que de l’utilisation d’articles équivalents fabriqués à partir de plastiques conventionnels. Parmi ces avantages, on trouve la réduction de la consommation de combustibles fossiles lorsque des matériaux d’origine végétale remplacent des matières premières plastiques produisant de fortes émissions de carbone, et l’augmentation du détournement des déchets alimentaires dans les cas où la contamination des plastiques peut constituer un obstacle au recyclage. Le Ministère reconnaît également que ces avantages sont compliqués par plusieurs problèmes liés aux plastiques compostables. Certains plastiques compostables ne sont pas acceptés dans certaines installations de compostage; ces plastiques sont donc redirigés vers les sites d’enfouissement. De plus, bien que les plastiques compostables ressemblent beaucoup aux plastiques conventionnels qu’ils remplacent, bon nombre d’entre eux ne sont pas destinés au recyclage. Ce mélange de plastiques compostables et conventionnels peut donc contaminer le flux de recyclage et réduire ainsi les taux de recyclage et de récupération. Par conséquent, le projet de règlement traiterait les articles à usage unique fabriqués à partir de plastiques non conventionnels de la même manière que leurs homologues en plastique conventionnel. Le Ministère collabore avec des partenaires et des intervenants, y compris les provinces et les territoires, pour améliorer les connaissances au sujet des plastiques non conventionnels, ce qui éclairera les prochaines mesures visant à promouvoir l’innovation, la croissance propre et la circularité dans ce secteur.

Préoccupations en matière d’accessibilité

Certains Canadiens dépendent grandement des pailles flexibles en plastique à usage unique dans leur vie quotidienne, notamment les personnes ayant une déficience et celles qui se remettent d’une intervention médicale. De nombreux intervenants ont demandé au Ministère d’envisager des exemptions pour toute interdiction proposée quant aux pailles flexibles en plastique à usage unique afin de répondre aux préoccupations en matière d’accessibilité. Le Ministère s’est engagé à faire en sorte que les pailles flexibles en plastique à usage unique demeurent offertes aux Canadiens qui en ont besoin. Le projet de règlement permettrait aux Canadiens ayant une déficience de continuer à acheter des pailles flexibles en plastique à usage unique pour leur propre usage. Les hôpitaux et les autres milieux médicaux pourraient également s’en procurer. Ces arrangements visent à ce que des possibilités soient offertes au Canada tout en assurant la protection de l’environnement contre la pollution plastique.

Engagements du Canada en matière de commerce international

Certains intervenants ont suggéré que l’interdiction des plastiques à usage unique pourrait aller à l’encontre des exigences ou à l’esprit des engagements en matière de commerce international du Canada. Le gouvernement du Canada reconnaît ses engagements en matière de commerce international et continuera à les respecter. Le Ministère a vérifié si le projet de règlement pouvait aller à l’encontre des engagements du Canada en matière de commerce international et a conclu que ce n’était pas le cas. Lorsque les accords internationaux l’exigeront, le Canada informera les parties concernées, comme l’Organisation mondiale du commerce, du projet de règlement. Toutes les entreprises exerçant des activités au Canada ou exportant vers celui-ci seraient assujetties à la proposition d’interdire certains plastiques à usage unique, ce qui éliminerait ainsi tout avantage commercial indu sur le marché intérieur. Toutefois, le Ministère est conscient des conséquences d’une interdiction pour les fabricants nationaux qui sont en concurrence sur le marché mondial, où il est possible de ne trouver aucune interdiction. Par conséquent, la fabrication des six catégories de plastiques à usage unique aux fins d’exportation ainsi que l’importation aux fins de réexportation continuera d’être autorisée en vertu du projet de règlement.

Répercussions sociales, économiques et environnementales non voulues des produits de substitution

Certains intervenants ont exprimé leurs préoccupations quant au fait que l’interdiction de grande envergure imposée par le gouvernement a souvent des répercussions non voulues, notamment des effets sociaux, économiques et environnementaux négatifs.

En ce qui concerne les effets possibles sur l’environnement, certains intervenants ont exprimĂ© leurs prĂ©occupations quant au fait que certains substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique pourraient avoir de graves rĂ©percussions sur l’environnement. En gĂ©nĂ©ral, ces prĂ©occupations concernaient notamment l’augmentation des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (GES) en raison du transport de matĂ©riaux plus lourds (par exemple la masse des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique par rapport Ă  celle des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique) ou l’augmentation des Ă©missions créées pendant le processus de fabrication. Le Ministère a soigneusement analysĂ© dans quelle mesure les substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique pourraient entraĂ®ner des rĂ©percussions environnementales nĂ©fastes. Bien que le projet de règlement permette de rĂ©duire les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique, certaines activitĂ©s rĂ©alisĂ©es en amont, telles que la fabrication et le transport, pourraient avoir des rĂ©percussions nĂ©gatives mineures sur l’environnement. Bon nombre de ces effets possibles en amont peuvent ĂŞtre attĂ©nuĂ©s par une consommation accrue de produits rĂ©utilisables ainsi que par les mesures de gestion actuelles qui ont Ă©tĂ© mises en place par le gouvernement fĂ©dĂ©ral et d’autres administrations, comme l’établissement d’une tarification de la pollution causĂ©e par le carbone, divers règlements sur les Ă©missions et les effluents Ă  l’intention des usines de pâtes et papiers et des normes d’émissions des vĂ©hicules. De plus amples dĂ©tails sur ce sujet se retrouvent dans la section « Ă‰valuation environnementale stratĂ©gique Â».

En ce qui concerne les effets sociaux et économiques potentiels, les intervenants ont souligné que certaines personnes comptent sur les plastiques à usage unique pour réaliser des tâches essentielles (par exemple les personnes ayant une déficience qui comptent sur les pailles flexibles en plastique à usage unique) ou en raison de leur coût relativement faible. Afin de minimiser le risque de répercussions non voulues, le Ministère a élaboré le projet de règlement en tenant compte des pratiques exemplaires et des leçons apprises d’autres administrations ainsi que d’une étude de marché approfondie. De plus, le Ministère a effectué une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+), qui portait sur les répercussions potentielles du projet de règlement proposé sur certains groupes démographiques, notamment les personnes ayant une déficience, les femmes et les parents seuls. Les résultats de cette analyse ont été pris en compte dans l’élaboration du règlement et de la stratégie de mise en œuvre (par exemple exemptions pour les pailles flexibles en plastique à usage unique). Le Ministère collaborera avec les partenaires et les intervenants à la mise en œuvre du projet de règlement afin de réduire au minimum le risque de répercussions non voulues.

On encourage les intervenants qui pourraient avoir de l’information susceptible de minimiser davantage le risque d’effets environnementaux, sociaux ou Ă©conomiques non voulus Ă  communiquer avec le Ministère pendant la pĂ©riode de 70 jours accordĂ©e pour recueillir les commentaires du public.

Difficultés économiques en raison de la pandémie de COVID-19

De nombreux intervenants craignent que le moment soit mal choisi pour interdire certains plastiques Ă  usage unique, en raison des difficultĂ©s Ă©conomiques actuelles et du stress engendrĂ© par la pandĂ©mie de COVID-19. Alors que les fabricants et les dĂ©taillants de plastique Ă  usage unique constatent une augmentation des ventes en raison de la COVID-19, on s’attend Ă  ce qu’elles reviennent aux niveaux approximatifs de 2019 après la pandĂ©mierĂ©fĂ©rence 27. La plupart des autres entreprises ont vu leurs revenus diminuer en raison des fermetures forcĂ©es et de la rĂ©duction des revenus disponibles chez les consommateurs. Qui plus est, presque toutes les entreprises doivent composer avec une augmentation des coĂ»ts en raison des mesures de santĂ© publique (par exemple EPI, dĂ©sinfectant pour les mains, Ă©crans en plexiglas). Les difficultĂ©s supplĂ©mentaires qui pourraient ĂŞtre rencontrĂ©es pour trouver des substituts aux six catĂ©gories de plastique Ă  usage unique surviennent Ă  un moment oĂą de nombreuses entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, pourraient ne pas ĂŞtre en mesure de supporter de nouvelles augmentations de leurs coĂ»ts d’exploitation.

Le gouvernement du Canada est sensible aux répercussions que la pandémie de COVID-19 a sur le milieu des affaires et s’engage à élaborer des mesures environnementales de façon responsable afin de favoriser la reprise économique et la protection de la santé humaine. Le projet de règlement tient compte des répercussions de la pandémie et d’autres facteurs, tels que les besoins en matière d’accessibilité. Par exemple, une période de transition est proposée pour l’interdiction des six catégories de plastiques à usage unique pour permettre aux entreprises de les éliminer progressivement en perturbant le moins possible leurs activités. Enfin, on continuerait d’autoriser les entreprises à fabriquer les six catégories de plastiques à usage unique à des fins d’exportation.

L’interdiction n’est pas assez exhaustive

De nombreux intervenants ont cerné d’autres plastiques qui sont problématiques pour l’environnement. Ils estiment que l’interdiction doit être élargie pour englober un plus grand nombre d’articles.

Le document de consultation présente l’évaluation de nombreux plastiques à usage unique afin de déterminer s’ils posent des problèmes en matière d’environnement ou de récupération de la valeur. Pour les articles qu’on a choisi d’interdire, il existe des substituts que les consommateurs peuvent facilement trouver. À l’heure actuelle, six articles sont considérés comme candidats à une interdiction ou restriction potentielle selon ces critères. De nombreux intervenants ont demandé pourquoi les bouteilles d’eau en plastique à usage unique ne faisaient pas partie de l’interdiction. Les bouteilles d’eau sont généralement fabriquées en polyéthylène téréphtalate (PET), une résine plastique hautement recyclable, et font l’objet de programmes tels que les programmes de consigne des bouteilles dans de nombreux territoires. Par conséquent, elles ne répondent pas aux critères d’interdiction ou de restriction prévues par le cadre de travail. Néanmoins, le Ministère est conscient des données sur les rejets de détritus qui démontrent le grand nombre de bouteilles en plastique à usage unique présentes dans l’environnement. Il passera en revue les données sur le rendement relatif aux mesures actuelles et collaborera avec les partenaires et les intervenants pour cerner les domaines où des mesures supplémentaires sont nécessaires. De manière plus générale, le Ministère continuera d’assurer un suivi des dernières recherches et données sur la pollution plastique dans notre environnement, et consultera les Canadiens si d’autres éléments sont jugés préoccupants.

Création de normes nationales

Les intervenants ont demandĂ© Ă  ce que le gouvernement du Canada s’attaque aux irrĂ©gularitĂ©s terminologiques constatĂ©es dans l’étiquetage des produits et la publicitĂ©, lors de l’utilisation des termes « recyclable Â», « compostable Â» et « biodĂ©gradable Â». Plusieurs intervenants ont suggĂ©rĂ© que la crĂ©ation de normes nationales pour ces termes aiderait les consommateurs Ă  mieux comprendre les effets des produits qu’ils achètent. Ces normes pourraient Ă©galement aider les Canadiens Ă  se dĂ©barrasser des dĂ©chets plastiques par le circuit de gestion des dĂ©chets appropriĂ©, attĂ©nuant ainsi les problèmes de contamination des installations de recyclage et de compostage.

La création de normes nationales est hors de la portée de la proposition actuelle. Bien que, pour l’instant, il n’existe au Canada aucun cadre réglementaire qui définisse ces matériaux et leur gestion, les normes relatives aux plastiques bioproduits, y compris les normes relatives aux produits de plastique compostable, seront abordées dans le cadre de la stratégie pancanadienne visant l’atteinte de zéro déchet de plastique.

Obligations relatives aux traités modernes et consultation et mobilisation des Autochtones

L’évaluation des rĂ©percussions des traitĂ©s modernes effectuĂ©e pour le projet de règlement, conformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’approche fĂ©dĂ©rale pour la mise en Ĺ“uvre des traitĂ©s modernes, a menĂ© Ă  la conclusion selon laquelle le projet introduirait de nouvelles exigences rĂ©glementaires sur les terres visĂ©es par les traitĂ©s modernes. Toutefois, le projet de règlement ne devrait pas affecter les droits protĂ©gĂ©s par la Loi constitutionnelle de 1982 ni ceux Ă©noncĂ©s dans les traitĂ©s modernes.

Une enquĂŞte menĂ©e par le Ministère sur les lois et règlements promulguĂ©s par les gouvernements autochtones, conformĂ©ment aux traitĂ©s modernes, a rĂ©vĂ©lĂ© que certaines lois et certains règlements autochtones sont en place pour aider Ă  gĂ©rer les effets de la pollution dĂ©coulant des plastiques Ă  usage unique. Par exemple :

À l’instar des autres provinces et territoires au Canada qui ont adopté des interdictions concernant les plastiques à usage unique ou le rejet de détritus, ces mesures seraient renforcées par des mesures fédérales visant à retirer certains plastiques à usage unique du marché national. Ce faisant, la charge que représentent pour les communautés la création, la mise en œuvre et l’application de mesures locales sera considérablement réduite. Les communautés autochtones qui ont adopté des mesures de lutte contre la pollution plastique seront informées du projet de règlement et invitées à y contribuer.

Dans le cadre des Ă©changes sur le document de consultation, le Ministère a reçu des commentaires Ă©crits de deux organisations autochtones : l’une situĂ©e dans le Nord-du-QuĂ©bec et l’autre, au Canada atlantique. Celles-ci se disaient prĂ©occupĂ©es par l’augmentation du degrĂ© de pollution plastique dans les communautĂ©s autochtones, expliquaient les dĂ©fis que pose la gestion des dĂ©chets plastiques dans les rĂ©gions rurales et Ă©loignĂ©es, et encourageaient le gouvernement du Canada Ă  collaborer Ă©troitement avec les communautĂ©s lors de la crĂ©ation des mesures.

Dans un souci de mobilisation hâtive, le Ministère a tenu une rĂ©union virtuelle « en personne Â» avec les communautĂ©s et organisations autochtones intĂ©ressĂ©es le 8 janvier 2021 pour discuter de l’approche de gestion du risque proposĂ©e dans le document de consultation, rĂ©pondre aux questions et solliciter des commentaires. Sept reprĂ©sentants d’organisations autochtones ont participĂ© Ă  la rĂ©union. Les commentaires reçus lors de cette rencontre sont les suivants :

En rĂ©ponse aux commentaires des peuples autochtones, le Ministère :

La période de commentaires préalable à la publication est également l’occasion pour les peuples autochtones de faire part de leurs commentaires sur le projet de règlement.

Choix de l’instrument

L’annonce du premier ministre et la lettre de mandat subsĂ©quente adressĂ©e au ministre de l’Environnement en 2019, suivies du discours du TrĂ´ne de 2020, ont Ă©tabli l’engagement du gouvernement du Canada Ă  interdire les plastiques Ă  usage unique nocifs lorsque cette interdiction est soutenue et justifiĂ©e par des preuves scientifiques. Cet engagement a Ă©tĂ© rĂ©itĂ©rĂ© en octobre 2020 avec la publication du document de consultation, qui dĂ©crit le cadre de gestion du gouvernement du Canada pour les plastiques Ă  usage unique. Ce cadre soutient l’engagement susmentionnĂ© ainsi que le plan global du gouvernement du Canada visant Ă  atteindre l’objectif de zĂ©ro dĂ©chet de plastique. Un processus en trois Ă©tapes y est Ă©tabli, afin de :

La première Ă©tape du cadre consiste Ă  catĂ©goriser les articles en plastique Ă  usage unique comme Ă©tant soit problĂ©matiques sur le plan environnemental, soit problĂ©matiques sur le plan de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur, soit les deux, et d’identifier les considĂ©rations pour d’éventuelles exemptions aux mesures de gestion. Les critères de catĂ©gorisation des articles en plastique Ă  usage unique sont dĂ©crits dans le tableau ci-dessous. Parmi les considĂ©rations relatives aux exemptions aux mesures de gestion du risque, on retrouve le fait de savoir si un article en plastique Ă  usage unique remplit une fonction essentielle (par exemple accessibilitĂ©, santĂ© et sĂ©curitĂ©, sĂ»retĂ©) et s’il existe un substitut viable qui peut remplir la mĂŞme fonction que cet article.

Tableau 6 : CaractĂ©risation des plastiques Ă  usage unique
Catégories de plastiques à usage unique Critères
Problématique sur le plan environnemental
  • Plastique Ă  usage unique très rĂ©pandu dans les milieux naturel ou urbain, selon la science citoyenne, la sociĂ©tĂ© civile ou les donnĂ©es sur l’audit des dĂ©chets municipaux
  • Plastique Ă  usage unique qui est connu pour causer des dommages Ă  l’environnement (par exemple risque d’ingestion ou d’étranglement pour la faune), ou qui est suspectĂ© d’en causer
Problématique sur le plan de la récupération de la valeur
  • Plastique Ă  usage unique qui nuit aux systèmes de recyclage ou aux systèmes de traitement des eaux usĂ©es
  • Plastique Ă  usage unique dont le taux de recyclage est faible ou très faible (plus faible que le taux de recyclage moyen pour les emballages en plastique, de 0 Ă  22 %)
  • PrĂ©sence d’obstacles Ă  l’augmentation de leur taux de recyclage.

La deuxième Ă©tape du cadre fixe trois objectifs de gestion en fonction de la catĂ©gorisation des plastiques Ă  usage unique :

La troisième Ă©tape du cadre consiste Ă  choisir des instruments en s’appuyant sur le Cadre de choix des instruments pour la gestion de risques du Ministère en vertu de la LCPE. Dans ce cadre, les instruments sont choisis en fonction de plusieurs critères, dont les suivants :

Les instruments potentiels prĂ©sentĂ©s dans ce cadre comprennent les interdictions et les restrictions dans les utilisations, les mesures incitatives pour encourager l’utilisation de produits ou de systèmes rĂ©utilisables, les exigences relatives aux produits (par exemple les règles ou les lignes directrices en matière de recyclabilitĂ©) et la responsabilitĂ© Ă©largie des producteurs ou autres exigences de collecte et de recyclage.

Le Ministère a Ă©valuĂ© quatorze catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique selon les critères du cadre de gestion prĂ©sentĂ©s dans le document de consultation. Au total, six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique rĂ©pondaient aux critères dĂ©crits dans la première Ă©tape du cadre, Ă  savoir qu’ils Ă©taient problĂ©matiques Ă  la fois sur le plan environnemental et sur le plan de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur, et sont donc candidats Ă  une interdiction ou Ă  des restrictions de leur utilisation. Les huit autres catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique qui ne remplissaient pas tous les critères sont des candidats potentiels Ă  la gestion par d’autres instruments. Par exemple, le Ministère a dĂ©terminĂ© que les exigences relatives aux produits constituaient l’instrument le plus appropriĂ© pour les emballages composĂ©s de matĂ©riaux multiples. Le Ministère continuera de collaborer avec les administrations, les intervenants et le public pour aider Ă  dĂ©terminer comment la gestion de ces autres plastiques Ă  usage unique peut ĂŞtre amĂ©liorĂ©e pour rĂ©duire la pollution plastique et accroĂ®tre la rĂ©cupĂ©ration de la valeur.

En vertu du cadre, il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que les mesures rĂ©glementaires visant Ă  interdire ou Ă  restreindre les plastiques Ă  usage unique problĂ©matiques sur le plan environnemental et sur le plan de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur constituent la seule option viable pour Ă©liminer ou rĂ©duire considĂ©rablement l’entrĂ©e de ces plastiques dans l’environnement du Canada. Le Ministère a dĂ©terminĂ© que, Ă  la suite de l’ajout des articles manufacturĂ©s en plastique Ă  l’annexe 1 de la LCPE, l’élaboration de règlements en vertu de l’article 93 de la Loi constituait l’approche de gestion de risque privilĂ©giĂ©e. En effet, la LCPE est l’une des principales lois du gouvernement du Canada visant Ă  prĂ©venir la pollution pouvant causer des dommages Ă  l’environnement. La Loi offre Ă©galement un large Ă©ventail d’outils qui permettent une certaine souplesse pour adapter les mesures nĂ©cessaires Ă  des problèmes prĂ©cis.

Analyse de la réglementation

Avantages et coûts

Cadre d’analyse

Afin d’analyser les impacts diffĂ©rentiels du projet de règlement, le Ministère a Ă©laborĂ© un cadre d’analyse pour dĂ©finir les coĂ»ts et les avantages (figure 2). Sauf indication contraire, tous les coĂ»ts et avantages prĂ©sentĂ©s dans les sous-sections suivantes sont en dollars canadiens de 2020, en valeur actualisĂ©e Ă  l’annĂ©e de base 2021 en utilisant un taux d’actualisation de 3 %. Le taux d’actualisation public de 3 % est appliquĂ© dans l’analyse centrale puisque le projet de règlement toucherait principalement la consommation privĂ©e de biens et de services. Le total des avantages et des coĂ»ts monĂ©taires actualisĂ©s Ă  7 % ainsi que les totaux non actualisĂ©s sont prĂ©sentĂ©s dans la sous-section « Analyse de sensibilitĂ© Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â».

Figure 2 : Cadre d’analyse coĂ»ts-avantages
Conception des politiques et activités Coûts Avantages
Interdiction de six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, qui se traduit par :
  • la diminution de la quantitĂ© (et du tonnage) de dĂ©chets plastiques provenant des plastiques Ă  usage unique qui entrent dans le flux de dĂ©chets ou qui deviennent de la pollution plastique dans l’environnement
  • l’augmentation connexe de la quantitĂ© (et du tonnage) de dĂ©chets provenant de substituts aux plastiques Ă  usage unique entrant dans le flux de dĂ©chets et dans l’environnement
CoĂ»ts Ă©conomiques :
  • CoĂ»t de substitution
  • CoĂ»t d’utilisation secondaire
  • CoĂ»t de la gestion des dĂ©chets
Impacts environnementaux et sociaux :
  • Analyse du cycle de vie
  • Perte potentielle d’utilitĂ© perçue (Ă  partir des prĂ©fĂ©rences des consommateurs)
  • RĂ©duction des risques de blessure ou de mort pour la faune et amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’habitat
  • Plus grande jouissance des biens et services Ă©cologiques
  • Évitement de coĂ»ts relatifs au ramassage des dĂ©tritus
  • Évitement de coĂ»ts relatifs Ă  la pollution marine
Conservation des renseignements Frais administratifs s.o.
Promotion de la conformité Coûts pour le gouvernement s.o.
Activités d’application de la loi Coûts pour le gouvernement s.o.

La conception des politiques et les activitĂ©s dĂ©crites dans le cadre d’analyse correspondent Ă  celles prĂ©sentĂ©es dans la section « Description Â». Avant de pouvoir estimer les coĂ»ts ou les avantages, il faut d’abord quantifier les rĂ©percussions du projet de règlement sur les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique.

Quantifier la diminution des déchets plastiques (et l’augmentation connexe des déchets provenant de substituts)

Comme les articles manufacturĂ©s Ă  usage unique sont destinĂ©s Ă  devenir des dĂ©chets immĂ©diatement après avoir rempli leur fonction, l’analyse prĂ©sume que les « unitĂ©s vendues Â» sont Ă©quivalentes aux « dĂ©chets produits Â». Pour arriver Ă  quantifier le changement dans les dĂ©chets qui est liĂ© au projet de règlement, on peut estimer les volumes de ventes au fil du temps pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et leurs principaux substituts, d’abord en l’absence de rĂ©glementation (scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence), puis, en tenant compte de la rĂ©glementation (scĂ©nario rĂ©glementaire). Un cadre de quantification pour cette estimation est prĂ©sentĂ© Ă  la figure 3. La surface de chaque rectangle reprĂ©sente le volume des ventes d’un plastique Ă  usage unique donnĂ© et de ses principaux substituts (remarque : les surfaces ne sont pas Ă  l’échelle, le diagramme est uniquement illustratif).

Figure 3 : Cadre de quantification des unitĂ©s vendues / dĂ©chets produits au Canada

Un modèle logique est prĂ©sentĂ© ici montrant la mĂ©thode par laquelle l'analyse coĂ»ts-avantages estime la variation des unitĂ©s de plastiques Ă  usage unique vendues par rapport aux substituts entre le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et le scĂ©nario rĂ©glementaire. – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 3 : Cadre de quantification des unitĂ©s vendues / dĂ©chets produits au Canada - Version textuelle

Dans l'analyse coĂ»ts-avantages, chaque unitĂ© vendue des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence est rĂ©affectĂ©e dans l'une des trois voies suivantes du scĂ©nario rĂ©glementaire : exemptions, changement de comportement ou interdictions. La quantitĂ© des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique exemptĂ©es dans le marchĂ© canadien serait maintenue dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, tandis que la quantitĂ© des six catĂ©gories de plastiques Ă  usages uniques interdites serait remplacĂ©e par des substituts facilement disponibles dans le scĂ©nario rĂ©glementaire. Une partie de la quantitĂ© des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique dans le marchĂ© serait soumise Ă  un changement de comportement qui rĂ©duirait la demande d'articles Ă  usage unique. Par consĂ©quent, la quantitĂ© totale d'articles Ă  usage unique vendus dans le scĂ©nario rĂ©glementaire serait lĂ©gèrement infĂ©rieure Ă  celle du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence.

Les quantifications suivant le cadre de la figure 3 sont prĂ©sentĂ©es dans les sous-sections ci-dessous.

Scénario de référence

Le Ministère a acquis des donnĂ©es de marchĂ© sur les sacs d’emplettes, les ustensiles, les rĂ©cipients alimentaires, les anneaux pour emballage de boissons, les bâtonnets Ă  mĂ©langer et les pailles auprès de sociĂ©tĂ©s internationales d’analyse de donnĂ©es et a croisĂ© ces donnĂ©es avec celles issues d’autres recherches (par exemple les tableaux des ressources et des emplois de Statistique Canada, les renseignements exclusifs de l’industrie, la documentation accessible au public et les sites Web des fabricants, des distributeurs ou des grossistes) afin de crĂ©er une base de donnĂ©es historique s’étendant de 2015 Ă  2019. La base de donnĂ©es comprend des estimations du volume des ventes, du prix moyen par unitĂ© (tel qu’il est payĂ© par le dĂ©taillant final) et de la masse moyenne par unitĂ©, et ce, pour les six catĂ©gories de plastique Ă  usage unique et leurs principaux substituts. Le volume des ventes est multipliĂ© par le prix moyen par unitĂ© pour estimer la valeur marchande et par la masse moyenne par unitĂ© pour estimer le tonnage. Les estimations pour 2019 sont prĂ©sentĂ©es dans le tableau 1 et le tableau 2 de la section « Contexte Â».

Afin d’élaborer un scénario de référence projeté, on a calculé la croissance annuelle moyenne des volumes de ventes au cours de la période historique (2015 à 2019) pour les six catégories de plastiques à usage unique et leurs principaux substituts, puis on l’a appliquée à partir de 2024. L’analyse suppose une croissance nulle des ventes des six catégories de plastiques à usage unique et de leurs principaux substituts entre 2019 et 2023, afin de tenir compte du degré d’incertitude élevé attribuable à la pandémie de COVID-19 et à ses répercussions sur ces marchés. Au milieu de mesures de santé publique comme les règles de confinement à la maison, les fermetures temporaires d’entreprises et le télétravail, les habitudes des Canadiens en ce qui a trait à l’utilisation des six catégories de plastiques à usage unique ont changé. Par exemple, une plus grande consommation de repas à emporter peut contribuer à une plus grande utilisation de récipients alimentaires et d’ustensiles en plastique, alors qu’une diminution des sorties sociales dans les restaurants et les bars peut contribuer à une diminution de l’utilisation de pailles et de bâtonnets à mélanger. Il existe une grande incertitude quant aux effets résiduels de la pandémie de COVID-19 sur le marché pour les six catégories de plastique à usage unique. La mise en équivalence des volumes de vente projetés en 2023 à ceux observés en 2019 suppose que les marchés de ces biens ne changeront pas définitivement de cap, mais que les taux d’utilisation et les schémas de croissance observés reviendront à la normale une fois que les restrictions en matière de santé publique seront levées.

Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence projetĂ© tient Ă©galement compte des administrations qui ont adoptĂ© des interdictions localisĂ©es pour l’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique qui sont entrĂ©es en vigueur après 2019 et avant juin 2021 (par exemple l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador, Vancouver, Saint-Jean-sur-Richelieu, Sherbrooke), en ajustant Ă  la baisse les volumes des ventes du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence proportionnellement au pourcentage de la population vivant dans les zones assujetties Ă  ces interdictions. On peut ainsi s’assurer que les coĂ»ts et les avantages des mesures prises par d’autres administrations ne sont pas attribuĂ©s au projet de règlement. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence ne tient pas compte des annonces faites par les gouvernements ou l’industrie concernant leur intention d’éliminer progressivement l’utilisation de l’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, car ces annonces ne sont pas contraignantes.

Scénario réglementaire

Comme l’illustre la figure 3, toutes les ventes pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique dans le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence seraient rĂ©affectĂ©es Ă  l’une des trois issues du scĂ©nario rĂ©glementaire : exemptions, rĂ©duction de la demande ou substitution. Les facteurs de rĂ©affectation utilisĂ©s dans l’analyse sont prĂ©sentĂ©s pour chaque issue dans le tableau 7.

Tableau 7 : Facteurs de rĂ©affectation du scĂ©nario rĂ©glementaire (pourcentage de l’utilisation de rĂ©fĂ©rence)
Catégorie d’article Exemptions Réduction de la demande Substitution
Sacs d’emplettes en plastique à usage unique 0 5 95
Ustensiles en plastique Ă  usage unique 0 15 85
Récipients alimentaires en plastique à usage unique fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent 0 0 100
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique 0 0 100
Bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique 0 10 90
Pailles en plastique Ă  usage unique 10 15 75

Les exemptions concernent la poursuite de la fabrication, de l’importation et de la vente de produits de plastique Ă  usage unique dans certains cas, comme l’indique la section « Description Â». Le projet de règlement comporterait des exemptions permettant de maintenir l’accès aux pailles flexibles en plastique Ă  usage unique Ă  des fins d’accessibilitĂ©. La base de donnĂ©es historique de 2015 Ă  2019 dĂ©montre que les pailles en plastique Ă  usage unique vendues aux « soins de santĂ© Â» et aux « mĂ©nages Â» reprĂ©sentent environ 6 % des ventes totales au cours de cette pĂ©riode. Étant donnĂ© que le projet de règlement permettrait la vente des pailles flexibles en plastique Ă  usage unique aux fins de soins de santĂ© et d’usage individuel, l’analyse suppose un taux d’exemption de 10 % pour tenir compte de ces ventes de base ainsi qu’une certaine contingence pour tenir compte de l’augmentation des ventes par les personnes qui voudraient une paille en plastique Ă  usage unique, mais qui n’en recevraient plus dans un restaurant, par exemple. Une analyse plus approfondie de cette considĂ©ration est prĂ©sentĂ©e dans la section « Analyse comparative entre les sexes plus Â».

La rĂ©duction de la demande fait rĂ©fĂ©rence Ă  la diminution prĂ©vue de la demande de substituts Ă  usage unique qui serait induite par le projet de règlement. Des coĂ»ts unitaires plus Ă©levĂ©s pour certains substituts pourraient entraĂ®ner un changement de comportement dans le commerce de dĂ©tail (Ă©lasticitĂ© de la demande par rapport au prix)rĂ©fĂ©rence 28. Ainsi, certains substituts (par exemple les sacs d’emplettes en papier, les pailles en papier, les ustensiles et les bâtonnets Ă  mĂ©langer en bois) pourraient ĂŞtre proposĂ©s « sur demande Â» plutĂ´t que « par dĂ©faut Â».

La substitution dĂ©signe le remplacement des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique par leurs substituts faciles Ă  trouver. En gĂ©nĂ©ral, pour les plastiques Ă  usage unique pour lesquels on retrouve plusieurs substituts (par exemple les rĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent), la rĂ©affectation Ă  chaque substitut est fondĂ©e sur les parts de marchĂ© relatives du scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence. Les sacs d’emplettes en plastique sont la seule catĂ©gorie de plastique Ă  usage unique pour laquelle un substitut rĂ©utilisable (c’est-Ă -dire les sacs d’emplettes en plastique rĂ©utilisables) est Ă©galement modĂ©lisĂ©. L’analyse suppose la substitution d’un article en plastique Ă  usage unique par un article de substitution, et ce, pour toutes les catĂ©gories, Ă  l’exception des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Par exemple, un bâtonnet Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique serait remplacĂ© par un bâtonnet Ă  mĂ©langer Ă  usage unique en bois, et une paille en plastique Ă  usage unique serait remplacĂ©e par une paille en papier Ă  usage unique. En ce qui a trait aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, des facteurs supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© inclus pour tenir compte de la substitution par des sacs d’emplettes rĂ©utilisables, ainsi que des diffĂ©rences de capacitĂ© volumique entre les sacs d’emplettes en plastique et leurs substituts. Plus prĂ©cisĂ©ment, l’analyse suppose qu’en moyenne, un sac d’emplettes en papier Ă  usage unique remplacerait 1,2 sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique, et qu’un sac d’emplettes rĂ©utilisable remplacerait 1,7 sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique chaque fois qu’il est utilisĂ©rĂ©fĂ©rence 29. En utilisant les exigences pour distinguer un sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique d’un sac « rĂ©utilisable Â» (comme l’indique la section « Description Â»), l’analyse suppose que chaque sac d’emplettes rĂ©utilisable serait utilisĂ© 100 fois en moyenne, remplaçant ainsi 170 sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique au cours de sa durĂ©e de vie.

Changement différentiel

Comme l’indique la section « Description Â», l’interdiction de fabrication et d’importation devrait entrer en vigueur en 2023, tandis que l’interdiction de vente devrait entrer en vigueur en 2024 (Ă  l’exception des pailles en plastique Ă  usage unique, pour lesquelles toutes les interdictions devraient entrer en vigueur en 2023). L’analyse suppose que 60 % des substitutions pour chaque catĂ©gorie de plastique Ă  usage unique se produiraient au cours de la première annĂ©e de mise en Ĺ“uvre et que les 40 % restants se produiraient au cours de la deuxième annĂ©e de mise en Ĺ“uvre. Il s’agit de tenir compte de la pĂ©riode d’écoulement de facto entre l’interdiction de fabrication et d’importation et l’interdiction de vente. La pĂ©riode d’analyse choisie s’étend sur 10 ans Ă  partir de la première annĂ©e de mise en Ĺ“uvre (2023 Ă  2032). La première annĂ©e d’application rigoureuse de la politique est la deuxième annĂ©e de mise en Ĺ“uvre (2024).

La diffĂ©rence entre le scĂ©nario rĂ©glementaire et le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence est le changement progressif. Comme le montre le tableau 8, le projet de règlement devrait rĂ©duire les dĂ©chets plastiques produits par les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique de 153 761 tonnes au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) et d’environ 1,6 million de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032).

Tableau 8 : Estimation du changement progressif de la quantitĂ© et du tonnage de dĂ©chets plastiques provenant des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique
CatĂ©gorie d’article Millions d’unitĂ©s (première annĂ©e d’application rigoureuse, 2024) Millions d’unitĂ©s (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032) Tonnes (première annĂ©e d’application rigoureuse, 2024) Tonnes (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032)
Sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique -14 984 -157 842 -120 668 -1 271 530
Ustensiles en plastique Ă  usage unique -4 583 -47 386 -11 041 -114 154
RĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent -833 -9 305 -17 446 -199 397
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique -187 -1 923 -661 -6 807
Bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique -3 042 -32 796 -1 825 -19 678
Pailles en plastique Ă  usage unique -5 301 -58 314 -2 120 -23 325
Total -28 929 -307 566 -153 761 -1 634 890

En raison des qualitĂ©s inhĂ©rentes des articles de substitution, la rĂ©duction des dĂ©chets plastiques provenant des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique prĂ©sentĂ©es dans le tableau 8 s’accompagnerait d’une augmentation des dĂ©chets provenant des articles de substitution (par exemple le remplacement du plastique par du papier augmente le poids des matĂ©riaux). Comme l’illustre le tableau 9, le projet de règlement devrait augmenter les dĂ©chets produits par les substituts de 298 054 tonnes au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) et d’environ 3,2 millions de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032), dont la quasi-totalitĂ© est due aux substituts de papier. Dans le cas des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, des rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent et des anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, certains substituts seraient eux-mĂŞmes fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques, bien qu’ils prĂ©sentent un risque intrinsèquement moindre pour l’environnement. Comme le montre le tableau 9, les substituts en plastique reprĂ©senteraient 21 519 tonnes supplĂ©mentaires de dĂ©chets plastiques au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), et 229 101 tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032).

Tableau 9 : Estimation du changement progressif de la quantitĂ© et du tonnage de dĂ©chets provenant des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, par matĂ©riau
MatĂ©riau de substitution Millions d’unitĂ©s (première annĂ©e d’application rigoureuse, 2024) Millions d’unitĂ©s (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032) Tonnes (première annĂ©e d’application rigoureuse, 2024) Tonnes (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032)
Papier 9 002 97 004 261 250 2 753 493
Bois 6 633 69 794 9 345 98 898
Plastiques 707 7 535 21 519 229 101
Fibre moulĂ©e 161 1 933 5 139 62 403
Aluminium 84 972 801 9 238
Total 16 587 177 239 298 054 3 153 132

Ă€ la suite de la combinaison des rĂ©sultats du tableau 8 et de la ligne des plastiques du tableau 9, il est prĂ©vu que le projet de règlement entraĂ®nerait une rĂ©duction nette des dĂ©chets plastiques de 132 242 tonnes au cours de la première annĂ©e de l’application rigoureuse de la politique (2024), et d’environ 1,4 million de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (2023 Ă  2032), comme l’illustre le tableau 10. La rĂ©duction nette des dĂ©chets plastiques pour les sacs d’emplettes seulement reprĂ©senterait 87 % de la rĂ©duction nette totale des dĂ©chets plastiques en tonnage, ou de 53 % en nombre d’unitĂ©s.

Tableau 10 : Variation nette estimative de la quantitĂ© et du tonnage de dĂ©chets plastiques
CatĂ©gorie d’articles Millions d’unitĂ©s (première annĂ©e de pleine rigueur, 2024) Millions d’unitĂ©s (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032) Tonnes (première annĂ©e de pleine rigueur, 2024) Tonnes (pĂ©riode d’analyse de 10 ans, 2023-2032)
Sacs d’emplettes -14 932 -157 295 -114 443 -1 205 860
Ustensiles -4 583 -47 386 -11 041 -114 154
RĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent -260 -3 138 -3 676 -51 405
Anneaux pour emballage de boissons -106 -1 101 863 8 633
Bâtonnets Ă  mĂ©langer -3 042 -32 796 -1 825 -19 678
Pailles -5 301 -58 314 -2 120 -23 325
Total -28 222 -300 031 -132 242 -1 405 789

Quantifier la diminution nette de la pollution plastique (et l’augmentation connexe de la pollution par les substituts)

Le projet de règlement entraĂ®nerait une rĂ©duction nette des dĂ©tritus plastiques et de la pollution plastique dĂ©coulant de la rĂ©duction nette des dĂ©chets plastiques illustrĂ©e au tableau 10. Un cadre de quantification relatif Ă  ces estimations est prĂ©sentĂ© Ă  la figure 4, oĂą l’aire de chaque rectangle reprĂ©sente une proportion de dĂ©chets plastiques, en tonnes (remarque : les aires ne sont pas Ă  l’échelle; le diagramme n’est fourni qu’à titre indicatif; les pourcentages se rapportent Ă  2024).

Figure 4 : Cadre de quantification de la pollution plastique terrestre et marine gĂ©nĂ©rĂ©e au Canada

Un modèle logique est prĂ©sentĂ© ici montrant la proportion de dĂ©chets plastiques qui est estimĂ©e devenir des dĂ©tritus plastiques et de la pollution plastique. – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 4 : Cadre de quantification de la pollution plastique terrestre et marine gĂ©nĂ©rĂ©e au Canada - Version textuelle

Utilisant des proportions pour 2024, l'analyse coĂ»ts-avantages estime que 96,2 % de la quantitĂ© de dĂ©chets plastiques de rĂ©fĂ©rence (par tonnage) seraient dĂ©tournĂ©s et gĂ©rĂ©s dans un flux de gestion des dĂ©chets tel que dans des sites d’enfouissement ou des centres de recyclages, et les 3,8 % restants deviendraient des dĂ©tritus plastiques. Sur les 3,8 % de dĂ©chets plastiques de rĂ©fĂ©rence qui deviennent des dĂ©tritus plastiques, 2.1 % seraient nettoyĂ©s de l'environnement, et 1,7 %demeurerait dans l'environnement sous forme de pollution plastique. Sur ces 1,7 % de dĂ©chets plastiques de rĂ©fĂ©rence qui deviennent de la pollution plastique, 1,5% serait de la pollution plastique terrestre et 0,2 % serait de la pollution plastique marine.

Le cadre de quantification illustrĂ© Ă  la figure 4 est rempli Ă  l’aide d’une mĂ©thodologie en trois Ă©tapes :

  1. Estimer les taux de rejet de dĂ©tritus (voir le tableau 11) associĂ©s aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Certains ouvragesrĂ©fĂ©rence 30 ont estimĂ© les taux de rejet de dĂ©tritus pour les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, les ustensiles en plastique Ă  usage unique, les rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique, les bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique et les pailles en plastique Ă  usage unique. Comme le Ministère n’a pas dĂ©terminĂ© d’estimation prĂ©cise du taux de rejet de dĂ©tritus pour les anneaux pour emballage de boissons dans la documentation, l’analyse utilise le taux de rejet de dĂ©tritus estimĂ© pour l’ensemble du secteur de l’emballage (tirĂ© de l’étude de Deloitte).
  2. Estimer la quantitĂ© de dĂ©tritus rĂ©cupĂ©rĂ©e dans le cadre de diverses initiatives de nettoyage qui est adĂ©quatement Ă©liminĂ©e dans un flux de dĂ©chets gĂ©rĂ©s et la quantitĂ© de dĂ©tritus plastiques qui reste dans l’environnement sous forme de pollution plastique. Selon l’étude de Deloitte, le secteur de l’emballage reprĂ©sentait environ 1,1 million de tonnes de dĂ©chets plastiques en 2016. De cette quantitĂ©, on estime que 29 600 tonnes ont Ă©tĂ© jetĂ©es dans l’environnement, dont 16 600 tonnes (56 %) ont Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ©es grâce aux efforts de nettoyage et Ă©liminĂ©es de façon appropriĂ©e et 13 000 tonnes (44 %) sont demeurĂ©es dans l’environnement sous forme de pollution plastique. L’analyse suppose que ces proportions tiennent pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, qui constituent un sous-ensemble du secteur global de l’emballage, et qu’elles tiendraient pendant toute la pĂ©riode d’analyse (c’est-Ă -dire que les activitĂ©s de nettoyage payĂ©es et non payĂ©es devraient demeurer proportionnelles Ă  la quantitĂ© de dĂ©tritus de rĂ©fĂ©rence).
  3. Estimer la proportion de pollution plastique dans le milieu terrestre par rapport au milieu marin. Selon certaines Ă©tudes, 5 % de tous les dĂ©tritus plastiques se rĂ©pandent dans un milieu marinrĂ©fĂ©rence 31. Cette mĂ©thode d’estimation de la pollution plastique en milieu marin exclut la pollution plastique qui pĂ©nètre dans les eaux douces canadiennes (y compris les Grands Lacs, d’autres lacs et rivières) et qui n’atteint jamais les ocĂ©ans.

La rĂ©duction prĂ©vue de la pollution plastique, y compris la pollution plastique en milieu marin, dans les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique est prĂ©sentĂ©e au tableau 11 pour la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024).

Tableau 11 : Estimation de la variation nette du tonnage de dĂ©tritus plastiques, de pollution plastique et de pollution plastique en milieu marin Ă  partir des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024)
Catégorie d’articles Réduction nette des déchets plastiques (tonnes) Estimation du taux de rejet de détritus Détritus plastiques évités (tonnes) Réduction des détritus plastiques nettoyés (tonnes) note a du tableau 11 Réduction de la pollution plastique totale (tonnes)note b du tableau 11 Réduction de la pollution plastique en milieu marin (tonnes)note c du tableau 11
Sacs d’emplettes -114 443 4,10 % 4 692 2 628 2 065 235
Ustensiles -11 041 0,46 % 51 28 22 3
RĂ©cipients alimentaires fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent -3 676 5,10 % 187 105 82 9
Anneaux pour emballage de boissons 863 0,89 % -9 -5 -4 -0,5
Bâtonnets Ă  mĂ©langer -1 825 0,20 % 4 2 2 0,2
Pailles -2 120 3,10 % 66 37 29 3
Total -132 242 S.O. 4 990 2 795 2 196 250

Notes du tableau 11

Note a du tableau 11

56 % du total des dĂ©tritus plastiques Ă©vitĂ©s

Retour au renvoi a de la note du tableau 11

Note b du tableau 11

44 % des dĂ©tritus plastiques Ă©vitĂ©s

Retour au renvoi b de la note du tableau 11

Note c du tableau 11

5 % des dĂ©tritus plastiques Ă©vitĂ©s

Retour au renvoi c de la note du tableau 11

Sur la rĂ©duction nette prĂ©vue des dĂ©chets plastiques de 132 242 tonnes au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), 2 196 tonnes seraient empĂŞchĂ©es de devenir de la pollution plastique, dont 1 946 tonnes de pollution plastique terrestre et 250 tonnes de pollution plastique marine. Sur la rĂ©duction nette prĂ©vue des dĂ©chets plastiques d’environ 1,4 million de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse totale (de 2023 Ă  2032), 23 432 tonnes seraient empĂŞchĂ©es de devenir de la pollution plastique, dont 20 769 tonnes de pollution plastique terrestre et 2 663 tonnes de pollution plastique marine. Le projet de règlement permettrait Ă©galement d’éviter le nettoyage de 2 795 tonnes de dĂ©tritus plastiques dans l’environnement en 2024 et de 29 823 tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse totale.

Dans l’ensemble, la rĂ©duction nette prĂ©vue des dĂ©chets plastiques et de la pollution plastique associĂ©e au projet de règlement reprĂ©senterait environ 4 % du total estimĂ© des dĂ©chets plastiques et 7 % du total estimĂ© de la pollution plastique gĂ©nĂ©rĂ©e au Canada en 2024rĂ©fĂ©rence 32.

Avantages

Le principal avantage associé à une réduction de la pollution plastique en milieu terrestre et marin serait une réduction du risque de blessures ou de décès pour la faune et une amélioration de la qualité de l’habitat naturel. Un autre avantage découlant de ces réductions serait que les particuliers profiteraient davantage des paysages naturels et des espaces récréatifs publics extérieurs. Ces avantages non pécuniaires devraient avoir une incidence importante sur le bien-être des Canadiens et sur l’environnement. L’analyse évalue également les coûts de nettoyage des détritus terrestres évités, ainsi que les coûts de la pollution plastique évitée en milieu marin en termes de répercussions sur le tourisme, de répercussions sur les pêches et de coûts de nettoyage évités. Une telle monétisation pourrait saisir en partie la valeur que les Canadiens accordent à la réduction des risques pour la faune et ses habitats, ainsi qu’au plaisir humain d’environnements plus propres, étant donné que les principales raisons pour lesquelles notre société consacre du temps et des ressources au nettoyage des détritus sont à des fins environnementales et esthétiques.

Réduction du risque de blessures ou de décès pour la faune et amélioration de la qualité de l’habitat

La plupart des ouvrages existants caractérisent les préjudices causés par la pollution plastique aux espèces sauvages et à leur habitat en général, et non pas précisément par les plastiques à usage unique, bien que les conclusions concernant la pollution plastique puissent être appliquées aux plastiques à usage unique, car ceux-ci sont une forme courante de pollution plastique.

Les déchets plastiques qui pénètrent dans l’environnement en tant que pollution plastique ne se décomposent pas facilement et représentent un risque persistant de préjudice à la faune et à ses habitats tout au long de leur durée de vie. Dans le milieu marin, les plastiques se dégradent plus lentement que sur terre, et la pollution plastique légère (comme les plastiques à usage unique) peut flotter à la surface des eaux pendant longtemps avant de couler. La flottabilité de la pollution plastique légère lui permet d’être facilement transportée par les courants de petits plans d’eau vers les océans, où elle peut s’accumuler dans des plaques de déchets flottants. Les animaux marins qui sont exposés à la pollution plastique dans les eaux de surface peuvent subir des blessures ou confondre les déchets avec de la nourriture.

L’enchevĂŞtrement est l’un des effets les plus frĂ©quemment signalĂ©s de la pollution par les macroplastiques sur la faunerĂ©fĂ©rence 33. Certains ouvrages estiment que plus de 200 espèces ont Ă©tĂ© touchĂ©es par l’enchevĂŞtrement en date de 2015, bien que ce nombre soit probablement sous-estimĂ© en raison du manque de rapports de certaines grandes rĂ©gions du monderĂ©fĂ©rence 34. La forme de certains articles en plastique (par exemple sacs en plastique et anneaux pour emballage de boissons) pose un risque d’enchevĂŞtrement en raison de la structure en boucle. Les sacs en plastique constituent l’une des menaces les plus importantes d’enchevĂŞtrement pour la vie marine, de mĂŞme que les engins de pĂŞche et les ballonsrĂ©fĂ©rence 12. L’enchevĂŞtrement peut ĂŞtre mortel pour les animaux, causant soit la suffocation ou l’étranglement. Lorsque l’enchevĂŞtrement n’est pas immĂ©diatement mortel, il peut causer des effets sous-lĂ©taux graves, y compris l’inhibition de la croissance, des blessures physiques, une mobilitĂ© rĂ©duite et un stress physiologique chez les animaux, ce qui peut mener Ă  la mortalitĂ©rĂ©fĂ©rence 35. Par exemple, la totalitĂ© ou des parties d’articles en plastique logĂ©s dans diverses parties du corps des espèces sauvages peuvent causer un inconfort grave. Les effets mortels sur les plantes marines, les Ă©ponges et les coraux comprennent l’étouffement par des objets plus gros (par exemple sacs de plastique), ce qui a une incidence sur les Ă©changes de gaz et leurs capacitĂ©s photosynthĂ©tiques.

Un autre effet physique de la pollution plastique sur la faune est l’ingestion intentionnelle ou non intentionnelle. L’ingestion intentionnelle se produit lorsqu’un organisme confond de la pollution plastique pour de la nourriture, alors que l’ingestion non intentionnelle se produit lorsqu’un organisme se nourrit d’un autre organisme qui a ingéré de la pollution plastique, absorbant ainsi indirectement cette pollution par la chaîne alimentaire. Comme l’enchevêtrement, l’ingestion peut être létale ou sous-létale. Les effets létaux comprennent des dommages aux organes internes et des blocages intestinaux, qui peuvent mener à l’inanition. Les effets sous-létaux comprennent l’altération de la croissance ou de la condition, les changements nutritionnels, la contamination par des additifs toxiques et d’autres dommages internesréférence 12,référence 36. Des études ont déterminé que les sacs d’emplettes et les ustensiles en plastiques à usage unique présentaient le plus grand risque d’ingestion chez les oiseaux de mer, les tortues et les mammifères marinsréférence 12.

En plus de causer des préjudices corporels à la faune, la pollution par les macroplastiques peut avoir des effets néfastes sur les habitats et les écosystèmes. Les articles en plastique flottant dans les milieux marins peuvent servir de radeaux qui transportent des organismes non indigènes dans les écosystèmes établis. Ces organismes peuvent être des prédateurs pour les espèces indigènes ou les supplanter pour les ressources, ce qui entraîne des pertes de biodiversité. Les espèces non indigènes peuvent également exposer les espèces indigènes à des maladies, ce qui pourrait modifier la diversité génétique au sein des écosystèmesréférence 37.

La pollution par les macroplastiques peut également se fragmenter en morceaux plus petits, et la pollution par les microplastiques qui en résulte peut représenter une menace importante d’ingestion pour la faune. Bien que la documentation dans ce domaine soit rare, l’ingestion de pollution par les microplastiques peut avoir des effets négatifs sur la nutrition et le métabolisme des organismesréférence 38, ainsi que sur les taux de reproduction et de mortalitéréférence 39. Il faut davantage de documentation pour comprendre tous les effets de la pollution par les microplastiques sur la faune et ses habitats.

Le projet de règlement devrait réduire le risque de préjudice à la faune et à ses habitats en réduisant la quantité de pollution par les macroplastiques qui pénètre dans les milieux terrestres et marins, ce qui réduira les possibilités pour la faune de faire face à une telle pollution et d’être affectée négativement.

Jouissance accrue des biens et services écosystémiques

En plus des effets bĂ©nĂ©fiques sur la faune et ses habitats, la rĂ©duction de la pollution plastique terrestre et marine associĂ©e au projet de règlement accroĂ®trait Ă©galement la jouissance des biens et services Ă©cosystĂ©miques pour les gĂ©nĂ©rations actuelles et futures. La rĂ©duction de la pollution plastique est un investissement dans la prestation actuelle et future des biens et services Ă©cosystĂ©miques, en ce qui concerne les effets positifs qu’ils peuvent avoir sur les humainsrĂ©fĂ©rence 40. Les parcs, les plages et d’autres espaces publics extĂ©rieurs offrent une multitude de services Ă©cosystĂ©miques, comme des services de rĂ©gulation (par exemple processus de rĂ©gulation climatique et biologique) et des services culturels (par exemple loisirs et dĂ©tente)rĂ©fĂ©rence 41. L’accessibilitĂ© et la fonctionnalitĂ© accrues de ces espaces contribuent au bien-ĂŞtre humainrĂ©fĂ©rence 40. La prĂ©sence de pollution plastique dans ces milieux peut nuire Ă  la fonctionnalitĂ© et Ă  la beautĂ© esthĂ©tique des espaces publics extĂ©rieurs.

Une réduction de la pollution plastique dans les espaces publics peut avoir des répercussions positives sur la valeur récréative pour les résidents et les touristes. Des études ont révélé que les gens accordent de l’importance à la beauté esthétique et à la propreté, et les détritus sont souvent cités comme une raison pour laquelle les visiteurs passeront moins de temps dans certains environnements ou éviteront certains sites s’ils prévoient que ces sites seront pleins de détritusréférence 42. Par exemple, des études ont révélé que la propreté des plages est un facteur important pour les touristes qui décident quelle plage fréquenterréférence 43. Des études ont également révélé que les touristes étaient prêts à payer pour de l’eau et des rives propresréférence 44. Les résidents et les touristes peuvent donc tirer une valeur récréative accrue de l’utilisation d’espaces publics visuellement propres et sanitaires. On s’attend à ce que cela ait des répercussions positives sur les collectivités touristiques locales (grâce à l’augmentation des recettes touristiques) puisque les aires publiques extérieures propres ont tendance à attirer les touristes.

La pollution plastique peut également nuire à l’accessibilité et à la fonctionnalité des espaces publics et empêcher les résidents et les touristes de profiter des activités dans un milieu naturel. Plus précisément, la présence de détritus peut avoir des conséquences directes sur la santé physique et mentale des personnes. Les visiteurs et les travailleurs peuvent être vulnérables à un éventail de blessures, comme se couper sur des articles en plastique pointus et être exposés à des articles insalubresréférence 45, ainsi qu’à des effets négatifs sur leur bien-être émotionnel et mentalréférence 46. S’abstenir de participer à des activités que les écosystèmes offrent habituellement peut également avoir des répercussions sur la santé en raison des occasions manquées d’obtenir les effets positifs associés à de tels biens. La pollution plastique peut aussi faire obstacle à l’accès aux espaces publics extérieurs, comme les promenades de bois et les parcs.

La rĂ©duction de la pollution plastique dans les espaces publics peut Ă©galement procurer une gratification culturelle ou Ă©motionnelle considĂ©rable. Les donnĂ©es probantes montrent que les humains Ă©prouvent du bien-ĂŞtre en sachant que des animaux sont prĂ©sents et qu’ils y demeureront pour les gĂ©nĂ©rations futures. Par exemple, les organismes marins « charismatiques Â» comme les oiseaux de mer ou les tortues ont une importance culturelle et Ă©motionnelle importante pour certaines personnes, ce qui suggère qu’une rĂ©duction de la pollution plastique en milieu marin qui rĂ©duit le risque de prĂ©judice pour les espèces charismatiques peut Ă©galement entraĂ®ner des amĂ©liorations du bien-ĂŞtre humainrĂ©fĂ©rence 40.

Des études ont révélé que les perceptions, les préférences et les évaluations des biens et services écosystémiques diffèrent selon plusieurs variables, notamment le revenu, la culture, l’éducation et le genreréférence 47. Ces caractéristiques individuelles jouent un rôle dans la mesure où la population bénéficierait des avantages du projet de règlement. Des études ont également révélé que la relation des personnes avec les biens et services écosystémiques est positivement corrélée avec leur volonté de les payerréférence 48. Par conséquent, les personnes récolteront les avantages de l’amélioration du bien-être différemment, selon leurs relations avec les biens et services écosystémiques et leur positionnement respectif.

Coûts de nettoyage des détritus terrestres évités

Le coĂ»t du nettoyage des dĂ©tritus terrestres est principalement liĂ© au coĂ»t de collecte des dĂ©tritus qui sont jetĂ©s par des personnes dans les milieux urbains et ruraux (par exemple rues, parcs, bordures de routes, littoral). Ces coĂ»ts sont habituellement assumĂ©s par les municipalitĂ©s, mais ils peuvent aussi ĂŞtre assumĂ©s par les entreprises sur leur propriĂ©tĂ© et peuvent reprĂ©senter un coĂ»t de renonciation important lorsque le nettoyage est effectuĂ© dans le cadre d’activitĂ©s de bĂ©nĂ©volat.

De multiples enquĂŞtes canadiennes sur les dĂ©tritus municipaux (par exemple Vancouver, Edmonton et Toronto) et des enquĂŞtes provinciales sur les dĂ©tritus le long des routes (par exemple Terre-Neuve-et-Labrador, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, ĂŽle-du-Prince-Édouard) fournissent des renseignements sur les dĂ©tritus plastiques, mais ne divulguent pas les coĂ»ts engagĂ©s pour nettoyer ces dĂ©tritus. Par consĂ©quent, l’analyse utilise des Ă©tudes de cas accessibles au public sur les coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus plastiques terrestres et est structurĂ©e en fonction de chaque article. L’évaluation du coĂ»t du nettoyage des dĂ©tritus terrestres en fonction du tonnage dĂ©formerait la portĂ©e de l’avantage, Ă©tant donnĂ© que les dĂ©tritus plastiques sont nombreux, lĂ©gers et dispersĂ©s partout dans l’environnement.

Comme le montre le tableau 11, la diminution prĂ©vue des dĂ©tritus plastiques ramassĂ©s dans l’environnement serait de 2 795 tonnes au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 29 823 tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Ce tonnage Ă©quivaudrait Ă  une rĂ©duction de plus de 458 millions d’unitĂ©s de plastiques Ă  usage unique ramassĂ©es dans l’environnement en 2024, soit 4,9 milliards d’unitĂ©s de plastiques Ă  usage unique au cours de la pĂ©riode d’analyse. L’analyse des coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus Ă©vitĂ©s doit Ă©galement tenir compte de l’augmentation du rejet de substituts fabriquĂ©s Ă  partir de matières autres que le plastique. Les taux de rejet de dĂ©tritus pour les substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique devraient ĂŞtre les mĂŞmes que ceux des six plastiques Ă  usage unique, indĂ©pendamment du type de matière, sauf pour les sacs d’emplettes rĂ©utilisables, qui devraient avoir un taux de rejet de 0,5 % par rapport au taux de 4,1 % pour les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage uniquerĂ©fĂ©rence 49. Les substituts Ă  usage unique faits de papier, de bois ou de fibres moulĂ©es sont tous biodĂ©gradables dans l’environnement et reprĂ©sentent environ 95 % de tous les substituts, en poids. On ne s’attend donc pas Ă  ce que le rejet de ces substituts cause des dommages Ă  long terme Ă  l’environnement. Cependant, une partie de ces substituts qui sont jetĂ©s dans l’environnement continuerait d’être ramassĂ©e grâce Ă  des activitĂ©s rĂ©munĂ©rĂ©es et bĂ©nĂ©voles, avant qu’ils aient eu suffisamment de temps pour se dĂ©composer complètement. La proportion de ces substituts ramassĂ©s pendant les activitĂ©s de nettoyage des dĂ©tritus varierait selon la catĂ©gorie d’article et le type de matière. Par exemple, une paille en papier Ă  usage unique se dĂ©compose dans l’environnement beaucoup plus rapidement qu’un sac d’emplettes en papier Ă  usage unique ou un ustensile en bois Ă  usage unique. Bien que la pollution causĂ©e par les rĂ©cipients alimentaires en aluminium Ă  usage unique ne se dĂ©compose pas facilement dans l’environnement, ces substituts devraient reprĂ©senter moins de 1 % du tonnage total de toutes les matières de substitution.

L’augmentation des dĂ©chets provenant de substituts non plastiques se traduirait par 458 millions d’articles rejetĂ©s dans l’environnement au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 4,9 milliards d’articles au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032), dont moins du tiers (106 millions d’articles en 2024 ou 1,1 milliard d’articles au cours de la pĂ©riode d’analyse) seraient recueillis de l’environnement avant de se dĂ©composer complètement. Le projet de règlement entraĂ®nerait donc une rĂ©duction nette de 352 millions d’articles rejetĂ©s dans l’environnement au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), soit 3,8 milliards d’articles rejetĂ©s au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032).

En gĂ©nĂ©ral, les gouvernements ne rĂ©partissent pas les coĂ»ts de rejet de dĂ©tritus en fonction des morceaux de dĂ©tritus individuels, mais plutĂ´t en fonction du temps consacrĂ© au nettoyage de ces dĂ©tritus. La documentation fournit quelques exemples de coĂ»ts annuels par habitant pour la collecte de dĂ©tritus, mais ces donnĂ©es ne sont pas utiles pour dĂ©terminer le coĂ»t marginal d’une source particulière de dĂ©tritus (c’est-Ă -dire les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique). La majeure partie de l’information sur les coĂ»ts provient principalement des programmes de collecte de dĂ©tritus sur le bord de la route. Cependant, il y a des limites Ă  gĂ©nĂ©raliser les coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus le long des routes pour tous les travaux de nettoyage des dĂ©tritus terrestres, car les coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus le long des routes varieront en fonction des taux et de la densitĂ© des dĂ©pĂ´ts de dĂ©tritus, du coĂ»t de la main-d’œuvre, des conditions de la surface et du coĂ»t de l’équipement nĂ©cessairerĂ©fĂ©rence 50. DiffĂ©rentes Ă©tudes aux États-Unis ont estimĂ© que le coĂ»t du nettoyage des dĂ©tritus se situe entre 0,21 $ US et 1,29 $ US par article rejetĂ© pour les fonctionnaires rĂ©munĂ©rĂ©s, et entre 0,047 $ US et 0,18 $ US pour la main-d’œuvre bĂ©nĂ©vole dans le cadre des programmes de nettoyage de dĂ©tritus Adopt-a-Highway [adoptez une autoroute]rĂ©fĂ©rence 51. Une autre Ă©tude a estimĂ© que le coĂ»t de la main-d’œuvre pour collecter chaque morceau de dĂ©tritus rejetĂ© accidentellement dans l’environnement Ă  partir de la collecte des matières recyclables en bordure de rue variait de 0,17 $ US Ă  0,79 $ US par article rejetĂ©rĂ©fĂ©rence 52.

Bien que les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique soient parmi les formes les plus courantes de dĂ©tritus plastiques ramassĂ©s pendant les activitĂ©s de nettoyage des dĂ©tritus, d’autres types de dĂ©tritus sont Ă©galement ramassĂ©s. Par consĂ©quent, l’analyse suivante est fondĂ©e sur le nombre moyen d’articles en plastique rejetĂ©s qui peuvent ĂŞtre ramassĂ©s en une heure et suppose un taux horaire moyen de main-d’œuvre ou un coĂ»t de renonciation du travail bĂ©nĂ©vole de 15 $ l’heure.

Tableau 12 : Analyse de scĂ©nario pour le nettoyage de dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s (dollars de 2020, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2021 Ă  3 %)
Nombre d’unitĂ©s de plastiques Ă  usage unique ramassĂ©es en une heure CoĂ»t de la collecte par article Estimation du coĂ»t total de nettoyage des dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s pour 346 millions d’unitĂ©s (2024) Estimation du coĂ»t total de nettoyage des dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s pour 3 685 millions d’unitĂ©s (2023-2032)
40 0,38 $ 123 M$ 1 167 M$
60 0,25 $ 81 M$ 768 M$
80 (scĂ©nario central) 0,19 $ 61 M$ 583 M$
100 0,15 $ 48 M$ 461 M$

Selon le scĂ©nario central choisi, le projet de règlement entraĂ®nerait des coĂ»ts de nettoyage de dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s de 61 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 583 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Ces Ă©conomies reprĂ©sentent 1,61 $ par habitantrĂ©fĂ©rence 53 en coĂ»ts de nettoyage de dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s en 2024, soit 15,31 $ au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Coûts de pollution marine évitée

Le projet de règlement entraĂ®nerait une rĂ©duction nette estimative de la pollution plastique en milieu marin de 2 663 tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse. Bien qu’un certain nombre d’études aient quantifiĂ© le tonnage de pollution plastique en milieux marins et fourni une analyse qualitative des externalitĂ©s nĂ©gatives associĂ©es, la monĂ©tisation de ces rĂ©percussions est encore un domaine d’étude Ă©mergent, principalement en raison de donnĂ©es très limitĂ©es.

Selon l’étude de Deloitte, 2 500 tonnes de dĂ©chets plastiques ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©es de façon permanente dans le milieu marin canadien en 2016. Une autre Ă©tude de Deloitte a modĂ©lisĂ© le coĂ»t Ă©conomique mĂ©dian de la pollution plastique en milieu marin sur le plan des rĂ©percussions sur le tourisme, les pĂŞches et les coĂ»ts de nettoyage au Canada Ă  31 millions de dollars amĂ©ricains par annĂ©erĂ©fĂ©rence 54. En combinant les deux chiffres, le coĂ»t de la pollution plastique marine au Canada peut ĂŞtre estimĂ© Ă  environ 16 000 $ CA par tonne. Ce chiffre devrait ĂŞtre une estimation de limite infĂ©rieure, puisque le modèle exclusif ne tient compte que des cĂ´tes habitĂ©es pour le nettoyage, plutĂ´t que de l’ensemble du littoral, puisque ce modèle supposait que les administrations locales accorderaient la prioritĂ© aux budgets de nettoyage autour des zones habitĂ©es comparativement aux rĂ©gions cĂ´tières Ă©loignĂ©es et isolĂ©es. Le modèle a Ă©galement exclu les rĂ©percussions sur la faune et son habitat, ainsi que sur l’évaluation des biens immobiliers dans les rĂ©gions cĂ´tières. La prĂ©valence et la taille relativement petite des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (comparativement Ă  d’autres dĂ©chets plastiques, comme les engins de pĂŞche) donnent Ă©galement Ă  penser que la valeur estimĂ©e de 16 000 $ serait une limite infĂ©rieure. Compte tenu d’une rĂ©duction nette estimative de 250 tonnes de la pollution plastique en milieu marin au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), le projet de règlement permettrait d’éviter environ 3.7 millions de dollars en coĂ»ts reliĂ©s Ă  la pollution plastique en milieu marin (ou une rĂ©duction nette de 2 663 tonnes de pollution plastique en milieu marin qui entraĂ®nerait des coĂ»ts Ă©vitĂ©s de 36 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse).

D’après la documentation disponible, l’analyse suppose qu’il y a des externalités négatives minimes sur le milieu marin associées aux substituts à usage unique qui ne sont pas faits de plastique; la plupart de ces substituts se décomposeraient avant d’atteindre le milieu marin ou relativement rapidement par la suite. En comparaison, les six catégories de plastiques à usage unique sont habituellement plus légères et plus flottantes que leurs substituts non plastiques, ce qui facilite leur transport par le vent ou l’eau dans les milieux marins.

Coûts

La diminution de la quantité (et du tonnage) de déchets plastiques et de pollution plastique dans les six catégories de plastiques à usage unique ainsi que l’augmentation connexe de la quantité (et du tonnage) de déchets et de la pollution par les substituts aux six catégories de plastiques à usage unique entraîneraient plusieurs coûts, examinés dans les sous-sections ci-dessous.

Coûts de remplacement (pour toutes les catégories de plastiques à usage unique sauf les sacs d’emplettes)

En ce qui concerne les ustensiles en plastique Ă  usage unique, les rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques, les anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, les bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique et les pailles en plastique Ă  usage unique, le projet de règlement se traduirait par environ 308 milliards de plastiques Ă  usage unique de moins vendus (tableau 8) et 178 milliards de substituts de plus vendus (tableau 9) sur la pĂ©riode d’analyse de 2023 Ă  2032. Les donnĂ©es du marchĂ© indiquent qu’en moyenne, ces plastiques Ă  usage unique sont vendus Ă  des prix unitaires plus bas que leurs substituts facilement disponibles. Les coĂ»ts de remplacement dĂ©signent les Ă©carts de prix entre les plastiques Ă  usage unique qui auraient Ă©tĂ© vendus en l’absence du projet de règlement et les substituts qui devraient prendre leur place dans le scĂ©nario rĂ©glementaire, après avoir tenu compte de la rĂ©duction de la demande et des exemptions pour les pailles en plastique Ă  usage unique.

Figure 5 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts de remplacement

Remarque : Les aires ne sont pas Ă  l’échelle et le diagramme n’est fourni qu’à titre indicatif.

Un modèle logique est prĂ©sentĂ© ici montrant la manière dont l'analyse coĂ»ts-avantages estime la variation du coĂ»t d'approvisionnement des substituts par rapport aux plastiques Ă  usage unique. – Version textuelle en dessous de l'image

Version textuelle

Après avoir pris en compte la diminution de la demande d’articles à usage unique, la quantité de référence des six catégories de plastiques à usage unique interdites serait remplacée par des substituts facilement disponibles sous le scénario réglementaire. L'analyse coût-bénéfice estime ce coût de substitution en multipliant la quantité d'unités remplacées par le différentiel de prix unitaire moyen entre les plastiques à usage unique et leurs substituts.

Bien que le prix unitaire d’un seul substitut soit relativement faible (c’est-Ă -dire qu’il varie de 0,01 $ pour un bâtonnet Ă  mĂ©langer en bois Ă  usage unique Ă  0,34 $ pour un substitut de carton Ă  usage unique Ă  un anneau pour emballage de boissons), le total des coĂ»ts de remplacement par annĂ©e pour le projet de règlement devrait ĂŞtre important, Ă©tant donnĂ© que ces substituts remplaceraient environ 30 milliards d’articles en plastiques Ă  usage unique par annĂ©e, soit environ 800 articles en plastique Ă  usage unique par Canadien. Comme l’illustre le tableau 13, les coĂ»ts de remplacement pour cinq des catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (Ă  l’exclusion des sacs d’emplettes) sont estimĂ©s Ă  185 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de rigueur complète du règlement (2024), ou presque 1,8 milliard de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Ces coĂ»ts reprĂ©sentent 4,85 $ par habitant en 2024, soit 46,41 $ par habitant au cours de la pĂ©riode d’analyse.

Tableau 13 : CoĂ»ts de remplacement pour cinq catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique (en millions, dollars de 2020, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2021 Ă  3 %)
Type de poste Première année de pleine rigueur de la politique (2024) Période d’analyse totale (2023-2032)
Ustensiles en plastique Ă  usage unique 73 678
Récipients alimentaires en plastique à usage unique fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent 32 324
Anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique 31 285
Bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique 4 34
Pailles en plastique Ă  usage unique 45 448
Total 185 1 770
Coûts de remplacement et coûts d’usage secondaire des sacs d’emplettes en plastique à usage unique

Le projet de règlement entraĂ®nerait la vente d’environ 158 milliards d’unitĂ©s de sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique de moins au cours de la pĂ©riode d’analyse (tableau 8). Contrairement aux cinq autres catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, l’analyse des sacs d’emplettes tient compte de la substitution en options rĂ©utilisables en plus des substituts en papier Ă  usage unique. Le ministère des Ressources naturelles a commandĂ© un rapport qui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en mars 2021 pour Ă©valuer les rĂ©percussions possibles du projet de règlement sur les fabricants canadiens d’emballages Ă  base de fibres (non accessible au public). Le rapport a conclu que les sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique ne devraient remplacer qu’une minoritĂ© des ventes de rĂ©fĂ©rence pour les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, la majoritĂ© Ă©tant remplacĂ©e par des sacs d’emplettes rĂ©utilisables. Cette constatation correspond aux constatations issues d’études de cas menĂ©es dans d’autres pays.

Le matĂ©riau, la qualitĂ© et le prix des sacs d’emplettes rĂ©utilisables varient. L’analyse ne tient compte que du prix unitaire des sacs d’emplettes rĂ©utilisables (en plastique) relativement bon marchĂ© plutĂ´t que d’autres styles plus coĂ»teux (par exemple en coton). De cette façon, l’analyse estime un moyen Ă  coĂ»t minimal d’obtenir la substitution prĂ©vue en sacs d’emplettes rĂ©utilisables. Bien entendu, mĂŞme un sac d’emplettes rĂ©utilisable Ă  moindre coĂ»t coĂ»te beaucoup plus cher qu’un seul sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Le prix moyen d’un sac d’emplettes rĂ©utilisable peut ĂŞtre divisĂ© par son nombre thĂ©orique d’usages (supposĂ© ĂŞtre de 100) pour obtenir un « coĂ»t par usage Â» minimum (essentiellement, un amortissement linĂ©aire), ce qui permet de comparer directement les usages individuels des sacs d’emplettes rĂ©utilisables par rapport aux Ă©quivalents Ă  usage unique. Selon cette mĂ©thodologie, le prix par utilisation d’un sac d’emplettes rĂ©utilisable est environ 5,6 fois infĂ©rieur au prix unitaire d’un sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique.

Les coĂ»ts de remplacement des sacs d’emplettes ne peuvent pas ĂŞtre considĂ©rĂ©s indĂ©pendamment des coĂ»ts d’usage secondaire. Bien que les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique soient conçus pour devenir des dĂ©chets après leur usage unique, il est courant pour les personnes de les conserver pour les utiliser dans des applications secondaires (c'est-Ă -dire au-delĂ  de l’application principale qui consiste Ă  faciliter le transport des biens achetĂ©s d’un point de vente au dĂ©tail). Les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique sont couramment rĂ©utilisĂ©s comme sacs pour contenants Ă  dĂ©chets, comme sacs pour excrĂ©ments d’animaux domestiques, pour transporter des repas emballĂ©s ou pour transporter des vĂŞtements de rechange. Les estimations dans la documentation sur le taux d’usage secondaire des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique varient, mais ont tendance Ă  se situer entre 12 % et 22 %rĂ©fĂ©rence 55. L’analyse tient compte des coĂ»ts de remplacement des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, dans leur utilisation secondaire comme sacs poubelles, par des sacs Ă  ordures en plastique (figure 6).

Figure 6 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts d’usage secondaire : sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique utilisĂ©s comme sacs pour contenants Ă  dĂ©chets

Un modèle logique est prĂ©sentĂ© ici montrant la manière dont l'analyse coĂ»ts-avantages estime la variation du coĂ»t d'achat des sacs poubelles par rapport aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique. – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 6 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts d’usage secondaire : sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique utilisĂ©s comme sacs pour contenants Ă  dĂ©chets - Version textuelle

Après avoir pris en compte la réduction de la demande, la quantité de sacs d’emplettes en plastique à usage unique de référence vendus est multipliée par le taux de réutilisation des sacs d’emplettes en plastique à usage unique utilisés comme sacs pour contenants à déchets. Cette proportion est ensuite multipliée par le différentiel de prix unitaire des sacs à ordures et le prix unitaire des sacs d’emplettes en plastique à usage unique. La résultante de cette équation donne le coût d'usage secondaire pour les sacs à ordures lié à l’interdiction des sacs d’emplettes en plastique à usage unique.

Étant donnĂ© que le projet de règlement entraĂ®nerait Ă©galement une plus grande quantitĂ© de sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique disponibles pour un usage secondaire, il faut Ă©galement tenir compte de l’effet compensatoire potentiel de l’usage secondaire de sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique comme sacs pour contenants Ă  dĂ©chets ou Ă  compost. Étant donnĂ© qu’il y a de l’incertitude en ce qui concerne plusieurs paramètres d’analyse (par exemple la proportion prĂ©vue des ventes de rĂ©fĂ©rence pour les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique qui seraient remplacĂ©s par des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique, les taux de rĂ©utilisation pour les sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique, la disponibilitĂ© du compostage et les habitudes), une analyse de rentabilitĂ© a plutĂ´t Ă©tĂ© effectuĂ©e pour dĂ©terminer le prix unitaire que les consommateurs devraient payer pour les sacs en papier afin de couvrir tous les coĂ»ts liĂ©s aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique (c’est-Ă -dire la substitution et l’usage secondaire) pour atteindre le seuil de rentabilitĂ©. Les scĂ©narios pour cette analyse de rentabilitĂ© sont prĂ©sentĂ©s au tableau 14.

Tableau 14 : Analyse de rentabilitĂ© des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique pour la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), dollars de 2020, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2021 Ă  3 %
Taux de remplacement : du plastique Ă  usage unique au papier Ă  usage unique note a du tableau e2 CoĂ»ts de remplacement note b du tableau e2 Prix de rentabilitĂ© pour les sacs en papier (scĂ©nario faible) note c du tableau e2 Prix de rentabilitĂ© pour les sacs en papier (scĂ©nario Ă©levĂ©) note d du tableau e2
0,30 -112 M$ -0,07 $ 0,10 $
0,35 -76 M$ -0,01 $ 0,11 $
0,40 (central) -39 M$ 0,03 $ 0,12 $
0,45 -3 M$ 0,06 $ 0,13 $
0,50 34 M$ 0,09 $ 0,13 $

Note(s) du tableau e2

Note a du tableau e2

Toutes les substitutions restantes iraient dans la catégorie des sacs d’emplettes réutilisables.

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Note b du tableau e2

Les coĂ»ts de remplacement des sacs d’emplettes suivent la mĂŞme mĂ©thodologie que celle prĂ©sentĂ©e Ă  la figure 5. Des coĂ»ts de remplacement nĂ©gatifs dĂ©notent des Ă©conomies.

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Note c du tableau e2

Le « scĂ©nario faible Â» est calculĂ© en utilisant un Ă©cart de prix unitaire de 0,04 $ entre les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique et les sacs Ă  ordures en plastique, et un taux d’usage secondaire de 12 %.

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Note d du tableau e2

Le « scĂ©nario Ă©levĂ© Â» est calculĂ© en utilisant un Ă©cart de prix unitaire de 0,08 $ entre les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique et les sacs Ă  ordures en plastique, et un taux d’usage secondaire de 22 %.

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En supposant que 40 % des ventes de base de sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique seraient remplacĂ©es par des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique (cas central), les sacs en papier devraient coĂ»ter au moins 0,03 $ pour atteindre le seuil de rentabilitĂ© dans un « scĂ©nario faible Â» et 0,12 $ dans un « scĂ©nario Ă©levĂ© Â». Le prix unitaire historique des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique (prĂ©sentĂ© dans le tableau 2 de la section « Contexte Â») est de 0,08 $. Étant donnĂ© que les sacs en papier achetĂ©s dans un magasin, comme les doublures pour rĂ©sidus organiques compostables, sont habituellement plus chers que les sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique qui servent Ă  transporter l’épicerie, par exemple, la probabilitĂ© d’atteindre le seuil de rentabilitĂ© devrait ĂŞtre raisonnablement Ă©levĂ©e.

Les coûts de gestion des déchets

Le projet de règlement empĂŞcherait environ 1,6 million de tonnes de plastique d’entrer dans le flux de dĂ©chets au cours de la pĂ©riode d’analyse, mais ajouterait aussi environ 3,2 millions de tonnes d’autres matières au flux de dĂ©chets provenant de l’utilisation de substituts, en raison de l’augmentation de leur poids unitaire par rapport aux plastiques Ă  usage unique. Cette augmentation du tonnage de dĂ©chets reprĂ©senterait des coĂ»ts supplĂ©mentaires pour les municipalitĂ©s et les autoritĂ©s provinciales, car elles sont habituellement responsables de la collecte, du transport et de l’enfouissement des dĂ©chets plastiques et assumeraient la plupart des coĂ»ts connexes, qui, au bout du compte, seraient assumĂ©s par les contribuables.

La rĂ©duction du tonnage de plastique entrant dans le flux de dĂ©chets dĂ©coulant d’une rĂ©duction dans les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique reprĂ©sente des Ă©conomies pour la gestion des dĂ©chets compte tenu des coĂ»ts Ă©vitĂ©s. Toutefois, l’augmentation du tonnage des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique reprĂ©sente une augmentation des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets. L’analyse tient compte de trois modes de gestion des dĂ©chetsrĂ©fĂ©rence 56 pour modĂ©liser les coĂ»ts diffĂ©rentiels et les Ă©conomies liĂ©s Ă  la gestion des dĂ©chets, soit l’enfouissement, le recyclage et le compostage. La figure 7 montre les voies pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et leurs substituts facilement disponibles. Les taux de rĂ©acheminement des dĂ©chets vers chaque voie diffèrent selon la catĂ©gorie de plastique Ă  usage unique et la matière.

Figure 7 : Trois voies d’élimination par matière
Site d’enfouissement Recyclage Compostage
  • RĂ©duction du plastique pour six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique
  • Substitut de papier Ă  usage unique
  • Substitut de bois Ă  usage unique
  • Substituts Ă  usage unique en plastique
  • Sacs d’emplettes rĂ©utilisables en plastique
  • Substitut de fibre moulĂ©e Ă  usage unique
  • Substitut d’aluminium Ă  usage unique
  • RĂ©duction du plastique pour six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique
  • Substitut de papier Ă  usage unique
  • Substituts Ă  usage unique en plastique
  • Sacs d’emplettes rĂ©utilisables en plastique
  • Substitut d’aluminium Ă  usage unique
  • Substitut de papier Ă  usage unique
  • Substitut de bois Ă  usage unique
  • Substitut de fibre moulĂ©e Ă  usage unique

Les coĂ»ts diffĂ©rentiels sont calculĂ©s comme Ă©tant les Ă©conomies nettes ou les coĂ»ts Ă©vitĂ©s pour la gestion des dĂ©chets dĂ©coulant d’une rĂ©duction du tonnage des dĂ©chets entrant dans le flux des dĂ©chets provenant des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, plus l’augmentation connexe des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets associĂ©s Ă  une augmentation du tonnage des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Les facteurs suivants sont pris en compte pour les matières plastiques Ă  usage unique et les substituts (le cas Ă©chĂ©ant) : tonnage supplĂ©mentaire pour chaque produit, taux de rĂ©acheminement pour chaque voie d’élimination par catĂ©gorie de plastique Ă  usage unique, coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et d’élimination des dĂ©chets, ainsi que le prix des matières post-consommation pour les matĂ©riaux recyclĂ©s. Le coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et de recyclage des dĂ©chets plastiques est fondĂ© sur l’étude de Deloitte, tandis que le coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et de recyclage ou de compostage des dĂ©chets d’autres matières de remplacement est estimĂ© Ă  partir de divers rapports accessibles au public, ainsi que des Ă©tudes et des sites Web municipaux canadiens sur la gestion des dĂ©chets. L’analyse prend Ă©galement en compte la rĂ©cupĂ©ration de la valeur pour les voies de recyclage et de compostage. Le prix après consommationrĂ©fĂ©rence 57 par tonne de plastique (rĂ©duction dans les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et augmentation des substituts du plastique), le papier et l’aluminium est utilisĂ© pour estimer la rĂ©cupĂ©ration de la valeur pour la voie de recyclage, et le prix après consommation par tonne de papier, les fibres moulĂ©es et le bois est utilisĂ© pour estimer la rĂ©cupĂ©ration de la valeur pour la voie de compostage.

L’analyse permet aussi d’évaluer les Ă©conomies de coĂ»ts associĂ©es Ă  une rĂ©duction des blocages des machines de recyclage par les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique peuvent obstruer les machines de recyclage, ce qui cause des retards et rend le nettoyage de la machine moins efficacerĂ©fĂ©rence 58. La mĂ©thode gĂ©nĂ©rale d’estimation des coĂ»ts diffĂ©rentiels pour la gestion des dĂ©chets est prĂ©sentĂ©e Ă  la figure 8 (remarque : les aires ne sont pas Ă  l’échelle, le diagramme n’est fourni qu’à titre indicatif). L’estimation des coĂ»ts pour les tonnes de dĂ©chets rĂ©acheminĂ©s vers chacune des trois voies est très semblable, la principale diffĂ©rence Ă©tant la prise en compte de la rĂ©cupĂ©ration de la valeur des dĂ©chets recyclĂ©s ou compostĂ©s. Cette estimation a Ă©tĂ© faite pour chacune des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et des matières de remplacement.

Figure 8 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets

Un modèle logique est prĂ©sentĂ© ici montrant la manière dont l'analyse coĂ»ts-avantages estime le changement de coĂ»t reliĂ© Ă  la gestion des dĂ©chets. – Version textuelle en dessous de l'image

Figure 8 : Cadre de monĂ©tisation des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets - Version textuelle

Lorsque les dĂ©chets sont gĂ©nĂ©ralement Ă©liminĂ©s dans un flux de dĂ©chets gĂ©rĂ©, ceux-ci sont dĂ©tournĂ©s vers l'une des trois voies suivantes : enfouissement, recyclage ou compostage. Pour les filières du recyclage et du compostage, la matière finale a une valeur marchande qui peut ĂŞtre rĂ©cupĂ©rĂ©e et partiellement compenser le coĂ»t initial de gestion des dĂ©chets. Ainsi, le coĂ»t net de gestion des dĂ©chets est estimĂ© en multipliant le coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et d'Ă©limination des dĂ©chets par le tonnage total dĂ©tournĂ© vers chacune des trois filières, moins la valeur rĂ©cupĂ©rĂ©e par tonne multipliĂ©e par le tonnage total dĂ©tournĂ© vers les filières du recyclage et du compostage exclusivement.

La rĂ©duction du tonnage de dĂ©chets des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique reprĂ©sente une diminution des coĂ»ts de gestion des dĂ©chets, tandis que l’augmentation connexe du tonnage de dĂ©chets provenant de substituts reprĂ©sente une augmentation des coĂ»ts. En dĂ©pit de la plus grande abondance de matières dont la valeur est rĂ©cupĂ©rĂ©e, le projet de règlement engendrerait des coĂ»ts nets de gestion des dĂ©chets Ă©tant donnĂ© que le prix par tonne de matières post-consommation est beaucoup moins Ă©levĂ© que le coĂ»t par tonne de collecte, de transport, de tri et d’élimination des dĂ©chets.

Comme l’indique le tableau 15, les coĂ»ts nets de gestion des dĂ©chets seraient de 18 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 163 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Ces coĂ»ts reprĂ©sentent 0,46 $ par habitant en 2024, soit 4,29 $ par habitant au cours de la pĂ©riode d’analyse. La majeure partie des Ă©conomies de coĂ»ts dĂ©coulant de la rĂ©duction du tonnage de dĂ©chets des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique est attribuable aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, tandis que la majeure partie de l’augmentation des coĂ»ts dĂ©coulant de l’augmentation du tonnage de dĂ©chets provenant de substituts est attribuable aux sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique.

Tableau 15 : CoĂ»t de gestion des dĂ©chets (en millions de dollars, dollars de 2020, actualisĂ©s Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2021 Ă  3 %)
Catégorie d’articles Première année de pleine rigueur de la politique (2024) Période d’analyse totale (2023-2032)
Six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique -77 -734
Substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique 95 897
Total des coûts différentiels de la gestion des déchets 18 163
Analyse du cycle de vie

L’analyse du cycle de vie (ACV) est une mĂ©thode reconnue pour mesurer les incidences importantes de tout article manufacturĂ©. Comme le nom l’indique, les ACV fournissent une approche de modĂ©lisation qui tient compte du cycle de vie complet d’un article manufacturĂ©, de la fabrication Ă  l’évacuation finale, comme l’étape en amont (par exemple extraction des ressources naturelles, fabrication, transport), l’étape de l’utilisation prĂ©vue et l’étape en aval (par exemple Ă©limination). Les rĂ©sultats sont fondĂ©s sur les effets environnementaux dĂ©terminĂ©s aux fins d’évaluation, comme les changements climatiques, la qualitĂ© de l’air, la qualitĂ© de l’eau ou la biodiversitĂ©. Étant donnĂ© que ces rĂ©percussions dĂ©passent la portĂ©e de l’analyse coĂ»ts-avantages du projet de règlement, une analyse documentaire des ACV portant sur les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique et leurs substituts facilement accessibles est prĂ©sentĂ©e dans la section « Ă‰valuation environnementale stratĂ©gique Â».

Perte d’utilité perçue (selon les préférences des consommateurs)

Les substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ont une fonction Ă©quivalente Ă  celle des plastiques Ă  usage unique qu’ils remplacent. Par exemple, un sac d’emplettes en papier Ă  usage unique et un sac d’emplettes rĂ©utilisable remplissent la mĂŞme fonction qu’un sac d’emplettes en plastique Ă  usage unique, c’est-Ă -dire transporter Ă  l’extĂ©rieur les marchandises achetĂ©es dans un magasin de dĂ©tail. Bien que les plastiques Ă  usage unique et leurs substituts soient Ă©quivalents sur le plan fonctionnel, certains consommateurs peuvent avoir des prĂ©fĂ©rences pour certaines matières et, par consĂ©quent, ne pas tirer la mĂŞme satisfaction de l’utilisation des substituts de plastiques Ă  usage unique. Par exemple, sur le plan nĂ©gatif, certains ustensiles en bois Ă  usage unique peuvent donner aux aliments un goĂ»t lĂ©ger, mais dĂ©tectable comparativement aux ustensiles en plastique Ă  usage unique, et certaines pailles de papier Ă  usage unique peuvent ramollir après avoir trempĂ© dans un liquide pendant une pĂ©riode prolongĂ©e; les deux substituts pourraient nuire Ă  l’expĂ©rience de l’utilisateur. Par ailleurs, certains consommateurs pourraient constater que certains substituts de plastiques Ă  usage unique augmentent leur satisfaction. Par exemple, bien que certains consommateurs puissent ĂŞtre ennuyĂ©s par l’inconvĂ©nient d’apporter (et de se rappeler d’apporter) leurs propres sacs d’emplettes rĂ©utilisables dans un commerce de dĂ©tail, d’autres pourraient apprĂ©cier leur grande durabilitĂ© et le fait qu’ils risquent moins de se briser, comparativement aux sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Il est Ă©galement possible que certains consommateurs tirent une plus grande satisfaction de l’utilisation des substituts de plastiques Ă  usage unique en sachant que leur choix de consommation n’a pas contribuĂ© Ă  la prolifĂ©ration des dĂ©chets plastiques. Pour certains consommateurs, la satisfaction accrue dĂ©coulant de l’utilisation d’articles qui ne sont pas dangereux pour l’environnement peut l’emporter sur les dĂ©sagrĂ©ments Ă©prouvĂ©s par l’utilisateur. Savoir si le projet de règlement entraĂ®nerait une perte nette de satisfaction ou un gain net de satisfaction dĂ©pend de la prĂ©fĂ©rence des consommateurs, tant maintenant que ce vers quoi elle peut Ă©voluer au fil du temps, compte tenu des changements de comportement induits par le projet de règlement.

Coûts administratifs

Le projet de règlement obligerait toute entreprise qui fabrique ou importe l’un des articles des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă  des fins d’exportation ou de rĂ©exportation Ă  tenir un registre (comme une facture, un contrat ou un connaissement) des renseignements et des documents Ă  l’appui Ă©tablissant que l’article a Ă©tĂ© ou sera exportĂ©, et Ă  fournir ce registre si le Ministère en fait la demande. Le Ministère s’attend Ă  ce que les fabricants et les importateurs recueillent dĂ©jĂ  les renseignements requis dans le cadre de leurs activitĂ©s commerciales actuelles. Le projet de règlement ne devrait donc pas entraĂ®ner de nouveaux coĂ»ts administratifs dĂ©coulant de cette exigence.

Les entreprises seraient tenues de conserver ces dossiers administratifs pendant au moins cinq ans. Si ces documents sont demandĂ©s par les agents chargĂ©s de l’application de la loi du Ministère lors de visites sur place ou Ă  distance, cette rĂ©cupĂ©ration d’information devrait prendre entre deux et quatre heures de travail Ă  l’entreprise fabriquant ou important l’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique pour l’exportation. Les coĂ»ts associĂ©s devraient totaliser environ 2 000 $ par annĂ©e.

La familiarisation avec les exigences rĂ©glementaires administratives et la diffusion de l’information devraient prendre 30 minutes, ce qui reprĂ©sente un coĂ»t ponctuel total de 35,03 $ par entreprise de fabrication ou d’importationrĂ©fĂ©rence 59. La familiarisation avec les exigences rĂ©glementaires administratives et la diffusion de l’information, qui s’appliqueraient Ă  environ 250 000 entreprises, devraient prendre 15 minutes, ce qui reprĂ©sente un coĂ»t ponctuel total de 4,59 $ ou 11,30 $ pour les entreprises qui vendent ou offrent l’un ou l’autre des articles des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, selon qu’il s’agit d’une petite ou d’une grande entrepriserĂ©fĂ©rence 60. Ce coĂ»t ponctuel non actualisĂ© devrait totaliser environ 1.2 million de dollars. Tous les coĂ»ts administratifs sont rĂ©sumĂ©s au tableau 16.

Tableau 16 : CoĂ»ts administratifs, par exigence
Exigence CoĂ»t ponctuel total (en dollars de 2020, non actualisĂ©s) CoĂ»t annuel total (en dollars de 2020, non actualisĂ©s)
Familiarisation avec les exigences administratives 1.2 M$ 0 $
RĂ©pondre aux demandes d’information du Ministère 0 $ 2 000 $

Au total, les coĂ»ts administratifs actualisĂ©s pour les entreprises au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032) seraient d’environ 1.1 million de dollars (valeur actuelle, en dollars de 2020, actualisĂ©e Ă  l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2021 Ă  3 %).

Coûts assumés par le gouvernement

Le Ministère engagerait des coĂ»ts supplĂ©mentaires liĂ©s Ă  la formation, aux activitĂ©s relatives Ă  la conformitĂ© et Ă  la promotion, aux inspections, aux enquĂŞtes et aux mesures de traitement des infractions prĂ©sumĂ©es. Plus prĂ©cisĂ©ment, il faudrait prĂ©voir un coĂ»t ponctuel de 57 000 $ pour former les agents de l’autoritĂ©, et un coĂ»t supplĂ©mentaire de 32 300 $ par annĂ©e pour l’administration, la coordination et l’analyse Ă  l’appui des activitĂ©s d’application de la loi. Les coĂ»ts rĂ©currents d’application de la loi varieraient selon le nombre d’inspections qui seraient effectuĂ©es par les agents de l’autoritĂ© du Ministère, et comprendraient les inspections (incluant exploitation et entretien, transport et Ă©chantillonnage), les mesures visant Ă  traiter les infractions prĂ©sumĂ©es (par exemple avertissements, ordres d’exĂ©cution en matière de protection de l’environnement et injonctions), les enquĂŞtes et les poursuites. On s’attend Ă  ce que ces coĂ»ts diminuent graduellement et passent de 1,6 million de dollars par annĂ©e au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) Ă  0,95 million de dollars par annĂ©e Ă  partir de 2028. Le Ministère engagerait Ă©galement des coĂ»ts pour l’agrĂ©ment des sacs d’emplettes, des pailles ou des ustensiles en plastique rĂ©utilisables par des laboratoires (voir la section « Description Â»). Ces coĂ»ts devraient diminuer graduellement et passer de 0,74 million de dollars par annĂ©e au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) Ă  0,30 million de dollars Ă  partir de 2028.

Le total des coĂ»ts actualisĂ©s assumĂ©s par le gouvernement au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024) est estimĂ© Ă  2,1 millions de dollars ou Ă  13,4 millions de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032) [valeur actualisĂ©e de 3 % pour l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence 2021].

Analyse distributionnelle
Consommateurs

Des millions d’unitĂ©s des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique sont utilisĂ©es et Ă©liminĂ©es quotidiennement par les Canadiens. Selon les estimations, chaque Canadien a utilisĂ© en moyenne 800 plastiques Ă  usage unique en 2019, soit environ deux par jour (tableau 1). Comme les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, les ustensiles en plastique Ă  usage unique, les rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, les anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique, les bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique et les pailles en plastique Ă  usage unique sont des articles couramment utilisĂ©s dans l’ensemble de l’économie, tous les Canadiens devraient ĂŞtre touchĂ©s par le projet de règlement. Dans le cadre du projet de règlement, les Canadiens utiliseraient et Ă©limineraient, en gĂ©nĂ©ral, davantage de substituts Ă  usage unique (ou rĂ©utilisables) comparativement aux plastiques Ă  usage unique, mais dans certains cas, les plastiques Ă  usage unique peuvent ne pas ĂŞtre remplacĂ©s par un autre produit Ă  usage unique (par exemple ne pas demander de paille). Le coĂ»t de remplacement associĂ© au projet de règlement serait de 4,85 $ par Canadien au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 46,41 $ par Canadien au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Comme l’indique la section « Analyse comparative entre les sexes plus Â», les coĂ»ts de remplacement peuvent ĂŞtre ressentis plus durement par les Canadiens Ă  faible revenu et dont le revenu disponible est limitĂ©, puisque la plus grande partie (sinon la totalitĂ©) des coĂ»ts de l’application de l’interdiction serait probablement transmise aux consommateurs par les dĂ©taillants qui augmenteront le prix des aliments, des boissons et des marchandises en magasin.

Tous les coûts de remplacement devraient être transmis aux consommateurs une fois que le projet de règlement entrera en vigueur. La majorité des ustensiles en plastique à usage unique, des récipients alimentaires en plastique à usage unique fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent et des bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique sont achetés par les consommateurs en même temps que les aliments ou les boissons qu’ils se procurent dans des restaurants, des cafés ou d’autres établissements offrant ces services. À l’heure actuelle, le prix de ces articles est habituellement intégré au prix de la transaction globale et ne représente qu’une petite fraction de ce prix. Dans le cas des sacs d’emplettes en plastique à usage unique, les coûts de remplacement devraient également être assumés par les consommateurs, soit directement (c’est-à-dire des frais par sac de papier facturés par le détaillant) ou indirectement (c’est-à-dire intégrés dans le prix des biens achetés auprès du détaillant). Les consommateurs feraient également face à des coûts de remplacement directs s’ils achetaient au magasin des articles faits de n’importe lequel des substituts ou des boissons auparavant présentées dans des anneaux pour emballage de boissons en plastique à usage unique, puisque ces boissons seraient vendues dans un emballage substitut.

Entreprises vendant ou offrant l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

Le Ministère estime que le projet de règlement pourrait toucher jusqu’à 250 000 entreprises qui vendent ou offrent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique au Canada, dont environ 242 000 seraient considĂ©rĂ©es comme des petites entreprises au sens oĂą l’entend le SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor dans sa Politique sur l’élaboration de la rĂ©glementation (voir la section « Lentille des petites entreprises Â» pour une analyse plus approfondie).

Environ 40 % de ces entreprises se trouvent dans le secteur de la vente au dĂ©tail et, par consĂ©quent, sont principalement touchĂ©es par le projet de règlement en raison de l’interdiction des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique. Certaines de ces entreprises vendent au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique directement aux consommateurs. Ces entreprises pourraient vendre n’importe quel substitut Ă  usage unique ou rĂ©utilisable Ă  la place des plastiques Ă  usage unique et, par consĂ©quent, ne devraient pas ĂŞtre touchĂ©es par les interdictions rĂ©glementaires proposĂ©es. Les entreprises du secteur de l’hĂ©bergement et des services de restauration reprĂ©sentent environ 35 % de toutes les entreprises qui pourraient vendre ou offrir l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. On s’attend Ă  ce que bon nombre de ces entreprises vendent plus d’une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Par exemple, un restaurant-minute pourrait offrir des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, des ustensiles en plastique Ă  usage unique, des rĂ©cipients alimentaires en plastique Ă  usage unique fabriquĂ©s Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, des bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique et des pailles en plastique Ă  usage unique. Le secteur des soins de santĂ© et de l’aide sociale comprend environ 15 % des entreprises susceptibles d’être touchĂ©es; elles seraient toujours en mesure d’offrir des pailles flexibles en plastique aux patients ou aux rĂ©sidents qui en font la demande. Les 10 % restants sont rĂ©partis entre le secteur des arts, du divertissement et des loisirs, le secteur des transports et le secteur du commerce de gros. La rĂ©partition gĂ©ographique de ces 250 000 entreprises qui vendent ou offrent l’un ou l’autre des six plastiques Ă  usage unique est en grande partie conforme Ă  l’estimation de la population de Statistique Canada par provincerĂ©fĂ©rence 61.

Entreprises qui fabriquent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

En se fondant sur les donnĂ©es obtenues d’une entreprise d’analyse de marchĂ©, le Ministère a cernĂ© 131 entreprises particulières qui pourraient fabriquer au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique en date de mars 2021. Parmi ces entreprises, sept importent Ă©galement au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique. Près de 80 % des installations qui fabriquent ces plastiques Ă  usage unique sont situĂ©es au QuĂ©bec et en Ontario, et 15 % se trouvent en Alberta et en Colombie-Britannique. On estime que 79 d’entre elles sont de petites entreprises (voir la section « Lentille des petites entreprises Â» pour une analyse plus approfondie).

La majoritĂ© des 131 entreprises particulières fabriquent seulement une catĂ©gorie (84 %) ou deux (11 %) de plastiques Ă  usage unique. Sur les 78 entreprises qui fabriquent des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, 70 produisent exclusivement cette catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique (tableau 17). Sur les 54 entreprises qui fabriquent des rĂ©cipients alimentaires faits Ă  partir de plastiques problĂ©matiques ou qui en contiennent, 37 produisent exclusivement cette catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique. La majoritĂ© des entreprises qui fabriquent des pailles en plastique Ă  usage unique, des ustensiles en plastique Ă  usage unique, des bâtonnets Ă  mĂ©langer en plastique Ă  usage unique ou des anneaux pour emballage de boissons en plastique Ă  usage unique produisent plus d’une catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique. Bien que l’on puisse estimer le revenu total de la plupart des 131 entreprises particulières qui fabriquent les plastiques Ă  usage unique dont l’utilisation serait interdite ou restreinte en vertu du projet de règlement, il n’est pas possible d’estimer la part de ce revenu qui est attribuable Ă  la fabrication et Ă  la vente des plastiques Ă  usage unique.

Tableau 17 : Estimation de 131 entreprises manufacturières, par catĂ©gorie d’articles et taille de l’entreprise
Catégorie d’articles Pailles Sacs d’emplettes Ustensiles Récipients alimentaires fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent Bâtonnets à mélanger Anneaux pour emballage de boissons Total
Grandes entreprises 6 26 6 25 3 0 66
Petites entreprises 5 52 8 29 5 3 102
Total 11 78 14 54 8 3 168 note a du tableau e6

Note(s) du tableau e6

Note a du tableau e6

Le total ne reprĂ©sente pas 131 entreprises, car certaines fabriquent plus d’une catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique.

Retour Ă  la note a du tableau e6

On ne s’attend pas Ă  ce que les interdictions rĂ©glementaires proposĂ©es pour six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique mènent au dĂ©laissement des actifs. La fabrication d’articles en plastique, y compris les articles Ă  usage unique, utilise des processus qui reposent sur une sĂ©rie limitĂ©e de types d’équipement qui deviennent plus normalisĂ©s en amont. Par exemple, le plastique est gĂ©nĂ©ralement fabriquĂ© au moyen d’extrudeuses qui peuvent ĂŞtre calibrĂ©es pour transformer plusieurs types de rĂ©sine et selon de nombreux paramètres de traitement. Selon Statistique Canada et d’autres sources, les principaux facteurs de coĂ»t pour la fabrication d’articles en plastique comprennent le coĂ»t des biens vendus plutĂ´t que l’équipement pour les produire et l’étude de Deloitte rĂ©vèle que le coĂ»t de la rĂ©sine Ă  lui seul peut reprĂ©senter environ le quart des coĂ»ts de fabrication totaux.

Les immobilisations les plus à risque comprennent les moules et les matrices faits sur mesure qui ne peuvent pas être reconfigurés ou transformés, comme les moules à ustensiles en plastique à usage unique. Selon leur qualité, leur taille et leur complexité, le coût des moules peut varier de milliers à des dizaines de milliers de dollarsréférence 62, de sorte que les immobilisations les plus à risque comprennent les moules et les matrices en plastique non amortis. En amont de la fabrication des moules et des matrices, la plupart des biens d’équipement peuvent être adaptés pour fabriquer d’autres produits, en particulier des produits utilisant des techniques de production semblables (par exemple l’équipement de fabrication des pailles en plastique à usage unique peut également être utilisé pour fabriquer des tuyaux en plastique avec quelques modifications). Les immobilisations les moins à risque comprennent celles qui sont conçues avec la souplesse nécessaire pour fabriquer divers produits, comme de l’équipement conçu pour fabriquer plusieurs types et dimensions de sacs en plastique.

En vertu du projet de règlement, les entreprises qui fabriquent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique devraient faire face Ă  une diminution de la demande intĂ©rieure pour ces marchandises. Ces entreprises pourraient dĂ©cider de maintenir ou d’augmenter leur production actuelle des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă  des fins d’exportation ou elles pourraient dĂ©cider de rĂ©outiller leurs chaĂ®nes de production pour fabriquer d’autres articles en plastique qui ne seraient pas interdits en vertu du projet de règlement. Les donnĂ©es de Statistique Canada indiquent qu’environ 40 % de la production nationale de sacs en plastique est exportĂ©e, et que l’importation de sacs en plastique reprĂ©sente environ 55 % de la demande intĂ©rieure. Les donnĂ©es sur l’exposition commerciale n’étaient pas disponibles pour les cinq autres catĂ©gories de plastiques Ă  usage uniquerĂ©fĂ©rence 14.

Entreprises qui importent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

En se fondant sur la Base de donnĂ©es sur les importateurs canadiensrĂ©fĂ©rence 63, le Ministère a estimĂ© que 128 entreprises uniques ont importĂ© au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique en 2019, dont 7 fabriquent Ă©galement au moins une des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique dĂ©crites Ă  la sous-section prĂ©cĂ©dente. Quarante et une de ces entreprises seraient des petites entreprises (voir la section « Lentille des petites entreprises Â» pour une analyse plus approfondie). Sur les 128 entreprises, 44 % n’importent qu’une catĂ©gorie de plastiques Ă  usage unique, 10 % importent deux catĂ©gories, 17 % importent trois catĂ©gories et 29 % importent quatre catĂ©gories ou plus. L’incidence du projet de règlement sur les entreprises qui importent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique serait minime, car ces entreprises pourraient changer de chaĂ®ne d’approvisionnement pour importer des substituts Ă  usage unique (ou rĂ©utilisables) qui sont conformes au projet de règlement.

Entreprises fabriquant des substituts Ă  usage unique aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique

Le ministère des Ressources naturelles a commandĂ© un rapport qui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en mars 2021 pour Ă©valuer l’incidence possible du projet de règlement sur les fabricants canadiens d’emballages Ă  base de fibres (disponible sur demande). Les conclusions du rapport laissent entendre qu’il faudrait que l’interdiction rĂ©glementaire proposĂ©e sur les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique entraĂ®ne une augmentation suffisante du volume des ventes de substituts Ă  base de fibres pour que les fabricants canadiens puissent envisager de saisir les dĂ©bouchĂ©s du marchĂ©. Les interdictions rĂ©glementaires proposĂ©es pour les rĂ©cipients alimentaires pourraient Ă©galement crĂ©er un crĂ©neau pour les substituts Ă  base de fibres, mais cette possibilitĂ© est moins certaine en raison de la petite taille du marchĂ© et de l’investissement nĂ©cessaire pour obtenir les caractĂ©ristiques de rendement requises avec les substituts Ă  base de fibres.

Le rapport montre que la demande de sacs en papier par habitant a diminuĂ© de 80 % depuis les annĂ©es 1970, la dĂ©forestation Ă©tant au centre des prĂ©occupations de l’opinion publique dans les annĂ©es 1990, mais elle a lĂ©gèrement augmentĂ© dans les annĂ©es 2010 alors que l’opinion publique se tournait vers la question de la pollution plastique. Comme l’indique la section « Avantages et coĂ»ts Â», les interdictions rĂ©glementaires proposĂ©es pourraient entraĂ®ner une augmentation de plus de 200 000 tonnes de sacs de papier Ă  usage unique en 2024. Quoi qu’il en soit, le rapport laisse entendre que les deux principaux producteurs de papier kraft au Canada (utilisĂ© pour fabriquer les sacs d’emplettes en papier), l’un situĂ© au Manitoba et l’autre en Colombie-Britannique, pourraient dĂ©cider de ne pas produire davantage de papier kraft en raison du projet de règlement.

Pour ce qui est du rĂ©sultat indirect du projet de règlement, le rapport donne Ă  penser que la nouvelle demande de papier kraft pour fabriquer des sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique pourrait ĂŞtre satisfaite par la production nationale des entreprises dans le marchĂ© en dĂ©clin des papiers graphiques et des entreprises dont les usines sont inactives, qui ont un total combinĂ© de capacitĂ© de production excĂ©dentaire de 200 000 tonnes. Pour passer Ă  la production de sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique, ces entreprises devraient engager une petite dĂ©pense en capital. Le rapport conclut que les importations en provenance des États-Unis pourraient aussi rĂ©pondre facilement Ă  la demande supplĂ©mentaire de sacs d’emplettes en papier Ă  usage unique.

Énoncé des coûts-avantages
Tableau 18 : CoĂ»ts monĂ©tarisĂ©s, actualisĂ©s (en millions de dollars)
Intervenant touché Description du coût 2023 2024 2032 Total
(2023-2032)
Valeur annualisée
Canadiens CoĂ»ts de remplacement (pour tous les articles sauf les sacs d’emplettes) 130 $ 185 $ 180 $ 1 770 $ 207 $
Canadiens Remplacement et usage secondaire (pour les sacs d’emplettes) Rentabilité Rentabilité Rentabilité Rentabilité Rentabilité
Canadiens Gestion des dĂ©chets 11 $ 18 $ 16 $ 163 $ 19 $
Certains fabricants, importateurs et dĂ©taillants Administratif 0,7 $ 0,4 $ 0,002 $ 1,1 $ 0,1 $
Gouvernement Observation et application de la loi 1,4 $ 2,1 $ 0,9 $ 13,4 $ 1,6 $
Tous les intervenants Total des coĂ»ts 143 $ 205 $ 197 $ 1 948 $ 228 $
Tableau 19 : Avantages monĂ©tarisĂ©s, actualisĂ©s (en millions de dollars)
Intervenant touché Description de l’avantage 2023 2024 2032 Total (2023-2032) Valeur annualisée
Canadiens CoĂ»t de nettoyage de pollution marine Ă©vitĂ© 42 $ 61 $ 59 $ 583 $ 68 $
Canadiens CoĂ»t de pollution marine Ă©vitĂ© 2 $ 4 $ 4 $ 36 $ 4 $
Tous les intervenants Total des avantages 44 $ 65 $ 63 $ 619 $ 72 $
Tableau 20 : RĂ©sumĂ© des coĂ»ts et avantages monĂ©tarisĂ©s (actualisĂ©s)
Incidence 2023 2024 2032 Total
(2023-2032)
Valeur annualisée
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 142 $ 205 $ 197 $ 1 948 $ 228 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 44 $ 65 $ 63 $ 619 $ 72 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 98 $ 140 $ 134 $ 1 329 $ 156 $
RĂ©duction quantifiĂ©e des dĂ©chets plastiques (tonnes Ă©vitĂ©es) 78 096 132 242 163 898 1 405 789 140 579
Impact non-monĂ©tisĂ© net : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 1 293 2 196 2 744 23 432 2 343

Comme le montre le tableau 18, le projet de règlement devrait entraĂ®ner des coĂ»ts de 205 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), soit des coĂ»ts de 1,9 milliard de dollars au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032). Bien que ces coĂ»ts soient importants dans l’ensemble, ils seraient largement rĂ©partis entre les consommateurs canadiens (environ 5 $ par habitant en 2024 ou 50 $ par habitant au cours de la pĂ©riode d’analyse). Certains consommateurs peuvent ĂŞtre touchĂ©s plus que d’autres par ces coĂ»ts, bien que l’on s’attende Ă  ce que ces effets distributifs soient relativement modestes, surtout compte tenu des exemptions pour les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique Ă  des fins d’accessibilitĂ©. Ce facteur et d’autres sont examinĂ©s dans la section « Analyse comparative entre les sexes plus Â». Tous les coĂ»ts (sauf les coĂ»ts administratifs et les coĂ»ts assumĂ©s par le gouvernement) sont Ă©valuĂ©s du point de vue des consommateurs. Les coĂ»ts pour les entreprises de l’industrie canadienne des plastiques devraient ĂŞtre attĂ©nuĂ©s, car la fabrication Ă  des fins d’exportation ne serait pas interdite en vertu du projet de règlement.

Comme le montre le tableau 19, le projet de règlement devrait entraĂ®ner des avantages monĂ©taires de 65 millions de dollars au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 619 millions de dollars en avantages monĂ©taires au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032), en raison principalement des coĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s. Comme le montre le tableau 20, les coĂ»ts et les avantages monĂ©taires du projet de règlement totaliseraient 140 millions de dollars en coĂ»t net au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 1,3 milliard de dollars en coĂ»t net au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032).

Bien que le projet de règlement devrait entraĂ®ner un coĂ»t net total en ce qui a trait aux rĂ©percussions monĂ©taires, l’avantage le plus important n’est pas liĂ© Ă  la monĂ©tisation, mais Ă  la rĂ©duction du risque de prĂ©judice pour la faune et ses habitats en raison de la rĂ©duction de la pollution plastique. Comme le montre le tableau 20, le projet de règlement devrait permettre d’éviter 132 242 tonnes de dĂ©chets plastiques au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou 1,4 million de tonnes au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032), dont 1 293 tonnes, ou 23 432 tonnes, respectivement, seraient de la pollution plastique Ă©vitĂ©e. Par nombre d’articles, ces valeurs se traduisent par environ 28 milliards d’unitĂ©s de dĂ©chets plastiques Ă©vitĂ©s au cours de la première annĂ©e de pleine rigueur de la politique (2024), ou environ 300 milliards d’unitĂ©s au cours de la pĂ©riode d’analyse (de 2023 Ă  2032), dont 360 millions d’unitĂ©s, ou 3,8 milliards d’unitĂ©s, respectivement, reprĂ©senteraient la pollution plastique Ă©vitĂ©e. Compte tenu de l’ampleur des dommages Ă©cologiques que les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique qui deviennent de la pollution plastique peuvent causer Ă  la faune et Ă  ses habitats, et de la rĂ©duction de la jouissance des biens et services Ă©cologiques par les Canadiens, les avantages non monĂ©tisĂ©s connexes devraient ĂŞtre importants.

Analyse de sensibilité

Plusieurs paramètres et hypothèses ont une incidence sur les rĂ©sultats prĂ©sentĂ©s au tableau 20. Les facteurs les plus sensibles qui influent sur les rĂ©sultats de l’analyse coĂ»ts-avantages sont ceux qui sont examinĂ©s dans les analyses de scĂ©narios prĂ©sentĂ©es au tableau 12 dans la sous-section « CoĂ»ts de nettoyage des dĂ©tritus terrestres Ă©vitĂ©s Â» et au tableau 14 dans la sous-section « CoĂ»ts de remplacement et coĂ»ts d’usage secondaire des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â». Les tableaux 21 Ă  24 prĂ©sentent les coĂ»ts et les avantages monĂ©tisĂ©s en valeur actualisĂ©s pour quelques scĂ©narios supplĂ©mentaires.

Tableau 21 : SensibilitĂ© : taux d’actualisation (2023-2032)
Incidence 3 % (cas central) 0 % 7 %
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 1 948 $ 2 376 $ 1 523 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 619 $ 755 $ 484 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 1 329 $ 1 621 $ 1 039 $
Impact non monĂ©tisĂ© net : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 23 432 23 432 23 432
Tableau 22 : SensibilitĂ© : durĂ©e de vie du sac d’emplettes rĂ©utilisable (nombre d’utilisations) [2023-2032]
Incidence 100 (cas central) 50 200
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 1 948 $ 1 967 $ 1 938 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 619 $ 615 $ 621 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 1 329 $ 1 352 $ 1 317 $
Incidence non monĂ©taire nette : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 23 432 22 247 24 024
Tableau 23 : SensibilitĂ© : diminution du prix rĂ©el d’une annĂ©e Ă  l’autre au fil du temps (baisse composĂ©e) note a du tableau 23 [2023-2032]
Incidence 0 % (cas central) 1 % 2 %
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 1 948 $ 1 727 $ 1 519 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 619 $ 619 $ 619 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 1 329 $ 1 108 $ 900 $
Impact non monĂ©tisĂ© net : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 23 432 23 432 23 432

Notes du tableau 23

Note a du tableau 23

« Diminution du prix rĂ©el au fil du temps Â» dĂ©signe la possibilitĂ© que les coĂ»ts unitaires des substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique diminuent d’une annĂ©e Ă  l’autre Ă  mesure que les entreprises et les particuliers achètent de plus grandes quantitĂ©s de ces articles, rĂ©alisant ainsi des Ă©conomies d’échelle.

Retour au renvoi a de la note du tableau 23

Tableau 24 : SensibilitĂ© : Taux horaire moyen de main-d’œuvre ou coĂ»t de renonciation du travail bĂ©nĂ©vole pour le nettoyage des dĂ©tritus (2023-2032)
Incidence 15 $ (cas central) 20 $ 30 $
Total des coĂ»ts (en millions de dollars) 1 948 $ 1 948 $ 1 948 $
Total des avantages monĂ©tisĂ©s (en millions de dollars) 619 $ 803 $ 1 203 $
Impact monĂ©tisĂ© net — coĂ»t net (en millions de dollars) 1 329 $ 1 145 $ 745 $
Impact non monĂ©tisĂ© net : avantages pour la faune et les humains sous forme de rĂ©duction de la pollution plastique (tonnes Ă©vitĂ©es) 23 432 23 432 23 432

Lentille des petites entreprises

L’analyse dans le cadre de la lentille des petites entreprises a permis de conclure que le projet de règlement aurait une incidence sur les petites entreprises Ă  qui il serait interdit de fabriquer, d’importer ou de vendre l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, avec des exemptions limitĂ©es telles qu’elles sont prĂ©sentĂ©es dans la section « Description Â». Le projet de règlement toucherait environ 242 000 entreprises qui vendent ou offrent ces plastiques Ă  usage unique, 79 entreprises qui les fabriquent et 43 entreprises qui les importent. Il ne convient pas de faire preuve d’une plus grande souplesse pour limiter le fardeau pesant sur les petites entreprises, car l’objectif environnemental du projet de règlement ne pourrait ĂŞtre atteint que si tous les plastiques Ă  usage unique qui y sont assujettis sont interdits.

Le projet de règlement ne devrait pas entraĂ®ner de coĂ»ts de conformitĂ© directs pour les petites entreprises qui vendent ou importent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, puisque les coĂ»ts de remplacement devraient ĂŞtre absorbĂ©s par les consommateurs et puisque les importateurs peuvent importer d’autres produits, y compris les substituts aux six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique.

Le projet de règlement pourrait entraĂ®ner des coĂ»ts de conformitĂ© pour les petites entreprises qui fabriquent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, selon les dĂ©cisions d’affaires prises Ă  la suite du projet de règlement. Comparativement au scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence, les petites entreprises qui fabriquent l’une ou l’autre des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique feraient face Ă  une diminution de la demande pour ces produits en vertu du projet de règlement; elles pourraient donc dĂ©cider de maintenir ou d’augmenter leur production actuelle des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique Ă  des fins d’exportation ou de rĂ©outiller leurs chaĂ®nes de production pour fabriquer des articles en plastique qui ne seraient pas interdits en vertu du projet de règlement. Comme ces dĂ©cisions d’affaires sont propres Ă  chaque entreprise, ces coĂ»ts ponctuels possibles pour les petites entreprises n’ont pas Ă©tĂ© estimĂ©s dans l’analyse coĂ»ts-avantages. Comme on s’attend Ă  ce que les consommateurs assument les coĂ»ts de remplacement et d’usage secondaire associĂ©s au projet de règlement, aucun coĂ»t pouvant ĂŞtre assumĂ© par les petites entreprises n’a finalement Ă©tĂ© monĂ©tisĂ© et ne leur a Ă©tĂ© attribuĂ© dans l’analyse coĂ»ts-avantages.

Les intrants dans le calcul et les hypothèses pertinentes relatives aux coĂ»ts administratifs, notamment pour les petites entreprises, sont prĂ©sentĂ©s dans la sous-section « CoĂ»ts administratifs Â» et dans la sous-section « Analyse distributionnelle Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â».

Résumé de la lentille des petites entreprises
Tableau 25 : CoĂ»ts pour les petites entreprises
Description du coût Valeur annualisée Valeur actualisée
CoĂ»ts de conformitĂ© 0 $ 0 $
CoĂ»t administratif 134 511 $ 1 047 314 $
Total des coĂ»ts 134 511 $ 1 047 314 $
CoĂ»t moyen par petite entreprise 0,56 $ 4,32 $

Règle du « un pour un Â»

La règle du « un pour un Â» s’applique, Ă©tant donnĂ© qu’il y a une augmentation progressive du fardeau administratif des entreprises et que le projet de règlement constitue un nouveau titre rĂ©glementaire. Les intrants dans le calcul et les hypothèses pertinentes sont prĂ©sentĂ©s dans la sous-section « CoĂ»ts administratifs Â» de la section « Avantages et coĂ»ts Â». Ces coĂ»ts ont Ă©tĂ© rajustĂ©s de 2020 Ă  2012 aux fins du calcul de l’augmentation du fardeau administratif en vertu de la règle du « un pour un Â». En dollars constants de 2012 (l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence) et en fonction d’une pĂ©riode de 10 ans Ă  partir de l’annĂ©e d’inscription (c’est-Ă -dire 2022 Ă  2031) ainsi que d’un taux d’actualisation de 7 %, l’augmentation moyenne annualisĂ©e du fardeau administratif des entreprises est estimĂ©e Ă  66 402 $, soit une moyenne de 0,27 $ par entreprise, calculĂ©e Ă  l’aide du calculateur des coĂ»ts rĂ©glementaires du SecrĂ©tariat du Conseil du TrĂ©sor.

Coopération et harmonisation en matière de réglementation

S’harmoniser aux pratiques exemplaires actuelles

Les déchets plastiques et la pollution plastique représentent un enjeu mondial, et les marchés des plastiques à usage unique sont très intégrés à l’échelle mondiale, particulièrement entre le Canada et les États-Unis. Conscient de ces considérations importantes, le Ministère a mené de vastes consultations auprès des représentants gouvernementaux d’autres administrations canadiennes et internationales (États-Unis, Royaume-Uni et Union européenne) sur leur approche respective en matière d’interdiction ou de restriction des plastiques à usage unique.

Selon les Nations Unies, sur les 192 pays examinĂ©s, 127 ont adoptĂ© certains types de règlements pour encadrer l’utilisation des sacs en plastique, comme des restrictions sur la fabrication, la distribution, le commerce, la distribution gratuite en magasin ou la taxation. Vingt-sept pays ont adoptĂ© des lois interdisant les produits Ă  usage unique (par exemple assiettes, gobelets, pailles) ou des matĂ©riaux (par exemple le polystyrène) ou limitant les niveaux de production. Une trentaine de pays ont instaurĂ© des taxes sur la fabrication de sacs en plastique, sur leur distribution aux consommateurs et sur les plastiques Ă  usage unique de façon gĂ©nĂ©rale au moyen d’une taxe environnementale ou d’une combinaison de mĂ©thodes fiscales. En 2019, l’Union europĂ©enne a adoptĂ©, pour les plastiques Ă  usage unique, une directive qui comprenait une liste de ces produits que les États membres devaient interdire pour 2021, et le Royaume-Uni a adoptĂ© une mesure semblable en 2020. Ă€ l’heure actuelle, il n’existe aucune politique aux États-Unis pour restreindre ou Ă©liminer le recours aux plastiques Ă  usage unique au fĂ©dĂ©ral, mais plusieurs États comme la Californie, le Connecticut, le Delaware, le Maine, le New Jersey, New York, le Vermont et l’Oregon ont dĂ©jĂ  adoptĂ© des interdictions sur les sacs en plastique Ă  usage unique.

Les renseignements recueillis tout au long de ces activités d’engagement ont inspiré la conception de la politique et la mise en œuvre du projet de règlement afin de réduire au minimum les différences réglementaires avec les principaux partenaires commerciaux, les provinces et territoires, et d’assurer l’harmonisation avec les normes et les pratiques exemplaires existantes, tout en tirant des leçons de l’expérience d’autres administrations afin de réduire autant que possible les différences réglementaires. À titre d’exemple, le Ministère a consulté les fournisseurs de sacs réutilisables et recueilli des renseignements auprès de fonctionnaires de l’État de la Californie pour définir des seuils de rendement pour les sacs d’emplettes en plastique à usage unique qui sont conformes aux exigences de certification pour les sacs réutilisables en Californie, considérées comme une norme dans l’industrie nord-américaine. Cette approche permettrait de réduire au minimum le fardeau réglementaire cumulatif imposé aux entreprises qui exercent leurs activités aux États-Unis et au Canada.

Coopérer avec les provinces, les territoires et les municipalités

La prĂ©vention des dĂ©chets plastiques et de la pollution est une compĂ©tence partagĂ©e entre les gouvernements fĂ©dĂ©ral, provinciaux et territoriaux. Les provinces et les territoires sont des partenaires clĂ©s dans la lutte contre les dĂ©chets plastiques et la pollution plastique provenant des plastiques Ă  usage unique. En date de juin 2021, plusieurs provinces et territoires ont instaurĂ© des mesures qui visent prĂ©cisĂ©ment les plastiques Ă  usage unique :

De plus, 84 administrations locales au Canada ont adoptĂ© des règlements pour interdire ou restreindre les sacs en plastique Ă  usage unique, bien qu’au moins 13 de ces lois ne soient pas encore en vigueur en aoĂ»t 2021. Certaines administrations locales ont Ă©galement adoptĂ© des règlements interdisant ou restreignant d’autres plastiques Ă  usage unique, comme les pailles en plastique Ă  usage unique (7 administrations locales), les conteneurs Ă  emporter en polystyrène expansĂ© (6 administrations locales) et les ustensiles (2 administrations locales).

Le projet de règlement aurait des répercussions sur bon nombre de ces mesures provinciales, territoriales et municipales. À l’heure actuelle, les interdictions visant les plastiques à usage unique constituent un ensemble disparate de règles qui visent à régler des problèmes qui sont essentiellement d’envergure nationale et internationale. Les plastiques à usage unique sont habituellement vendus sur des marchés régionaux ou nationaux qui échappent aux interdictions provinciales, territoriales ou municipales. Seules les mesures fédérales sont en mesure de prévenir efficacement la pollution et les déchets des six catégories de plastiques à usage unique visées par le projet de règlement. Le projet de règlement aiderait également à rationaliser et à simplifier la mosaïque de mesures existantes qui s’harmonisent largement sur le plan des objectifs (c’est-à-dire la prévention des déchets et de la pollution), mais il créerait également de nombreuses incohérences (par exemple définition de ce qui constitue un sac d’emplettes réutilisable en plastique). Le projet de règlement réglerait ce problème en créant un ensemble unique de règles de portée nationale, réduisant ainsi les dédoublements des obligations de conformité et de déclaration entre plusieurs administrations. Cette solution contribuera à la réalisation de bon nombre des mêmes objectifs que les interdictions provinciales, territoriales et municipales, tout en apportant aux entreprises une plus grande certitude réglementaire. De plus, le Ministère ne s’attend pas à créer des conflits avec les mesures existantes, puisque le projet de règlement a été conçu de façon à s’harmoniser avec le plus grand nombre possible de mesures municipales et provinciales existantes.

Par contre, il pourrait y avoir des répercussions sur les règlements des administrations locales interdisant ou restreignant l’utilisation de certaines pailles en plastique à usage unique si, par exemple, ils permettent ou imposent aux restaurants d’en fournir aux clients sur demande.

Les provinces qui ont inclus les plastiques Ă  usage unique dans les politiques proposĂ©es ou existantes sur la responsabilitĂ© Ă©largie des producteurs pourraient voir une rĂ©duction du nombre d’articles en plastique Ă  usage unique rĂ©cupĂ©rĂ©s. Toutefois, Ă©tant donnĂ© que le projet de règlement ciblerait les articles en plastique Ă  usage unique qui sont Ă  la fois problĂ©matiques sur le plan environnemental et difficiles Ă  recycler, la responsabilitĂ© Ă©largie des producteurs aura probablement un effet positif sur les politiques provinciales. Entre autres choses, le fait d’éliminer du flux de dĂ©chets les articles en plastique Ă  usage unique qui sont difficiles Ă  recycler offrira les avantages suivants :

Les efforts de coordination comme ceux décrits ci-dessus aideront à réduire au minimum le fardeau réglementaire cumulatif des entreprises associées au projet de règlement.

Commerce international

Le gouvernement du Canada s’est engagĂ© Ă  respecter ses engagements en matière de commerce international. Le Ministère a travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec d’autres ministères et organismes fĂ©dĂ©raux, dont le ministère des Affaires Ă©trangères, du Commerce et du DĂ©veloppement, pour veiller Ă  ce que le projet de règlement soit conforme aux obligations commerciales existantes du Canada, y compris celles en vertu de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et celles dans le cadre des Accords de l’Organisation mondiale du commerce. De plus, au cours de la pĂ©riode de consultation publique tenue Ă  l’automne 2020, les intervenants de l’industrie ont exprimĂ© leurs prĂ©occupations quant aux rĂ©percussions possibles d’une interdiction de certains articles en plastique Ă  usage unique pour les entreprises exportant ces produits. Pour rĂ©pondre Ă  ces prĂ©occupations, le projet de règlement n’interdirait pas la fabrication et l’importation des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique aux fins d’exportation. Les entreprises canadiennes pourraient donc continuer Ă  commercialiser ces produits Ă  l’étranger. Cette approche est conforme aux règles en vigueur dans l’Union europĂ©enne.

Évaluation environnementale stratégique

Objectif de l’évaluation environnementale stratégique

ConformĂ©ment Ă  la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une Ă©valuation environnementale stratĂ©gique (EES) a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour le projet de règlement. Entre autres choses, une EES :

Approche adoptée pour évaluer les éventuels effets sur l’environnement

L’EES a examiné les effets environnementaux éventuels que pourraient entraîner la restriction ou l’élimination des six catégories de plastiques à usage unique sur le marché canadien. Cette démarche comprenait l’examen des possibles effets directs de la réduction des déchets plastiques et de la pollution plastique, ainsi que des effets potentiels à différents points de la chaîne de valeur que pourrait causer la consommation accrue de substituts, comme ceux fabriqués avec du bois, du papier ou des plastiques de substitution.

Le Ministère a puisĂ© dans une vaste gamme de sources de donnĂ©es probantes pour effectuer son analyse. Ce procĂ©dĂ© faisait suite aux directives Ă©mises par le PNUE sur les approches du cycle de vie pour lutter contre la pollution causĂ©e par les produits de plastique Ă  usage unique. Selon les directives du PNUE, « [l’analyse du cycle de vie] fournit des renseignements importants aux dĂ©cideurs, mais il faut les complĂ©ter par une sĂ©rie d’études et de connaissances supplĂ©mentaires Â». Le Ministère s’est donc inspirĂ©, entre autres sources, des ACV disponibles pour les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique visĂ©es par le projet de règlement, des donnĂ©es sur les dĂ©chets, des Ă©tudes scientifiques, de l’étude de Deloitte, d’autres rapports sur les rĂ©sultats environnementaux et de rĂ©cupĂ©ration de la valeur des six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique, ainsi que de l’évaluation scientifique de la pollution plastique. La figure 9 ci-dessous montre le cycle de vie des plastiques Ă  usage unique et des autres articles Ă  usage unique.

Figure 9 : Cycle de vie des plastiques Ă  usage unique et d’autres articles Ă  usage unique
Étape du cycle de vie Description
Première Ă©tape : Ă©tape en amont
  • Extraction de matĂ©riaux
  • Production
  • Transport pour utilisation
Deuxième Ă©tape : Ă©tape d’utilisation Utilisation prĂ©vue
Troisième Ă©tape : Ă©tape en aval
  • Transport vers la fin de vie utile
  • Gestion en fin de vie ou dĂ©chets/fuites

L’approche adoptĂ©e pour l’EES a permis de dĂ©terminer les six catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique assujetties au projet de règlement, ainsi que les produits de substitution que le Canada pourrait adopter Ă  grande Ă©chelle et pour lesquels il existait suffisamment de donnĂ©es pour rĂ©aliser une analyse. Les produits de substitution analysĂ©s dans l’EES sont dĂ©crits au tableau 26.

Tableau 26 : Établissement de la portĂ©e des substituts des produits de plastique Ă  usage unique aux fins de l’évaluation des effets environnementaux
Produit de plastique à usage unique Substituts analysés dans l’EES note a du tableau f4 note b du tableau f4
Sacs d’emplettes en plastique
  • Polypropylène non tissĂ© rĂ©utilisable
  • Polypropylène tissĂ© rĂ©utilisable
  • PolyĂ©thylène tĂ©rĂ©phtalate recyclĂ© rĂ©utilisable
  • Polyester rĂ©utilisable
  • Papier Ă  usage unique
  • Coton rĂ©utilisable
Ustensiles
  • Bois Ă  usage unique
  • MĂ©tal rĂ©utilisable
  • Plastique durable
Récipients alimentaires fabriqués à partir de plastiques problématiques ou qui en contiennent
  • Pâte de bois Ă  usage unique
  • Papier Ă  usage unique
  • Plastique compostable Ă  usage unique
  • Aluminium Ă  usage unique
  • Polypropylène Ă  usage unique
  • Porcelaine rĂ©utilisable
Anneaux pour emballage de boissons
  • Pellicule rĂ©tractable en polyĂ©thylène Ă  usage unique Ă  faible densitĂ©
  • Porte-couvercle rigide Ă  usage unique en polyĂ©thylène haute densitĂ©
  • BoĂ®te de carton Ă  usage unique
  • Anneaux en fibre Ă  usage unique pour emballage de boissons
Bâtonnets à mélanger
  • Bois Ă  usage unique
  • Cuillère mĂ©tallique rĂ©utilisable
Pailles
  • Papier Ă  usage unique
  • Bois rĂ©utilisable
  • MĂ©tal rĂ©utilisable
  • Verre rĂ©utilisable
  • Silicone rĂ©utilisable

Note(s) du tableau f4

Note a du tableau f4

Les substituts analysés dans l’EES n’ont pas tous été modélisés dans l’analyse coûts-avantages en raison de la disponibilité des données.

Retour Ă  la note a du tableau f4

Note b du tableau f4

Il peut exister des substituts disponibles sur le marché qui n’ont pas été analysés dans la documentation et qui ne sont donc pas inclus dans l’EES.

Retour Ă  la note b du tableau f4

Le Ministère s’est ensuite inspirĂ© des ACV disponibles pour Ă©tablir la portĂ©e des diverses catĂ©gories d’effets environnementaux qui pourraient ĂŞtre analysĂ©s aux trois Ă©tapes du cycle de vie d’un produit :

Tableau 27 : Principaux Ă©lĂ©ments d’analyse du cycle de vie
Étape du cycle de vie Activités incluses Effets environnementaux pris en compte
Étape en amont
  • Extraction des ressources naturelles
  • Fabrication
  • Transport vers le marchĂ©
  • Changements climatiques
  • QualitĂ© de l’air
  • QualitĂ© de l’eau
  • QuantitĂ© d’eau
  • QualitĂ© de l’environnement terrestre
Étape d’utilisation
  • Utilisation prĂ©vue par l’utilisateur final
  • QuantitĂ© d’eau
Étape en aval
  • Transport et Ă©limination
  • Gestion en fin de vie utile (par exemple enfouissement, recyclage, incinĂ©ration, utilisation comme poubelle Ă  dĂ©chets [sacs d’emplettes seulement])
  • Abandon de dĂ©tritus
  • Fuites provenant des systèmes de gestion des dĂ©chets (par exemple articles Ă©chappĂ©s des camions de collecte)
  • Changements climatiques
  • QualitĂ© de l’air
  • QualitĂ© de l’eau
  • QuantitĂ© d’eau
  • QualitĂ© de l’environnement terrestre
  • BiodiversitĂ©

Le Ministère a ensuite appliqué les éléments de preuve disponibles pour évaluer les effets environnementaux potentiels, positifs et négatifs, que pourraient causer l’élimination ou la restriction de chacune des catégories de plastiques à usage unique assujetties au projet de règlement.

L’évaluation a tenu compte de l’information disponible sur les effets environnementaux potentiels qui résulteraient d’une réduction des niveaux actuels des six plastiques à usage unique dans le commerce et d’une augmentation de leurs substituts. Cette analyse a été appliquée à chacune des trois étapes susmentionnées et était de nature principalement qualitative, en particulier en raison des incohérences entre les ACV disponibles, comme les substituts analysés, les paramètres relatifs aux données utilisées et les effets environnementaux évalués. De plus, les données sur les déchets disponibles provenant de différentes sources (par exemple données sur le nettoyage des rives par rapport aux vérifications des déchets municipaux) utilisent des méthodologies, des catégorisations et des normes de données différentes, ce qui exclut l’analyse quantitative. Des ACV ont été effectuées pour différentes administrations, surtout étrangères. En raison de ces incohérences, ainsi que d’autres variables comme l’humidité, les rapports de poids et l’utilisation de matériaux recyclés, il n’a pas été possible de déterminer l’étendue ou l’ampleur des effets environnementaux.

Constatations

À l’étape en amont, les ACV disponibles constituent la principale source de données probantes, bien que d’autres sources aient également été consultées, en particulier l’étude de Deloitte et certaines méta-analyses des ACV.

Tableau 28 : Effets environnementaux en amont
Effets environnementaux Résumé des constatations sur les effets environnementaux nets de l’élimination ou de la restriction des articles en plastique à usage unique assujettis au projet de règlement Conclusions
Changements climatiques Selon la différence de poids entre le plastique à usage unique et un substitut, les substituts ont habituellement des répercussions plus importantes sur les changements climatiques en raison de l’échelle de production des plastiques à usage unique, ainsi que des intrants en ressources naturelles (par exemple exploitation forestière), des sources d’électricité (par exemple les sacs réutilisables fabriqués dans d’autres pays peuvent dépendre de l’électricité produite par le charbon) et le poids unitaire influant sur les émissions de GES pendant le transport. Certains effets environnementaux négatifs mineurs
Qualité de l’air La production de substituts, surtout ceux en bois, en papier ou en coton, peut affecter la qualité de l’air, notamment en raison de la présence de plus grandes quantités de particules, de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote, ce qui augmente le risque de smog et de pluies acides. Certains effets environnementaux négatifs
Qualité de l’eau La production de substituts peut avoir une incidence sur la qualité de l’eau dans les milieux marins et d’eau douce, comme l’eutrophisation (par exemple production accrue d’algues) et l’acidification des rejets d’azote ou de phosphore dans l’eau lors de l’extraction des ressources naturelles (par exemple coton) et du processus de fabrication. Certains effets environnementaux négatifs
Quantité d’eau En général, la production de substituts nécessite plus d’eau que celle des plastiques à usage unique, soit dans la production d’intrants (par exemple arrosage des cultures) ou dans le processus de fabrication lui-même. Certains effets environnementaux négatifs
Qualité de l’environnement terrestre Les substituts peuvent nuire à la qualité de l’environnement sur les terres par l’acidification et par l’épuisement des ressources naturelles (par exemple exploitation forestière). Certains effets environnementaux négatifs

À l’étape de l’utilisation, le seul effet environnemental relevé dans les ACV concerne l’utilisation de l’eau (c’est-à-dire le lavage de produits réutilisables), mais le Ministère a conclu que l’augmentation de la consommation d’eau serait probablement minime. Les produits réutilisables devraient être lavés en même temps que d’autres articles. Par exemple, un sac de polypropylène tissé réutilisable serait lavé avec des vêtements dans une machine à laver, ou une cuillère métallique réutilisable serait lavée en même temps que d’autres plats, gobelets et verres. Cette eau serait utilisée, que le projet de règlement soit adopté ou non.

À l’étape en aval, l’évaluation a porté sur les effets environnementaux liés aux déchets (c’est-à-dire la façon de gérer les plastiques à usage unique et leurs substituts en fin de vie utile) et à la pollution (c’est-à-dire la mesure selon laquelle les plastiques à usage unique et leurs sub-stituts pénètrent dans l’environnement et représentent une menace pour la faune). En ce qui concerne les preuves disponibles, les ACV fournissent certains renseignements, mais les analyses et les constatations sont incohérentes et qualitatives. Elles ne suivent pas la hiérarchie de la gestion des déchets pour évaluer les résultats en fin de vie utile et ne considèrent les effets écologiques des déchets que de manière qualitative. Par conséquent, à l’étape en aval, l’analyse de cette EES reposait davantage sur d’autres éléments probants, comme l’évaluation scientifique, les données sur les déchets, certaines études scientifiques sur les dommages physiques causés par les déchets, et des données et renseignements sur les résultats en fin de vie.

En ce qui concerne les rĂ©sultats en fin de vie utile Ă  l’étape en aval, chacune des catĂ©gories de plastiques Ă  usage unique ciblĂ©es par le projet de règlement prĂ©sente des taux de recyclage faibles ou très faibles (moins de 15 %), ainsi que des obstacles Ă  l’augmentation de leur taux de recyclage. On ne s’attend pas non plus Ă  ce qu’il y ait d’autres formes de rĂ©cupĂ©ration de la valeur, comme la rĂ©utilisation, la rĂ©paration ou la remise Ă  neuf. En revanche, les substituts prĂ©sentent un potentiel Ă©levĂ© de rĂ©cupĂ©ration de la valeur par le recyclage (par exemple produits de papier) ou de rĂ©utilisation (par exemple sacs rĂ©utilisables, ustensiles et pailles qui respectent les normes de rendement Ă©tablies dans le projet de règlement).

En ce qui concerne le bilan environnemental, le tableau suivant résume les effets potentiels pour chacune des catégories visées à l’étape en aval.

Tableau 29 : Effets environnementaux en aval
Effets environnementaux Résumé des constatations sur les effets environnementaux nets de l’élimination ou de la restriction des articles en plastique à usage unique assujettis au projet de règlement Conclusions
Changements climatiques Certains substituts, comme ceux fabriqués à partir de papier, peuvent produire des GES comme le méthane dans certaines conditions (par exemple lors de la décomposition dans les sites d’enfouissement). Les substituts ayant des taux de recyclage plus élevés (par exemple les produits du papier) entraîneraient une réduction des émissions de GES en raison des émissions évitées par le déplacement des matières vierges. Aucun effet environnemental important
QualitĂ© de l’air Les effets sur la qualitĂ© de l’air dĂ©pendent des mĂ©thodes de gestion en fin de vie utile : l’incinĂ©ration (avec ou sans production d’électricitĂ©) de plastiques Ă  usage unique ou de substituts peut avoir une incidence sur la qualitĂ© de l’air. Toutefois, Ă©tant donnĂ© qu’ils sont gĂ©nĂ©ralement plus recyclables ou beaucoup plus durables, les substituts ne devraient pas aboutir principalement Ă  l’incinĂ©ration en aval de leur cycle de vie. Effets environnementaux possibles
Qualité de l’eau L’évaluation scientifique montre que la pollution plastique affecterait la qualité de l’eau, entre autres par le rejet de particules microplastiques et macroplastiques, notamment de celles provenant des plastiques à usage unique, puisqu’elles se fragmentent et se dégradent dans l’environnement naturel. Le retrait des plastiques à usage unique comme source de pollution plastique éliminerait leur incidence sur la qualité de l’eau. Effets positifs significatifs sur l’environnement
Quantité d’eau Un plus grand nombre de substituts recyclables pourraient utiliser de l’eau dans le cadre du processus de recyclage, y compris pour laver ou trier les matériaux. Mais on ne s’attend pas à ce que cela soit important dans le contexte de l’augmentation des activités de recyclage au moyen d’autres instruments comme la responsabilité élargie des producteurs qui est mise en œuvre dans les provinces et les territoires. Effets environnementaux possibles
Qualité de l’environnement terrestre L’évaluation scientifique montre, entre autres, que le sol retient les particules de plastique pendant de longues périodes et que les macroplastiques peuvent nuire à la végétation par des effets comme l’étouffement. On s’attendrait à ce que les plastiques à usage unique jetés dans la nature contribuent davantage à ces dommages environnementaux que les substituts en plastique réutilisables, et bien plus encore que les substituts non plastiques. Effets positifs significatifs sur l’environnement
Biodiversité Les plastiques à usage unique sont plus présents dans l’environnement que tout substitut et présentent aussi une plus grande menace pour la faune que tout substitut. Toutes les sources de données probantes ont démontré que sous forme de déchets, les substituts aux plastiques à usage unique présentent beaucoup moins de risques pour les espèces sauvages. L’élimination ou la restriction des six catégories de plastiques à usage unique éliminerait une menace importante de préjudice. Effets positifs significatifs sur l’environnement
Atténuation et amélioration

L’EES a permis de recenser diverses mesures d’attĂ©nuation pour rĂ©duire ou Ă©liminer les effets environnementaux nĂ©gatifs en amont que pourrait entraĂ®ner la consommation accrue de substituts :

Autres effets et conclusions

L’EES a dĂ©terminĂ© que le projet de règlement contribuerait Ă  la rĂ©alisation d’un certain nombre d’objectifs Ă©noncĂ©s dans la StratĂ©gie fĂ©dĂ©rale de dĂ©veloppement durable (SFDD), notamment : Écologisation du gouvernement, Croissance propre, CĂ´tes et ocĂ©ans sains, Lacs et cours d’eau vierges, Populations d’espèces sauvages en santĂ©, Eau potable, Rapprocher les Canadiens de la nature et CollectivitĂ©s sĂ»res et en santĂ©. Il y aurait Ă©galement une contribution Ă  de nombreux objectifs de dĂ©veloppement durable des Nations Unies correspondant Ă  chacun de ces objectifs de la SFDD.

Compte tenu des mesures d’atténuation et d’amélioration, le projet de règlement permettra probablement de réduire considérablement les déchets plastiques, la pollution plastique et les menaces de dommages à la faune, et de compenser largement tout effet négatif sur l’environnement.

Suivi et surveillance

Le gouvernement du Canada continuera de s’appuyer sur diverses sources de données probantes pour surveiller les effets environnementaux et assurer le suivi de l’état des connaissances sur les effets environnementaux relatifs des plastiques à usage unique et de leurs substituts. Voici certaines de ces sources.

Analyse comparative entre les sexes plus

Une analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) a été menée et a permis de déterminer que, bien que le projet de règlement toucherait tous les Canadiens dans une certaine mesure, certains groupes démographiques pourraient être touchés de façon disproportionnée. Par conséquent, le Ministère a déterminé qu’il était nécessaire de prévoir des mesures d’atténuation dans le projet de règlement pour atténuer ces répercussions.

Personnes ayant une incapacité physique, mentale ou liée à l’âge

L’analyse de l’ACS+ a montré que certaines personnes ayant une déficience ont besoin de pailles flexibles en plastique à usage unique. Les pailles flexibles en plastique à usage unique sont légères, jetables et peu coûteuses, et elles peuvent être repositionnées. Pour manger et boire en toute sécurité, les personnes atteintes d’incapacité temporaire, sporadique ou permanente comptent souvent sur les pailles flexibles en plastique à usage unique ayant ces caractéristiques. Parmi les groupes particuliers qui ont cerné ce besoin au moyen de processus de consultation se trouvent les personnes ayant des restrictions physiques en lien avec l’âge, l’arthrite, les maladies auto-immunes, l’autisme, la paralysie cérébrale, les problèmes dentaires et buccaux, la sclérose en plaques, la dystrophie musculaire, les maladies neurologiques, les lésions médullaires, et d’autres maladies et blessures, ainsi que les personnes qui se rétablissent d’un accident vasculaire cérébral ou d’une intervention chirurgicale.

La recherche montre que les substituts actuels aux pailles flexibles en plastique Ă  usage unique (comme les pailles faites de mĂ©tal, de silicone, de verre, de papier, de bambou et de pâtes) ne rĂ©pondent pas aux besoins en matière d’accessibilitĂ©. En effet, ces substituts ne peuvent ĂŞtre repositionnĂ©s pour un usage en toute sĂ©curitĂ© par une personne atteinte de mobilitĂ© rĂ©duite ou de dĂ©ficience. Ils peuvent donc prĂ©senter un risque de suffocation si la paille se brise (pâtes, bambou), de brĂ»lure Ă  haute tempĂ©rature (mĂ©tal, verre), de prĂ©sence d’allergène alimentaire (pâtes), de manque de rigiditĂ© (papier) ou de blessure (mĂ©tal, verre). Les pailles rĂ©utilisables peuvent Ă©galement ĂŞtre difficiles Ă  nettoyer et l’utilisation d’un substitut insuffisamment dĂ©sinfectĂ© augmente le risque d’autres problèmes de santĂ©, en particulier chez les personnes immunodĂ©primĂ©es. Une interdiction complète des pailles en plastique Ă  usage unique, sans mesures d’adaptation, pourrait crĂ©er pour les personnes ayant une dĂ©ficience des obstacles sociaux Ă  la pleine participation Ă  la vie publique (par exemple aller au restaurant). Le projet de règlement permettrait donc aux Canadiens d’acheter des pailles flexibles en paquet de 20 ou plus dans les magasins de dĂ©tail, ce qui est conforme aux mesures instaurĂ©es dans d’autres administrations qui restreignent les pailles en plastique Ă  usage unique.

La prĂ©valence de l’incapacitĂ© au Canada augmente selon le groupe d’âge; près de la moitiĂ© des personnes âgĂ©es de 75 ans et plus s’identifient comme Ă©tant atteintes d’une incapacitĂ©. Par consĂ©quent, l’intersection qui existe entre l’âge et l’incapacitĂ© signifie que toute politique touchant les personnes ayant une dĂ©ficience aura Ă©galement une incidence disproportionnĂ©e sur les aĂ®nĂ©s au Canada. Cette tendance est particulièrement marquĂ©e Ă©tant donnĂ© que la population âgĂ©e du Canada devrait augmenter de 68 % au cours des 20 prochaines annĂ©es.

Ménages à faible revenu

Comme il est indiquĂ© dans la section « Avantages et coĂ»ts Â», le projet de règlement entraĂ®nerait des coĂ»ts pour les Canadiens. Ces coĂ»ts pourraient ĂŞtre ressentis plus durement par les Canadiens Ă  faible revenu et dont le revenu disponible est limitĂ©, puisque les dĂ©taillants refileraient probablement aux consommateurs le coĂ»t de la mise en Ĺ“uvre de l’interdiction en haussant le prix des aliments, des boissons et des marchandises. Les communautĂ©s marginalisĂ©es au Canada sont particulièrement susceptibles de vivre avec un faible revenu en raison de la race, du sexe, de l’âge, de la situation d’incapacitĂ© et de l’intersectionnalitĂ© entre ces caractĂ©ristiques. Le projet de règlement pourrait Ă©galement nuire aux personnes Ă  faible revenu en raison de la perte des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique qui leur servent Ă  un usage secondaire. Le processus de recherche et de consultation du Ministère a rĂ©vĂ©lĂ© que les sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique constituent actuellement des substituts moins coĂ»teux aux sacs Ă  ordures et aux sacs pour chiens, permettant ainsi des Ă©conomies pour les personnes Ă  faible revenu. Les personnes Ă  faible revenu qui n’ont pas toujours accès Ă  un vĂ©hicule personnel se soucient Ă©galement de l’interdiction des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, puisque pour se rendre Ă  l’épicerie, il leur est plus difficile de transporter plusieurs sacs rĂ©utilisables dans les transports en commun par rapport aux personnes qui laissent leurs sacs dans l’auto. Qui plus est, les personnes en situation d’itinĂ©rance se servent aussi des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique pour leurs effets personnels et comme protection contre la pluie pour leurs chaussures et leurs vĂŞtements. La pandĂ©mie de COVID-19 a touchĂ© de façon disproportionnĂ©e les Canadiens Ă  faible revenu et augmentĂ© le nombre de ceux qui vivent dans la pauvretĂ©. Par consĂ©quent, les Canadiens seront probablement plus nombreux dĂ©sormais Ă  ressentir les rĂ©percussions dĂ©crites ci-dessus qu’ils l’auraient Ă©tĂ© avant le dĂ©but de la pandĂ©mie de COVID-19.

Femmes et chefs de famille monoparentale

Le processus de consultation du Ministère a rĂ©vĂ©lĂ© une incidence indirecte du projet de règlement, soit l’éventuelle augmentation du temps et de la main-d’œuvre nĂ©cessaires pour prĂ©parer les repas et nettoyer les contenants rĂ©utilisables, dans les cas oĂą il aurait Ă©tĂ© possible d’utiliser et d’éliminer sans nettoyage les plastiques Ă  usage unique visĂ©s par le règlement, ce qui peut avoir une incidence disproportionnĂ©e sur les femmes et les chefs de famille monoparentale. En 2014, au Canada, 20 % des familles avec des enfants de moins de 16 ans Ă©taient monoparentales, et 80 % d’entre elles Ă©taient avec une mère seulerĂ©fĂ©rence 67. De plus, la recherche qualitative met en lumière le fait que les femmes conservent la responsabilitĂ© ultime de la coordination de la vie des enfants et du bon fonctionnement du mĂ©nagerĂ©fĂ©rence 68; par exemple, les femmes sont plus susceptibles d’être responsables de la prĂ©paration des repas dans les mĂ©nages canadiensrĂ©fĂ©rence 69. Les plastiques Ă  usage unique ont permis aux Canadiens d’adopter un mode de vie de plus en plus pratique et ont allĂ©gĂ© le fardeau des femmes et des chefs de famille monoparentale lors de la prĂ©paration des repas et de la remise en Ă©tat des lieux. Par consĂ©quent, le projet de règlement pourrait contraindre les femmes et les chefs de famille monoparentale Ă  nettoyer un plus grand nombre de substituts rĂ©utilisables. Ce sont les dĂ©lais et la main-d’œuvre qui seraient touchĂ©s, tandis que l’augmentation des coĂ»ts ne devrait pas ĂŞtre disproportionnĂ©e.

Mesures d’atténuation

L’ACS+ a cernĂ© des mesures possibles pour attĂ©nuer les rĂ©percussions nĂ©gatives ou renforcer les effets positifs. Il s’agit notamment d’adapter les interdictions sur les pailles en plastique Ă  usage unique de façon Ă  permettre aux personnes ayant une dĂ©ficience de continuer d’en acheter et de les utiliser, et de mieux faire connaĂ®tre aux Canadiens les moyens de rĂ©duire les dĂ©chets plastiques dans leur vie quotidienne et leurs choix de consommation. Toutes ces recommandations ont Ă©tĂ© adoptĂ©es (par exemple des mesures d’adaptation pour les pailles flexibles en plastique Ă  usage unique) ou font l’objet d’un examen plus approfondi avec les partenaires et les intervenants.

Mise en œuvre, conformité et application, et normes de service

Mise en œuvre

Le projet de règlement entrerait en vigueur comme suit :

La première annĂ©e suivant l’enregistrement du projet de règlement, afin de garantir sa mise en Ĺ“uvre effective et efficace, le Ministère prĂ©coniserait une approche intensive de promotion de la conformitĂ©. Il Ă©laborerait des documents promotionnels (par exemple une fiche d’information ou des documents sur le site Web) et les distribuera de manière Ă  faire connaĂ®tre les exigences du projet de règlement Ă  la communautĂ© rĂ©glementĂ©e. Des relations de travail ont Ă©tĂ© Ă©tablies avec l’industrie et les associations industrielles concernĂ©es par la fabrication, l’importation et la vente des produits visĂ©s par le projet de règlement. Le Ministère travaillera avec ces organisations pour veiller Ă  ce que les parties concernĂ©es disposent des informations appropriĂ©es. Ă€ mesure que la communautĂ© rĂ©glementĂ©e connaĂ®tra mieux les exigences du projet de règlement, ces activitĂ©s devraient diminuer jusqu’à un seuil de maintenance.

Application de la loi

Le projet de règlement serait pris en vertu de la LCPE, de sorte qu’en vĂ©rifiant la conformitĂ© au règlement, les agents de l’autoritĂ© agiraient conformĂ©ment Ă  la Politique d’observation et d’application de la LCPE (1999).

La vĂ©rification de la conformitĂ© au projet de règlement comprendrait des visites sur place, l’examen des dossiers, l’essai des produits rĂ©utilisables (s’il y a lieu), et l’examen des documents de transit Ă©crits. Ă€ la suite d’une inspection ou d’une enquĂŞte, si un agent de l’autoritĂ© dĂ©couvre une infraction prĂ©sumĂ©e, l’agent choisira la mesure Ă  prendre en fonction des facteurs suivants dĂ©crits dans la Politique d’observation et d’application de la LCPE (1999) :

Sous rĂ©serve du pouvoir discrĂ©tionnaire de l’agent de l’autoritĂ©, les mesures suivantes sont prĂ©vues pour sanctionner les violations prĂ©sumĂ©es de la LCPE et de ses règlements :

De plus amples renseignements sur la Politique d’observation et d’application de la LCPE (1999) sont disponibles dans le site Web d’Environnement et Changement climatique Canada.

Mesure du rendement et évaluation

La mesure du rendement permettrait d’évaluer la capacité du projet de règlement d’atteindre son objectif de réduire les déchets plastiques et de prévenir la pollution plastique, en éliminant ou en restreignant six catégories d’articles manufacturés en plastique à usage unique qui présentent une menace pour l’environnement et posent des obstacles importants à la récupération de la valeur en fin de vie. La réalisation de cet objectif contribuerait au plan du gouvernement du Canada visant l’objectif zéro déchet de plastique d’ici 2030.

Dans le cadre de la stratĂ©gie de mise en Ĺ“uvre du projet de règlement, il sera possible de dĂ©finir et d’élaborer des indicateurs et des objectifs quantitatifs, selon le cas. Voici des exemples d’indicateurs de rendement : les intervenants touchĂ©s ont bien saisi les exigences rĂ©glementaires; la fabrication, l’importation et la vente de produits interdits ou Ă  usage restreint sont exclues, Ă  moins qu’une exemption ne s’applique. Les renseignements sur le rendement nĂ©cessaires pour mesurer les indicateurs proviendraient de diverses sources, comme les enquĂŞtes, les donnĂ©es sur les importations et les exportations de l’Agence des services frontaliers du Canada et les donnĂ©es de Statistique Canada.

En ce qui a trait à la collecte de données pour mesurer l’efficacité du projet de règlement visant à empêcher les plastiques à usage unique interdits et restreints de se retrouver dans l’environnement, le Ministère élabore un cadre scientifique sur la pollution plastique qui permettra, au fil du temps, d’améliorer la recherche et la surveillance de la pollution plastique dans l’environnement. Entre-temps, d’autres sources serviraient à évaluer qualitativement cette situation, comme les données scientifiques sur les citoyens canadiens, les données sur les sociétés civiles concernant les plastiques à usage unique les plus couramment trouvés comme déchets sur les plages et les rivages du Canada, ainsi que les conclusions des vérifications des déchets.

Une fois ces Ă©tapes franchies, les donnĂ©es sur le rendement recueillies seraient rĂ©sumĂ©es et publiĂ©es sur le site Web Canada.ca. De plus, le Ministère continuerait de rendre compte des progrès, du rendement et de l’efficacitĂ© globale du projet de règlement dans les rapports annuels de la LCPE et les rapports ministĂ©riels sur le rendement.

Personnes-ressources

Matthew Watkinson
Directeur
Division de l’analyse réglementaire et de la valuation
Environnement et Changement climatique Canada
200, boulevard Sacré-Cœur
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : ec.darv-ravd.ec@ec.gc.ca

Tracey Spack
Directrice
Division des affaires réglementaires des plastiques
Environnement et Changement climatique Canada
351, boulevard Saint-Joseph
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Courriel : ec.plastiques-plastics.ec@ec.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ©, conformĂ©ment au paragraphe 332(1)rĂ©fĂ©rence a de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)rĂ©fĂ©rence b, que la gouverneure en conseil, en vertu du paragraphe 93(1) de cette loi, se propose de prendre le Règlement interdisant les plastiques Ă  usage unique, ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter au ministre de l’Environnement, dans les soixante-dix jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis, leurs observations au sujet du projet de règlement ou, dans les soixante jours suivant cette date, un avis d’opposition motivĂ© demandant la constitution de la commission de rĂ©vision prĂ©vue Ă  l’article 333 de cette loi. Ils sont priĂ©s d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication, et d’envoyer le tout Ă  Tracey Spack, directrice, Division des affaires rĂ©glementaires des plastiques, ministère de l’Environnement, 351, boulevard Saint-Joseph, Gatineau (QuĂ©bec), K1A 0H3 (courriel : ec.plastiques-plastics.ec@ec.gc.ca).

Quiconque fournit des renseignements au ministre peut en mĂŞme temps prĂ©senter une demande de traitement confidentiel aux termes de l’article 313 de cette loi.

Ottawa, le 9 dĂ©cembre 2021

Le greffier adjoint par intérim du Conseil privé
Mirza Lončar

Règlement interdisant les plastiques à usage unique

Définitions

Définitions

1 Les définitions qui suivent s’appliquent au présent règlement.

anneaux en plastique Ă  usage unique pour emballage de boissons
Articles manufacturés en plastique en forme de bandes déformables qui entourent des récipients et qui sont conçues pour être appliquées aux récipients de boissons et coupées sélectivement afin de produire des emballages de plusieurs récipients. (single-use plastic ring carrier)
bâtonnet à mélanger en plastique à usage unique
Article manufacturé en plastique qui est conçu pour remuer ou mélanger des boissons ou pour empêcher le débordement d’un liquide par le couvercle de son contenant. (single-use plastic stir stick)
paille en plastique Ă  usage unique
Article manufacturé en plastique en forme de paille qui sert à boire et qui, lorsque plongée pendant quinze minutes dans de l’eau maintenue entre 82 °C et 86 °C, ne maintient pas sa forme. (single-use plastic straw)
paille flexible en plastique Ă  usage unique
Paille en plastique à usage unique comportant un segment articulé qui permet de la plier et de la maintenir en position dans différents angles. (single-use plastic flexible straw)
récipient alimentaire en plastique à usage unique
Article manufacturĂ© en plastique qui est Ă  la fois :
  • a) en forme de rĂ©cipient Ă  clapet, de rĂ©cipient Ă  couvercle, de boĂ®te, de gobelet, d’assiette ou de bol;
  • b) conçu pour servir des aliments ou des boissons prĂŞts Ă  consommer sans autre prĂ©paration ou pour les transporter;
  • c) fabriquĂ© Ă  partir de mousse de polystyrène expansĂ©, de mousse de polystyrène extrudĂ©, de chlorure de polyvinyle, de plastique contenant un pigment noir produit par la combustion partielle ou incomplète d’hydrocarbures ou de plastique contenant tout additif qui, sous l’effet de l’oxydation, conduit Ă  la fragmentation de la matière plastique en microfragments ou Ă  une dĂ©composition chimique. (single-use plastic foodservice ware)
sac d’emplettes en plastique à usage unique
Article manufacturĂ© en plastique en forme de sac qui est conçu pour transporter les articles achetĂ©s dans une entreprise et qui rĂ©pond Ă  l’une ou l’autre des conditions suivantes :
  • a) il est fabriquĂ© Ă  partir de film plastique;
  • b) il se brise ou se dĂ©chire s’il est utilisĂ© pour transporter un poids de dix kilogrammes sur une distance de cinquante-trois mètres Ă  cent reprises;
  • c) il se brise ou se dĂ©chire s’il est lavĂ© dans une machine Ă  laver programmĂ©e, selon les recommandations du fabricant de la machine, pour effectuer un cycle de lavage du coton ou du lin. (single-use plastic checkout bag)
ustensile en plastique Ă  usage unique
Article manufacturĂ© en plastique en forme de fourchette, de couteau, de cuillère, de cuillère-fourchette ou de baguette et qui, lorsque plongĂ© pendant quinze minutes dans de l’eau maintenue entre 82 Â°C et 86 Â°C, ne maintient pas sa forme. (single-use plastic cutlery)

Non-application

Exportation

2 Sous rĂ©serve des articles 6 et 7, le prĂ©sent règlement ne s’applique pas aux articles manufacturĂ©s en plastique visĂ©s Ă  l’article 1 qui sont fabriquĂ©s, importĂ©s ou vendus Ă  des fins d’exportation.

Pailles en plastique Ă  usage unique

Interdiction — fabrication, importation ou vente

3 (1) Sous rĂ©serve des paragraphes (2) Ă  (6), il est interdit de fabriquer, d’importer ou de vendre des pailles en plastique Ă  usage unique.

Exception — fabrication ou importation

(2) Il est permis de fabriquer ou d’importer des pailles flexibles en plastique à usage unique.

Exception — vente dans certains contextes

(3) Il est permis de vendre des pailles flexibles en plastique à usage unique dans un contexte qui n’est ni commercial, ni industriel, ni institutionnel.

Exception — vente interentreprise

(4) Il est permis à une entreprise de vendre un paquet d’au moins vingt pailles flexibles en plastique à usage unique à une autre entreprise.

Excption — vente au dĂ©tail

(5) Il est permis Ă  un magasin de vente au dĂ©tail de vendre un paquet d’au moins vingt pailles flexibles en plastique Ă  usage unique Ă  un client si les conditions suivantes sont rĂ©unies :

Exception — vente en Ă©tablissements de soins

(6) Il est permis à un hôpital, à un établissement médical, à un établissement de soins de longue durée ou à un autre établissement de soins de vendre des pailles flexibles en plastique à usage unique à ses patients ou à ses résidents.

Autres articles manufacturés en plastique

Interdiction — fabrication et importation

4 (1) Il est interdit de fabriquer ou d’importer des anneaux en plastique à usage unique pour emballage de boissons, des bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique, des récipients alimentaires en plastique à usage unique, des sacs d’emplettes en plastique à usage unique ou des ustensiles en plastique à usage unique.

Interdiction — vente

(2) Il est interdit de vendre des anneaux en plastique à usage unique pour emballage de boissons, des bâtonnets à mélanger en plastique à usage unique, des récipients alimentaires en plastique à usage unique, des sacs d’emplettes en plastique à usage unique ou des ustensiles en plastique à usage unique.

Analyse

Laboratoire accrédité

5 (1) Pour l’application du prĂ©sent règlement, l’analyse visant Ă  dĂ©terminer les caractĂ©ristiques physiques des sacs d’emplettes en plastique Ă  usage unique, des pailles de plastique Ă  usage unique, des pailles flexibles en plastique Ă  usage unique ou des ustensiles en plastique Ă  usage unique est effectuĂ©e par un laboratoire qui, au moment de cette dĂ©termination, rĂ©pond aux conditions suivantes :

Normes de bonnes pratiques

(2) Lorsqu’aucune mĂ©thode n’est reconnue par un organisme de normalisation eu Ă©gard Ă  l’analyse visant Ă  dĂ©terminer les caractĂ©ristiques physiques des articles manufacturĂ©s en plastique visĂ©s au paragraphe (1) et que, par consĂ©quent, la portĂ©e de l’accrĂ©ditation du laboratoire ne comprend pas cette analyse, l’analyse est effectuĂ©e conformĂ©ment aux normes de bonnes pratiques scientifiques gĂ©nĂ©ralement reconnues au moment oĂą elle est effectuĂ©e.

Registres

Registre — exportation

6 Toute personne qui fabrique ou importe Ă  des fins d’exportation un article manufacturĂ© en plastique visĂ© par le prĂ©sent règlement conserve dans un registre les renseignements et les documents ci-après, pour chaque type d’article manufacturĂ© en plastique fabriquĂ© ou importĂ© Ă  des fins d’exportation :

Conservation du registre

7 (1) Toute personne qui a l’obligation de tenir un registre en application de l’article 6 le conserve, pendant au moins cinq ans après la date de consignation des renseignements et des documents dans le registre, Ă  son Ă©tablissement principal au Canada ou Ă  tout autre lieu au Canada oĂą le registre et les documents peuvent ĂŞtre examinĂ©s. Dans ce dernier cas, la personne informe le ministre de l’adresse municipale du lieu.

Changement d’adresse

(2) Si le lieu de conservation du registre change, la personne avise le ministre par écrit de la nouvelle adresse municipale au Canada de ce lieu dans les trente jours suivant la date du changement.

Modification connexe au Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

8 L’annexe du Règlement sur les dispositions rĂ©glementaires dĂ©signĂ©es aux fins de contrĂ´le d’application — Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)rĂ©fĂ©rence 70 est modifiĂ©e par adjonction, selon l’ordre numĂ©rique, de ce qui suit :
Article

Colonne 1

Règlement

Colonne 2

Dispositions

38 Règlement interdisant les plastiques à usage unique
  • a) paragraphe 3(1)
  • b) paragraphes 4(1) et (2)

Entrée en vigueur

Premier anniversaire

9 (1) Sous rĂ©serve du paragraphe (2), le prĂ©sent règlement entre en vigueur au premier anniversaire de son enregistrement.

Deuxième anniversaire

(2) Le paragraphe 4(2) entre en vigueur au deuxième anniversaire de l’enregistrement du prĂ©sent règlement.