Vol. 150, no 20 — Le 5 octobre 2016

Enregistrement

DORS/2016-251 Le 23 septembre 2016

LOI CANADIENNE SUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (1999)

Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

C.P. 2016-815 Le 23 septembre 2016

Attendu que, conformément au paragraphe 332(1) (voir référence a) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir référence b), la ministre de l’Environnement a fait publier dans la Partie I de la Gazette du Canada, le 15 février 2014, deux projets de décret intitulés Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), conformes en substance au texte ci-après, et que les intéressés ont ainsi eu la possibilité de présenter leurs observations à cet égard ou un avis d’opposition motivé demandant la constitution d’une commission de révision;

Attendu que, conformément au paragraphe 90(1) de cette loi, le gouverneur en conseil est convaincu que les substances visées par le décret ci-après sont des substances toxiques,

À ces causes, sur recommandation de la ministre de l’Environnement et de la ministre de la Santé et en vertu du paragraphe 90(1) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir référence c), Son Excellence le Gouverneur général en conseil prend le Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.

Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Modification

1 L’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir référence 1) est modifiée par adjonction, selon l’ordre numérique, de ce qui suit :

134 Les gaz de pétrole et de raffinerie suivants :

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Le gouvernement du Canada a réalisé des évaluations préalables de 40 gaz et pétroles de raffinerie (GPR) restreints aux installations et 4 GPR restreints aux industries, et a déterminé que ces 44 GPR (voir référence 2) répondent au critère de toxicité pour la santé humaine, au sens de l’alinéa 64c) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, 1999 (LCPE). Par conséquent, le gouvernement du Canada ajoute ces 44 GPR à la Liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la LCPE.

Auparavant, les 40 GPR restreints aux installations et les 4 GPR restreints aux industries faisaient l’objet de 2 projets de décret distincts pour leur ajout à l’annexe 1 de la LCPE. Cependant, en raison de leurs propriétés similaires, des préoccupations comparables qu’ils posent pour la santé humaine (c’est-à-dire le même type de rejets et profils de risque) et d’autres similitudes dans l’approche proposée pour la gestion des risques pour ces gaz, ils font maintenant l’objet d’un même décret (voir référence 3).

Contexte

Le 8 décembre 2006, le gouvernement du Canada a annoncé le Plan de gestion des produits chimiques (PGPC) pour évaluer et gérer les produits chimiques pouvant être nocifs pour la santé humaine ou l’environnement (voir référence 4). Un élément clé du Plan de gestion des produits chimiques est l’approche pour le secteur pétrolier (ASP) qui visait environ 160 substances pétrolières présentant un risque d’exposition « élevé » et « intermédiaire » pour les personnes habitant au Canada, et qui ont été définies comme hautement prioritaires.

Ces substances pétrolières ont été divisées en cinq groupes en fonction de leur profil d’utilisation (voir référence 5). Dans chaque groupe, les substances ont ensuite été divisées en sous-groupes selon leur similitude quant à leur production et leurs propriétés physiques et chimiques. Les 44 GPR visés par le Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [ci-après le Décret] comprennent les 40 GPR qui faisaient partie du groupe 1 et les 4 GPR qui faisaient partie du groupe 2.

Description des substances et des principales publications

Les 40 GPR du groupe 1 sont des substances restreintes aux installations, c’est-à-dire des substances qui ne devraient pas être transportées à l’extérieur d’une raffinerie, d’une usine de valorisation ou d’une usine de traitement du gaz naturel. Les 4 GPR du groupe 2 sont des substances restreintes aux industries, c’est-à-dire des substances qui peuvent être transportées à l’extérieur d’une raffinerie, d’une usine de valorisation ou d’une usine de traitement du gaz naturel à d’autres installations industrielles (par exemple pour être utilisées comme charge d’alimentation, combustible ou composant de mélange), mais qui ne se retrouvent pas sur le marché public sous leur forme originale.

Les 44 GPR sont une catégorie d’hydrocarbures légers, saturés et non saturés. Ils sont produits par des installations pétrolières (c’est-à-dire des raffineries, des usines de valorisation et des installations de traitement du gaz naturel). Cependant, les rejets de ces GPR provenant des installations de traitement du gaz naturel ne sont plus considérés comme un scénario préoccupant d’exposition. La composition des 44 GPR varie grandement selon la source du pétrole brut, du bitume ou du gaz naturel, des conditions de transformation et des unités de traitement utilisées. Par conséquent, les 44 GPR sont des substances désignées par l’appellation « Substances de composition inconnue ou variable, produits de réaction complexe ou matières biologiques » (UVCB).

Les évaluations préalables finales pour les 40 GPR du groupe 1 et les 4 GPR du groupe 2 ont été publiées sur le site Web des substances chimiques du gouvernement du Canada le 1er juin 2013 et le 18 janvier 2014, respectivement (voir référence 6). Par ailleurs, des avis ont été publiés dans la Partie I de la Gazette du Canada indiquant l’intention de la ministre de l’Environnement et de la ministre de la Santé (ci-après les ministres) en ce qui concerne d’autres activités de gestion des risques. Parallèlement, les documents sur l’approche pour la gestion des risques ont été publiés sur le site Web des substances chimiques (voir référence 7).

Les 2 décrets proposés ajoutant les 40 GPR du groupe 1 et les 4 GPR du groupe 2 à l’annexe 1 de la LCPE ont été publiés le 15 février 2014 (voir référence 8).

Ces publications sont disponibles sur le site Web des substances chimiques ou auprès de la Division de la mobilisation et de l’élaboration de programmes, ministère de l’Environnement, Gatineau (Québec) K1A 0H3; par télécopieur au 819-938-5212, ou par courriel àeccc.substances.eccc@canada.ca.

Processus d’évaluation préalable

Des évaluations préalables ont été réalisées pour les 44 GPR afin de déterminer s’ils répondent à un ou à plusieurs des critères de substance toxique énoncés à l’article 64 de la LCPE. De manière plus précise, il s’agit de déterminer si les substances pénètrent ou peuvent pénétrer dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à :

Résultats des évaluations des effets sur la santé humaine

Les 44 GPR peuvent contenir plusieurs substances ayant des impacts potentiels sur la santé humaine, incluant le 1,3-butadiène et le benzène, qui sont reconnus internationalement pour leurs propriétés cancérogènes et comme substances toxiques en vertu de la LCPE. Le 1,3-butadiène est d’intérêt particulier à cause de ses propriétés physiques et chimiques (par exemple la volatilité) et ses propriétés toxicologiques (par exemple la cancérogénécité), et en se basant sur l’information disponible, il est considéré présent dans ces 44 GPR à une concentration qui a été déterminée comme posant un risque potentiel pour la santé humaine.

Les 44 GPR peuvent être présents dans trois types d’installations pétrolières : les raffineries de pétrole, les usines de traitement de gaz naturel et les usines de valorisation des sables bitumineux. Toutefois, les rejets des 44 GPR provenant des usines de traitement de gaz naturel ne sont plus considérés comme un scénario d’exposition préoccupant (voir référence 9). Dans des conditions d’opération typiques, les rejets contrôlés de ces 44 GPR sont récupérés dans un système fermé, et sont normalement dirigés vers un système d’allumage pour combustion. Par contre, dans certains cas (par exemple pour la dépressurisation), ils peuvent être rejetés directement dans l’atmosphère. De plus, les rejets involontaires de ces gaz (y compris les émissions fugitives) peuvent survenir aux compresseurs, aux valves, aux canalisations, aux brides ou lors des opérations de chargement. Les émissions fugitives ont tendance à survenir lorsque l’équipement n’est pas entretenu ou utilisé de façon appropriée, ce qui peut ne pas être détecté sur une période variable s’étendant de quelques jours à plusieurs mois. On a aussi déterminé qu’une faible partie de la population générale peut être exposée à ces gaz de pétrole et de raffinerie à proximité de certaines installations pétrolières.

D’après les renseignements disponibles sur la composition des 44 GPR, la nature cancérogène du 1,3-butadiène et les estimations de l’exposition maximale par inhalation, il a été établi que les niveaux d’exposition potentielle au Canada peuvent poser un risque à la santé des personnes vivant à proximité de certaines installations. Par conséquent, les évaluations préalables ont permis de conclure que les 44 GPR satisfont au critère de l’alinéa 64c) de la LCPE.

Résultats des évaluations écologiques

Les concentrations estimées des constituants des GPR dans l’air près des installations de pétrole ou près d’autres sources de rejet ne devraient pas atteindre les niveaux qui pourraient avoir des effets néfastes sur l’environnement. Les évaluations préalables pour les 44 GPR ont établi que ces substances ne présentent pas de danger pour l’environnement au Canada, et par conséquent ne répondent pas aux critères de nocivité ou de danger pour l’environnement énoncés aux alinéas 64a) ou b) de la LCPE.

Harmonisation de l’évaluation avec d’autres juridictions

Dans les pays de l’Union européenne, l’Agence européenne des produits chimiques a déterminé que les gaz de pétrole et de raffinerie contenant du 1,3-butadiène à des concentrations supérieures à 0,1 % sont cancérogènes. Par conséquent, en se basant principalement sur les classifications réalisées par les agences internationales, la cancérogénicité a été retenue comme effet crucial sur la santé humaine pour la détermination initiale des substances dont l’évaluation est jugée prioritaire. Le 1,3-butadiène a donc été sélectionné comme composant de GPR présentant un risque élevé afin de caractériser l’exposition potentielle de la population générale.

Objectifs

L’objectif du Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) vise à permettre à la ministre de l’Environnement (la ministre) de proposer des instruments de gestion des risques en vertu de la LCPE pour gérer les risques pour la santé humaine que représentent les 44 GPR.

Description

Le Décret ajoute les 44 GPR à l’annexe 1 de la LCPE (la Liste des substances toxiques).

Règle du « un pour un »

La règle du « un pour un » ne s’applique pas au Décret, car il n’impose pas d’exigences à l’industrie qui pourraient entraîner un fardeau administratif.

Lentille des petites entreprises

Le Décret n’ajoutera aucun fardeau de nature réglementaire ou administrative aux petites entreprises. Par conséquent, la règle visant la lentille des petites entreprises ne s’applique pas.

Consultation

Évaluation préalable des 40 substances du groupe 1

Les ministres ont publié un résumé de l’ébauche de l’évaluation préalable pour les 40 GPR du groupe 1 le 15 janvier 2011 dans la Partie I de la Gazette du Canada, en vue d’une période de commentaires du public de 60 jours (voir référence 10). Trois mémoires ont été reçus, soit deux provenant d’organisations non gouvernementales de l’environnement (ONGE) et une d’une association de l’industrie. Tous les commentaires ont été pris en compte lors de la finalisation du rapport d’évaluation préalable (voir référence 11). Le 1er juin 2013, les ministres ont publié un résumé de l’évaluation préalable finale pour les 40 GPR du groupe 1 dans la Partie I de la Gazette du Canada (voir référence 12).

Évaluation préalable pour les 4 substances du groupe 2

Le 28 avril 2012, les ministres ont publié un résumé du rapport provisoire de l’évaluation préalable pour les 4 GPR du groupe 2 dans la Partie I de la Gazette du Canada, pour une période de commentaires du public de 60 jours (voir référence 13). Aucun commentaire n’a été reçu. Le 18 janvier 2014, les ministres ont publié un résumé du rapport final de l’évaluation préalable pour les 4 GPR du groupe 2 dans la Partie I de la Gazette du Canada (voir référence 14).

Publication préalable des projets de décrets dans la Partie I de la Gazette du Canada

Le 15 février 2014, les 2 décrets proposés ajoutant les 40 GPR du groupe 1 et les 4 GPR du groupe 2 à l’annexe 1 de la LCPE ont été publiés pour une période de commentaires du public de 60 jours. Aucun commentaire n’a été reçu. Cependant, une association de l’industrie a présenté des renseignements additionnels après la période de commentaires qui a permis de réduire les incertitudes quant aux usines de traitement de gaz naturel situées en amont comme source potentielle d’exposition. Le cas échéant, ces renseignements seront aussi pris en compte, en consultation avec les parties intéressées, lors de l’élaboration d’un instrument de gestion des risques et des évaluations futures de substances similaires.

Avant ces publications, le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé avaient informé les gouvernements provinciaux et territoriaux, par l’intermédiaire du Comité consultatif national (CCN) de la LCPE, de la publication des rapports provisoire et final de l’évaluation préalable, des documents sur l’approche et le cadre de la gestion des risques, et sur les périodes de commentaires du public. Aucun commentaire n’a été reçu du CCN de la LCPE pour l’une ou l’autre de ces publications.

Justification

Les 44 GPR visés par le Décret peuvent être produits et utilisés dans une installation pétrolière ou peuvent être transportés à d’autres installations industrielles, mais ne sont pas des combustibles ou des produits vendus au grand public. Bien qu’une exposition généralisée de la population ne soit pas à prévoir, il a été établi qu’une faible partie de la population générale pourrait être exposée à ces 44 GPR à proximité des installations. Compte tenu de la cancérogénécité des composantes posant un risque élevé de ces 44 GPR ainsi que du potentiel d’exposition d’une faible partie de la population générale, les évaluations préalables ont conclu que les 44 GPR répondent au critère de l’alinéa 64c) de la LCPE. Une des mesures suivantes doit être proposée après qu’une évaluation est réalisée en vertu de la LCPE:

L’ajout des 44 GPR à l’annexe 1 de la LCPE permet à la ministre de proposer des instruments de gestion des risques afin de gérer les risques présentés par ces 44 GPR, et c’est donc l’option préférée parmi les trois options possibles. L’option de l’élimination virtuelle ne s’applique pas à ces substances.

L’ajout de ces 44 GPR à l’annexe 1 de la LCPE n’aurait pas d’impacts marginaux (sous forme de bénéfices ou de coûts) sur le public ou l’industrie, car le Décret ne comporte aucune exigence de nature réglementaire. Par conséquent, il n’y a pas de fardeau de nature réglementaire ou administrative imposé aux petites entreprises ou aux entreprises en général.

La ministre évaluera les coûts et les avantages et consultera le public et les autres parties intéressées pendant l’élaboration de tout instrument de gestion des risques visant ces substances.

Mise en œuvre, application et normes de service

Le Décret ajoute les 44 GPR à l’annexe 1 de la LCPE, ce qui permet l’élaboration et la publication de règlements ou d’instruments en vertu de la LCPE. L’établissement d’un plan de mise en œuvre, d’une stratégie de conformité ou de normes de service n’est pas jugé nécessaire pour ce décret.

Personnes-ressources

Greg Carreau
Division de la mobilisation et de l’élaboration de programmes
Ministère de l’Environnement
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information de la gestion des substances :
1-800-567-1999 (sans frais au Canada)
819-938-3232 (à l’extérieur du Canada)
Télécopieur : 819-938-5212
Courriel : eccc.substances.eccc@canada.ca

Michael Donohue
Bureau de la gestion du risque
Ministère de la Santé
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
Téléphone : 613-957-8166
Télécopieur : 613-952-8857
Courriel : michael.donohue@hc-sc.gc.ca