La Gazette du Canada, Partie I, volume 148, numéro 7 : DĂ©cret d'inscription de substances toxiques à l'annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999)

Le 15 février 2014

Fondement législatif

Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999)

Ministères responsables

Ministère de l'Environnement et ministère de la SantĂ©

RÉSUMÉ DE L'ÉTUDE D'IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie du Décret.)

Contexte

Le 8 dĂ©cembre 2006, le gouvernement du Canada a annoncĂ© le Plan de gestion des produits chimiques (PGPC) pour Ă©valuer et gĂ©rer les produits chimiques pouvant être nocifs pour la santĂ© humaine ou l'environnement. Un Ă©lĂ©ment clĂ© du Plan de gestion des produits chimiques est l'approche pour le secteur pĂ©trolier (ASP) en vertu de laquelle environ 160 substances pĂ©trolières ont Ă©tĂ© visĂ©es pour l'Ă©valuation des risques et, au besoin, pour la gestion des risques. Durant la catĂ©gorisation de la Liste intĂ©rieure (LI), Ă©tant donnĂ© qu'il a Ă©tĂ© dĂ©terminĂ© que les substances pĂ©trolières prĂ©sentaient le plus fort risque d'exposition et un risque d'exposition intermĂ©diaire pour les personnes habitant au Canada, on a jugĂ© que le risque pour la santĂ© humaine Ă©tait Ă©levĂ© et elles ont Ă©tĂ© dĂ©finies comme hautement prioritaires.

Le Canada est le premier gouvernement national à mener des Ă©valuations des risques de substances pĂ©trolières complexes. Dans l'Union europĂ©enne (UE), l'Agence europĂ©enne des produits chimiques (ECHA) a intĂ©grĂ© les substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie à la liste des substances Ă©valuĂ©es pour leur cancĂ©rogĂ©nicitĂ©, leur mutagĂ©nicitĂ© et leur toxicitĂ© pour la reproduction. En matière d'Ă©valuation, le programme REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemical substances — enregistrement, Ă©valuation, autorisation et restriction des produits chimiques) s'appuie sur les Ă©valuations des risques Ă©laborĂ©es par l'industrie, qui seront ensuite passĂ©es en revue par l'Agence europĂ©enne des produits chimiques afin de vĂ©rifier leur exactitude et leur exhaustivitĂ©. Les Ă©valuations des risques relatives aux substances pĂ©trolières n'ont pas encore Ă©tĂ© effectuĂ©es dans le cadre de ce programme. Aux États-Unis, l'Environmental Protection Agency (EPA) met au point une approche pour dĂ©terminer les produits chimiques prioritaires dans le cadre de l'amĂ©lioration du Programme de gestion des produits chimiques, y compris les substances pĂ©trolières, aux fins d'examen et d'Ă©valuation.

Au Canada, environ 160 substances pĂ©trolières ont Ă©tĂ© divisĂ©es en cinq groupes, en fonction du profil d'utilisation des substances (voir rĂ©fĂ©rence 1). Dans chaque groupe, les substances ont ensuite Ă©tĂ© divisĂ©es en sous-groupes, selon leurs similitudes quant à leur production, leur toxicitĂ© et leurs propriĂ©tĂ©s physiques et chimiques. Les substances provenant du groupe 1 sont divisĂ©es en quatre sous-groupes (voir rĂ©fĂ©rence 2). Les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie assujetties au dĂ©cret proposĂ© proviennent d'un sous-groupe du groupe 1.

Les compositions des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie varient selon la source de pĂ©trole brut, de bitume ou de gaz naturel ainsi qu'en fonction du processus utilisĂ© pendant la production. Par consĂ©quent, ces 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie sont considĂ©rĂ©es comme des substances de composition inconnue ou variable, des produits de rĂ©actions complexes ou des matières biologiques (UVCB). Chacune de ces substances porte un numĂ©ro d'enregistrement du Chemical Abstracts Service (CAS) et figure sur la Liste intĂ©rieure.

Les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie sont produites dans des installations pĂ©trolières et ne devraient pas être transportĂ©es à l'extĂ©rieur des installations pĂ©trolières en portant leur numĂ©ro d'enregistrement du CAS existant (voir rĂ©fĂ©rence 3). Plus prĂ©cisĂ©ment, ces substances devraient être prĂ©sentes dans trois types d'installations pĂ©trolières : (1) les raffineries de pĂ©trole (où le pĂ©trole brut est transformĂ© en produits pĂ©troliers finis, notamment l'essence, le carburant d'aviation ou les huiles de base des lubrifiants); (2) les usines de traitement du gaz naturel (où le gaz naturel brut est transformĂ© en gaz naturel propre et d'autres hydrocarbures de la gamme C2-C5); (3) les usines de valorisation (où le pĂ©trole brut lourd ou les sables pĂ©trolifères produits à partir du bitume sont convertis en « bruts synthĂ©tiques » pour être encore transformĂ©s dans une raffinerie).

Bien que les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie soient considĂ©rĂ©es comme des substances restreintes aux installations, compte tenu des propriĂ©tĂ©s physiques et chimiques de ces gaz (par exemple pressions de vapeur Ă©levĂ©es), des rejets de ces substances dans l'atmosphère peuvent se produire.

Les rejets potentiels de ces substances peuvent prendre la forme de rejets contrôlĂ©s ou involontaires. Les rejets contrôlĂ©s proviennent de soupapes de surpression et de soupapes d'Ă©vent. Ils sont effectuĂ©s par mesure de sĂ©curitĂ© ou pour l'entretien et sont considĂ©rĂ©s comme faisant partie des opĂ©rations de routine. L'exposition de la population gĂ©nĂ©rale ou de l'environnement à proximitĂ© de l'installation pĂ©trolière aux rejets contrôlĂ©s devrait être minime.

Les rejets involontaires (y compris les Ă©missions fugitives) sont occasionnĂ©s par les appareils d'Ă©tanchĂ©itĂ© (par exemple les compresseurs et les rĂ©servoirs de stockage), les valves, les canalisations, les brides, etc., pendant le traitement et la manipulation des substances pĂ©trolières. Ces rejets peuvent être plus importants dans le cas de pratiques inappropriĂ©es d'entretien ou d'exploitation. Une fois rejetĂ©es, ces substances gazeuses se disperseront rapidement dans l'environnement à proximitĂ© de l'installation et se sĂ©pareront et se diviseront selon leurs propriĂ©tĂ©s physiques et chimiques. La principale voie d'exposition potentielle de la population gĂ©nĂ©rale à ces substances est l'inhalation.

Conclusions de l'évaluation préalable

À l'aide des renseignements recueillis grâce à des enquêtes obligatoires en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement(1999) [LCPE (1999)] et à d'autres sources disponibles, une Ă©valuation prĂ©alable des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie a Ă©tĂ© menĂ©e. Cette Ă©valuation a ainsi Ă©tĂ© effectuĂ©e pour dĂ©terminer si les substances rĂ©pondaient à un ou à plusieurs des critères Ă©noncĂ©s dans l'article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement(1999), en particulier pour vĂ©rifier si les substances pĂ©nètrent ou peuvent pĂ©nĂ©trer dans l'environnement en quantitĂ© ou selon une concentration ou dans des conditions qui peuvent :

Selon l'Ă©valuation prĂ©alable finale, il existe peu de renseignements sur les Ă©missions associĂ©es aux 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie dans l'ensemble. En Ă©valuant le potentiel d'effets sur la santĂ© humaine, le 1,3-butadiène a Ă©tĂ© choisi comme un composant très dangereux afin de dĂ©finir l'exposition potentielle de la population gĂ©nĂ©rale, car, d'après les renseignements disponibles, on considère que cette substance est prĂ©sente dans ces 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie. Le 1,3-butadiène s'est rĂ©vĂ©lĂ© gĂ©notoxique et a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© par SantĂ© Canada et plusieurs organismes de rĂ©glementation internationaux (par exemple l'Environmental Protection Agency des États-Unis et l'Union europĂ©enne) comme une substance cancĂ©rogène (voir rĂ©fĂ©rence 4).

À partir des estimations de la limite supĂ©rieure d'exposition au 1,3-butadiène provenant des Ă©missions de substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie dans les raffineries, l'Ă©valuation prĂ©alable a permis de constater qu'une petite partie de la population gĂ©nĂ©rale pourrait être exposĂ©e aux 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie à proximitĂ© des installations pĂ©trolières. Compte tenu du potentiel carcinogène des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie et des incertitudes associĂ©es aux bases de donnĂ©es sur l'exposition et les effets sur la santĂ©, l'Ă©valuation prĂ©alable finale a permis de conclure que les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie pourraient constituer un danger au Canada pour la vie ou la santĂ© humaine. Par consĂ©quent, l'Ă©valuation prĂ©alable finale a permis de conclure que les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie rĂ©pondent aux critères Ă©noncĂ©s à l'alinĂ©a 64c) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999).

Les concentrations des constituants des gaz de pĂ©trole et de raffinerie dans l'air près des installations de pĂ©trole ne devraient pas atteindre des niveaux qui pourraient avoir des effets nĂ©fastes sur l'environnement (voir rĂ©fĂ©rence 5). L'Ă©valuation prĂ©alable n'a pas permis de conclure que les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie rĂ©pondaient aux critères Ă©noncĂ©s aux alinĂ©as 64a) et b) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999).

L'Ă©valuation prĂ©alable finale des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie a Ă©tĂ© publiĂ©e sur le site Web des substances chimiques du gouvernement du Canada en même temps qu'un avis publiĂ© dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, le 1er juin 2013, pour indiquer l'intention du ministre de l'Environnement et de la ministre de la SantĂ© (les ministres) de prendre des mesures supplĂ©mentaires de gestion des risques (voir rĂ©fĂ©rence 6). Parallèlement, le document sur l'approche de gestion des risques proposĂ©e et les rĂ©ponses aux commentaires reçus relatifs au rapport provisoire d'Ă©valuation prĂ©alable et au document sur le cadre de gestion des risques ont Ă©tĂ© publiĂ©s sur le site Web des substances chimiques. Ces rapports peuvent être consultĂ©s à partir du site Web des substances chimiques ou ils peuvent être obtenus auprès de la Division de la mobilisation et de l'Ă©laboration de programmes, Environnement Canada, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3; tĂ©lĂ©copieur : 819-953-7155; courriel : substances@ec.gc.ca.

Enjeux et objectifs

L'Ă©valuation prĂ©alable a permis de conclure que les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie peuvent constituer un danger au Canada pour la vie et la santĂ© humaines en raison de leur cancĂ©rogĂ©nicitĂ©. Étant donnĂ© la conclusion liĂ©e à l'Ă©valuation, des mesures devraient être prises pour veiller à ce que des mesures de contrôle soient mises en place afin que les ministres puissent gĂ©rer convenablement les risques posĂ©s par les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie.

L'objectif du dĂ©cret proposĂ© est de permettre au ministre de soumettre des règlements ou d'autres instruments de gestion des risques en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) pour gĂ©rer les risques pour la santĂ© humaine posĂ©s par les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie.

Description

Le dĂ©cret proposĂ© ajouterait les 40 gaz de pĂ©trole et de raffinerie à l'annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999), permettant ainsi au ministre de proposer des instruments de gestion des risques liĂ©s à ces substances pour protĂ©ger la vie et la santĂ© humaines.

Consultation

Les ministres ont publiĂ© un rĂ©sumĂ© de l'Ă©bauche de l'Ă©valuation prĂ©alable pour les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie le 15 janvier 2011 dans la Partie Ⅰ de la Gazette du Canada, en vue d'une pĂ©riode de commentaires du public de 60 jours. À cette même date, un document sur le cadre de gestion des risques mettant en Ă©vidence les options prĂ©liminaires examinĂ©es pour la gestion de ces substances a Ă©tĂ© publiĂ©. PrĂ©alablement, Environnement Canada et SantĂ© Canada avaient informĂ© les gouvernements provinciaux et territoriaux, par l'intermĂ©diaire du ComitĂ© consultatif national de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) [CCN de la LCPE], de la publication de ce rapport provisoire d'Ă©valuation prĂ©alable, du document sur le cadre de gestion des risques ainsi que de la pĂ©riode de commentaires du public. Le ComitĂ© consultatif national de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) n'a fait part d'aucun commentaire.

Au cours de la pĂ©riode de commentaires du public de 60 jours, deux organisations non gouvernementales de l'environnement (ONGE) et une association de l'industrie ont fourni un total de trois soumissions. Tous les commentaires ont Ă©tĂ© pris en considĂ©ration au cours de l'achèvement du rapport d'Ă©valuation prĂ©alable.

Des commentaires ont Ă©galement Ă©tĂ© reçus de la part des mêmes ONGE et association de l'industrie au sujet du document sur le cadre de gestion des risques des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie. Ces commentaires ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s dans l'Ă©laboration du document sur les approches de gestion des risques proposĂ©es, lequel fera aussi l'objet d'une pĂ©riode de commentaires du public de 60 jours.

Vous trouverez ci-dessous un rĂ©sumĂ© des principaux commentaires reçus sur l'Ă©bauche d'Ă©valuation prĂ©alable des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie, ainsi que les rĂ©ponses à ces rĂ©actions. Le document complet reflĂ©tant les rĂ©ponses aux commentaires reçus est disponible à partir du site Web des substances chimiques du gouvernement du Canada. Il peut Ă©galement être obtenu en communiquant avec les services compĂ©tents par la poste, par tĂ©lĂ©copieur, ou par courriel aux coordonnĂ©es susmentionnĂ©es. Dans le cas des commentaires demandant si les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie rĂ©pondent ou non aux critères Ă©noncĂ©s à l'article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999), Ă©tant donnĂ© le manque d'information disponible et les incertitudes, le gouvernement du Canada a indiquĂ© qu'il agira afin de protĂ©ger la santĂ© des Canadiens et leur environnement.

Résumé des commentaires publics et des réponses

Une ONGE a fait remarquer que les incertitudes entourant l'utilisation des structures représentatives pour la modélisation de la persistance et de la bioaccumulation des 40 substances de gaz de pétrole et de raffinerie sont préoccupantes.

RĂ©ponse : Les donnĂ©es sur la composition spĂ©cifique des substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie individuelles n'Ă©taient pas disponibles. L'utilisation de structures analogues et reprĂ©sentatives pour effectuer une Ă©valuation des risques est une approche reconnue. Les structures reprĂ©sentatives fournissent des renseignements sur les potentiels de toxicitĂ©, de persistance et de bioaccumulation des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie. Les incertitudes associĂ©es à cette procĂ©dure sont reconnues dans l'Ă©valuation finale.

Une association de l'industrie a fait remarquer que le 1,3-butadiène ne se trouve pas dans toutes les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie et que les numĂ©ros d'enregistrement CAS ne sont pas communs à tous les raffineurs. Cependant, l'Ă©valuation prĂ©alable a Ă©tĂ© Ă©tayĂ©e par l'hypothèse selon laquelle chacun de ces gaz est prĂ©sent dans toutes les installations et qu'ils contiennent tous des quantitĂ©s importantes de 1,3-butadiène.

RĂ©ponse : Les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie sont considĂ©rĂ©es comme Ă©tant des combinaisons complexes d'hydrocarbures pĂ©troliers. La composition des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie varie en fonction de la source du pĂ©trole brut, du bitume ou du gaz naturel, ainsi que des conditions du processus de transformation et des unitĂ©s de traitement concernĂ©es. Étant donnĂ© que des renseignements prĂ©cis et dĂ©taillĂ©s concernant la composition des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie n'Ă©taient pas disponibles, des hypothèses prudentes concernant leurs compositions ont dû être Ă©mises pour protĂ©ger la santĂ© publique.

Une association de l'industrie a fait remarquer que l'hypothèse d'un ratio fixe de benzène par rapport au 1,3-butadiène n'est pas Ă©tayĂ©e pour estimer les Ă©missions fugitives, que l'ensemble de donnĂ©es des rejets de 1,3-butadiène est trop limitĂ© pour servir à estimer le potentiel d'Ă©missions et que les donnĂ©es limitĂ©es de surveillance de l'air ambiant pour le 1,3-butadiène ne laissent pas supposer la prĂ©sence de 1,3-butadiène en quantitĂ©s apprĂ©ciables.

RĂ©ponse : Les donnĂ©es de surveillance ont Ă©tĂ© rĂ©sumĂ©es et utilisĂ©es pour fournir un contexte pour les concentrations ambiantes de 1,3-butadiène au Canada. Les installations pĂ©trolières canadiennes n'ont fourni aucune donnĂ©e mesurĂ©e et ont fourni peu de donnĂ©es quantitatives et estimatives sur les Ă©missions de 1,3-butadiène. Les taux d'Ă©missions de 1,3-butadiène ont Ă©tĂ© obtenus en calculant les ratios de benzène par rapport aux Ă©missions de 1,3-butadiène dans les installations, puis en appliquant ces ratios aux taux d'Ă©missions de benzène mesurĂ©s dans des raffineries canadiennes. On suppose que les Ă©missions de benzène sont une mesure du dĂ©bit de la substance dans les installations de raffinerie. Deux ratios de benzène par rapport au 1,3-butadiène ont Ă©tĂ© tirĂ©s d'inventaires d'Ă©missions Ă©tablis, notamment de l'Inventaire national des rejets de polluants du Canada et du Toxics Release Inventory de l'Environmental Protection Agency des États-Unis qui ont Ă©tĂ© soumis aux autoritĂ©s par l'industrie. La base de donnĂ©es du Toxics Release Inventory contient les donnĂ©es de 65 raffineries amĂ©ricaines et a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour Ă©largir l'ensemble de donnĂ©es et accroître la confiance dans les chiffres prĂ©sentĂ©s. Un Ă©ventail de taux d'Ă©missions obtenus a donc Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en utilisant toutes les donnĂ©es disponibles et les variations correspondantes afin de reflĂ©ter des estimations prudentes du potentiel d'Ă©missions fugitives.

Une association d'industries a fait remarquer que la marge d'exposition semblait être très prudente et ne paraissait pas être Ă©tayĂ©e par des Ă©tudes en matière d'Ă©pidĂ©miologie professionnelle et de santĂ© de la communautĂ©. On recommande que l'estimation de la limite supĂ©rieure d'exposition soit rĂ©duite, augmentant ainsi la marge d'exposition.

RĂ©ponse : Tous les renseignements scientifiques disponibles sont Ă©valuĂ©s et pris en considĂ©ration pendant les Ă©valuations prĂ©alables et ils constituent le fondement des dĂ©cisions. Les Ă©valuateurs du gouvernement examinent les Ă©lĂ©ments de preuve et tentent d'obtenir d'autres avis et commentaires scientifiques de la part de spĂ©cialistes lorsqu'ils proposent des conclusions. L'Ă©valuation prĂ©alable finale reconnaît qu'il existe une incertitude à l'Ă©gard de la marge d'exposition. Cependant, Ă©tant donnĂ© la comprĂ©hension existante concernant les niveaux de toxicitĂ© et d'exposition des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie, le gouvernement du Canada a dĂ©terminĂ© qu'il est appropriĂ© de faire preuve de prudence afin de protĂ©ger la santĂ© des Canadiens.

Une organisation non gouvernementale de l'environnement a fait remarquer qu'aucune donnée de surveillance et sur les rejets n'a été fournie dans l'ébauche du rapport d'évaluation préalable concernant les 40 substances de gaz de pétrole et de raffinerie dans leur ensemble.

RĂ©ponse : La surveillance d'une combinaison complexe d'hydrocarbures pĂ©troliers telle qu'elle est dĂ©finie par un numĂ©ro d'enregistrement CAS de gaz de pĂ©trole et de raffinerie dans son ensemble est techniquement complexe Ă©tant donnĂ© la description des numĂ©ros d'enregistrement CAS qui inclut gĂ©nĂ©ralement l'Ă©quipement de traitement et l'emplacement. Habituellement, seuls les constituants prĂ©occupants individuels peuvent être surveillĂ©s à l'aide de techniques standard. De plus, ces rĂ©sultats de surveillance ne peuvent pas être attribuĂ©s sans Ă©quivoque au rejet de composants portant un numĂ©ro d'enregistrement CAS prĂ©cis en provenance d'une installation. La disponibilitĂ© limitĂ©e de donnĂ©es est reconnue dans la section concernant les incertitudes de l'Ă©valuation prĂ©alable finale.

Une organisation non gouvernementale de l'environnement a fait remarquer que les Ă©missions d'autres composants dangereux des gaz de pĂ©trole et de raffinerie restreints aux installations doivent être prises en considĂ©ration, en plus du 1,3-butadiène.

RĂ©ponse : L'information quantitative dĂ©taillĂ©e concernant la composition des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie et la nature des Ă©missions fugitives ou les renseignements concernant les effets sur la santĂ© de ces 40 substances n'Ă©taient pas disponibles. Le 1,3-butadiène a Ă©tĂ© choisi comme un composant très dangereux. Les effets sur la santĂ© d'autres composants sont rĂ©sumĂ©s dans le rapport d'Ă©valuation.

Règle du « un pour un »

Le dĂ©cret proposĂ© ne devrait pas avoir des rĂ©percussions sur l'industrie qui pourraient entraîner des coûts administratifs. À ce titre, la règle du « un pour un » ne s'applique pas.

Lentille des petites entreprises

Le dĂ©cret proposĂ© permettrait aux ministres de proposer des mesures de gestion des risques en ce qui concerne les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie, mais il n'imposerait pas d'exigences en matière de conformitĂ© sur les entreprises, y compris les petites entreprises. Il n'y aurait donc aucun coût imposĂ© aux petites entreprises. Par consĂ©quent, la lentille des petites entreprises ne s'appliquerait pas à ce dĂ©cret proposĂ©.

Justification

Les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie sont produites dans des installations pĂ©trolières telles que les raffineries, les usines de valorisation et les installations de traitement du gaz naturel. Bien qu'elles ne soient pas censĂ©es être transportĂ©es à l'extĂ©rieur des installations pĂ©trolières, des rejets involontaires se produisent pendant le traitement et la manipulation des substances pĂ©trolières. Une fois rejetĂ©es, les substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie peuvent se disperser dans l'environnement à proximitĂ© de l'installation où une petite partie de la population gĂ©nĂ©rale peut y être exposĂ©e. Des composants des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie, y compris le 1,3-butadiène, sont reconnus comme Ă©tant cancĂ©rogènes. En raison de ces constats, l'Ă©valuation prĂ©alable a permis de conclure que ces 40 substances satisfont aux critères Ă©noncĂ©s à l'alinĂ©a 64c) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999).

Après une Ă©valuation menĂ©e en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999), il est possible de prendre l'une des mesures suivantes :

L'ajout des 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie à l'annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) permet aux ministres de proposer des instruments de gestion des risques afin de gĂ©rer les risques que posent ces substances et constitue, par consĂ©quent, l'option privilĂ©giĂ©e parmi les trois possibilitĂ©s.

L'ajout des 40 substances à l'annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) n'entraîne pas d'effets cumulatifs (avantages ou coûts) sur le public ou sur l'industrie, puisqu'il n'y a aucune exigence en matière de conformitĂ©. Par consĂ©quent, il n'y a aucun fardeau administratif ni fardeau de conformitĂ© sur les petites entreprises ou sur les entreprises en gĂ©nĂ©ral. Au cours de l'Ă©laboration de ces mesures proposĂ©es, les ministres feront une Ă©valuation des coûts et des avantages en plus de consulter le public ainsi que d'autres parties intĂ©ressĂ©es à propos des substances en question.

Mise en œuvre, application et normes de service

Le projet de dĂ©cret permettrait d'ajouter les 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie à l'annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999), permettant ainsi aux ministres de publier les règlements ou les instruments proposĂ©s concernant les mesures de prĂ©vention ou de contrôle au plus tard en juin 2015 et de les mettre au point au plus tard en dĂ©cembre 2016. L'Ă©laboration d'un plan de mise en œuvre ou d'une stratĂ©gie de conformitĂ© ou encore l'Ă©tablissement de normes de service ne sont pas considĂ©rĂ©s comme essentiels sans une proposition particulière de gestion des risques. Le gouvernement entreprendra une Ă©valuation appropriĂ©e de la mise en œuvre, de la conformitĂ© et de l'application pendant l'Ă©laboration des instruments proposĂ©s visant à gĂ©rer les risques liĂ©s aux 40 substances de gaz de pĂ©trole et de raffinerie.

Personnes-ressources

Danie Dubé
Division de la mobilisation et de l'élaboration de programmes
Environnement Canada
Gatineau (Québec)
K1A 0H3

Ligne d'information de la gestion des substances
TĂ©lĂ©phone : 1-800-567-1999 (sans frais au Canada)
TĂ©lĂ©phone : 819-953-7156 (extĂ©rieur du Canada)
TĂ©lĂ©copieur : 819-953-7155
Courriel : substances@ec.gc.ca

Michael Donohue
Bureau de gestion du risque
Santé Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
TĂ©lĂ©phone : 613-957-8166
TĂ©lĂ©copieur : 613-952-8857
Courriel : michael.donohue@hc-sc.gc.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donnĂ©, conformĂ©ment au paragraphe 332(1) (voir rĂ©fĂ©rence a) de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence b), que le gouverneur en conseil, sur recommandation du ministre de l'Environnement et de la ministre de la SantĂ© et en vertu du paragraphe 90(1) de cette loi, se propose de prendre le DĂ©cret d'inscription de substances toxiques à l'annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999), ci-après.

Les intĂ©ressĂ©s peuvent prĂ©senter au ministre de l'Environnement, dans les soixante jours suivant la date de publication du prĂ©sent avis, leurs observations au sujet du projet de dĂ©cret ou un avis d'opposition motivĂ© demandant la constitution de la commission de rĂ©vision prĂ©vue à l'article 333 de cette loi. Ils sont priĂ©s d'y citer la Gazette du Canada Partie Ⅰ, ainsi que la date de publication, et d'envoyer le tout par la poste au directeur exĂ©cutif, Division de la mobilisation et de l'Ă©laboration de programmes, ministère de l'Environnement, Gatineau (QuĂ©bec) K1A 0H3, par tĂ©lĂ©copieur au 819-953-7155 ou par courriel à substances@ec.gc.ca.

Quiconque fournit des renseignements au ministre peut en même temps prĂ©senter une demande de traitement confidentiel aux termes de l'article 313 de cette loi.

Ottawa, le 6 février 2014

Le greffier adjoint du Conseil privé
JURICA ČAPKUN

DÉCRET D'INSCRIPTION DE SUBSTANCES TOXIQUES À L'ANNEXE 1 DE LA LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT (1999)

MODIFICATION

1. L'annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) (voir rĂ©fĂ©rence 7) est modifiĂ©e par adjonction de ce qui suit :

Les gaz de pĂ©trole et de raffinerie suivants :

ENTRÉE EN VIGUEUR

2. Le prĂ©sent dĂ©cret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

[7-1-o]