La Gazette du Canada, Partie I, volume 155, numĂ©ro 50 : DÉCRETS

Le 11 dĂ©cembre 2021

AGENCE DE LA SANTÉ PUBLIQUE DU CANADA

LOI SUR LA MISE EN QUARANTAINE

DĂ©cret visant la rĂ©duction du risque d’exposition Ă  la COVID-19 au Canada (interdiction d’entrĂ©e au Canada — pays visĂ©s)

C.P. 2021-967 Le 27 novembre 2021

Attendu que la gouverneure en conseil est d’avis, compte tenu de la dĂ©claration de pandĂ©mie de l’Organisation mondiale de la santĂ©, que la majoritĂ© des pays Ă©trangers est aux prises avec l’apparition d’une maladie transmissible, soit la maladie Ă  coronavirus 2019 (COVID-19);

Attendu que la gouverneure en conseil est d’avis que l’introduction ou la propagation de la COVID-19 prĂ©senterait un danger grave et imminent pour la santĂ© publique au Canada;

Attendu que la gouverneure en conseil est d’avis que l’entrĂ©e au Canada de personnes qui ont rĂ©cemment sĂ©journĂ© dans un pays Ă©tranger pourrait favoriser l’introduction ou la propagation au Canada de la COVID-19 ou de nouveaux variants du virus qui cause la COVID-19, lesquels prĂ©sentent des risques qui sont diffĂ©rents de ceux prĂ©sentĂ©s par d’autres variants, mais qui sont Ă©quivalents ou plus graves;

Attendu que la gouverneure en conseil est d’avis qu’il n’existe aucune autre solution raisonnable permettant de prĂ©venir l’introduction ou la propagation de la COVID-19 au Canada,

Ă€ ces causes, sur recommandation du ministre de la SantĂ© et en vertu de l’article 58 de la Loi sur la mise en quarantaine rĂ©fĂ©rence a, Son Excellence la Gouverneure gĂ©nĂ©rale en conseil prend le DĂ©cret visant la rĂ©duction du risque d’exposition Ă  la COVID-19 au Canada (interdiction d’entrĂ©e au Canada — pays visĂ©s), ci-après.

DĂ©cret visant la rĂ©duction du risque d’exposition Ă  la COVID-19 au Canada (interdiction d’entrĂ©e au Canada — pays visĂ©s)

Définitions

Définitions

1 Les définitions qui suivent s’appliquent au présent décret.

administrateur en chef
S’entend au sens de l’article 2 de la Loi sur l’Agence de la santé publique du Canada. (Chief Public Health Officer)
Décret visant la quarantaine
Le Décret visant la réduction du risque d’exposition à la COVID-19 au Canada (quarantaine, isolement et autres obligations). (Quarantine Order)
étranger
S’entend au sens du paragraphe 2(1) de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. (foreign national)
variant Omicron
Le variant B.1.1.529 du SRAS-CoV-2, lequel a été désigné comme un variant préoccupant et nommé Omicron par l’Organisation mondiale de la santé. (Omicron variant)

Application

Application

2 Le présent décret s’applique outre les interdictions et les exigences prévues par le Décret visant la réduction du risque d’exposition à la COVID-19 au Canada (interdiction d’entrée au Canada en provenance des États-Unis), le Décret visant la réduction du risque d’exposition à la COVID-19 au Canada (interdiction d’entrée au Canada en provenance d’un pays étranger autre que les États-Unis) et le Décret visant la quarantaine.

Interdiction

Interdiction

3 (1) Il est interdit Ă  tout Ă©tranger d’entrer au Canada si, dans les quatorze jours prĂ©cĂ©dant le jour oĂą il cherche Ă  y entrer, il s’est trouvĂ© dans un pays qui, selon ce que conclut l’administrateur en chef :

Facteurs

(2) Pour l’application du paragraphe (1), l’administrateur en chef tient compte des facteurs suivants :

Non-application

4 L’article 3 ne s’applique pas aux personnes suivantes :

Pouvoirs et obligations

Loi sur la mise en quarantaine

5 Il est entendu que le présent décret ne porte pas atteinte aux pouvoirs et aux obligations prévus par la Loi sur la mise en quarantaine.

Cessation d’effet

31 janvier 2022

6 Le prĂ©sent dĂ©cret cesse d’avoir effet le 31 janvier 2022 Ă  0 h 01 min 0 s, heure normale de l’Est.

Entrée en vigueur

Prise

7 Le prĂ©sent dĂ©cret entre en vigueur Ă  la date de sa prise Ă  23 h 59 min 59 s, heure normale de l’Est.

NOTE EXPLICATIVE

(La présente note ne fait pas partie du Décret.)

Proposition

Le prĂ©sent dĂ©cret, intitulĂ© DĂ©cret visant la rĂ©duction du risque d’exposition Ă  la COVID-19 au Canada (interdiction d’entrĂ©e au Canada pays visĂ©s), est pris en vertu de l’article 58 de la Loi sur la mise en quarantaine.

Le prĂ©sent dĂ©cret s’applique aux ressortissants Ă©trangers en provenance de pays qui sont aux prises avec l’apparition du variant B.1.1.529 du SRAS-CoV-2 (Omicron) ou qui sont Ă  risque d’être aux prises avec l’apparition de ce variant. Le prĂ©sent dĂ©cret s’ajoute aux dĂ©crets C.P. 2021-961, C.P. 2021-962 et C.P. 2021-963, qui sont entrĂ©s en vigueur le 21 novembre 2021.

Le nouveau décret est complété par le Décret visant la réduction du risque d’exposition à la COVID-19 au Canada (quarantaine, isolement et autres obligations) [le Décret visant la quarantaine] pris en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, qui impose des exigences en matière de tests, d’isolement, de quarantaine et autres pour empêcher l’introduction ou la propagation de la COVID-19.

Le prĂ©sent dĂ©cret entrera en vigueur Ă  23 h 59 min 59 s, HNE, le jour oĂą il est pris et se terminant Ă  0 h 01 min 00 s, HNE, le 31 janvier 2022.

Objectif

Le présent décret maintient l’accent mis par le Canada sur la réduction de l’introduction et de la propagation de la COVID-19 et de nouveaux variants du virus en diminuant le risque d’importer des cas de l’extérieur du pays.

Le prĂ©sent dĂ©cret restreint l’entrĂ©e au Canada aux ressortissants Ă©trangers, Ă  quelques exceptions près, en fonction de leurs antĂ©cĂ©dents de voyage de 14 jours en provenance de tout pays identifiĂ© comme ayant Ă©tĂ© affectĂ© ou Ă  risque d’être affectĂ© par le variant B.1.1.529 du SRAS-CoV-2 (Omicron). L’interdiction d’entrĂ©e s’applique aux voyageurs entièrement vaccinĂ©s et Ă  ceux qui sont non vaccinĂ©s. L’administrateur en chef dĂ©signera les pays visĂ©s par le prĂ©sent dĂ©cret dans une liste fondĂ©e sur des donnĂ©es Ă©pidĂ©miologiques et des critères de santĂ© publique. Tous les changements aux mesures frontalières existantes pris en vertu du prĂ©sent dĂ©cret sont dĂ©crits dans la section « RĂ©percussions Â». Le nouveau dĂ©cret demeure en vigueur jusqu’au 31 janvier 2022.

Contexte

COVID-19

La COVID-19 est causĂ©e par un nouveau coronavirus qui peut provoquer des affections graves, nommĂ©ment appelĂ© le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sĂ©vère 2 (SRAS-CoV-2). Bien qu’il fasse partie d’une famille de virus comprenant le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (SRMO-CoV) et le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sĂ©vère (SRAS-CoV), le SRAS-CoV-2 est plus contagieux que le SRMO-CoV et le SRAS-CoV.

La COVID-19 a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e pour la première fois Ă  Wuhan, en Chine, en dĂ©cembre 2019. La maladie est causĂ©e par une nouvelle souche de coronavirus jamais vue auparavant chez l’humain. Les renseignements sur le virus, la manière dont il provoque la maladie, les personnes qu’il affecte et la manière de traiter ou de prĂ©venir la maladie de manière appropriĂ©e ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s au cours des deux dernières annĂ©es.

Le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19, se propage d’une personne infectée à d’autres par des gouttelettes respiratoires et des aérosols lorsqu’une personne infectée respire, tousse, éternue, chante, crie ou parle. La taille des gouttelettes varie de grandes gouttelettes qui tombent rapidement au sol (en quelques secondes ou minutes) près de la personne infectée, à de minuscules gouttelettes, parfois appelées aérosols, qui subsistent dans l’air dans certaines circonstances.

Il a Ă©tĂ© clairement dĂ©montrĂ© que la COVID-19 est une maladie respiratoire grave et potentiellement mortelle. Les patients atteints de COVID-19 prĂ©sentent des symptĂ´mes qui peuvent comprendre de la fièvre, des malaises, une toux sèche, un essoufflement et des lĂ©sions pulmonaires. Dans les cas plus graves, l’infection peut provoquer une pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sĂ©vère, une insuffisance rĂ©nale et la mort. Les personnes âgĂ©es et les personnes atteintes d’un dĂ©ficit immunitaire ou d’un problème de santĂ© sous-jacent prĂ©sentent un risque accru d’affection grave. Il est actuellement estimĂ© que l’intervalle entre l’exposition au virus et l’apparition des symptĂ´mes peut durer jusqu’à 14 jours, avec une mĂ©diane de 5 Ă  6 jours. Il est estimĂ© qu’une personne atteinte de la COVID-19 peut transmettre le virus jusqu’à 10 jours après l’apparition des symptĂ´mes pour les personnes immunocompĂ©tentes et atteintes de la COVID-19.

Le 30 janvier 2020, l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS) a dĂ©clarĂ© que l’éclosion de la maladie Ă  coronavirus maintenant appelĂ©e COVID-19 rĂ©pondait aux critères d’une urgence de santĂ© publique de portĂ©e internationale; le 11 mars 2020, l’OMS a qualifiĂ© la situation de pandĂ©mie. La COVID-19 a dĂ©montrĂ© qu’elle peut provoquer une maladie gĂ©nĂ©ralisĂ©e si elle n’est pas maĂ®trisĂ©e. L’OMS continue de fournir des orientations et des conseils techniques aux pays pour contenir la pandĂ©mie, notamment en recensant les cas et en recommandant des mesures pour prĂ©venir une nouvelle propagation. Depuis septembre 2020, de nombreux pays ont dĂ©tectĂ© des variants du SRAS-CoV-2 dont les mutations peuvent en accroĂ®tre la pathogĂ©nicitĂ© ou la transmissibilitĂ© et peut-ĂŞtre rĂ©duire l’efficacitĂ© du vaccin; on parle de variants prĂ©occupants. L’introduction des nouveaux variants prĂ©occupants du virus qui causent la COVID-19, lesquels ont une transmissibilitĂ© accrue, a aggravĂ© les effets nĂ©gatifs de la COVID-19 sur la santĂ©.

Essais

Les capacitĂ©s de dĂ©pistage ont considĂ©rablement progressĂ© au cours des derniers mois. Plus de 197 pays et territoires exigent un test nĂ©gatif pour la COVID-19 avant le voyage ou un certificat mĂ©dical comme condition d’entrĂ©e sur leur territoire. Les États-Unis, par exemple, exigent actuellement que les voyageurs aĂ©riens Ă  destination des États-Unis aient la preuve d’un test molĂ©culaire ou antigĂ©nique nĂ©gatif avant le dĂ©part, au plus tard trois jours avant d’embarquer sur un vol en direction des États-Unis pour les voyageurs entièrement vaccinĂ©s et au plus tard un jour avant l’embarquement pour les voyageurs non vaccinĂ©s.

Les tests moléculaires pour la COVID-19, tels que les tests effectués selon le procédé d’amplification en chaîne par polymérase (ACP) et d’amplification isotherme médiée par boucle par transcription inverse (RT-LAMP), ont une sensibilité accrue pour détecter la COVID-19 pendant toute la durée de l’infection. Ils sont également capables de détecter la plupart des infections symptomatiques et asymptomatiques. Un test antigénique est plus susceptible de ne pas détecter une infection par la COVID-19 qu’un test moléculaire, tel qu’un test ACP. Par conséquent, les tests moléculaires sont plus précis pour le dépistage avant le départ.

Les donnĂ©es scientifiques disponibles dĂ©montrent que, comme c’est le cas avec de nombreux autres virus, une personne peut continuer Ă  obtenir un rĂ©sultat positif au test molĂ©culaire jusqu’à 180 jours après son infection, mĂŞme si elle n’est plus considĂ©rĂ©e comme infectieuse. Les rĂ©sultats de test positifs de personnes prĂ©cĂ©demment infectĂ©es ne doivent pas ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme la preuve d’une nouvelle infection prĂ©sentant un risque, mais plutĂ´t qu’une personne s’est rĂ©tablie d’une infection antĂ©rieure Ă  la COVID-19. Étant donnĂ© qu’un rĂ©sultat positif peut, par inadvertance, empĂŞcher un patient guĂ©ri d’entrer au Canada, une preuve acceptable d’infection antĂ©rieure fournie par un voyageur asymptomatique est acceptĂ©e afin d’embarquer sur un vol en direction du Canada. Cette mesure s’applique aux citoyens canadiens, aux rĂ©sidents permanents du Canada et aux personnes inscrites Ă  titre d’Indien sous le rĂ©gime de la Loi sur les Indiens. Cette approche devra peut-ĂŞtre ĂŞtre réévaluĂ©e au fur et Ă  mesure de l’apparition de preuves concernant le nouveau variant Omicron.

Vaccination

L’arrivĂ©e de nouveaux vaccins contre la COVID-19 est un autre dĂ©veloppement technologique qui contribue aux mesures de contrĂ´le de la pandĂ©mie. Les vaccins COVID-19 sont très efficaces pour prĂ©venir les maladies graves, les hospitalisations et les dĂ©cès dus Ă  la COVID-19. Ils diminuent Ă©galement les infections symptomatiques et asymptomatiques, y compris contre le variant Delta et ils diminueront Ă©galement la transmission du SRAS-CoV-2, bien que cette efficacitĂ© varie en fonction du produit vaccinal COVID-19 reçu et puisse Ă©galement diminuer avec le temps depuis la vaccination. Les rĂ©sultats des tests de dĂ©pistage de la COVID-19 aux frontières pour la pĂ©riode de juillet Ă  octobre 2021 indiquent que les voyageurs non vaccinĂ©s sont cinq fois plus susceptibles d’avoir un rĂ©sultat positif que les voyageurs qui ont reçu une sĂ©rie complète de vaccins reconnus par le gouvernement du Canada au moins 14 jours avant leur arrivĂ©e.

Ă€ l’échelle mondiale, 51 % de la population mondiale a reçu au moins une dose et 40 % est entièrement vaccinĂ©e avec un vaccin COVID-19, au 9 novembre 2021. Alors que 65,7 % des habitants des pays Ă  revenu Ă©levĂ© ont Ă©tĂ© entièrement vaccinĂ©s, seuls 4,2 % des habitants des pays Ă  faible revenu ont reçu au moins une dose. L’accessibilitĂ© des vaccins reste un dĂ©fi, surtout pour les enfants et les adolescents. Au 11 novembre 2021, plus de 30,0 millions de Canadiens (78,4 % de la population totale) ont reçu au moins une dose et plus de 28,6 millions (74,7 % de la population totale) sont entièrement vaccinĂ©s.

Le gouvernement du Canada cherche Ă  harmoniser, parallèlement aux mesures frontalières nationales liĂ©es Ă  la vaccination, les exemptions disponibles pour les exigences internationales et nationales. En ce qui concerne les mesures nationales, le 13 aoĂ»t 2021, le gouvernement du Canada a annoncĂ© son intention d’exiger la vaccination contre la COVID-19 pour les employĂ©s fĂ©dĂ©raux et les voyageurs intĂ©rieurs. Depuis le 30 octobre, le gouvernement du Canada exige que les employeurs des secteurs du transport aĂ©rien, ferroviaire et maritime sous rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale Ă©tablissent des politiques de vaccination pour leurs employĂ©s.

De plus, Ă  compter du 30 octobre, les passagers aĂ©riens au dĂ©part des aĂ©roports canadiens, les voyageurs des trains de VIA Rail et de Rocky Mountaineer, et les voyageurs âgĂ©s de 12 ans et plus Ă  bord de navires Ă  passagers non essentiels effectuant des voyages de 24 heures ou plus, comme les navires de croisière, doivent ĂŞtre vaccinĂ©s ou prĂ©senter un test molĂ©culaire COVID-19 valide dans les 72 heures prĂ©cĂ©dant le voyage. Ă€ compter du 30 novembre, tous les voyageurs nationaux devront ĂŞtre entièrement vaccinĂ©s, avec des exceptions très limitĂ©es pour rĂ©pondre Ă  des situations spĂ©cifiques telles que les voyages d’urgence et les personnes dans l’incapacitĂ© mĂ©dicale de se faire vacciner.

La liste actuelle des vaccins acceptés par le Canada comprend cinq des huit vaccins figurant sur la liste d’utilisation d’urgence de l’OMS.

MalgrĂ© l’efficacitĂ© prouvĂ©e des vaccins, le variant Omicron a Ă©tĂ© signalĂ© comme ayant un nombre Ă©levĂ© de mutations prĂ©occupantes, notamment des mutations de la protĂ©ine de spicule, qui est la cible des vaccins, ainsi qu’à des endroits considĂ©rĂ©s comme des facteurs potentiels de transmissibilitĂ©. Les prĂ©occupations et les risques potentiels de ces mutations sont les suivants : ce variant prĂ©occupant pourrait se propager plus rapidement que les variants prĂ©cĂ©dents (par exemple Delta), les vaccins pourraient ĂŞtre moins efficaces, l’immunitĂ© des infections passĂ©es pourrait ĂŞtre moins robuste et le variant pourrait ĂŞtre moins sensible aux traitements actuels. Par consĂ©quent, les ressortissants Ă©trangers entrant au Canada en provenance d’un pays identifiĂ© comme ayant Ă©tĂ© affectĂ© ou Ă  risque d’être affectĂ© par le variant Omicron peuvent prĂ©senter un risque important pour la santĂ© publique, quel que soit leur statut vaccinal.

Autres mesures

Même avec les niveaux actuels de couverture vaccinale, les mesures principales de santé publique et de protection individuelle, comme la limitation des voyages et des contacts dans les lieux publics, restent importantes pour gérer la croissance accrue des cas de COVID-19, protéger les personnes vulnérables et réduire le risque de débordement des capacités de soins de santé.

Le port de masques dans les lieux publics est une mesure de santé publique efficace pour prévenir la transmission de la COVID-19. Les données suggèrent que le port du masque diminue la transmission dans la communauté lorsque les niveaux d’adhésion sont bons et lorsque les masques sont portés conformément aux directives de santé publique.

Situation mondiale de la COVID-19

Le total cumulatif de cas de COVID-19 signalĂ©s dans le monde dĂ©passe maintenant 250 millions et le nombre de dĂ©cès dĂ©passe 5 millions. Pour la semaine du 1er au 7 novembre 2021, le nombre mondial de nouveaux cas signalĂ©s a dĂ©passĂ© 3,1 millions, soit une augmentation de 1 % par rapport Ă  la semaine prĂ©cĂ©dente. L’augmentation de la transmission semble ĂŞtre due Ă  la circulation de variants prĂ©occupants plus transmissibles, Ă  l’assouplissement des mesures de santĂ© publique nationales associĂ©es Ă  une mixitĂ© sociale accrue et Ă  une faible couverture vaccinale mondiale. Selon le rapport hebdomadaire de l’OMS, en date du 9 novembre 2021, quatre des six rĂ©gions ont signalĂ© une baisse (rĂ©gions des AmĂ©riques, d’Asie du Sud-Est, du Pacifique occidental et de MĂ©diterranĂ©e orientale), tandis que les deux autres (Europe et Afrique) ont signalĂ© une augmentation des cas au cours de la semaine dernière. La rĂ©gion de l’Europe a enregistrĂ© la plus forte augmentation des dĂ©clarations de cas (+7 %), avec 1,9 million de nouveaux cas (209 pour 100 000 habitants), soit 63 % des cas signalĂ©s au cours de la dernière semaine.

MalgrĂ© les efforts dĂ©ployĂ©s pour Ă©tendre la couverture de vaccination, de nombreux pays dans les six rĂ©gions de l’OMS continuent de connaĂ®tre des poussĂ©es de cas de COVID-19 principalement parmi les groupes non vaccinĂ©s. Au 9 novembre 2021, les pays ayant signalĂ© le plus grand nombre de cas au cours des sept jours prĂ©cĂ©dents Ă©taient les États-Unis (510 968 nouveaux cas; diminution de 3 %), la FĂ©dĂ©ration de Russie (281 305 nouveaux cas; augmentation de 3 %), le Royaume-Uni (252 104 nouveaux cas; diminution de 12 %), la Turquie (197 335 nouveaux cas; augmentation de 8 %) et l’Allemagne (169 483 nouveaux cas; augmentation de 29 %).

Dans de nombreux pays, la propagation de variants contagieux prĂ©occupants a contribuĂ© Ă  accroĂ®tre la transmission. Au cours de l’hiver 2020-2021, plusieurs variants du virus, lesquels ont une transmissibilitĂ© accrue, ont Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, au BrĂ©sil et en Inde et se sont rĂ©pandus dans de nombreux pays du monde, notamment au Canada et aux États-Unis. Ă€ l’échelle mondiale, des cas du variant B.1.1.7 (Alpha) ont Ă©tĂ© signalĂ©s dans 194 pays, territoires ou rĂ©gions (pays ci-après), 141 pays ont dĂ©clarĂ© des cas du variant B.1.351 (BĂŞta); 92 pays ont dĂ©clarĂ© des cas du variant P.1 (Gamma), et 174 pays ont signalĂ© des cas du variant B.1.617 (Delta). Sur les 814 165 sĂ©quences tĂ©lĂ©chargĂ©es dans GISAID avec des Ă©chantillons collectĂ©s au cours des 60 derniers jours, 810 946 (99,6 %) Ă©taient des sĂ©quences Delta, 1 163 (0,1 %) Gamma, 400 (<0,1 %) Alpha, 23 (<0,1 %) BĂŞta, et 0,2 % comprenaient d’autres variants en circulation (y compris des variants de la prĂ©occupation C.37 [Lambda] et B.1.621 [Mu]).

Le 24 novembre 2021, le variant Omicron a Ă©tĂ© signalĂ© pour la première fois Ă  l’OMS par l’Afrique du Sud. La situation Ă©pidĂ©miologique en Afrique du Sud Ă©tait marquĂ©e par trois augmentations des cas signalĂ©s, dont le dernier concernait le variant Delta. Ces dernières semaines, les infections en Afrique du Sud ont fortement augmentĂ©, coĂŻncidant avec la dĂ©tection du nouveau variant Omicron. En date du 25 novembre 2021, l’Afrique du Sud a signalĂ© que le taux de nouveaux cas quotidiens pour 100 000 habitants au cours des sept derniers jours Ă©tait de 1,7, avec 2 465 cas (4,1 cas pour 100 000 personnes). Ce nombre de cas quotidiens reprĂ©sente une augmentation de 260 % par rapport aux deux semaines prĂ©cĂ©dentes, ce qui suggère les premières preuves d’une transmissibilitĂ© accrue du variant Omicron. Les diagnostics PCR actuels de la COVID-19 continuent de dĂ©tecter ce variant. Les preuves prĂ©liminaires suggèrent un risque accru de rĂ©infection avec ce variant par rapport aux autres variants prĂ©occupants. Sur la base des preuves prĂ©sentĂ©es indiquant un changement prĂ©judiciable dans l’épidĂ©miologie de la COVID-19, l’OMS a dĂ©signĂ© Omicron comme un variant prĂ©occupant.

L’OMS a publié un document d’orientation provisoire fournissant aux autorités nationales une approche étape par étape de la prise de décision pour calibrer les mesures d’atténuation des risques et établir des politiques pour permettre des voyages internationaux sécuritaires, mais actuellement, il n’y a pas de norme internationale pour établir des seuils de voyage ou évaluer le risque de COVID-19 d’un pays. À l’heure actuelle, le gouvernement du Canada est d’avis que les voyages continuent de présenter un risque d’importation de cas, y compris de cas de nouveaux variants du virus responsable de la COVID-19, et qu’ils augmentent le potentiel de transmission communautaire de la COVID-19. Compte tenu des inégalités mondiales en matière d’accès aux vaccins, les efforts visant à prévenir et à contrôler la propagation de la COVID-19 et des variants préoccupants se poursuivent.

Situation de la COVID-19 au Canada

Le Canada connaĂ®t maintenant une quatrième vague, entraĂ®nĂ©e par le variant Delta, avec une augmentation du signalement des cas Ă  l’échelle nationale au cours de la semaine dernière, bien qu’il y ait une variabilitĂ© rĂ©gionale. Le nombre de personnes souffrant de maladies graves et critiques a lĂ©gèrement diminuĂ© ces dernières semaines, mais reste Ă©levĂ©. Une sĂ©rie complète de deux doses de vaccin contre la COVID-19 offre une protection modĂ©rĂ©ment bonne contre l’infection et une très bonne protection contre les maladies graves. Il est essentiel d’atteindre une couverture vaccinale Ă©levĂ©e (complète) dans la population pour rĂ©duire les possibilitĂ©s de propagation de Delta. En date du 10 novembre 2021, plus de 89,6 % de la population canadienne admissible avait reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19 (77,7 % de la population totale) et plus de 85,3 % Ă©taient complètement vaccinĂ©s (74 % de la population totale).

En date du 1er novembre 2021, il y avait 368 043 cas impliquant des variants prĂ©occupants au Canada, signalĂ©s par l’intermĂ©diaire du système national de signalement des cas. Le variant B.1.617.2 (Delta), d’abord identifiĂ© en Inde, s’avère avoir les taux de transmissibilitĂ© les plus Ă©levĂ©s de tous les variants prĂ©occupants et est devenu le principal variant prĂ©occupant signalĂ© au Canada. Le variant Delta est maintenant prĂ©sent dans la majoritĂ© des provinces et territoires. De nouveaux variants, y compris C.37 (Lambda) et B.1.621 (Mu), ont Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s Ă  la frontière canadienne en aoĂ»t 2021 et sont sous surveillance.

Les mesures limitant les voyages au Canada ont rĂ©duit de manière considĂ©rable le nombre de cas de COVID-19 liĂ©s aux voyages. Le Canada a connu une diminution de 74 % du nombre de voyageurs arrivant des États-Unis en octobre 2021 par rapport Ă  octobre 2019, et une diminution de 58 % parmi les voyageurs internationaux arrivant de tous les autres pays pour la mĂŞme pĂ©riode. Toutefois, si l’on compare octobre 2021 Ă  octobre 2020, on constate une augmentation de 79 % du nombre de voyageurs en provenance des États-Unis, et une augmentation de 260 % des voyageurs internationaux en provenance de tous les autres pays, en raison de l’assouplissement progressif des restrictions frontalières du Canada.

Cependant, le taux d’importation a augmentĂ© en mars et avril 2021, sous l’effet de plusieurs facteurs, dont l’introduction de mesures de tests de dĂ©pistage obligatoires Ă  la frontière canadienne qui ont augmentĂ© la dĂ©tection des cas, la dĂ©gradation de la situation mondiale, ainsi que l’augmentation du nombre de cas importĂ©s de l’Inde et du Pakistan. Ă€ la suite de la mise en Ĺ“uvre, le 22 avril 2021, d’un avis aux navigants (NOTAM) qui restreignait les vols directs en provenance de l’Inde et du Pakistan et d’un arrĂŞtĂ© d’urgence de Transports Canada qui obligeait les voyageurs indirects en provenance de ces pays Ă  obtenir un test nĂ©gatif pour la COVID-19 d’un pays tiers, le taux d’importation de cas au Canada a diminuĂ© en mai et est restĂ© relativement stable tout au long du mois de juin. Compte tenu des taux Ă©levĂ©s de cas de COVID-19 provenant du Maroc, un NOTAM a Ă©tĂ© introduit pour ce pays le 29 aoĂ»t 2021. En raison de l’amĂ©lioration de la situation respective de chaque pays relative Ă  la COVID-19, Transports Canada a levĂ© les interdictions. La dernière interdiction de vols internationaux directs de ces pays a Ă©tĂ© levĂ©e en date du 29 octobre 2021. Des mesures de santĂ© publique supplĂ©mentaires restent en place pour les personnes qui voyagent au Canada directement de l’Inde.

L’introduction des tests post frontaliers a permis d’amĂ©liorer la dĂ©tection des cas et le nombre actuel de cas importĂ©s dĂ©clarĂ©s est donc probablement une approximation plus proche de la vĂ©ritable estimation des cas importĂ©s que ce qui Ă©tait dĂ©clarĂ© avant la mise en Ĺ“uvre des tests post frontaliers de routine en fĂ©vrier 2021.

Il est prouvé qu’une combinaison de tests avant le départ et après l’arrivée facilitera la détection des personnes atteintes de la COVID-19 qui arrivent au Canada. L’identification des cas permettra en outre le séquençage génétique et l’identification des variants préoccupants afin de soutenir les efforts de santé publique visant à contenir la propagation de la COVID-19.

Une certaine proportion de voyageurs nécessitera l’utilisation de ressources cliniques pour les soins. De plus, les voyageurs infectés peuvent causer une transmission secondaire aux membres du ménage ou dans la collectivité. Si les voyageurs doivent continuer d’entrer au Canada, il est important de réduire autant que possible le risque que les voyageurs introduisent au Canada des cas de COVID-19 et, notamment, de nouveaux variants préoccupants. D’après l’examen actuel de l’expérience internationale en matière de nouveaux variants, il est justifié de maintenir des mesures qui tirent parti de la disponibilité des technologies de dépistage, combinées à des programmes de vaccination énergiques, pour contribuer à réduire l’introduction et la propagation de la COVID-19 ou de nouveaux variants préoccupants au Canada.

Réponse du gouvernement du Canada à la pandémie de COVID-19

La santé et la sécurité des Canadiens sont la priorité du gouvernement du Canada. Pour limiter l’introduction et la propagation de la COVID-19 au Canada, le gouvernement du Canada a pris des mesures sans précédent pour mettre en œuvre une stratégie globale comportant plusieurs niveaux de mesures de précaution.

Entre le 3 fĂ©vrier 2020 et le 21 novembre 2021, 70 dĂ©crets d’urgence ont Ă©tĂ© pris en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine afin de minimiser le risque d’exposition Ă  la COVID-19 au Canada — pour rĂ©duire les risques de l’importation de cas d’autres pays, pour rapatrier des Canadiens et pour renforcer les mesures Ă  la frontière afin de rĂ©duire les rĂ©percussions de la COVID-19 au Canada. Certaines provinces et certains territoires ont mis en place leurs propres restrictions. Ensemble, ces mesures ont Ă©tĂ© efficaces pour rĂ©duire le nombre de cas liĂ©s aux voyages.

Les modifications apportées aux restrictions et aux conseils en matière de voyage international reposent sur des évaluations des risques fondées sur des données probantes aux échelles nationale et internationale. Le gouvernement du Canada reconnaît que les interdictions d’entrée, les exigences de quarantaine obligatoire, les programmes de vaccination et les protocoles de dépistage imposent des fardeaux importants à l’économie canadienne, aux Canadiens et à leurs familles immédiates et élargies.

Avec l’apparition de variants plus transmissibles du virus qui cause la COVID-19 dans des pays du monde entier, le gouvernement du Canada continue d’adopter une approche fondée sur les données, les preuves scientifiques et la précaution dans ses mesures frontalières pour les voyageurs entrant au Canada. À l’heure actuelle, aucun cas du variant Omicron n’a encore été détecté au Canada. Toutefois, compte tenu de l’évolution rapide de la situation internationale et des cas identifiés dans de nombreux pays, on peut s’attendre à une détection au Canada. Afin d’atténuer le risque d’introduction et de propagation de ce nouveau variant capable d’échappement immunitaire au pays, le gouvernement du Canada prend des mesures immédiates pour empêcher son entrée en provenance de pays à haut risque.

Répercussions

En réponse à l’identification du variant Omicron, le gouvernement du Canada met en place des mesures supplémentaires pour empêcher la nouvelle importation et la transmission secondaire d’Omicron au Canada.

Le nouveau dĂ©cret interdit aux ressortissants Ă©trangers d’entrer au Canada quel que soit leur statut vaccinal, Ă  quelques exceptions près, si au cours des 14 jours prĂ©cĂ©dant leur entrĂ©e au Canada, ils se trouvaient dans un pays identifiĂ© comme ayant Ă©tĂ© affectĂ©s ou Ă  risque d’être affectĂ©s par le variant Omicron. Le nouveau dĂ©cret s’ajoutera aux dĂ©crets existants, C.P. 2021-961, C.P. 2021-962 et C.P. 2021-963, pris en vertu de l’article 58 de la Loi sur la mise en quarantaine.

Les pays affectés par le décret seront identifiés par l’administrateur en chef dans une liste fondée sur des données épidémiologiques et des critères de santé publique, qui sera rendue publique. Ces pays peuvent être ajoutés ou retirés de cette liste en fonction de l’évolution des informations scientifiques.

Les exceptions limitées prévues par le présent décret incluent les ressortissants étrangers qui étaient en transport aérien ou maritime au moment où le pays a été ajouté à la liste des pays touchés par le variant Omicron. Ces voyageurs seront autorisés à entrer au Canada, mais demeureront assujettis aux exigences du Décret visant la quarantaine, selon lesquelles ils devront se mettre en quarantaine ou s’isoler au besoin, subir les tests post frontaliers et se soumettre à toute autre obligation applicable. De plus, toute personne, individuellement ou au titre de son appartenance à une catégorie de personnes dont la présence au Canada est, selon ce que conclut le ministre de la Santé, dans l’intérêt national est autorisée à entrer au Canada.

Les ressortissants étrangers qui voyagent à quelque fin que ce soit continueront d’être privés d’entrée au Canada conformément aux décrets existants en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine s’ils ont la COVID-19, s’ils ont des motifs raisonnables de soupçonner qu’ils sont atteints de la COVID-19, ou s’ils présentent des symptômes de la maladie. L’application de l’interdiction d’entrée pour les ressortissants étrangers qui arrivent présentant des symptômes de la COVID-19, mais qui n’en avaient pas avant l’embarquement dans un aéronef ou un navire, pourrait ne pas être imposée dans la mesure nécessaire pour maintenir la santé publique et assurer la sécurité du réseau de transport commercial.

Le prĂ©sent dĂ©cret ne s’applique pas aux citoyens canadiens, aux rĂ©sidents permanents, aux personnes protĂ©gĂ©es et aux personnes inscrites Ă  titre d’Indien sous le rĂ©gime de la Loi sur les Indiens, qui ont sĂ©journĂ© dans un pays identifiĂ© comme ayant Ă©tĂ© affectĂ© ou Ă  risque d’être affectĂ© par le variant Omicron au cours des 14 derniers jours avant d’arriver au Canada. Toutefois, ces personnes continuent d’être assujetties aux exigences du DĂ©cret visant la quarantaine.

Le nouveau dĂ©cret sera en vigueur jusqu’au 31 janvier 2022, Ă  0 h 01 min 00 s HNE.

Peines

Le non-respect du prĂ©sent dĂ©cret et des mesures connexes prises sous le rĂ©gime de la Loi sur la mise en quarantaine constitue une infraction Ă  la Loi. Les peines maximales sont une amende pouvant aller jusqu’à 1 000 000 $ ou un emprisonnement de trois ans, ou les deux. La non-conformitĂ© est Ă©galement passible d’amendes en vertu de la Loi sur les contraventions du gouvernement fĂ©dĂ©ral.

Consultation

Le gouvernement du Canada a fait appel aux provinces et aux territoires pour assurer la coordination des efforts et des plans de mise en œuvre. En outre, compte tenu des liens avec les mandats ministériels et d’autres textes réglementaires, de nombreux organismes gouvernementaux ont été consultés, notamment l’Agence des services frontaliers du Canada; Transports Canada; et Affaires mondiales Canada.

Personne-ressource

Kimby Barton
Agence de la santé publique du Canada
TĂ©lĂ©phone : 613‑960‑6637
Courriel : kimby.barton@phac-aspc.gc.ca